À M. DE SAINT-GENIEZ
Sedan, i k août 1667.
(extrait.)
Après lui avoir parlé des levées de troupes que Ton peut faire en Suisse et en Allemagne, Mazarin continue ainsi :
J'ay veu la lettre que vous a escrite M. le prince de Baden \ Ce n'estoit pas à moy de luy donner part du mariage de M. le comte de Soissons 3, mais à Mme la princesse de Carignan4, à qui je l'ay insinué diverses fois, et si elle ne l'a pas voulu faire, c'est d'elle et non pas de moy qu'il peut se plaindre. Je suis fasché qu'elle ne change point de sentimens à son esgard. Vous l'asseurerez [neantmoins5] que je m'appliqueray0] si fort à trouver la conjoncture propre pour [les] raccommoder tout-à-fait, en sorte qu'il soit satisfaict, que j'espère d'en venir à bout; et pour ce qui regarde les interests du Roy en Allemagne, Sa Mté est fort persuadée que, sans en estre sollicité, il les embrassera tousjours avec zèle, et il n'y a personne en qui, dans les occasions, Elle prist plus de confiance qu'en luy.
Mazarin parle ensuite à Saint-Geniez de la garnison de Brisach, dont il avait le commandement; il insiste sur la nécessité d'y maintenir la discipline. Il voudrait que les jeunes gentilshommes allemands vinssent s'y former à l'art militaire.
Si l'on y pouvoit establir une académie7, ajoute le Cardinal, j'en
1 Voy. sur ce personnage, t. IV, p. 48à, " Marie de Bourbon -Soissons. (Voy. note 3, des Lettres de Mazarin. p. 99.)
2 Voy. ci-dessus, p. 98. 5 Mot douteux.
3 Eugène-Maurice de Savoie. (Voy. t. VII , 6 Mot douteux.
p. 470.) ' Ecole où se formait la jeune noblesse.
DU CARDINAL MAZARIIN. 108
serois tres-aise, et j'envoyerois mesme des maistres de Paris pour ap- Aoùi 1667. prendre à monter à cheval et les autres exercices. Je vous prie d'en parler avec le sieur Colbert1 et de me mander les moyens et l'argent que [vous pensez] qu'il fallust employer pour cela.