AU BAILLI DE VALENCE, AMBASSADEUR À ROME
( EXTRAIT
[Brùtil], ia août 1 65 1
Je me resjouis, de tout mon cœur, de vostre retour à Rome, et "si j'en eusse esté creu, vous y eussiez esté, il y a desja cinq mois. Sans que je vous en prie, je sçay bien que vous n'oublierez rien pour vous conserver la bonne correspondance que vous tesmoignent le prince2 et la princesse de Rossan3, et le cardinal Pamphilio ft; car cette intelligence bien mesnagée peut produire de très-grands advantages au service du Roy dans la cour de Rome, et je ne doute pas que les susdictes personnes ne souhaitent sincèrement vostre amitié et assistance dans la hayne qu'ils ont, avec beaucoup de raison, contre le cardinal Panzirole5, lequel, usurpant toute l'authorité par le crédit qu'il a auprez du Pape, il ne laisse aux autres que de très-simples apparences; et comme lesdicts prince et princesse, aussy bien que le cardinal Pamphilio, ont
1 Voy. sur cet ambassadeur ci-dessus, p. 85, note 2.
2 Jean-Baptiste Borglièse, prince de Sulmone et de Rossano, né en 16.39, mort en 1717.
3 Olympia Aldobrandini, mère du précédent et veuve de Jean-Georges Borghèse, prince de Rossano. Elle avait pris, en 16/17, une seconde alliance avec Camille Panfilio. neveu du pape Innocent X. La princesse de Rossano mourut en 1681.
* Camille Pamphilio, ou Panfilio, promu
cardinal en i64&, renonça à cette dignité en 16/17 e' •'p01189 la princesse de Rossano, dont il a été question dans la note précédente. Mazarin continue à l'appeler cardinal, quoique Camille Panfilio eût renoncé à la carrière ecclésiastique.
5 Jean-Jacques Pancirole avait été nomm;cardinal par le pape Urbain VIII, en i643; il mourut en septembre 1 65 1. On voit, par cette lettre, que Mazarin l'accusait de haine contre la France et de partialité pour l'Espagne.
DU GARDtNÀL MAZARIN. 38(.)
tousjours tesmoigné de L'inclination pour la France, y allant de leur Aoât i65j iuterest de le tesmoi;;ner plus que jamais pour avoir voslre secours auprès de Sa Sainteté dans ce qu'ils veulent entreprendre, je croy asseureinent que vous aurez en main de quoy faire quelque chose de bon el mettre la France en aussy bon estât dans la cour de Home qu'elle ayt jamais esté. Et, a la vérité, si vous pouvez réussir de decrediter Panzirole, ce serait un très-grand coup; car il est certain qu'il n'y a qui que ce soit qui porte davantage les inlerests des Espagnols, ny qui prenne plus de soing d'entretenir Sa Sainteté dans la mauvaise disposition qu'il (le Pape) tesmoigné tousjours contre la France et aversion contre moy.
Mazarin explique ensuite qu'il ne peut songer à se rendre à Rome dans l'étal de détresse où il est. 11 se plaint du Surintendant, qui ne l'ait rien en sa faveur. 11 déplore la situation du royaume et ajoute que son plus cruel déplaisir esl r de voir le penchant dans lequel est la monarchie de France par la folie du peu de François ', et ce que Leurs MlcI souffrent, et les périls auxquels Elles sont exposées, demeurant à Paris, où l'on met toutes pièces en œuvre pour esmouvoir le peuple, et où leur authorilé reçoit continuellement de nouvelles hlcssures, estant conlraincles de se conformer auxarreslsquele Parlement donne continuellement sans rime ny raison."
Mazarin termine en annonçant le mariage du duc de Mercoeur avec une de ses njèces 2.
AIT. étr. , France, t. 878, pièce 187, et Bihl. Etat. mss. f. fr. 2.3aoa, P i3.
À L'ABBÉ FOUQULT.
[Brùlil], i3 août iG.r>i .
(bx irait.)
Je reçois en mesme temps deux de vos lettres des 2 et 5 du courant, et je vous remercie de la peine que vous prenez à me donner avec
' La copie porte Lien : du peu de François. Il faudrait lire : de peu de François. — 2 Voy. ci-dessus p. 3 1 5 et 3 1 6 , texte el notes.
Aofti 1 65 1 . tant de ponctualité nouvelles de toutes choses; mais je suis en peine du risque auquel vous vous exposez, ne doutant pas que M. le Prince ne lasse toute sorte de diligences pour descouvrir et persécuter ceux qui ont commerce avec moy.
J'aimerai toute ma vie M. de Bouillon du bon office qu'il vous a rendu, afin qu'on ne parlast [pas] de vous dans le Parlement; mais, au nom de Dieu, mesnagez-vous davantage; car je serois au desespoir si, à cause de moy, il vous arrivoit la moindre chose qui vous fust préjudiciable.
Je vous ay escrit par Roussereau l, auquel je doute pourtant qu'il n'arrive quelque malheur, parce que, à Cambray, onaurapusçavoir que vous estiez à Paris, et par là arrester ledict Roussereau, qui traverse la Flandre sous vostrenom. Je vous asseure que, quand je me couche sans avoir nouvelles qu'il ne soit arrivé quelque malheur, il est fort extraordinaire. Cet ordinaire m'en a apporté une bonne quantité : la perte de mes papiers, qui estoient dans le coche de Sedan, me touche sensiblement. Surtout je suis affligé au dernier point de voir le mauvais estât dans lequel sont les affaires à Paris, craignant forl que les deux princes 2, liez comme ils sont et conseillez par des gens tous mal intentionnez, ne prennent quelque resolution fascheuse, particulièrement à l'esgard de la Reyne. Je prie Dieu de me donner la mortpluslot que de me laisser en vie, et que je ne voye que mauvaises nouvelles de ce costé-là.
Il est aisé de voir que M. le Prince a plus de pouvoir que le Coadjuteur dans l'esprit de Son Altesse Royale, et cependant l'on auroit creu que ledict Goadjuteur, avec Mme de Ghevreuse et M. de Chasteauneuf, y avoient un crédit tout entier. Le prochain ordinaire portera, je crois, un esclaircissement de toutes choses, et si on laisse approcher davantage le temps de la Majorité, sans avoir pris aucune resolution, il se faut tenir pour dupé, et croire qu'il n'en sçauroit rien arriver de bon ny pour l'Estat ny pour Leurs Majestez.
1 On a déjà dit que Roussereau était un des secrétaires de Mazarin. — ! Le duc d'Orléans et le prince de Gondé.
Je suis extrêmement surpris de ce que vous me mandez de M. de Août i65i. Mercœur; car je sçais qu'il avoit toute confiance en vous et qu'il se disoit vostre obligé, el d'ailleurs il sçait à quel point je vous estime et suis vostre ami. Je vous asseoie que j'escriray comme il faut là-dessus; mais je ne doute pas que la Reyne n'ayt ajusté la chose de la bonne manière.
Dans ' ce que vous me dictes de la confiance que je prends en certaines personnes, je voudrois vous pouvoir entretenir un quart d'heure làdessus; car je vous ferois tomber d'accord que je ne fais en cela que ce que je dois, aprez les engagemens dans lesquels M. de Lionne m'a mis; vous en serez informé un jour, et ce pendant je profiterai de l'advis que vous me donnez et prendrai mes précautions à l'advenir.
Je vous prie de faire de grands remerciemens à la personne, qui n'est pas dans le chiffre2, de la bonté qu'elle a eue pour moy en ce qui est des bardes que vous me mandez. Je suis ravi de luy avoir cette nouvelle obligation, et je luy proteste que je rechercherai soigneusement toutes les occasions, en quelque fortune que je puisse estre, pour luy donner des marques de ma recognoissance.
J'escris comme il faut, afin que vous profitiez, par le moyen qu'on avisera, de quelque chose qui est vacant par la mort de l'evesque de Poitiers 3, et je m'asseure que la Reyne sera tres-ayse de vous obliger en ce rencontre. Au reste, croyez que vous n'aurez jamais meilleur ami que moy et que je suis marry de n'estre pas en estât de vous en donner des marques comme je voudrois.
1 Le sens est : Pour ce que vous me dictes. i&77i sacré évêque de Poitiers en 161a,
* Nous avons déjàfait remarquer plusieurs était mort le 3o juillet 1 65 1 . Le Roi nomma
fois celte formule employée par Mazarin pour pour son successeur le cardinal Antonio Bar-
désigner une des dames de la Cour, qui pa- berini , qui ne put obtenir les bulles du Pape
raît être M°" de Gbevreuse. pour févêché de Poitiers, et fut dans la suite
5 Henri-Louis de la Rochepozay , né en transféré à l'archevêché de Reims.
A nul l65l.
Bibliotli. Mazarine, mss. f. fr. 6887, f° 36; original. — Ibidem, vas. 6209. ^ 9^1
Copie du lemps.
À LE TELLIER
Brùhl], 1 5 août 1 65 1 -
(extrait.)
Je voudrois vous entretenir, mais il m'est impossible de le faire, estant si affligé de voir Testât dans lequel sont les affaires à Paris, avec un péril si évident de voir à tout moment arriver la perte de toutes choses, sans que la Reyne se dispose à prendre aucune resolution qui pourroit garantir sa personne et celle du Roy des maux, desquels ils sont menacez. Je vous asseure que je n'ay aucun remords [d'avoir]1 plus pressé la Reyne que le respect que je luy dois ne permettoit pour establir quelque ordre dans les affaires et ne donner pas tout au hazard, comme on a faict jusqu'à cette heure. Mais, soubs divers prétextes, on a empesché Sa Mlé d'avoir esgard à mes conseils, et cependant M. le Prince prosne que je gouverne de Bruhl. Dieu pardonne à qui est cause de tout cecy2!
Il est aisé de voir que le Coadjuteur et les autres n'ont pas le pouvoir qu'ils ont voulu faire croire sur l'esprit de Monsieur, et, s'il est entièrement lié avec M. le Prince, comme il y a grande apparence, je vous laisse à penser ce qu'on doibt attendre à l'esgard de l'Estat, de l'authorité royale et de la personne de la Reyne.
1 II y a dans la copie de n'avoir; mais la à Chavigny les malheurs de la France, et négation doit être supprimée. qu'il accusait Lionne et Servien de s'être
2 On a vu que Mazarin imputait surtout unis avec lui.
Dl CARDINAL MAZARIN. 393
M ii Août 1 65 1 .
CLW.
BiUioth. Mazarine. ms. 1719, t. V, f"' 'i50 v" ei suiv. — Copie du temps.
À ONDEDKI.
[ Brtilii J, iH ani'il 1 65 1 .
( EVTIUIT.)
\i dire premieramente, per quello mi riguarda, clic havendo latta riflessione sopra le speranze che Sua Mla mostra, uella lettera clie mi scrive, clic le cose siano per andare bene, e che sarcbbe obligata à darne il maneggio al Coadjutore '. liô inferito che per avvenlura questo bavrà potuto assicurarla délia volonta del duca d'Orléans, mentre Sua M1' si rissolvà di appoggiare alla sua condotta la diretlione degl' afï'ari, <> |irotrebbe esser che S. A. !>.. instrutta cosi dal Coadjutore. difticultasse quanto dalla Regina viene desiderato, e dasse sempre maggiori gelosie di voler essore unito col Principe, per obligare Sua M'" ad authorizzare intierainente il Coadjutore; ma sia quello si voglia, sono rimasto assai sorpreso che dicendomi la Regina essere il sudetto ottimamenle intentionato à ben servirla, non aggiunga che si fosse ancora impegnato à fare il medesimo per il mio riguardo; e pure questo è un punto essentialissimo, il Coadjutore essendo stato il principal motore etinstrumento di tutte le persecusioni, ch' ho sofl'erle doppo i primi moti di Parigi.
Se la Regina hà creduto che bastasse V impcgno di servire la Mu Sua per non dubitare che venirà in quosto modo ad impegnarsi ancora ad essere mio partiale, midispiace di dover dire che si sia non poco ingannata.
L'esempio di Chavigni è assai fresco, il quale promise ancora d' avvantaggio sollennemente per iscritto senza volermi pero nominare, e, nel progresso del tempo, si è veduto che non solamente non m' hà servito
1 On voit, par les Mémoires de Retz , qu'à cette épocpie il avait de fréquentes entrevues avec la Reine et s'était engagé à tenir tête à Condé dans le Parlement.
haubdi. — iv. 5o
WPBIM 1 Ml -iiii.uï,
39'i LETTRES
Août iiiôi. in l'iguardo dell' impegno, in che era cou la Regina, ma lia publicamente sollecitato e fonicntalo ogni sorte di persona contro di me. E se il Goadjutore vorrà tare il medesiino, ne liavrà facilita c camj)o maggiore. perche ha j)iù spirito, più rissolutione, e sarà in stato di poter essercitare qneste qnalita, trovandosi authorizzato col maneggio di negolii. et in posto di persuadere alla Regina quello gli piacerà, solto divers! pretesti clic concernino in apparenza il bene dello Stato et il servitio dello I14 Loro.
Mazarin se plaint que la négociation ait été confiée entièrement au maréchal rie Villeioy, qui lui est suspect. 11 insiste sur la conduite qu'on aurait dû tenir à l'égard de ce personnage :
Erà bene à proposito valersi del maresclial di villeroy, giache si Irovavà nel negotio, trattarlo conlidentemente e dissinmlare le sue ingratitudini et il procedere che hà tenuto tanto con Sua Mla quanto con me; ma di eleggerlo per conlidarsi intierainente in lui, ail' esclusione de miei amici, che non m' hanno mancato, e che hanno interesse nel miglioramento délia mia conditione, confesso che non si puol sostenere, e che se lo stabilimento del Coadjutore si è fatto per mezzo del detto marescallo, e che Sua Mlà habbia dato alT uno et ail' allro la sua conlidenza, quando anche in questo modo il duca d'Orléans adherisca à quanto la Regina vorrà per mettere il Principe alla ragione, io so quello che devo attendere nel mio particolare, non ostante la continuatione dell' affetto di S. M11' et il suo desiderio di vedermi in posto migliore. E vei'o che se V autorita puo ristabilirsi e le \IMla Loro esserciterla in l'iguardo del Principe e de Parlamenti in modo da non h avère à temere délie loro intraprese, t; che la Regina godi quel riposo o félicita ch' io li desidero, sarô consolalissimo, quando ancora venghi ad essere più perseguitato che mai.
Io ho occasions di credere che tanto Madama di Chevreuse, quanto il (îoadjulore e Chasteauneuf, habbino sinceramenle desiderato di ricon- (tiliarsi meco, havendo tutti tre, per diverse strade, fatto ogni diligenza per questo effetto, e la disgratia hà voluto che riniettendo, corne io
dovevo, la conclusione di lulto à Parigi. non sia seguita, corne era laei- Août i6.r>i. lissimo, tre mesi, fare1, perche i oiezzi, de quali Sua M1* et io ci siano \alsi, non lianno fatto il debito loro; ma se la Regina non m' lia l'allo 1' honore di far heu ronoscere aile sudelle tic persone quanto frequentemente, e eon quanta elliracia, io habbia fatie streiiisshne Instanze, perche la MuSua confîdasse intieramente in loro, e stata min gran dis- .iwentura. Kt in raso. che questi tre, e particalarmenle il (loadjulore habbia eambiato di sentimenti per me, credete certo clin cio sarà proceduto dal maresrhal di Villeroy, e da gl ail ri che hanno liavulo il maneggio délia negotiationeç nia lasciamo le mie cose parlicolari, e parliamo délie pobliche per vedere se io potrô havere la consolatione di vederle hen incaminalc
Quando anche il Coadjulore non havesse havuta parte alla condotta del duca d'Orléans, corne hô accennato di sopra, io credcrei che Sua M1', prendendo la risolutione di valersi di lui, fosse un graii niotivo per ohligare S. A. R. ad abbandonnare il Principe e gettarsi intieramente délia parte délia Regina. poiclie corne le armi le più proprie per comhattere avvantaggiosamente ladetta Altza sono quelle del timoré, délie quali si è valso sin' hora il Piinci])e per impedirli di legarsi con la Regina, facendoli apprendere il inio ritorno. che cagionarebbe la sua perdita. poiche ne Sua Mlà ne io dimenticheremo mai il maie, che ci hà fatto. cosi se vede il parlito délia Regina più forte, valendosi del Coadjutore, che S. A. R. stimà moltissinio, temerà maggiormente, e si stringerà tanto più con Sua M1', (piantoche vedrà di potersene fidare, mentre hà data la sua confidenza al (Coadjutore, che l'A. S. R. crede suo amico e partiale.
11 Coadjutore, che si è trovato tra i primi di quelli che (per cosi dire) con un brigantino hanno fatto longo tempo la guerra ad una gran flotta, non havrà, à mio parère, gran pena ad impiegare avvantaggiosamente per lo Stato le qualita che hà. assistilo da Chasteauneuf, ambedue
1 Les premières propositions des fron- la lettre de Mme de Clievreuse h Noirmoudeurs à Mazarin avaient été faites dès le tiers, et, p. 197. les propositions envoyées mois d'avril. (Voy. plus haut, p. 1 A7, note k , à Brùhl par Châteauneuf. )
396 LETTRKS -
Wit tC.'ji. incconciliabili col Principe, cou numéro d' ainid, con 1' autorila del Re in inano, col potersi prevalere di tutti li servitori délie Loro MM", di tutti li niiei amici, che sono non ineno considerabili per la qualita che per la quantita, con le guardie francesi e suizzeri, e con le altre genti di guerra, che sono senipre appresso la persona del Re; et in oltre, il Coadjulore lia molli amici nel Parlamento, gran credito nel popolo. Oltre di cio, tutti gl' eserciti e le piazze principali del regno sono assolutamente per le MM^Loro, le quali è certo clie, prendendo una vigorosa risolutione, molti personaggi, che titubano presentemente, larebbero con gran gusto il loro debito, di maniera che sarebbe una disgratia, che non puol cadere nell' imaginatione, se con tutte queste cose si dovesse succumbere1, poiche, in ogni caso, quando anche dal Principe si fossero prese precautioni in contrario, non sarà difficile al Coadjutore di far sortire le Loro MMlà di Parigi, havendo la Champagna e la Piccardia, che sono le provincie le più contigue, intieramente alla loro divotione, e non vedendo in esse alcuna piazza nepiccola ne grande, che non sia per tare il suo doverc, fuori di quelle che tiene il Principe, e scrivehdo alla Villa di Parigi nel partire, et aile compagnie sovrane, si polrebbe con facilita rigettare in odio del Principe questa sortita, sopra di che mi rimetto al ultimo spaccio2.
Dico dunque che, quando anche il sig1 duca dOrleans et il Principe fossero uniti contro la Piegina, Sua M*\ havendo presa una buona risolutione, et appoggiato il negotio à persone vigorose, tengo per indubitato che rimetterà le cose in buon stato con molta sua gloria, e )*epplico che il Coadjulore, operando con i inezzi che ha nello spirito del duca d'Orléans, havrà camjK) di darli taie apprensioni, che
1 Dans la lulle qui eut lieu dans le Par- égal à M. le Prince. « On se rappelle qu'à lenient, le 21 août 1 65 1 , entre le parti de cette époque, le Roi et la Reine habitaient le Condé et celui du Goadjuteur, soutenu par Palais-Royal. Ainsi ces mois : /'appui du Pales, défenseurs de l'autorité royale , l'avantage lais-Royal, signifient bien l'appui de la Cour, fut balancé. Un des correspondanls de Ma- " Mazarin avait insisté, dans plusieurs dézarin lui écrivait, le 2 1 août: cf Le Goadjuteur, pêches, sur la nécessité pour la Cour de soravec l'appui du Palais-Royal, a mesuré ses tir de Paris. Quelques-unes de ces redites lorcesel s'est montré, en cela (dans la lutte), ont du être supprimées.
DU CARDINAL M IZARIN. 397
l'oblighino ad abbandonare bruscamente il Principe , nel quai caso vi \,»,ïi tHS lascio pensare se le contestationi sarebbero lunge, quando ancora il Principe si gettasse neile braccia di Spagnuoli.
Stimo necessarissimo , giacche da malintentionati si è introdotta senfca alcun ritegno questa peste di libelli e d'informare i popoli arliliciosamentedi quello passa ])er concilia rsilii, che vi siano vinli ' persone clie scrivino continuamente per predicare le bouta délie MMli Loro, quanto sono abbassate da diversi le diligenze, cbe da medesimi si fanno per accendere una guerra civile'2, per lacilitare i progressi di nemici, per aliontanare la pace générale e per rendere infelice la conditione de sudditi di Sua Maesta, a fine di concitarc in questo modo 1' odio di Francesi contre li perturbatori del loro riposo, e non vi sarà grari pena à conseguirlo per quello tocca il principe di Condé\ le cui manière non sono amate. Nessuno più del Coadjutore puol dare miglior ordine à questo, bavendo moite persone dipendenti da lui, che scrivono bene, esseudo facilissimo di trovare quanto se ne vorrà.
Sono certo cbe, senza cbe io ne scriva pur' una minima cosa, il duca di Mercurio e tutti li miei amici anderanno con grau gusto e risolutione ad unirsi à quelli che combatteranno per la causa délie Loro MM1': ma ad ogni modo vi prego di dirne una parola al detto siguor duca. e tare, per mezzo suo, di Navailles3, di Piena e di Mileti, avvertintutti quelli, che sono pronti à l'are ciecamente quello ch' io posso desiderare per servitio délie Loro MM1*, di unirsi al duca, et essere tutti insieme ad assistere in qualunque cosa, più4 ardua et difficile che sia, il [Coadjutore]5 et M. di Chasteauneuf, li quali stimo ancora à propo-
Vinti persone a. dans ce passage, le sens de personnes gagnées pour écrire.
1 Le sens est -.pour signaler combien sont méprisables les efforts que fout ces mêmes hommes pour exciter une guerre civile.
'' Par le moyen de Na vailles, de Fiennes et de Milet. (Voy. sur ces partisans de Mazarin. ci-dessus, p. 365, note i; p. /17, nolo 'i . >'( p. îtf. note a.) Pour Milet. ou
Millet, la forme italienne Mileti, employée quelquefois par Mazarin, a fait supposer à toit que ce personnage n'était pas français.
1 La copie porte bien più. Il semblerait préférable de lire pur, dans le sens de : ifiielf/ue ardue et difficile qu'elle soit.
1 11 y a Cardinale dans le manuscrit; mais il faut lire Coadjutore. Retz ne fut promu cardinal qu'en 1 652.
Aoûl 16B1. silo che sappino quanto ho scritto sopra di cio, e che li medesirni, clie andranno dal Coadjulore, li dicliino essere taie la mia volonta.
CLWI.
Bibliolh. Mazarinc, ms. 171*). t. V. f" A67 etsuiv. — Copie du temps.
À ON])EDEI, À PÉROKNE.
[Briilil], as août if>5t.
(extrait.)
Ancorche io credessi, secondo che voi havevate scritto, che restaresti ancora in Parigi qualche tempo, mi sono con tuttocio rallegrato non poco dal vedere, per le vostre1 di Plenville2 e di Perona, che vi tossi giunto con salute, e vi confesso che 1' avviso, che mi date, che S. Maesta havesse risoluto di sortire di Parigi3, ô di lare qnalchc attione vigorosa, m' hà grandemente sollevato, perche in effetti la mia afllitione nonpotevà essere maggiore, vedendo chiaramente che la perdita di tutto erà infallibile senza di cio. Hora vi lascio pensare con che inquietndine attendu di sapere l'evento délie dette risolutioni, e, pnrehe le persone reali siano in salvo, ardisco di prédire felicissimi successi. In ogni caso, si comincierà con grand' avvantaggio, menlre si sarà impedito à nemici di dare la legge, e d' includereci 4 la persona délia Regina. Temo solamente clie, se il Principe e gl' altri hanno potuto penetrare che il pensiero délia Regina sià di sortire, servendosi di qualche artifitio, corne segui ultimamente5, non faccino prendere le armi al
1 Le mot lettere est sous-entendu , comme il arrive souvent, pour ie mot lettres, dans tes correspondances françaises.
2 Plninville, près de Montdidier (Somme). ' La Cour ne sortit de Paris qu'après la
proclamation de la Majorité; mais, dès le 17 août, la Reine avait fait appeler les cours souveraines, devant lesquelles on avait donné lecture d'une déclaration royale contre Condé (Mém.de Mmr de Motteville , t. III, p. 396.
édit. Charpentier). La déclaration du Roi a été insérée dans les mémoires de M°" de Motteville.
1 Le sens de ce passage me paraît être : d'enfermer dans Paris la personne de la Reine.
5 Comme il arriva dernièrement. On a vu en effet qu'après le départ de Mazarin. en février i65i. le Roi et la Reine avaient été retenus quelque temps prisonniers dans le Palais-Royal.
1)1 GARD-1NAE UAZAIUN. 999
popolo per guardare le porte, ef impedire la sortila; ma se la Régine \<Mïi ,<;.-,,. lia appresso di lei persone risolute e che seeomlino benfl il maivsclia! d'Oquiucourt, spero clic Iroverù facilita nell' esseculionc di quello intraprenderà.
Se la Regina puo lare sicuro capitale de! dura di Bugîione e del fratello1, deve seifisi di loro e far gran caso de i consigli del primo, perche io lo credo uno di pin proprii à darli otlimi, se vuolc, e, se volesse segretamente convenire di quello Kovigm- mi fece propofre idtimamenle per Sirone3, sarebbe un grau passo per obligare la Résina ad lionorarlo délia sua coididenza. lu ogni caso, non deve S. M" lasciar indietro diligenza alcuna per havere appresso di Ici le sudette due persone, come ancora tutli principi. duclii e pari, olliliali délia corona et allre persone di (jualita e di credito. scrivendo à tutli corteseniente et iiivitandoli à rendersi appresso il Re in congiuntura tanto importante, coin è questa, nella quale si traita délia sainte del regno.
Il coule d'Arcourt 4 seguitarà senz' altro5, et il simile credo del mareschal di Cbombergb "; ma in ogni caso bisognerà obligare <|iieslo à l'arlo. Quattro buone parole lo l'aranno gettare nel fuoeo, amande la Gorte e di vedere cbe si faccia caso di lui; oltre In bravura, è considerabile per il commando cbe lia de Suizzeri, délia compagnia de cavalii Ieggieri e per il governo di Metz. Sua moglie 7, cbe hà credito sopra di lui. non hà buona intentione; è pero bene d' impegnarla bruscamente à rendersi appresso le Loro MM1''.
H marescbal délia Migliarè s non manclierà, al mio parère, aile Loro MMla; ma la speditione di tempo in tempe di qualcbe corriero, con tettere délia Regina pîene di confidenza, è capace d' impegnarlo à l'are sfôrzi
1 Le maréchal de Turenne, frère du duo • le Bouillon.
! Rnvigny. i Voy. t. I. p. çfSj, des Lettres de Mazitrin.)
Seyron. i Voy. ci-dessus , p. 1&7, nolei.)
' Lecomlcd'Harcourt. (Voy. t. I.p. 0/3a.)
" Sans doi île.
" Le maréchal de Sehomherg. (Voy, I. I, p. (,58.)
7 Marie de Haatefort. (Voy. I. I. p. 933,)
s l/e maréchal de La Meilleraye. (Voy.
/iOO LETTRES
\oùi i65i. straordinarii per ben servire, avvanzando fin dcl suo proprio denaro pcr levare gente, ô allie cose.
Per mezzo di M. di Tureiia si deve procurare di tener ferma nel servitio del Re la casa del duca délia Forza1, che il Principe senz' altro |)rocurerà di guadagnare per tutt' i mezzi.
M. d'Arpagiù2 hà credito nel suo paese3, è capace di poter molto servire e diservire; ma trattandolo bene e inostrando di far caso di lui senz' altro farà il suo dovere.
11 duca d'Espernon4, et il liglio5 non mancheranno, essendo per altro partiallissimi délia persona délia Regina; ma in questi rincontri bisognà coltivare l'affetto di tutti.
Sarebbe di gran piegiudicio se il duca d'Ëlbeuf0, con i figli, non seguitasse il Re, essendo un huomo che intende perfettamente lintrigo e capacissimo di servire avvantaggiosamente in un tempo torbido il partito nel quale sarà; è stato sempre nemico del Principe, et io lo lasciai malissime sodisfatto del duca d'Orléans, onde mi persuado che farà il debito suo.
11 conte d'Ognone 7, per moite ragioni, ma più d'ogn altro per quella dello stabilimento del principe di Condé in Ghienna, è un pezza necessaria à conservare nel servitio del Re senza sparamiares alcuna cosa per quest' elïetto. Il mareschal délia Migliarè hà potere sopra di lui, et Monsieur Sentù9 (sic) ancora, il quale accarrezzato dalla Regina servira con fervore tanto in condurre lo spirito del detto conte, corne in moite altre cose, délie quali è capace. Se bisognasse spedire qual-
1 On a vu ci-dessus, p. 2 52 , note i, que 6 Charles de Lorraine, duc d'Ëlbeuf. Turenne épousa la fille du maréchal-duc de (Voy. t. I, p. 921.)
la Force. 7 Le comte du Dognou ou du Daugnon.
2 Voy. sur le vicomte d'Arpajon, t. II, (Voy. t. I, p. 920.)
p. 56/i , noie 2 , des Lettres de Mazarin. 8 Sans rien épargner. La forme ordinaire
3 M. d'Arpajon était un des lieutenants est spanniare.
généraux au gouvernement de Languedoc. 9 Ce nom a été probablement altéré. Je
4 Voyez sur le duc d'Épernon, t. I. pense qu'il faut lire : M. de Saintes. Lé\èqae p. 922. de Saintes, Louis de Bassompierre, avait en
5 Le duc de Candale. (Voy. t. III, p. 236, effet une grande influence sur le comte du note 2.) Daugnon.
DU CARDINAL M \ZARIN. 401
cheduno al conte; Rosa ' sarebbe buono, perche lo vede volienteri e Août i65i BJ coutida assai in lui.
Marsino- serve bene in Catalogua, et lia le qualita necessarie per l'are sempre meglio. è pero intieramenle per il Principe; ma corne è grandemente intereesato et ambitioso, non è gran* cosa clie, assicurato in buona forma . per parte délia Régine , che continuando à ben' servire, pot rà essere sodisfatto nell' uno o nell' altro punto, abbandoni il Principe, e pivnda il partito clic gli puô recare più d'utilita. lo ho l'atto ouest1 esperienza à mie spese, poicbe havendoli procurato tutti gl' honori o stabilimenti che possedeva, quando fù l'atto prigione'1, s' era un anno prima abbandonalo al Principe, perche credette poterne rilirare avvantaggi maggiori alTavenire, onde non gli faccio gran torlo, se lo credo capace di ritirarsi dal Principe e servire il Re, montre è suo debito e puô trovarsi il suo conto; ma se non riuscisse di poter si ben assicurare di questo huomo5, bisogna. senza perdere tempo, inviare qualchedun altro proprio ad occupare il detto posto, stimando nessuna cosa essere tanto necessaria per costringere li Spagnuoli alla pace corne impedire loro la ricuperatione délia Catalogua. Non dico niente degl' esserciti e délie piazze, perche ne ho gia scritto à lungo, et in una parola li governatori, gl' ofiiciali et i soldati faranno meraviglie per servire il Re.
Bibliolh. nationale, papiers de Batuze, t. 332 , f° i43. — Original.
À COLBERT
[Brùhl], 28 août i65i.
(ewbait.)
Il faut que vous suppliiez la Reyne, de ma part, de vous donner
1 Rose, secrétaire de Mazarin, serait bon ' Lorsqu'il fut arrêté.
pour celte mission. s Le sens est : Si l'on ne parvient pas à
1 Marsin ou Marchin. ( Voy. 1. 1 , p. 9^2.) détacher cet homme du parti de Condé, il faut
3 Non è grand cosa veut dire: ce n'est envoyer, sans perte de temps , quelqu'un pour
pas une grande affaire; il ne serait pas éton- le remplacer dans le commandement de l'armée
nant qu'il abandonnât le prince de Condé. de Catalogne.
M VZ\BIR. IV. 5 1
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602 LKTTHES
Aoâi 1 6 5 1 . une heure la plus commode pour Sa M'% dans laquelle vous la puissiez informer, de tout temps, de mes affaires, afin qu'il luy plaise de donner les ordres nécessaires pour les empesclier de périr entièrement, et, s\ vous avez recours à M™'' de Beauvais1, je m'asseure qu'elle ne manquera pas de vous donner les facilitez que vous pouvez souhaiter pour parler à Sa Mte. Au reste, je ne vous sçaurois dire autre chose sur ce que vous me mandez [demandez] de qui vous dehvez prendre conseil en ce qui est de mes affaires, sy ce n'est que je me fie entièrement à M. le mareschal du Plessis-Praslin, à MM. de Palluau [et] de Navailles; mais comme il faut dissimuler avec tout le monde, je crois qu'il seroit bon que vous disiez à la Reyne de dire à M. le mareschal de Villeroy, ou à celuy qui agiroit le plus prestement, de vous avoir donné ordre- de vous adressera luy pour ce qui est de mes interests. et de rapporter à Sa Mté ce qu'il fera là-dessus et le biais qu'il prendra.
Surtout souvenez-vous bien d'informer Sa Wf du misérable estât dans lequel je vais tomber, ne tirant rien ny de mes bénéfices ny de mes pensions ny de ce qui m'est deub et ayant une grande famille à faire subsister, quelque nouveau retranchement que je prenne resolution de faire, puisqu'il faut tousjours que j'aye mou nepveu et mes niepees avec moy. Et il sera bon de faire eognoistre à Sa M1 le tort que la dernière déclaration m'a faict, en ce que, chacun croyant que je suis abismé et qu'il n'y a plus nulle ressource en mes affaires, toutes les diligences que vous prenez ne produiront aucun effect; car, bien que cela ne soit pas, tout le monde croit que Sa \lle n'a plus la bienveillance dont Elle m'a tousjours honoré jusques à présent. N'oubliez pas, je vous prie, de vous estendre là-dessus, et me mandez ce que la Reyne vous repartira. Il faut que vous parliez à la Reyne avec toute sorte de liberté, que vous luy disiez que je vous en ay escrit de la sorte, avec asseurance que Sa Mté ne le trouveroit pas mauvais; qu'au contraire Elle veut qu'on en. use ainsy et qu'Elle ne doibt pas craindre que le secret ne soit trèsbien gardé.
1 Catherine Bélier, première femme «le chambre de la Heine. (Voy. ci-dessus, p. i38, noie 2.) — 2 Le sens est : que je vous ai donné ordre , etc.
Je vous dirav aussy roulideinmenl < | ut* la Revue m'a depuis peu», di- Août 16&1J verses lois, promis positivement qu'Klle adju&teroit l'affaire de Brisacb, «mi sorte que j'y ponrrois aller à la majorité |du Hc>\ | . \ ous en parlerez, (mi ces termes, à Sa M'1, de ma pari, et la supplierez de vous dire nettement ce <|iie je «lois attendre là-drssus. Rartel a lousjours sollicite cette affaire à cause de l'amitié qu'il avoit avec des personnes qui ont pouvoir sur l'esprit de Charlevois, qui commande dans la place, de façon que, si la ltevne trouvoit bon que vous en parlassiez a\ec lu y. vous le ferez, et. s'il v a quelque diligence qui puisse dépendre de vous pour l'issue de celle alVaire. je vous conjure de n'eu ser aucune en arrière.
Tout1 ce que je vous mande à l'esgard du Surintendant, il sera bon que vous luv fassiez voir et que vous taschiez d'imprimer, autant qu'il vous sera possible, que ma resolution est d'aller à Rome, lorsqu'on aura donné quelque ajustement à mes affaires, et, en efl'ect, sy celle de Rrisacli ne se peut faire, c'est mon intention de m'y en aller, pourveu que je puisse avoir le moyen d'y vivre sans boute. J'ay donné ordre à Roussereau, qui m'en avoit faict quelque proposition, de la part de M'"' d'Aiguillon, de la voir el de l'asseurer que j'estois tout-à-faict résolu à ce voyage, pourveu que le pusse faire avec honneur et qu'on me donnast de quoy vivre. Il m'escrit que ladicte dame l'avoit asseuré que Son Altesse Royale y donneroit les mains. Il faut que vous tascbiez de vous aboucher avec luy et de luy bien imprimer que je suis dans cette resolution et que je vous escris présentement de travailler, de vostre costé, incessamment afin que je la puisse exécuter, estant de la dernière importance que l'on soit bien persuadé que c'est mon intention2.
Après avoir parie de diverses affaires, dont Colbert doit s'occuper, Mazarin revient sur le voyage de Rome el les conditions auxquelles il pourrait le faire :
Ce de quoy je serois obligé au Surintendant, ce seroit si on trouvoit
1 J'ai suivi le manuscrit. Il semble qu'il dépêche du 5 septembre 1 65 1, adressée par faudrait remplacer (oui par pour. Mazarin à Ondedei, qu'il repoussait, comme
5 On verra plus loin. p. 4kj. dans une une injure, ce projet de voyagea Rome.
/iOA LETTRES
Août 1 65 1. moyen de nie faire rendre une partie de ma vaisselle d'argent, que Gantarini a engagée, et, sur ce propos, je vous diray qu'allant à Home, il faut nécessairement que l'on me fasse rendre ladicte vaisselle, qui est engagée, et mes tapisseries, puisqu'il est certain que je ne sçaurois pas accommoder quatre chambres, et, s'il faut faire de nouvelles despenses pour achepler des meubles, je vous laisse à penser où cela ira. Il faudroit aussy voir si le Surintendant voudroit assigner mes pensions sur les douanes de Provence et de Daupliiné1, avec promesse des fermiers qu'ils me les payeront ponctuellement, afin de pouvoir, par ce moyen, en faire un estât plus asseuré. J'ay donné, à Rome, prez de cinq cents escus par mois à mon [père] et à mes sœurs, pour leur donner moyen de subsister, et il y a plus de dix-huit mois que je ne leur ay pas donné un sol. Je sçais qu'ils souffrent beaucoup d'incommoditez. J'avois résolu d'adjouster trois mille livres aux vingt sept mille livres que l'abbé d'Aisnay 2 vous avoit dict qui estoient prests à Lyon, et de remettre cette partie à Rome; mais je ne sçais pas quel estât j'en puis faire, et je suis en grande peine de voir dans l'incommodité des personnes qui me sont si chères. Je vous prie de me mander promptement ce qui se pourra faire là-dessus.
Mazarin entre ensuite dans le détail de ses affaires particulières et termine en parlant du duc de Mercœur, qui avait épousé depuis peu de temps Laura Mancini. nièce du Cardinal 3.
Je crois qu'il sera bon que vous voyiez M. de Mercœur pour luy dire que je vous ay chargé de luy offrir tous mes efforts4; mais vous
1 C'est-à-dire assigner, pour faire payer i Tel est le texte du manuscrit. On peut
mes pensions , l'argent provenant des douanes entendre que Mazarin s'engageait à faire
de Provence et de Daupliiné. tous ses efforts pour venir en aide au duc de
! Camille de Villeroy, abbé d'Aisnay, de- Mercœur. Il faudrait peut-être lire effects ,
vint dans la suite archevêque de Lyon. ou offices, au lieu à' efforts. Si l'on adoptait
L'abbaye d'Aisnay était située dans un des le mot effects, le sens serait que Mazarin
faubourgs de cette ville. (Voy. sur Camille offrait au duc de Mercœur tout le mobilier
de Villeroy, ci-dessus, p. 266, note 2.) dont il pouvait disposer à Paris.
3 Voy. ci-dessus, p. 3 1 5 , note 3.
lui direz, au mesme temps. (|iie vous m'avez laid une remise de douze \<mt 1651, mille escus; que vous avea envoyé seize mille livres a M. d'Estrades pour payer une dette quej'ay contractée à Flessinguen, pour faire travailler aux fortifications de Dunkerque, de façon qu'il ne nous reste pas d'argent; mais que vous espérez d'en recouvrer quelque partie; ce, qu'estant vous l'en advertirez, afin qu'il s'en puisse servir, s'il en a affaire, conformément à ma volonté; et, en effect. vous luy pouvez donner, eu une ou plusieurs fois, jusques à vingt mille livres, tirant de bons recepicez. Apres ({uoy vous n'en donnerez pas davantage, disant <|iie vous n'en avez pas, quand bien vous en auriez.
Je vous prie de faire mes complimens à M. de Palluau et luy dire que je me confie entièrement en luy, et que je m'asseùre qu'il n'oubliera rien pour me donner des marques de son amitié. Je ne luy escris pas; sa lettre ne requiert pas de responsc. Je le prie de s'unir tout-à-faict à M. de Mercœur, qui aura sans doute toute conliance en luy.
CLXXHI.
Biblioth. Mazarine, ins. 1719, t. V, P" '181 et suiv. — Copie du temps.