AU DUC DE LA MEILLERAYE
Paris, 9 avril 1 653.
Leurs MM1" sont tres-persuadées de la fidélité de M. le duc de Retz ' el de son affection pour le service du Roy, et j'ose dire que ce que vous en avez escrit, quoyque dans les termes les plus advantageux qu'il se pou voit, n'a rien adjousté à la confiance qu'Elles y ont eue de tout temps. En mon particulier, je compatis d'autant plus à sa douleur, que j'en ay, de mon cbef, une tres-sensible de ce qui est arrivé à M. le cardinal de Retz3, et comme estant honoré de la mesme dignité et comme ayant pris soin de l'obliger en diverses occasions et principale-
1 Ce nom est écrit Ln Me//era#e. (Voy. sur 3 On a vu cependant, ci-dessus, p. £82,
le maréchal de La MeiUeraye, le tome Ier, que Mazarin avait lui-même conseillé d'ar-
|). i)35 , des Lettres de Mazarin.) réter le cardinal de Retz: mais ses apolo-
J Le duc de Retz était Pierre de Gondi. gistes pourraient l'aire remarquer qu'il avait
frère du cardinal de Retz. Il mourul en d'abord cherché à l'éloigner de Paris en
1O76 (29 avril). l'envoyant à Rome comme ambassadeur.
Avni i653. nient en celle (le sa nomination an cardinalat. Aussy Dieu m'est te* iiioin si j'ay obmis aucune des choses qui ponvoient contribuer davantage a le mettre en estât de ne songer à autre chose qu'à bien servir le Roy depuis le retour de Sa Mt(i dans Paris, et prévenir, par ce moyen . la résolution qu'Elle a creu devoir prendre à son esgard; mais toutes mes diligences n'ayant, à mon grand regret, servi de rien, ce que je puis est de les employer, avec plus de succez, en faveur dudict sr cardinal, et vous asseurer qu'il ne s'en présentera aucune où le service du Roy me permette de le faire, que je n'embrasse de bon cœur par toutes ces considérations, par celle de M. le duc de Retz et particuliement pour vous tesmoigner encore en cela que je suis, etc.
GCLVIII.
Arch. nat. , KK, t. 1221, f° 383. — Minute.