A M. DE VENDOME
î Paris], ih mars i6S3.
Je viens d'avoir advis que M. le prince de Conty, Mmc de Longueville, Marsin et Lenet, après avoir bien consulté sur les moyens de remédier au mauvais estât de leurs affaires en Guyenne, ont trouvé qu'il
1 Réunie tout entière auprès de Bordeaux.
' Mazarin avait envoyé des émissaires à Bordeaux pour encourager ceux des habitants qui désiraient le rétablissement de l'autorité royale. A leur tête étaient deux moines de Tordre des Franciscains ou Cordeliers, les pères Berlhod et Ilhier. Le premier avait déjà eu un rôle important dans les mouvements parisiens qui avaient pré-
paré le retour du Roi, comme le prouvent si>s Mémoires. Le second s'était mis à la tête des royalistes bordelais; ils devaient, le 20 mars 1 653 , attaquer l'Ormée, faction démocratique avec laquelle les princes s'étaient alliés. Le projet de complot royaliste fut découvert et déjoué. Mazarin l'ignorait encore, et on voit, par cette lettre, qu'il en espérait le succès.
DU CARDINAL MAZAMN. 585
n'\ avoil autre ressource pour eui que d'introduire dans Bordeaux les Mars iGr>.î. troupes qu'ils oui à la campagne, ou mesmemenl ils jugent qu'elles ne sont pas trop en seureté; qu'ils cherchent des biais pour cet effect, pretendant se rendre maistres de la ville el [)uis \ faire passer de gré ou de force toutes choses à leur volonté, (-'est pourquoy j'estime tresiinportaiit d'advertir, par toutes sortes de voyes, les Bordelois de ce dessein, n'y ayant nulle apparence que le peuple soit bien ayse de subir de nouveau leur joug; et ains\ il y a subject d'espérer <jue non seulement les bien intentionné?, redoubleront leurs efforts afin de s'en garantir, mais auss\ que les autres et mesnie la pluspart de ceux du part) «les princes1 se porteront à les seconder en cela et à taire, par leurs propres interests et par la crainte des gens de guerre, ce qu'ils ne se résoudraient pas à faire par le seul devoir.
Bibl. Mazarine, ms. 1719, t. V, 2' partie, f01 6/j-^i5. — Copie du temps.