À M. LE DUC DE BOURNONVILLE
Sedan, i5 août i G .5 7 .
Le mouvemenl où nous avons esté quelque temps m'a empesché de faire plus tost response aux lettres que vous avez pris la peine de m'escrire. J'ay esté tres-ayse d'apprendre les particularitez de vostre réception dans le Parlement3, et que la compagnie ayt rendu justice à vostre mérite par l'applaudissement avec lequel cette action s'est faicte. Quand je n'aurois pas autant d'amitié que j'en ay pour vous, je me resjouirois tousjours de voir bien establir vostre crédit dans Paris, puisqu'on n'en sçauroit trop donner à une personne dont la fidélité est aussy esprouvée que la vostre, et qui a tout le zèle et la suffisance nécessaire pour s en prévaloir à l'advantage du service du Roy.
Je suis fasché que M. le maresclial d'Aumont ayt faict loger des gens de guerre dans vos maisons. C'est peu t-estre une mesprise, et j'ay peur qu'on ne vous ayt trop exagéré la chose. En tout cas, je luy en escrie, afin que cela n'arrive plus.
Pour ce qui est de la noblesse du Ronlonois ', il y a quelques uns d'entre eux qui donnent presque le bransle au reste, dont je sçay (pie la conduite ne se peut souslenir, et je vous conseille de ne l'entreprendre
' Charles Colbert. inicixlnnt d'Alsace. séance au fortement, comme gomneruew
1 Voy. sur le duc de Bournonville, t. III, de Paria en survivance. p. f)38,etIV, p. 4^(),des Lettres de Mazarin. Paya <!<■ Boulognc-sur-Mer. clonl le
Le duc de Bournonville av;>it droit fie matrchal d'Aumonl eiail gouverneur.
w.i 1657. pas; car, en un mot, il y va de i'authorité du Roy de soustenir celle [d'un]1 gouverneur de province et mareschal de France, avec lequel des particuliers de son gouvernement veulent traiter [de] pair2, et il faut absolument qu'ils luy rendent ce qu'ils luy doivent s'ils veulent conserver les bonnes grâces de Sa Mld.
Quant à vostre brevet de retenue3 et à vostre logement au Louvre, nous verrons d'adjuster cela, à nostre retour à Paris. Ce pendant je vous prie de faire un fondement asseuré sur l'estime et la cordialité , avec laquelle je suis, etc.
AIT. étr. , France, t. 27/1, f° 45o. — Minute.