I.iltrê.) tion de t;ixe. L'affaire était d'importance
2 La manière dont ce droit se lève en puisque les entraves apportées à ce droit ,
Normandie. dix-huit ans auparavant, avaient suscité la
Le sel blanc de Basse-Normandie, ou fameuse insurrection des Nu-Pieds.
turniUEME «ktTi-.s Mr.
Octobre 1657. ..
Hibl. nat. , 111s. f. fr. , Mélanges de Colbert, l. ôi A, I' 34a; minute. —
Les passages à chiffrer sont soulignes dans )-i minute.
\ M. DE TURENNE
Metz, 1" octobre îOô-j.
(extrait.)
Je vous ay escrit si particulièrement par M. l'ambassadeur d'Angleterre et par un courrier que je vous ay depesché depuis, et j'ay respondu si en détail à tous les points de vos lettres que m'avoient rendues les srs Raulin et Fisica l, qu'il ne me reste pas grand'chose à adjouster.
Je vous envoyé le duplicata de ma dernière depesché, et je fais partitun gentilhomme des miens fort capable d'exécuter les ordres que vous iuy donnerez pour solliciter, auprez des gouverneurs de places des quartiers où vous estes et auprez des autres, les choses qui sont nécessaires pour agir. Je fais estât d'en faire partir encore un autre dans deux jours.
Je vous prie de vous souvenir de ce que je vous ay escrit à l'esgard de quelques regimens de cavalerie qui ne vous soient2 pas nécessaires, car, si cela se pouvoit faire, nous aurions moyen de faire quelque bruit icy; ce qui serait tres-advantageux dans la conjoncture présente où la négociation de Francfort s'eschauffe. Je souhaiterais encore d'avoir mon régiment italien ; mais tout cela est sous cette presupposition que vous n'en ayez pas affaire , car Sa M.li n'entend pas que vous vous priviez de quoy que ce soit qui vous puisse servir pour venir à bout de ce que vous avez résolu d'entreprendre de delà.
Je ne doute pas que le sr Talon ne soit de retour de Londres avec des responses aussy favorables que vous pouviez souhaiter, puisque l'ambassadeur m'avoit offert, de la part de M. le Protecteur, beaucoup
1 Voy. , p. 1 7 h , la lettre du 27 septembre 2 La minute porte bien soient et non se-
à Turenne. voient.
plus que vous n'avez demandé; c'est pourquoy j'espère que vous aurez Octobre 1657. desjà entrepris ce à quoy vous aurez creu de pouvoir réussir1.
Je vous conjure seulement de considérer que la proposition que vous m avez faicte de fermer2 Gravelines, si vous venez à bout de Mardik, est trez advantageuse, et quoyque nous ne devions pas douter de l'exécution de tout ce qui a esté promis de la part de M. le Protecteur, neantmoins il est certain que, si nous venions à bout de Gravelines avant d'attaquer Dunkerque3, les assistances pour prendre cette dernière place seroyent infaillibles et au delà de ce que nous pourrions souhaiter, puisqu'il s'agiroit de prendre ce qui leur est le plus imporlant et qu'ils désirent avec le plus de passion. Ce n'est pas que, s'il y avoit jour de faire présentement quelque chose à Dunkerque, vous ne le deviez entreprendre avec toute la chaleur et le soin imaginable.
Nous attendons avec impatience des nouvelles de la résolution que vous avez prise, et par les dernières que j'ay receues de Flandres portant que vous vous estes rendu maistre des rivières et que les ennemis en se levant, le matin, voyent, d'un costé, la (lotte angloise, et de l'autre, l'armée que vous commandez, ils sont dans une appréhension bien plus grande que je ne vous ay escrit jusques à présent, et je sçay que toute leur ressource pour sortir du misérable estât où ils sont à présent est dans l'attente des pluies et du mauvais temps. J'espère que Dieu n'exaucera pas leurs vomix et qu'il fera aussy beau jusqu'à la fin de ce mois qu'il faict au commencement. Je vous prie de nouveau de vous souvenir des officiers et des soldats du régiment d'Alsace qui sont prisonniers et de faire vostre possible afin de les retirer.
' La tranchée lui ouverte devani Mardick ' Le sens est : de tenir Gravelines bloquée.
If 3o septembre; la ville se rendit le .'5 oc- ' D'après le traité conclu avec CromweH ,
tobro. (Mémoires de Bu.ssij-Rabutiit . (. II, Dunkerque devait appartenir nus Anglais,
p, 'Mi de I édition citée.) et Gravelines aux Français.
Octobre 1057. .
Bibl. nat., ms. f. fr. , Mélanges de ('olbert, t. 5i A, I "° 37.'} v"; minute. — Aff. étr. , France, t. 27a, f'° 278. — Copie du temps.
AUX PLÉNIPOTENTIAIRES (l)E LIONNE ET DE GRAMONT).
Melz, 3 octobre 1657.
(extrait.)
Je suis fort embarrassé sur ce qui regarde MM. de Furstemberg1, car vous vous eu estes louez et avec raison, ne se pouvant rien adjouster à la manière et à la franchise dont ils en usent avec vous, vous donnant tous les advis qui viennent à leur cognoissance et vous parlant si positivement de Testât asseuré que le Roy peut faire de leur maistre- et de rattachement qu'ils veulent avoir tousjours à cette couronne, quelque chose qui puisse arriver; et d'un autre costé, je sçay, de science certaine et à n'en pouvoir douter, que la maison d'Austriche croit estre tout-à-fait asseurée de l'affection du comte Egon, après les engagemens dans lesquels le marquis de La Fuente3 prétend qu il est entré avec luy, par le moyen d'un appelé Augustin Mayer que ledict marquis depescha, il y a quelque temps, à MM. les Electeurs ecclésiastiques, et qui doit estre présentement à Francfort ".
Voicy comme j'apprends que la chose s'est passée : ledict Mayer, à l'arrivée du comte Egon de Furstemberg à Francfort, l'alla voir, et, après luy avoir rendu une lettre du marquis de La Fuente, luy parla de l'élection du roy de Hongrie ; sur quoy ils eurent de grandes contestations ensemble; mais, à la fin, luy ayant faict offre d'argent et l'ayant portée jusques à la somme de cent mille florins5, payables après
1 Voy. ci-dessus, sur François-Egon et ' Il n'est fait aucune mention de ce
GuiHaume-Egon de Fùrslenberg. Mayer dans les Mémoires du maréchal de
- L'archevêque électeur de Cologne. Gramonl.
3 Ambassadeur d'Espagne à Vienne. (Voy. 5 II s'agit ici de florins d'Autriche , valant
ci-dessus, p. 72.) environ 260.000 francs.
l'eslection faite, ledict comte promit d'y servir, et ils eurent une grande Ocu>b conférence sur les moyens de gagner Mayence et Trêves ], le comte donnant sa parole à Mayer que, pour l'électeur de Cologne, son maistre, il s'en pouvoit asseurer.
Mazarin cite d'autres faits qui paraissent confirmer les déclarations du comte de Fùrstemberg en faveur de la maison d'Autriche. Il ajoute :
Ce n'est pas une manière d'agir fort nette, et il faudrait voir par quel moyen on pourrait s'asseurer tout-à-faict dudict comte, d'autant qu'il n'y a pas comparaison de l'offre de M. de La Fuente aux choses que le Roy veut faire pour l'advantage dudict comte et de sa maison. Je croy que l'un de vous autres, Messieurs, ou tous les deux, connut; vous jugeriez plus à propos, pourriez voir ledict comte et luy dire en grand secret tout ce que dessus, tesmoignant qu'il vous a esté descouvert au lieu où vous estes, en sorte que vous avez sceu d'original comme le tout s'est passé. A quoy vous pourrez adjouster que vous m Vf/ receu en mesme temps de mes lettres, par lesquelles je vous mandois avoir esté adverty par une personne de la cour du roy de Hongrie, qui nous donne de très-bons ad vis, que M. de La Fuente ne cachoitpas à ses confidents qu'il s'estoit asseuré de MM. de Fùrstemberg, moyennant la promesse qu'il leur avoit faite de cent mille florins payables lorsque le roy de Hongrie serait parvenu ù la dignité impériale.
Et comme les advis que je vous donne sont certains, il faut, au mesme temps, ayder ledit comte à sortir de l'embarras dans lequel il se trouvera, luy disant que, quoyque vous ne puissiez pas douter de la certitude de ce que .vous luy aurez dit, vous croyez pourtant qu'il l'avoit fait auparavant qu'il envoyas! son frère à Sedan, ou qu'il aura creu à propos de tenir celte négociation sur le tapis pour endormir les autres et mieux descouvrir leurs intentions, (lar, autrement, la confusion dans laquelle on le jetterait, luy deseouuant ce qu'il croit inconnu à un chacun, serait capable de l'engager tout-à-fait dans le partv
Les électeurs de Mayence el de Trêves.
Iciobre 1.7 contraire. Enlin VOUS eu userez comme VOUS jugerez pour ie mieux. vous répliquant de nouveau que, si, au lieu des grâces que le Rov vous a ordonné de luy offrir, il aimoit mieux une somme d'argent. Sa Mld vous donne pouvoir de la luy promettre plus grande, m es me du tiers, que cent mille florins.
Mazarin parle ensuite des efforts faits par les Espagnols pour gagner l'électeur palatin, l'archevêque de Mayence cl le duc de Saxe. Il termine en revenant sur les projets de l'électeur de Bavière, qui n'a pas refusé l'Empire, comme on lavait prétendu :
Je vous envoyé l'extrait dune lettre que la jeune electrice de Bavière a escrite à M,lie de Gourtenay ', qui estoit autresfois favorite de Mmc la duchesse de Savoye, où vous verrez qu'elle nie positivement que M. de Bavière refuse l'Empire ... Je vous diray aussy que le chevalier de Montgaillard, que j'avois envoyé en Piémont, vient d'arriver tout présentement et ma apporté des lettres de Mme Royale, qui me mande qu asseurement M. le duc de Bavière estoit dans le dessein de prétendre à l'Empire, et qu'elle avoit depesché une personne expresse à Madame l'Electrice, sa fille, chargée d'un mémoire contenant des raisons tres-pressantes pour l'engager de plus en plus dans cette prétention.
cri.
Ribl. nal., 111s. f. fr.. Mélanges de Colberl, t. 5 1 A , f° M7. — Minute.
À M. DE TURENNE
Metz, la octobre 1657.
(extrait.)
On m'avoit desjà mandé de Paris la prise de Mardik2, avant que le
' Mmc de Gourtenai était Louise-Marie de Rocliechouart, mariée, en i653, à François de Gourtenai. — s Cette place avait capitulé, comme on l'a dit, le 3 octobre 1657.
sieur de La Haye fust arrivé icy. J'ay eslé neantmoins bien aise tien Octobre 16&7. apprendre par luy le détail, et quoyque vostre modestie ne vous lasse pas exagérer cette conqueste et que vous vous contentiez de dire que les ennemis croyent que c'est quelque chose, on n'a pas laissé de la considérer icy autant qu'elle le mérite, et par elle-mesme et par ses circonstances, dont je vous advoue que celle de n'avoir voulu recevoir la garnison, remplye de tant d'officiers, que prisonnière de guerre, m'a fort touché au cœur, les ennemis nous ayant si mal traictez jusques à présent sur le faict des prisonniers, que l'on ne doit rien oublier pour se mettre en estât de leur rendre la pareille, afin, s'il est possible, de leur apprendre une bonne fois qu'ils ne doivent pas prétendre de nous donner la loy ny sur cela ny sur aucune autre chose.
J'estime superflu de vous rien dire sur la conservation de Mardik et de Bourbourg, dont vous connoissez assez l'importance. Je m'assemv que M. de Schomberg1, estant assisté, rendra bon compte de cette dernière place, de laquelle il faut, prendre d'autant plus de soing qu'elle nous doit demeurer, n'y espargnant ny la despense des travaux, ny aucune autre jqui soit nécessaire pour se souslenir. Comme les Anglois onl interest que nous conservions [celte place], je ne doute pas qu'ils ne contribuent ce qui dépendra d'eux pour cela.
Quant à Mardik 2, c'est un port sans lequel nous ne pouvons rien faire de ce costé-là, et je n'en suis pas en peine; car comme cela les touchera encore de plus près et [qu'ils] y pourront pourveoir avec plus de facilité, parce que ce poste est sur la mer, sans doute ils n'oublieront rien pour s'en conserver la possession, sçachant d'ailleurs aussi bien que nous que c'est avoir virtuellement Dunkerque que désire maistre de la fosse de Mardik, puisque c'en est le port et ce qui n'\u\ principalement celle place-là considérable.
Il importe fort, pour la conservation de ces ports et pour toutes 1rs autres raisons que vous sçavez mieux que personne, de s'emparer, à
Schomberg avait été nommé couver- écril sur la marge, surchargé et d'une lecneur do Bonrboorg. tare très iliflicile. J<> 110 suis |ia^ sûr de IV
2 Le passage qui concerna Mardick est voir bien déchiffre.
Octobre 1657. quelque prix que ce soit, du fort de Link ', par le moyen duquel nous aurons la communication de S'-Venant avec tout ce pays-là; et j'av esté bien aise que le sieur de La Haye m'avt dit que vous vous en occupiez avec beaucoup d'application.
Je ne sçay pas ce que le s' Talon et les autres qui estoient allez en Angleterre vous auront rapporté; niais je suis persuadé que, s'il y a lieu de presser davantage nos progrez du costé de la mer, M. le Protecteur donnera pour cela toutes les assistances que vous désirerez, et que vous, particulièrement, vous n'avez nul besoin d'estre excité pour profiter jusques au dernier moment de tous les autres advantages que la conjoncture présente nous peut donner; mais quoy que vous fassiez, je vous prie de donner ordre au sr Talon de m'en informer, comme aussi de faire exécuter ponctuellement les ordres du Roy touchant le transport des prisonniers. Je ne vous parle plus de ceux de mon régiment d'Alsace; car on m'a dict qu'ils ont pris party avec M. le prince de Condé et qu'il en a faict un régiment.
J'ay faict donner cinq cents escus au sr de La Haye, et tout ce que je pourray faire pour l'establir dans le régiment du Roy ou ailleurs, je le feray tres-volon tiers , le croyant un tres-bon officier et capable de se bien acquitter de tout ce à quoy on l'employera.
Je suis travaillé cruellement depuis huit jours par une colique graveleuse qui me donne si peu de repos, que c'est un miracle que les grandes douleurs m'ayent laissé assez de repos pour dicter cette lettre. Je ne sçay pas quand il plaira à Dieu de m'en délivrer; mais je n'en ay jamais esprouvé de si sensibles, et je croy que vous estes assez de mes amys pour y compatir sur le récit que le s1' de La Hayç vous en pourra faire.
1 Le fort de Link, ou Linek, é!ail situé près de la rivière de la Colme et de Bourbourj;.