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On dirai! aujourd'hui de créance.
4 On a \u, dans la lettre à Rrachet, cidessus, p. 3-2a , qu'Ondedei était appelé' par le parti des frondeurs, afin de conclure définitivement le traité négocié avec Mazarin. Le Cardinal voulait cacher à Lionne le véritable motif de l'envoi d Ondedei à Paris.
5 La copie porte Brisamer, personnage inconnu, tandis (pie Brisacier était un des employés importants de la secrétairerie d'État.
Juillet i6.m. mort et finit disant : Liberemm hoc cura populum romanum1. Et mo\. je me contente de délivrer ceux qui me veulent du mal à Paris et à qui je cause de l'inquiétude en me retirant bien loin avec dessein de servir tousjours la France et mes persécuteurs mesmes.
Biblioth. nationale, papiers Baluze, t. 332, f° i34. — Original signé, en partie autographe.
A J.-B. COLBERT
Brùhl, i3 juillet 1 65 1 .
(extrait.)
Mazarin entrelient Colbert de ses intérêts pécuniaires et fait l'éloge de son zèle, tr Je vois, par les effects, lui écrit-il, que vous ne dormez pas et que j'éprouve avec beaucoup d'avantage les fruits de vostre diligence et devostre capacité, » II termine sa lettre par le Post-Scriptum autographe suivant :
J'escris quelque chose au sieur Naudé avec ordre de vous le communiquer. Je vous prie d'y avoir esgard et de croire que je tiendray bien employé l'argent qu'on despensera pour l'affaire, estant important qu'on n'oublie rien pour desabuser les peuples des mauvaises impressions qu'on leur a données avec tant d'injustice contre moy2. On despense cinq livres par jour pour l'entretien d'un sergent et d'un autre qui a les clefs des chambres dans ma maison. H faut ostercela, et y mettre Bernardin, mon garde-meuble, et faire que le sieur Naudé ayt soin de ma bibliothèque, qui dépérira autrement.
1 Mazarin cite de mémoire et altère légè- souci qui le tourmente depuis si long-
rement le texte de Tite-Live , qui fait dire à temps ).
Annibal : Liberemm diuturna cura populum 2 Voyez, ci-dessus, pages 281 et surtout
romanum (délivrons le peuple romain d'un 282.
DU CARDINAL M IZARIN,
Juillet i65l,
GV.
\lf. etc., France, i. »68, f 07 v°; t. ao du recueil des Lettres de Mazarin, —
Copie J u temps.
\ M. ROl'SSEREAU1.
(EXTRAIT
[Brùhl], l6 juillet i65i.
\ ous sca\ ez ce <jiie M. de Lionne m'escrivit à l'esgard du Surintendant et ce que le sieur Bartet me dict de sa part. Vous sçavez aussy ce que je luv escrivis ensuite et en quel estât esl l'affaire à cause de l'apprebension que la Reyne avoit, ainsy que mondict sieur de Lionne m'a mandé plusieurs fois, que, le Parlement faisant du bruit et s'assemblant, il n'esloit pas à propos qu'on degoustast le Surintendant et son frère2, qui eussent pu faire beaucoup de mal. Cependant je ne voy pas que leur crédit lust fort à craindre, puisque le mesme Parlement tasche de les pousser3 par toutes sortes de moyens. D'un autre costé, on vous faict voir la marquise de Sablé4; on vous faict conférer avec M. de Longueil afin qu'apprenant l'envie qu'ils ont d'estre de mes amis, vous me l'escriviez, et que, sur cela, je me retracte de ce que j'ay escrit, de concert a\ ec M. de Lionne, et je leur rende de bons offices auprez de Sa M"\
' Rousscrcau était . comme on l'a déjà fait remarquer, un des secrétaires de Mazarin. Une note placée en tête des lettres écrites par Mazarin à ce personnage dit qu" elles lui ont été adressées pendant le voyage qu'il a lait à Paris , d'où il a été de retour à Brùhl en août i65i.
! Pierre de Longueil. Voyez, ci-dessus, p. 20Û, note 3.
3 Les pousser a ici le sens de leur enlever le pouvoir.
Madeleine de Souvré. mariée, eniGi 4, à Philippe-Emmanuel de Montmorency-La-
11AZ W.J.V lï.
val, marquis de Sahlé, morte le 16 janvier 1678, à soixante dix-neuf ans. M. V. Cousin lui a consacré une de ses savantes et intéressantes études sur les femmes du xvir siècle. Dans une lettre du 8 juillet i65i, que l'on trouvera aux analyses, Mazarin écrivait à Roussereau : "J'ay lousjours eu grande estime pour M'"" la marquise de Sahlé, et j'ay obligé les personnes qu'elle estime au point qu'on a veu. » 11 voulait surtout parler, dans ce passage, des deux frères de Longueil et se plaignait de leur ingratitude.
Juillet l65i. J'ay tant de fois déclaré à M. de Lionne, comme vous sçavez, qu'en rien il ne me pouvoit obliger davantage qu'en m'escrivant avec liberté et franchise sur toutes choses, et je me suis assez expliqué que j'estois tout prest d'estre amy de mes plus grands ennemis, quand il mêle proposerait, de sorte que, si, par quelque raison que ce pust eslre qui regardast le public ou le particulier, il m'eust escrit un seul mot pour me tesmoigner qu'il jugeoit non seulement à propos de ne poursuivre rien au préjudice de M. le Surintendant, mais que je restablisse avec luy et son frère une parfaietc correspondance, nonobstant qu'ils soient dans la dernière liaison avec M. de Chavigny, je vous asseure que je n'y eusse pas apporté la moindre difficulté; mais il est impossible que, par toutes ces raisons empruntées et tous ces ambages l, je puisse estre persuadé à faire les choses qu'on désire et desquelles on ne se veut expliquer. Vous sçavez ce que je vous ay dict nettement si souvent làdessus depuis mon départ de Paris. Et pour ce que vous me mandez de M. le Surintendant et de son frère, je ne vous puis faire aucune response, sans sçavoir de M. de Lionne quelles sont ses véritables intentions là-dessus.
J'ay essuyé toutes les persécutions de M. de Longueil, quand il a esté le tout- puissant dans le Parlement, et à présent qu'il n'y est pas fort considéré, je voy qu'il auroit quelque disposition à m'y servir. Avant que j'obtinsse de la Reyne la grâce de la Surintendance pour son frère, il me fit dire que, si je la luy procurois, il seroit entièrement à moy. Aprez que l'affaire fut faicte, je ne puis pas dire qu'il m'ayt jeté des pierres, mais je mentirois fort si je disois qu'il m'eust donné la moindre assistance en quoy que c'eust esté, n'ayant pas pumesme mériter l'honneur qu'il m'ayt veu une seule fois, et estant assez public qu'il estoit dans la dernière intelligence avec S. A. R., lorsque j'ay esté poussé avec la violence que chacun a veu, et Dorât'2, qui estoit son intime, n'a jamais cessé de parler et solliciter, de tous costez, contre moy, comme s'il eust esté ma partie. Je vous dis cela en passant ; car, pour
1 Par des considérations et des explica- 2 Voyez, sur ce conseiller, ci-dessus,
lions manquanl de franchise et de sincérité. p. -217, note 1.
le reste, je vous puis asseurer, ainsy que j'ay mandé à M. de Lionne, Juillet t66i que tout commence à m'estre forl nidifièrent, et ce que vous nie mandez que ledicl sieur die Lionne vous a dict qu'il n'y avoit rien à espérer du oosté dos princes me confirme assez dans cette pensée et ne me t'aie! songer qu'à chercher du repos en quelque endroit, si je puis estre assez heureux d'en trouver un, où je ne donne de l'inquiétude à personne; car je vous advoue que je suis las de faire le mestier d'importun, et plust à Dieu que je pusse voir les princes unis à la lleyne ne respirer que le bien et la grandeur de 1 Estai, et que pour cela on me deust oublier en sorte qu'on ne sçeust pas seulement que je fusse au monde.
Je me suis assez tourmenté, comme voussçavez, de ce qu'on soulFroit des personnes qui disoient sans cesse tant d'impertinences contre moy, dans le Palais-Royal mesme; mais cela n'a servy de rien; car ces Messieurs sont les bien venus, et, à la vérité, Mademoiselle de Beaumont l et [le commandeur] de Jars2 sont deux pièces si nécessaires à la conservation de l'Estat et sont si sçavants en la manière dont il faut y travailler, qu'on auroit grand tort de leur dire le moindre mot pour redresser leur conduite.
On me mande que AI. le mareschal de Gramont3 prosne fort contre moy; qu'il employé tous ses talens pour nie mettre en ridicule. Je croy qu'il y aura de la peine, au moins, auprez des personnes sensées et qui jugent sans passion; mais je ne sçay pas ce que je luy puis avoir faict qui l'ayt obligé à en user de la sorte, s'il est vray ce qu'on me mande, ayant esté en tout temps de ses meilleurs amis et recherchant sans cesse les occasions de luy en donner des marques. Je croy que M. de Chavigny, qui remue toutes sortes de pierres contre moy, aura joué quelque ressort pour faire agir ainsy ledicl mareschal, et, comme
1 \ oy. ci-dessus, p. 26, note 7. p. ()32, des Lettres de Mazaria, au mol
2 Comparez, sur le commandeur de Jars, Guiche. Dans une lettre citée plus haut, le lome I. p. o34, des Lettres de Mazarin, p. ho et suiv., Mazarin écrivait à Gramont et ci-dessus, p. i4a, noie 2. sur un ton de familiarité, qui supposait une
3 Antoine III de Gramont. Voyez t. I, grande intimité.
Juillet iC5i. je l'ay tousjours ayme, j'en suis marry; car asseurement il se l'aict plus de tort qu'à moy. Il faut espérer que mes ennemis se lasseront à la fin et particulièrement quand ils verront que toute mon application va à les contenter en les délivrant de l 'appréhension qu'ils lesmoignent avoir de mon retour; mais vous voyez, à cette heure, si je me suis trompé quand je vous ay tant de fois dict que rien ne me pouvoit faire plus de préjudice que le retour de M. de Ghavigny, sans avoir adjusté les choses avec luy comme je vous avois mandé.
GVI.
Bibliolh. Mazarine, n° 1719, t. V, f" Ui h. — Copie du temps.
A M. ONDEDEl.
Biùhl, 16 juillet i65t.
(extrait.)
Mazarin a eu pour principal correspondant, à Paris, l'abbé Ondedei, pendant la Un du mois de juillet et le mois d'août 1 65 1 . Il lui recommaude de chercher à gagner le premier président, Mathieu Mole, et de s'entendre a\ec le maréchal du Plessis-Praslin, dans lequel le Cardinal a pleine confiance. Il ajoute, relativement à la Reine, les instructions suivantes :
Trattenere la Regina in tutte le occasion! dello stato présente délia Francia, acciô dalla differenza riconosca e si confermi sempre più quanto utilmente il Cardinale hahbi servito, e la stima che, di giustitia, si deve fare di lui, e corne li suoi malevoli vedendo che indarno procuravano di nuocerli nell' affetto di S. Mtà, si sono incessantemente valsi l d'ogni sorte d'artificio per diminuire la stima, sarà à propo-
1 On peut traduire cette phrase de la ma- avez pu reconnoître . . . qu'il n'y avoit pas nière suivante: «Les malveillants se sont ser- d'apparence que la Reine eût peu d'estime vis de toute espèce d'artifices pour diminuer pour moi, comme on vous l'avoit dit.* C'él'estime que la Reine portait au Cardinal. » tait M°'e de Beauvais, première femme de Celte pensée préoccupait Mazarin. Dans une chambre de la Reine, qui avait tenu ce prolettre à de Lionne, publiée dans le recueil pos. Comparez p. 333, note a. de M. Ravenel (p. 79), il écrivait : «Vous
DU CARDINAL M VZVIÎlN. 333
silo che N.1 (Ondedei) travagii cou applicatione sopra questo punto, e Juillet i65i preghi la prinçipessa palatina e Bartei à lare il medesimo. Sara perciô hoiii' die (Ondedei) scn/.a affettatioUe dica à S. M" li krattamenti, che liô rkevuti, doppo la inia sortita di Francia, da tutti li principi e gran ministri d'Europe direttamente ô indirettamente s, poiche alcuni, clic per essere di contrario partito, non hanno ardito farmi coïnplimenti, m' hanno fatto pervenire li loro senti menti di stimaper mezzo d'altri, conciudendo clic tutto il seguito era nocivo e di poca riputatione alla Francia . c non altrimenti à me, et soprà di cio N. (Ondedei) avverlirà che de\r stendersi e descendere aile particularité. Dira ancora che tutti li miei ainici. più sensati, mi consigliano che il miglior modo di vindicarmî délia persecutione, che li Francesi m' hanno fatta, è di non ritornare pin in Francia, e vagiia il vero, senza la considei'atione délia Regina, dal primo giorno, ne haverei presa la risolutione; dira che, cio essendo con passione desiderato da tutti li nemici délia Corona, è forza che li miei malevoli istessi concludono ch'io vaglio qualche cosa e che sono capace di ben servirla.
Conic è stato proposto che, per sienrezza di qncllo mi promcllerebbe M. de Ghasteauneuf3, tutti li suoi amici più quaiificati sarchbero cautione, e particolarmenle il marcschal d'Estréc et M. di Senetcrrc, et altri, sarà l'orza di non disprezzare l'impegno di queste persone.
Prenderà occasione di far conoscere alla Remua la qualité di Lione, che (prescindendo dalli tradimenti, che m' hé fatti, che sono senza esempio, essendo mio servitore attuale, et inviato à Parigi in questa qualité per sollecitare li miei inleressi), avanti di chiamarlo appresso di me, il maggior posto, che havesse havuto, era stato qucllo ai petit
1 Ce signe désigne Ondedei. Mazarin; mais que, pour l'amitié, clic
s Ces recommandations prouvent que étoit furieuse (Lettres de Mazarin publiées
Mazarin voulait se relever dans l'estime de par M. Ravenel, p. 70, note 1). Mazarin
la Reine, comme on l'a dit, p. 33a, note 1. lui-même iail allusion à ce mol (Ibidem,
Il savait que la première femme de chambre p. 1 22).
de cette princesse, Mme de Beauvais, avait ' Voy. ci-dessus, p, 197, les propositions dit à de Lionne qu'elle n'avait trouvé dans faites à Mazarin au nom du marquis de Châle cœur de la Heine que peu d'estime pour leauneuf.
:;.i'i LETTRES
Juillet i66n commis d'un secrétaire d' Estât, et il poco, che sa, l' lia imparato senen- (Iniiii.
Dira la particolarità delli traltamenti che m' h à fatto e clie, stipulando d'haver somme grosse et cfl'ettive dal Sopraintendenle pcr lui et per Servien, giocando contiiniamente le trè e quattro mila pistole et essendo continuamente in festini et altre desboche, non hà tenulo à lui cli'io non sia morto di famé , liavcndo impiegato li danari del governo di Solone1 e quello che haveva à Lione, per pagare il padre di sua moglie2, et un debito contralto da me per assistere M. de Sl-Agnano3, quando compro la carica.
Farà rimarcare à S.Mlà che li suoi più confidenti4 sono li miei maggiori nemici; che la perfidia è stata taie che le armi, che gl'hô date con li miei continui spacci persoccorrermi, le hà impiegate per rouinarmi, rivelando tutto quello poteva essermi di pregiuditio, e mentre si doleva à S. M'* del procedere di Ghavigny, del Principe e d'altri, s'intendeva con loro, et operava di concerto.
Dira che per screditarmi nel popolo et obligare la Corte à disprezzarmi, Ghavigny di concerto con Lione hanno obligato diversi, e particolarmente il mareschal di Gramont, Mella de Beaumont5, et quesla il commendator di Giar6, à parlare di me per tutto, corne di un' huomo ridicolo et incapace; che Lionne hà voluto rendersi padrone di lutte le negotiationi per non concluderne alcuna, per impedire'che non potessero havere buon esito per altre mani; non hà dimenticato, in oltre. cosa alcuna per disgustare tutti li miei servitori, amici, invitandoli
1 ffLes deniers du gouvernement de So- charges de premier gentilhomme de la
logne. « Je pense qu'il y a erreur dans la chambre du Roi. C'est sans doute de cette
copie, et qu'il faudrait lire Saintonge au lieu charge que veut parler Mazarin; il parait
de Sologne. Mazarin avait, en effet, des re- qu'il avait prêté h Saint-Aignan une partie
venus sur les salines de la Saintonge. des fonds nécessaires pour l'acheter.
' La femme de Lionne se nommait Paule 4 Les principaux confidents de Lionne.
Payen; elle était 611e d'un financier, qui li- B Mademoiselle de Beaumont, une des
gure dans une mazarinnde intitulée : Le cala- filles d'honneur de la Reine. Voy. ci-dessus.
logue des partisans. Elle vécut jusqu'en 170^. p. 26, note 7.
3 François de Beauvillier, comte, puis 6 Le commandeur de Jars. Voy. plus
duc de Saint-Aignan, avait acheté une des haut ce qu'en dit .Mazarin (p. lia).
1)1 C \lll)l.\ \L M IZARIN. 335
contro ili me; ma eome Y (Ondedei) e beoissimo informato del pro- JuiUei 1661 cedere del sudetto è superflue il diffondersi nella matecia.
Non dimenticarà chc Lione, digustato dél Sopraint&ndepte ', mi scrisse contra, e mi fece parlare per Bartel forteinente, affinche suppiicassi la lu^iua à rimuoverlo dalla carica, et à niellervi La Vieuville2, et io havendolo fatto, perche veramente locredeva di servitto aile Loro M1''. quando Barlet arrivé, Lione e Servient3, che si erano accommodât! col detto Sopraintendente, che per riguadagnarli liaveva loro data sodislatlione, conie liavevano volute, e iattala dare intieramente à Madama di Buvais', si trovava5 intrigato, e prese per scusa di dill'erire la cosa, che S. M1,1 non voleva farlo, sinclie non lossero cessate le assemblées del Paiiamento, dove il Sopraintendente et il lratello G haverebbero tatto grau maie, se si disgustavano in questa congiuntura, e Dio, per conlonderlo, hà permesso che apparisca che il Parlarnento nessuna cosa desidera tanto corne di vedere rimosso il detto Sopraintendente7.