AU DUC DE VENDOME
Paris, 1 '1 avril 1 653.
Après avoir averti le duc que la flotte espagnole se propose d'entrer dans la rivière de Bordeaux, Mazarin continue ainsi :
Le conseil d'Espagne a jugé cette entreprise nécessaire pour satisfaire M. le Prince, l'inconvénient estant moindre à exposer cette flotte qu'à donner sujet à M. le Prince de se plaindre que [l'Espagne] l'abandonne et le force à chercher les moyens de regagner les bonnes grâces du Roy; c'est le véritable motif de cette resolution. Je ne sçay pas s'il ne pourroit v avoir quelque changement, veu qu'elle estoit fondée en partie sur le renfort de quelques vaisseaux. Je vous conjure de haster tant que vous pourrez la jonction de la Lune1 à vostre armée [navale] et des bastimens à rames que M. du Daugnon a envoyez.
Je viens de recevoir de M. de la VriUiere - plusieurs depesches interceptées, qu'on luy a envoyées de Rayonne, sur ce qui s'est passé à
1 Du vaisseau la Lime. — ' Voy. sur ce secrétaire d'État, le tome III. p. 6i3, noti> 1 . des Lettres de Mazarin.
Saint-Sebastien, et je suis satisfaicl de scavoir qu'il \ a plus tic faiblesse \m\ i653. parmy les ennemis que nous ne croyions cl que lu division qui règne entre eux nous donne plus d'espoir de succez.
.le cro\ que vous ne serez pas fasché d'apprendre que M. île Beaujeu ' a esté assez heureux pour défaire presque toutes les troupes de M. le
Prince. Il a pris (a>li;;n\ " et Ions les principaux des chefs, ains\ que des hommes do pied et de cheval, etc.
GCLIX.
Bibl. M;i/.iiiiiK'. dis. i 7 1 (| . l. \. a' partie, fM O6-67. — Copie du temps.