‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 3)Chapitre 62 sur 123 · CLXXX1V · texte numérisé non relu

CLXXX1V

Aff. étr., France, t. 279, f° 4ai. — Minute de la main de Roussereau.

À M. LE MARÉCHAL DE GRAMONT

[Abbevijle, 18 mai i658 -.] (extrait.)

Je ne vous feray point de nouvelles protestations de mon service et

fils étaient : i° Louis de Lorraine, qui fut cornle d'Armagnac et grand écuyer de France; 20 Philippe de Lorraine, dit le chevalier de Lorraine; 3° Alphonse-Louis, chevalier de Malte, abbé deRoyaumont; 4°Raymond-Bérenger, abbé de Saint-Faron de Meaux; 5° Charles de Lorraine, comte de Marsan. La fille, Armande-Henriette de Lorraine , était abbesse de N.-D. de Soissons. Il s'agit probablement, dans la lettre de Mazarin , de quelques-uns des bénéfices donnés aux fils du comte.

1 C'est-à-dire de céder ces gouvernements

pour une compensation en argent ou pour d'autres gouvernements. L'échange eut lieu : le comte d'Harcourt céda à Mazarin les gouvernements d'Alsace et de Philipsbourg et obtint le gouvernement d'Anjou, auquel on ajouta des avantages pécuniaires considérables.

2 La date ajoutée d'une autre main porte le 22 juillet 1659; mais comme Mazarin y parle de l'ambassade de Gramont à Francfort, qui est de i658, et de la révolte de Hesdin, il est évident que cette lettre est dei658.

de mon amitié, parce que vous en devez estre fort persuadé; mais, Mai i658. pour vous en donner de nouvelles marques à l'esgard de la conduite de M. vostre fils1, je vous diray confidemment que le Roy et la Reyne souffrent avec quelque peine l'assiduité qu'il a auprès de Monsieur. Je vous prie que personne ne pénètre que je vous en aye rien escrit, mais de chercher les moyens d'y donner ordre adroitement et avec vostre prudence ordinaire; Leurs Maj estez, par vostre considération, dissimulant la chose et n'ayant pas voulu luy en rien tesmoigner2.

Nous avons bu à vostre santé avec MM. de Fùrstemberg et [de Blom]3, et ils m'ont asseuré que vous n'oubliez pas les miennes dans les combats qui se donnent bien souvent à Francfort, le verre à la main. Ils sont satisfaicls de vous au dernier point et prennent grand plaisir à publier vos louanges.

Sa Mtd sera demain auprès de Hesdin avec l'armée'; mais, s'il y est entré autant de monde que l'on dict, Elle prendra la resolution d'entreprendre quelque autre dessein, dont le succez soit apparemment5 plus certain0.

1 Le comte de Guiche.

2 Celle amitié du comte de Guiche et du duc d'Anjou portait ombrage au Cardinal, parce que le comte favorisait la liaison qui s'était formée entre Monsieur, d'une part, et de l'autre, la princesse Palatine et M"" de Fienne, ennemies déclarées de Mazarin.

Bussy affirme que Mme de Fienne « avait ménagé pour la Palatine les premières amours du duc d'Anjou ».

* Nom dont la lecture est difficile et très douteuse. Je crois qu'il s'agit du représentant d'un des Électeurs, peut-être Blom , cité précédemment comme confident de l'électeur de Mayence. (Voir la note de la page 36G.I)

4 C'est ce passage qui sert à fixer approximativement la date de cette lettre.

Monglat (Mémoires, p. 33o, édit. Micliaud et Poujoulat) dit que le Boi trfut, le 1 9 mai coucher dans un château proche de Hesdin ». Celle lettre a dû être écrite le 18 mai 1 658.

5 Selon toute apparence.

(i Le 19 mai, le Boi envoya sommer Ih sdin de se rendre, mais on ne lui répondit qu'à coups de canon. Louis XIV en fui si piqué, qu'il s'en ressouvint depuis, et cela coûta, huit ans après], la vie à Fargues. major de la place révoltée, «qui fut pendu, dil Montglat, pour un sujet qu'on chercha tout exprès^-.

Mai i658.

Bibl. nal., ms. f. fr., Mélanges deColbert, t. 52, f° 220 v°. — Minute.

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