‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 2)Chapitre 91 sur 145 · À L'ARCHEVÊQUE D'EMBRUN · texte numérisé non relu

À L'ARCHEVÊQUE D'EMBRUN

Paris, l\ avril 1 653.

(evtiuit. )

Leurs Majestez, ayant veu la lettre que vous m'avez escrite, ont esté fort satisfaicts4 de ce que vous avez représenté et reparti à Monsieur5 sur toutes les choses qu'il vous a dictes.

Après avoir exprimé son vif désir de se réconcilier avec le duc d'Orléans, Mazarin continue ainsi :

Je vous prie aussy de prendre occasion de luy dire que je souhaite

1 Le sens est : les avantages qu'on s'en- 2 Voy. ci-dessus, p. 55g, note î.

gagerait à accorder à M'"c de Longueville. 3 Georges d'Aubusson de la Feuillade.

Mazarin se trompait en croyant que la du- (Voy. le t. III, p. 892 , note 2 , des Lettres

chesse de Longueville se détacherait la pre- de Mazarin.) mière du parti des princes. Ce fut Conti 4 Au masculin.

qui se sépara peu à peu de Condé et traita 5 Gaston d'Orléans était retiré à Blois,

avec la Cour. où il vivait dans une sorte d'exil.

Avril i653. bien plus (jiie S. A. R. de faire parler les efi'ecls; mais vous voyez bien que, pour cela, il est absolument nécessaire quelle ayt agréable de m'ayder; car ce qui est difficile présentement que l'establissement de la confiance n'est pas au poinct qu'il doit estre, deviendra fort aysé lorsque cette mesme confiance sera tout-à-faict restablie, et Leurs MM' " sont résolues, de leur costé, à faire les pas qu'il faudra pour cela. El pour commencer à vous le tesmoigner, vous sçaurez qu'EHes m'onl commandé de vous escrire que le Roy trouve bon qu'au lieu de séquestrer les revenus de Mademoiselle, comme Sa Ml<; avoit résolu de faire pour l'empescher d'en assister M. le Prince et les ennemis, les mesmes revenus soient receus par le trésorier de la maison de Monsieur pour en estre employé ce qu'il faudra pour l'entretenement de la maison de Mademoiselle par les ordres de S. A. R., et que, pour cet eiïect, l'on délivre toutes les expéditions nécessaires en la forme que vous concerterez avec Saclicte A. R. *.

Sa Mld approuve aussy l'ouverture que Monsieur vous a faicle de tenir Mademoiselle auprez de luy à Blois et se repose très-volontiers sur la parole que S. A. R. vous a donnée d'eslre garant de sa conduite et de prendre, comme vous me mandez, sa personne et ses biens en sa garde; mais j'ay ordre aussy de vous faire sçavoir sur le sujet de Mademoiselle que ses intelligences avec les ennemis continuent plus que jamais, non seulement avec M. le Prince, mais aussy directement en Flandres, où les troupes qui portent son nom, et qui sont bien traitées par M. de Fuensaldagne, reçoivent tous les jours ses ordres sur ce qu'elles ont à faire; ce qui est si public, que le comte de Holac2, d'Escars3 et tous les

Mademoiselle parle brièvement de celte négociation de l'archevêque d'Embrun dans ses Mémoires (t. II, p. a56. édit. Charpentier). rL'on chargea, dit-elle, l'archevêque d'Embrun, qui est un prélat toujours absent de -on diocèse et fort affamé de mauvaises commissions , comme on peut juger par celle-là , d'offrir h S. A. R. de m'ôter la disposition de mon bien et de la lui remettre. ••

2 La Chronologie militaire mentionne lui comte Jules de Holac (en allemand Hohenlohe), nommé maréchal de camp en 1G02.

3 Anne de Pérusse, chevalier, puis marquis d'Escars (ou des Carres, comme on écrit maintenant K avait été nommé maréchal de camp en i65o; il devint dans la suite gouverneur d'Honfleur et mourut en 1692. [Journal de Dangeau, I. I\. p. i63.)

DU CAItlUN VL M VZ.VRIN. 589

officiers, qui sont à Mademoiselle, se déclarent tels partout sans aucun Avril .o.v 9crupule, et les compagnies qu'ils commandenl servent sous le tiltre de troupes de Mademoiselle. Le Roy entend que vous donniez part de tout cec\ à Monsieur; car si Mademoiselle veut sincèrement rentrer dans son devoir et obéir, comme elle doit, à S. V. R., il ne faut pas douter que ces compagnies-là ne reviennent quand elle leur mandera de le faire, et elles seroient desjà revenues, si, lorsqu'il plut à S. À. I». de leur escrire pour cet effect, Mademoiselle ne leur eust pas mandé en secret de n'en rien faire '.

\ ous sçavez que je n'estois pas ic\ lorsqu'on fit le traité avec S.A. R.2; mois je ne vous dis pas cela pour apporter le moindre obstacle à l'exécution. Vu contraire, je me suis assez expliqué et en public et en particulier sur ce sujet, et je continueray à m'en rendre solliciteur, afin qu'on accomplisse ponctuellement jusques à la moindre des conditions qui ont esté promises à S. V. R.; et comme la plus importante et la plus difficile estoit celle qui regardoit sa satisfaction pour ses assignations3, j'av faict cognoislre à MM. les Surinlendans" qu'ils dévoient preferahlementà toutes choses s'appliquer à donner contentement à S. A. I». sur ce poinct, et ils ont receu des ordres si précis de Leurs Majestez sur le mesme sujet, que je vous puis dire avec certitude que cette aHaire sera achevée aujourd'hui ou demain; et il est certain qu'elle l'auroit «té, il y a longtemps, sans le changement qui est arrivé dans la surintendance des finances5.

Pour ce qui regarde le sieur de La Louviere6, M. Goulas sçait que

' Il faut comparer les Mémoires de M" de Montpensier (éd. Charpentier, t. II, p. %!iU). Cette princesse reconnaît que ses lettres engageaient les comtes de Holac et d'Escars ii rester flans l'armée de Coudé, rr J'écrivis à M. le Prince, dit-elle, que j 'au rois été fâchée s'il avoit renvoyé d'Escars et de Holac, etc. r, Cet aveu prouve que Mazarin était liien informe'.

" On a vu ci-dessus, p. S3o, que c'était

Le Tellier qui avait traité avec Gaston d'Orléans dans le château de Limoux.

3 Pour les sommes qui lui étaient assignées sur le Trésor puhlic.

' Servien et Fouquet.

5 Gomme les deux surintendants des finances n'étaient pas d'accord, il fallut déterminer par un règlement particulier les fonctions de chacun d'eux.

Ce 'ils du conseiller Brousse! avait été

\vrii i653. l'ordonnance de quatre-vingt-dix mille livres, qui a esté promise par le traité, est expédiée, et que l'on a tousjours offert de la délivrer avec des assignations bonnes et valables pour ladicte somme, moyennant que ledict sieur de La Louvierc donnast sa démission; de sorte que, s'il \ a eu quelque retardement en cela, le mesme sieur de La Louvierc ne s'en doit prendre qu'à luy, qui n'a point faict, de son costé, ce qui estoit nécessaire.

Quant à MM. de Rohan ' et de Sully 2, il est vray que Monsieur, pour leur conserver leurs gouverncmens, désira que, par le traité, il fut faict mention de leur restablissement; mais S. A. R. se souviendra, s'il luy plaist, qu'il fusl arresté en mesme temps qu'ils n'y pourroient rentrer tant que la guerre civile dureroit, et que par un ordre exprez du Roy; ce qui est si véritable, que M. de Rohan a donné sa déclaration par escrit en celte conformité, laquelle il signa en présence de S. A. R.

Pour les conseillers exclus3, il n'a rien esté promis, ainsy que vous pouvez voir par le double du traité qui est entre les mains de M. Goulas, si S. A. R. a agréable qu'il vous le montre, de sorte que vous voyez que, faisant pourvoir, ainsy que je vous [ay] marqué cy-dessus, aux assignations de Monsieur, tout le traité est exécuté de la part du Roy, le retardement que le sieur de La Louviere apporte à donner sa démission ne pouvant estre imputé à Sa Mld.

Au reste, dans la passion que j'aurois de contribuer au contentement de S. A. R., je servirois de tout mon cœur le duc de Rohan pour son restablissement présent, si je voyois jour à le pouvoir faire; mais s'agissant d'un gouvernement de l'importance du sien, il n'y a personne icy qui croye que ce soit une resolution à prendre dans cette conjonc-

nomnié par les frondeurs gouverneur de la 2 Le duc de Sully était gouverneur de Bastille. En lui enlevant celle charge après Mantes. On accusait ce gendre du Chancelé retour du Roi dans Paris, on s'était en- lier d'avoir livré aux Espagnols le passage gagé à lui en payer le prix. de la Seine par le pont de Mantes.

1 Le duc de Rohan était gouverneur d'An- J 11 s'agit des conseillers exclus du par-

jou. On a \ u ci-dessus (p. 34 , texte et note lement de Paris par la déclaration royale du

->. ) qu'il était accusé d'avoir excité la révolta 22 octobre i65s. (Voy. ci-dessus, p. &12,

d'Angers. note 3.)

DU CARDINAL MAZAR1N. 591

ture, et ainsv tout oq mie je |>n is est d'en attendre une plus favorable, Wrii i653. où je puisse m' employer utilement pour ledict s1' duc de Rohan avec un voritahlo désir de profiter des occasions qui s'en pourront présenter.

\ l'esgard de M. de Sully, quoyque L'affaire soit do mesme nature, comme son gouvernement n'est pas de la conséquence de l'autre, si vous recognoissez que S. A. R. désire absolument <ju'il \ soif restablj dez à présent, je vous prie de me le mander; car, en ce cas, je fera) ions mes efforts afin qu'elle puisse avoir celle satisfaction.

Il court icv un bruit, qu'on dict estre fondé sur quelques lettres eserifees de Blois, que Monsieur a dessein daller aux eaux et de passer ensuite en Languedoc1; ce qui sert de prétexte aux mal intentionné/ pour tascher d'esmouvoir les esprits et pour escbaufl'er leurs cabales; et quoyque ces sortes de nouvelles ne soyent pas capables de l'aire la moindre impression sur Leurs Majestcz, qui sont tres-persuadées des bonnes intentions de S. A. IL, neantmoins j'ay creu qu'il n'yavoit point de mal de vous en donner advis, afin que vous recognoissiez quel fondement cela peut avoir.

Je vous diray aussy, en passant, que AI. le Prince continue, à son ordinaire, d'asscurcr les Espagnols que Monsieur s'entend avec luy, et que Mademoiselle l'asseure tous les jours, par ses lettres, que S. A. R. sera de la partie; mais je vous puis respondre que Leurs Majestez ne croyent en cela que ce qu'Elles doivent.

Au reste, j'ay nouvelles que M. le Prince est allé à iNamur pour s'aboueber avec Fuensaldagne, lequel fera son possible pour l'emposclier d'aller à Bruxelles, afin d'esviter les inconveniens qui en pourroient arriver, AI. le Prince prétendant l'esgalité avec l'Archiduc, eteeluy-cy, au contraire, n'y voulant pas consentir, nonobstant qu'il en use de la sorte avec M. de Lorraine. L'advis qu'on me donne, de Bruxelles, sur ce ^ujet est si certain, que vous verrez que AL le Prince n'ira pas, ou que, s'il y va, l'Archiduc fera le malade pour avoir prétexte de le rece-

' Le duc d'Orléans était gqpvereeur de Languedoc, etoa craignait que sa présence n'y excitât «les troubles.

Avril i 653,

voir dans le lict, ou bien que M. le Prince ne le visitera pas. ou enfin, le visitant, ne recevra pas le traitement qu'il prétend.

On nie mande de plus que malayseinent Fuensaldagne pourra donner de l'argent à M. le Prince , puisqu'il n'en a pas luy-mesme pour faire des recrues et se préparer pour la campagne prochaine, et je me I rompe fort si M. le Prince, nonobstant toutes les belles lettres qu'il escrivoit icy par Vincuil ] pour asseurer ses amis qu'il seroit. dans la lin de ce mois, aux environs de Paris, avec huit mille hommes de pied et quinze mille chevaux, ne se trouve bien loin de son compte, el plustost en estât de recevoir des visites qu/e d'en faire.

Du costé de Guyenne, les troupes des princes continuent auss\ à défiler, et vous aurez peu sçavoir d'ailleurs que, dans la reddition de Sarlat2, le régiment d'infanterie de Marsin a pris parlv dans le service de Sa Mlé, et celui de Gonty [a] esté défait.

Au contraire, l'armée du Roy se renforce tous les jours, et comme le traité du comte du Daugnon3 s'exécute, elle sera encore augmentée du régiment d' A unis, qui est dans Brouage. dans Oleron et aux environs, composé de douze cens hommes effectifs.

Je m'estimerois fort heureux si vous pouviez trouver l'occasion d'assemer Madame4 de la continuation de mes tres-humbles respects et de l'extrême passion que j'aurois de pouvoir mériter l'honneur de ses bonnes grâces par mon obéissance. J'ose espérer qu'elle n'aura peutestre pas oublié que j'ay eu autrefois le bonheur de luy donner sujet de se louer de mon zèle à son service, du temps qu'elle estoit en Flan-

1 On voit, par tes Mémoires de M'te de Montpensier (t. II, p. 255, édit. Charpentier), que Vineuil avail été arrêté dans les premiers mois de l'année i653. Voici le passage de ces Mémoires : & Vineuil fut pris, qui venoit de Flandres; l'on prit toutes ses lettres *.

s Les Mémoires de Balthazar, publiés dans la collection Janet sous le titre de r Histoire de la guerre de Guyenne, parlent

de cette affaire: <"En ce temps-là. dit Balthazar, (c'est-à-dire dans les premiers mois de i653), les tronpes des princes furent battues et chassées de leurs quartiers par lès troupes du Roi-' (p. 358 de Y Histoire de la guerre de Guyenne).

' Pour la remise de Brouage et de l'île d'Oléron..

1 Marguerite de Lorraine . seconde femme de Gaston d'Orléans.

1)1 CARDIIN \I. M \Z.\1UN. 593

dres, et mesme qu'elle aura la bonté déconsidérer favorablement pour Avril i653. iiion les soins extraordinaires que je pris, l'année passée, afin de tascher a procurer à M. de Lorraine ' tous les advantages qu'il pouvoit souhaiter pour s'attacher de la bonne sorte aux interestsde cette couronne, puisque la satisfaction que je sçavois que Madame en eust eue n'estoit pas le moindre motif qui me faisoit agir en cela. Vous m'obligerez sensiblemenl de prendre vostre temps pour nie rendre cet office.

GCLVI.

Arch. liât.. KK. t. ioy5. f° 180. — Minute, chiffrée en partie.

\ M. DE FABERT

huis. 6 ;i\ril 1 653.

(evtiuit. 1

Je cro\ que MM. de Noirmoustier et de Bussy n'ont aucun engagement avec Fuensaldagne et M. le Prince, et je vous diray que non seulement M"10 de Ghevreuse nie l'a confirmé encore depuis peu, mais elle m'a asseuré de plus que ny l'un ny l'autre ne feront jamais la moindre chose contre leur devoir. On n'oublie rien pour tascher à les desbaucher, et je sçay, par des voyes que je ne vous puis mander, que l'abbé de Lameth2 estoit parti d'icy exprez pour y travailler. Il paroist qu'il n'a osé le tenter en voyant que les esprits n'y estoient pas disposez. Je vous prie de confirmer à ces messieurs que, lorsqu'il y aura occasion de résoudre quelque chose en faveur du cardinal de Retz, je supplieray Sa Majesté d'agréer que ce soit par leur moyen, afin qu'il leur on ayt obligation.

11 ne faut pas doubter que M. le Prince n'ayt eu le dessein que vous jugez en débitant ses belles ouvertures de paix générale; mais on n'applaudit gueres icy les choses qui viennent de sa part, et mesme à l'esgard de la paix, il y a peu de gens qui se persuadent qu'il en ayt trop

: Frère de Marguerite de Lorraine. — ' Vo\. ci-dessus, p. b'jlt, note t.

HAIAF.1N. T.

y.i'i LETTRES

Avril ,g->a. d'envie, comme en effect son voyage de Namur n'est que pour renouer plus fortement que jamais avec les Espagnols et les haster d'entrer en France et d'allumer le feu dans le royaume. Je ne sçais pas s il reviendra luit satisfait, quand mesme, comme je eroy, Fuensaldagne surmontera les diflicultez que M. l'Archiduc faisoit de le traiter d'esgal ' et de luy rendre la première visite, comme M. le Prince s'est déclaré qu'il preténdoit.

Les troupes des princes continuent à défiler- en Guyenne; le régiment de Marchin a, en dernier lieu, pris party pour le Roy et celuy de Cohty a esté defaict. Le traité du comte du Daugnou3 s'exécute et l'armée du Roy, qui se renforce tous les jours, sera par là encore augmentée de douze cens hommes du régiment d'Aunis, qui est dans Brouage, Oleron et aux environs.

Jamais Paris ne fut plus tranquille. Il y eut, l'autre jour, quelque chose dans le Parlement, dont Sa Majesté n'est pas satisfaite; en suite, Elle a faict arrester quelques membres et chassé quelques autres, avec resolution de poursuivre jusqu'au bout le procez commencé contre Groissy ? et de faire hautement ce qu'il faudra pour maintenir son autorité.

Il me semble que vous devriez tousjours solliciter M. le comte de Vagnée5 de faire en sorte auprez de M. l'Electeur [de Gologne] et de son pereG, qui a la principale direction des affaires de Liège, que ce pays accepte l'offre que le Roy a faicte de leur donner des troupes, afin qu'agissant conjointement avec celles qu'ils ont sur pied, on puisse contraindre celles des ennemis de vuider ses Estats7, et cela dune

1 Voy. la lettre précédente, p. 591. ment, un des principaux partisans de

2 Le sens de ce mot paraît être ici se dé- Gondé. (Voy. t. IV, p. 795.)

bander. 5 C'était le principal conseiller de Pélec-

3 Le comte du Daugnou s'engageait à teur de Gologne.

remettre au Roi Brouage et les autres pla- ' Du père du comte de Wagnée.

ces dont il était maître, à condition qu'on r Les Espagnols, comme on l'a déjà dit,

lui payerait cinq cent trente mille livres el avaient occupé une partie de l'évéché de

qu'il serait nommé maréchal de France. Liège, qui dépendait alors de l'archevêque

' Fouquet-Croissy, conseiller au Parle- électeur de Gologne.

DU CARDIN \l M \X\lil.\. :>\lï

manière qu'ils ne songeraient plusà y revenir. Kl do laict, s'ils vouloienl Ami 1653 agir (oui de bon el se prévaloir <le la disposition où l'on est de les assister, M. de Grandpré pourrait marcher d'abord avec cinq cens ehe- \,tu\ el aulant de gens de pied. I) sera auss\ à propos (pie vous tesmoigniez à M. de Vannée, de la pari du Roy, que Sa M,,: aura lieu de croire que le pays de Liège connive au séjour que les ennemis y foui el à leur y laisser prendre leur subsistance, si Elle voit qu'ils negligenl les offres qu'Elle leur laict pour les délivrer des violences que les dictes troupes leur l'ont souffrir, et que cela pourroit obliger le Roy à céder aux instances qu'on luy laict de laisser prendre les mesures advantages à ses troupes dans ledict pays, puisqu'il est ainsy à l'abandon, afin que les mauvais n'en tirent pas seuls tout le profit.

Aff. élr. . France, t. 891, f" n5. — Original non signé.

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