‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 4)Chapitre 15 sur 125 · ADDITION À LA LETTRE PRÉCÉDENTE · texte numérisé non relu

ADDITION À LA LETTRE PRÉCÉDENTE

Briilil, 1 1 avril 1 05 1 .

Roussereau ' vient de recevoir une lettre de M. Fabert, qui luy mande qu'on luy escrit de Paris que MM. les Princes font effort pour ostor du Conseil M. Servien, et que l'on destinoit pour la Catalogne et l'Italie la pluspart des vieux regimens, sous prétexte que ceux de M. le Prince ne pouvant encore estre en estât de servir de deux mois, ils ne sçauroient estre employez que dans l'armée de Picardie.

Je ne doute point que la Reyne ne se tienne ferme pour soustenir M. Servien, puisqu'il seroit ridicule que MM. les Princes voulussent prescrire à Sa Mle les personnes dont Elle se doit servir dans son Conseil; et peut-estre que pour rabattre encore davantage leurs prétentions, il seroit bon que Sa Wé y fist rentrer tout d'un coup trois ou quatre personnes de condition et qui feussent entièrement à Elle. Sur ce propos, je vous feray ressouvenir de ce que j'ay escrit diverses fois que, si le garde des sceaux'2 ne se range du costé de la Reyne, en sorte qu'il fasse paroistre qu'il veut soustenir entièrement son autborité, il faut que S. AI. se résolve à prendre confiance en quelqu'un qui soit bien bardy et qui n'ayt autre but que son service, et, s'il est nécessaire de l'eslever pour cela, qu'Elle le fasse.

Pour ce qui est des prétextes qu'on voudroitcbercher pour esloigner les vieux regimens, S. M. s'y doit opposer formellement et n'y consentir jamais, quoy qu'il puisse arriver. C'est une cbosede la dernière importance, et je ne vous en dis point les raisons, parceque vous les pouvez juger aussy bien que moy.

Les regimens de S. A. R. sont en Languedoc et en Auvergne; on les

1 Secrétaire de Mazarin. — 2 Châteauneuf. Voy. sur ce personnage, le t. I, p. 917, des Lettres de Mazarin.

Awii ifigti peut, faire [mssetr aysement en Catalogne et y en envoyer mesme quelqu'un de ceux de M. le Prince, comme aussy en Italie, lorsqu'ils seroient en estât de servir. Je suisasseuré que, si M. le Prince le veut, ils seronl prests des cette heure. Mais quand il ne les voudroit faire partir qu'à la my-may il faut que la Reyne die qu'Elle en est contente. Enfin, la Reyne doit absolument tousjours tenir le plus prez d'EUe qu'il se pourra les troupes qui luy sont les plus asseurées.

M. Le Tellier sçait quelles elles sont, et j'ose respondre à Sa Majesté de toutes celles auxquelles il luy pourra dire quej'avois confiance. Surtout il faut que la Reyne retienne les vieux corps, disant qu'ayant tousjours servy en Picardie, Elle veut, à plus forte rayson, qu'ils y soient à présent pour estre plus prez du Roy, et pour mieux garantir Paris par ce moyen. S. M. flattera tous les officiers des vieux corps par la confiance qu'Elle tesmoignera avoir en eux, et satisfera aussy la ville de Paris, et de plus on rompra les mesures que M. le Prince peut avoir prises d'avoir en main une armée toute composée de gens dépendant de luy pour s'en servir pendant la tenue des Estats1, suivant les délibérations qu'on y prendra.

Je vous prie de dire à la Reyne que le régiment de Villette est le meilleur de cavalerie que le Roy ayt. M. le Prince fera tout son possible pour le perdre; mais il faut que S. M. prenne soin de le bien conserver, parcequ'Elle s'y peut fier entièrement, et qu'Elle le fasse tenir le plus prez du Roy qu'il se pourra. Souvenez-vous de me mander bientost si je dois faire quelque chose touchant le discours que m'a tenu Pimentel, vous répliquant2 que, si les Princes se tiennent unis avec tous ceux de leur cabale, le meilleur et le plus seur moyen de les remettre à la raison , c'est de faire la paix , qu'asseurement les Espagnols concluroient plustost avec la Reyne qu'avec qui que ce soit, et quelque chose que les Princes fassent pour le faire trouver mauvais, les peuples en seront ravis et en donneront mille bénédictions à S. M.

J'ay oublié à vous dire qu'il faut bien travailler pour les Estats et

1 Les États généraux avaient été convoqués, mais ils ne furent pas réunis. — 3 Disant de nouveau , répétant.

DU CARDINAL MAZAR1Y

employer des personnes intelligentes et authorisées dans les provinces Awil iô&i pour gagner les députe? qui seront nommez, et il faut prendre garde que les Princes asseuremeut lasclieront, dez le premier jour de l'ouverture des Estats, d'y prendre quelque grande résolution, croyant (pie, dans cette naissance de la Majorité1, elle2 n'aura pas encore assez de vigueur pour s'en pouvoir ayder, ny en bien recognoistre lestât. Il faut tascher par toutes sortes de voyes d'avoir en ce temps-là beaucoup degraces à distribuer: car c'a tousjours esté le moyen le plus seur que les Roys ayent eu pour porter les Estats à ce qu'ils desiroient.

lîiblioth. nat.. mscr. f. fr. n° 688G, P io5; original signé. — Ibidem, n' 4ao9, '' 21^-

Copie du temps.

A M. LE TELLIER

(extrait.

Briihl, 18 avril i(35i

Ne sçachant en aucune sorte en quelle disposition sont les affaires et les esprits à la Cour, je ne puis vous dire autre chose sur les changements desquels vous m'escrivez 3, si ce n'est que je souhaitte de tout mon cœur qu'ils soient advantageux. au service de la Reyne et de l'Estat. Car, du reste, je vous jure, en homme d'honneur, que je n'ay receu aucune lettre de Paris, je ne dis pas seulement de M. Servien et

1 L'époque de la tenue des Étals généraux avait été remise à la majorité du Roi, qui devait être proclamée le 5 septembre i65i.

2 Elle se rapporte à majorité, qui a ici le même sens que Sa Majesté devenue majeure.

' Il y avait eu un changement de ministres le 1 1 avril 1 65 1 . Le garde des sceaux . Chàteauneuf, avait été remplacé dans cette charge par le premier président du Parle-

ment, Mathieu Mole; en même temps le chancelier, Pierre Séguier, avait été rappelé, et Léon de Boulhilier de Ghavigny était renlré au Conseil. On attribuait ces changements à l'influence du prince de Condé. Le duc d'Orléans s'en montra très irrité, et le 16 avril les sceaux furent retirés au premier président du Parlement et donnés au chancelier, (jui rentra ainsi dans la plénitude de l'exercice de sa charge.

Avril 16S1. de M. de Lionne, mais de quelque autre personne que ce soit, depuis trente-quatre jours, hors vostre depesche du 23 mars et cette dernière avec une petite lettre de Jobart sur mes affaires, et par là vous pourrez bien juger que je ne suis tellement1 informé des intrigues, s'il y en a2.

Quoy que je me sente fort obligé du soing que vous avez pris de m'informer de Testât des affaires du dehors et de la disposition des armées pour cette campagne, je ne laisse pas d'estre fasché que vous vous soyez donné tant de peine, vous protestant avec toute sincérité que je n'ay à présent aucune curiosité de sçavoir des nouvelles que de celles de la santé de Leurs Majtcl et de mes amis et que je ne songe qu'à vivre en repos. Ce qui l'altère un peu, c'est que je vois que, quelques révolutions qui arrivent à la Cour, mes affaires particulières n'en vont pas mieux, et elles se ruinent si fort qu'il sera impossible de les redresser à l'advenir, quelque bonne volonté que la Reyne me fist l'honneur de conserver pour moy. Jobart m'escrit là-dessus des choses surprenantes.

Je suis fort obligé à M. Colbert de la peyne qu'il s'est donnée de s'instruire à fond de mes affaires. Je pourray le convier dans quelque temps de venir faire un tour icy. Ce pendant je m'asseure qu'il voudra bien continuer à en prendre soing, et il me semble, comme j'ay escript audict sr Colbert, que, si la Reyne en parloit un peu vertement à M. le Surintendant3, il seroit difficile que, de tant d'affaires que j'ay, il ne me satisfist au moins sur quelques-unes, et je puis vous dire làdessus que, quand mondict sieur le Surintendant ne m'auroit nulle obligation et qu'il auroit esté mesme mon ennemy, je devrois espérer qu'il feroit quelque considération sur le poste où j'estois et qu'aprez avoir

' H y a bien tellement dans le manuscrit; cesse et lui adressait, en avrii i65i, deux

mais le sens exigerait nullement. mémoires qui ont été publiés par M. Ra-

" Il est difficile de croire à la sincérité de venel. {Lettres du cardinal Mazarin à la cette déclaration de Mazarin. On a vu (ci- Reine, p. 1 et p. i4.) dessus, p. 33) qu'il conseillait à la Reine de 3 Voy. sur le président de Maisons, surrappeler Gbavigny dans le Conseil. H était intendant des finances à cette époque , cien correspondance directe avec cette prin- dessus, p. 6i, noie î.

engagé presque tout ce que j'avois pour le service du Roy je jouois de Avril r65t. mou reste. Neanlmoins, depuis qu'il est Surintendant, je n'ay receu que quarante mille livres pour ma pension de cardinal et de ministre de l'année i64g, dont la plus grande partie ne me futmesme payée que la veille de mon despart, et vous sçavez que, pendant ce temps-là, j'a\ advancé plus de six cent mille livres comptant de mon argent, ou que j'ay trouvez sur gages, ou sur mon credict, pour le service du Roy.

Pour les esclaircissements que vous me faictes, je remets à y l'aire response avec plus de loisir. Je vous diray seulement que je suis bien fasché que la conduicte que Ton a tenue et le peu de cas que l'on a faict de mes advis, qu'on peut voir, par l'événement, s'ils estoient bons ou non, et la liaison que vous avez prise avec des gens, particulièrement avec le garde des sceaux, qui ne valoient rien, comme vous le cognoissez fort bien à cette heure, [n'ayent]1 rien produict que des préjudices irréparables pour moy sans aucun advantage pour vous.

Je n'ay point doubté de la fermeté que la Reyne avoit à vous soustenir Je suis bien ayse de l'abbaye que Sa Wé a donnée à un de vos enfants2, comme je me resjouiray tousjoursde vos advantages. Tous ceux que je prétends pour moy, ce n'est que le repos, et je demande seulement pour cela que l'on me laisse de quoy vivre. Car je vous advoue qu'il me seroit bien fascheux et bien dur de me voir reduict dans la mendicité après avoir servy aussy longtemps et aussy fidèlement que j'ay faict, et je vous dis de nouveau que je ne sçauroispas comprendre comme la Reyne parlant positivement pour faire advancer quelqu'une de mes affaires, M. le Surintendant puisse avoir la force de luy résister.

1 II y a dans la copie n'ayant, mais la Reims. 11 eut, entre autres, les abbaves de

phrase ne serait pas complète en conservant Saint-Etienne de Caen , de Saint-Benigne

le participe. de Dijon, de Saint-Remy de Reims. Il fut

3 Charles-Maurice Le Tellier, qu'on ap- nommé archevêque de Reims en 1671, et

pelait alors l'abbé Le Tellier. fut pourvu mourut à Paris le 22 février 1710. dans sa

d'un grand nombre de bénéfices ecclésias- 69' année, tiques avant de devenir archevêque de

■AZABIH. — IV. \~i

iMrriMtr.ir nationale.

Avril 1 1>5 1 .

An", étr. , France, t. 268, f" 85 verso; t. 29 du recueil des Lettres de Mazartn. —

Copie du temps.

A M. M1LET1

[Biùhl], 19 avril i65i.

Peu après vous avoir escrit, j'ay receu vostre lettre, et j'eusse eu encore plus de joye des asseurances que vous me donnez de la bienveillance de la Reyne, si Elle avoit eu la bonté de me les confirmer par un mot de lettre; mais il y a trente-cinq jours que je n'en ay receu ny d'Elle ny du sieur de Lionne, encore que je luy aye escrit presque deux fois la semaine de longues depesches. Ce silence me donne l'inquiétude que vous pouvez juger, quoyqu'il n'aille pas jusques à me faire concevoir le moindre soupçon que Sa Mié m'ayt oublié, et que je croye que quelque forte raison aura empesché le sieur de Lionne d'escrire, ou que les depesches ayent esté prises.

Si on n'a pris aucune précaution à mon esgard en rappelant M. le Chancelier et M. de Chavigny2 et donnant les sceaux au Premier Président3, comme Sa M1" ne vous en a rien dict, je n'ay pas sujet d'espérer que ces changements soient advantageux à mes affaires; mais j'ay pourtant peine à le croire.

Je rends tres-humbles actions de grâces à la Reyne de la pensée qu'Elle avoit de parler au nouveau garde des sceaux pour mes abbayes; mais je la supplie de me départir moins sa protection en cela que pour la réparation de mon honneur. C'est la seule chose qui me reste et

1 Voy. ci-dessus, p. 121, note U. La lettre dessus, p. 18, note 2. — * Voy. ci-des-

que nous donnons ici remplace celle qui se sus, p. 127, note 3, les changements qui

trouve au f 79 du manuscrit. Une nouvelle avaient eu lieu dans le Conseil le 11 avril

note, ajoutée à la marge du f 85, dit: i65i.

irOn n'a envoyé que celle-cy de toutes les 3 On a vu que le nouveau garde des minutes qui y sont insérées, « c'est-à-dire sceaux était Mathieu Mole, qui resta en qui sont insérées dans ce volume. Il a été même temps premier président du Parlequestion de Milel, ou Millet, de Jeurs, ci- ment de Paris.

que je désire de conserver, avec celuy (l'honneur) de sa bienveillance, uni i65i puisque j'ay, toute ma vie, travaillé pour en acquérir. J'abandonneray pour cela tout le reste avec joye, et pour peu qui1 nie reste de bien, jeu auray assez pour la vie que je me propose de faire. J'ay conjuré donc Sa Mu par les services que je luy ay rendus avec tant de zèle et de désintéressement, et par tant d'asseurances qu'Elle m'a données de son affection, de ne me refuser pas cette grâce. C'est en cela que sa lei meté recevra plus de louange et que tout le monde la besnira d'avoir restably la réputation d'un serviteur fidèle en faisant cognoistre l'injustice de sa persécution, et que Sa M1" n'y a jamais donné les mains [nyl à son exil par la cognoissance de ses fautes, comme il paroist2 par les arrêts du Parlement.

M. Le Tellier m'a faict de grandes justifications par une lettre qu'il m'a escrite. Je suis tousjours le mesme à son esgard3; mais je souscris aux raisons que la Reyne a eues de ne le pas esloigner; car il vaut bien mieux qu'il demeure dans sa charge4 que si on en establissoit un autre en sa place, qui fust créature de M. le Prince et fortiffiast davantage son pouvoir, comme je juge qu'il seroit impossible de faire autrement dans les conjonctures présentes.

Quand j'ay escrit les offres de M. de Lorraine, ce n'a pas esté avec intention que Sa Ml° s'en deust fier; car Elle sçait bien qu'il n'y a qui que ce soit qui s'arreste moins aux propositions de ce prince que moy. Dictes à la Reyne que la paix seroit à souhaiter et que volontiers je donnerois ma vie pour la voir conclure avec la gloire et la satisfaction que je souhaite à Sa Mtc; mais que je ne croy pas que les Espagnols, qui voyent toutes choses si bien disposées pour faire des progrez, cette campagne, quelque bonne intention qu'ils en tesmoignent, veuillent y entendre présentement.

' Le manuscrit porte bien qui pour qu'il. peut aussi comparer, p. 129, un passage

* Le sens est : comme on pourrait le croire de la lettre du 18 avril. d'après les arrêts du Parlement. 4 On se rappelle que Michel Le Tellier

3 Voy. p. 78, la lettre où.Mazarin expose était secrétaire d'État, chargé spécialement

ses griefs contre Michel Le Tellier. On de la guerre.

\vril j 65 1

La retraite du Coadjuteur1 est asseurement simulée; je croy que la Keyne ne doit point perdre de temps à le pousser à bout, et, si Sa M" n'y donne ordre à présent que l'affaire est esbranlée, sa retraite ne servira qu'à luy donner lieu de regaigner du crédit dans le peuple et former de plus fortes cabales que par le passé, pour luy donner de la peine et perdre l'Estat.

Je ne doute point que M. le Prince ne fasse ce qu'il pourra pour faire tomber àMarsin2 le commandement d'un corps de l'armée, qui sera vraysemblablement en Champagne; mais la Reyne le doit absolument empescher, et pour son service et pour ne faire pas ce tort au mareschal de La Ferté, qui est entièrement attaché à Elle.

Je croy M. de Navailles hors de Paris; mais je voudrois qu'il fust à la Cour, mon intention estant que vous luy communiquiez tout ce que je vous mande, afin que, quand il en aura occasion, luy et madame sa femme3, en puissent entretenir la Reyne à mon advantage, comme il a accoustumé de faire. H sera bon que l'on parle souvent à la Reyne de ce que je souffre et de l'interest qu'EHe a, pour son honneur, de faire reparer le mien. Vous pourrez examiner avec Navailles les personnes qui seroient propres, hommes ou femmes, et assez de mes amys pour cela, auxquels il faudra insinuer en quels termes il en devront entretenir Sa Mte pour faire plus d'impression dans son esprit, et le principal but que M. de Navailles et mes autres amys doivent avoir, c'est de faire cognoistre à la Reyne, en louant sa fermeté, que, par là, Elle achemine toutes choses à tesmoigner qu'EHe n'est pas capable d'abandonner ses serviteurs persécutez injustement.

1 Après les changements qui avaient eu lieu dans le ministère le n avril i65i , le Coadjuteur s'était retiré, sous prétexte de célébrer les cérémonies de la semaine sainte.

2 Voy. sur Marsin, ou Marchin, le t. I, p. 9/12 , des Lettres de Mazarin.

1 Philippe de Montaut, ou Montault- Benac, marquis de Navailles, avait épousé, en février i658, Suzanne de Baudéan de

Neuillan, fdle d'honneur de la reine Anne d'Autriche. Philippe de Monta ult fut nommé duc en 1660. Après une honorable disgrâce, il fut promu maréchal de France en 1676 et mourut en 168'i. La duchesse de Navailles lui survécut jusqu'en 1700. Voy. le Journal de Datigeau, à la date du 17 février 1700 (t. VII, p. 257), et la note de Saint-Simon sur ce passage de Dangeau.

M"' de Carignan1 tesmoigne grande clialeur pour mes interests et Avril 166*. parle hardiment à la Reyne; il seroit bon que Navaillesla vist pourluy faire mes compliments, luy disant que j'ay t'aict parier à Sa M1" pour donner quelque chose au chevalier de Lussinge9.

Vous sçavezà quel point M. de Senneterre3 est de mes amys. Vous le pouvez voir de ma part et luy parler sur ce que je vous escris, afin qu'il puisse prendre occasion d'en parler à la Reyne, quand il aura l'honneur de la voir '.

AIT. étr. , France, t. 267, f° 36a; l. 28 du recueil des Lettres de Mazarin. —

Copie du temps.

A M. DE LIONNE

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