CLXXVIII
AIF. elr., France, t. 268, f' 20& v°; t. 29 du recueil des heures de Mazarin. —
Copie du temps.
AU COMTE DE BRIENNE
[Brulil], 5 septembre l65l.
J'advoùe que j'ay esté extrêmement surpris de la lettre du Roy pour m'en aller à Rome, et de tout ce que vous m'escrivez pour l'accompagner, ne sçachant pas quel crime j'ay commis qui merile une telle punition, comme celle de m'envoyer au lieu de ma naissance, banny, comme un meschant, de la France, que j'ay si bien, si fidèlement et si longtemps servie, sans que mon honneur soit en aucune façon reparé, sans avoir du pain et sans nulle seureté, exposé aux insultes que le Pape me voudra faire, irrité contre moy pour n'avoir eu autre considération, en ce qui le regardoit, que le service du Roy.
11 ne faut pas que vous soyez informé, 11 y Leurs Majestez, que je n'ay rien, et que je n'ay pas des meubles à vendre pour fournir à ma subsistance, que je ne tire et ne puis rien tirer de mes bénéfices, et que tous les ordres de la Reyne, quoyque réitérez et tres-pressans pour me faire donner quelque secours de M. le Surintendant sur et tant moins de mon bien, avec lequel j'ay assisté le Roy, soit en argent, soit en pierreries, vaisselle et meubles, soit en promesses, n'ont abouty qu'à me laisser retirer vingt-trois mille livres sur une assignation de cinquante mille, laquelle j'estois sur le point de recevoir, quand je partis de Paris, pour avoir envoyé pareille somme au frère de M. Colbcrt en Catalogne.
Leurs Majestez, dis-je, ne doivent pas sçavoir cela, ny que le mauvais estât où je suis donne la hardiesse, non pas seulement à mes véritables créanciers, de saisir tout, mais à d'autres, à qui je ne dois rien, de me demander plus de deux millions de livres, ny que je suis tellement à la veille de mourir de faim qu'aprez tous les retranchemens
que j av desja iaicts dans ma maison, je suis contrainct de licencier Sept. i65i. mes gardes dans la sepmaine qui \ i<in l . à quelque hazard que ma vie puisse demeurer exposée, de prier mes gentilshommes de se retirer, de renvoyer presque toute ma famille, et de mettre mes niepees clans un monastère, pour me retirer et vivre en quelque lion, en particulier. Elles (Leurs Majestez) ne doivent pas sçavoir que, six semaines aprez, si je ne reçois quelque secours, je seray obligé de vous envoyer la démission de mon cardinalat, n'ayant pas de quoy soustenir celte dignité, de laquelle pourra estre revestu quelqu'un qui en soit plus capable, et qui ayt les moyens de servir la France avec le lustre que ladiele dignité requiert.
Et je vous prie de croire que ce que je vous dis n'est pas emporte» ment, mais chose qu'une nécessité précise m'obligera de faire, comme aussy de renvoyer à Leurs Maj estez la démission des bénéfices que le feu Roy m'a donnez, puisqu'ils ne me servent de rien, et lors je vivray comme il plaira à Dieu, le priant tousjours pour les prosperitez de la France, et avec grand regret que la Chrestienté voye la rescorapense qu'ont receue mes services. Car, puisqu'on est contraint de sortir de la modestie, je diray hardiment que j'en ay rendu de très-grands, et [que]1, si j'estois un Turc pour qui Leurs MUf n'eussent aucune bonne volonté, je pourrois avec justice mériter un meilleur traiclement.
Pour conclusion, quand le Pape ne se porteroit pas bien, comme j'en suis asseuré'2, et vous en aurez eu des nouvelles en cette conformité, vous vovez, par ce que je vous ay marqué cy-dessus, que je suis bien esloigné daller à Rome, et que, si je dois avoir de la honte, il vaut bien mieux que j'en aye en tout autre lieu qu'en celuy de ma naissance.
M. le bailly de Valençay3 m'a escrit positivement que, si j'avois dessein d'y aller, il estoit absolument nécessaire pour le service du Roy
1 La copie porle qui; mais le sens exige de la phrase de Mazarin donne un sens tout que. oppose.
2 C'est-à-dire: comme je suis assuré qu'il 3 Ambassadeur de France à Rome. (Voy. se porte bien. La construction grammaticale ci-dessus, p. 85, note 2.)
Scpi. i65i. que j'eusse de quoy y vivre avec quelque csclal, et que Sa M1" rue uiist à couvert du mauvais traictement du Pape par quelque caractère, me proposant celuy de surintendant des affaires du Roy en Italie; que c'est une fumée qui neprejudicieà personne, et qui, en outre ma seureté, repare en quelque façon mon honneur déchiré avec tant de violence l. C'est pourquoy je fis dire, par Roussereau, à Mmc d'Aiguillon, qui me donnoit le conseil de m'esloigner davantage, qu'ayant la jouissance de mes bénéfices, une assistance pour faire le voyage et ledict caractère qui est imaginaire'2, je m'en irois incontinent, envoyant mes niepees à Sedan, ou en quelque autre lieu en France, esloigné de Paris. Je vous réplique la mesme chose, vous priant de la représenter à la Reyne et luy dire que mon ambition n'est pas sans bornes, puisqu'elle se restreint à avoir de quoy subsister et pouvoir servir la France en seureté, avec la direction des affaires du Roy en Italie, aprez l'avoir possédée huict ou neuf ans généralement3.
Et comme je suis à la veille de la mendicité, quelque passion que j'aye de servir Leurs Majestez en la manière et au lieu qu'il leur plaira de m'ordonner, il ne faut pas s'attendre que je m'embarque pour ce voyage, sans voir clair sur le point de ma subsistance et de ma seureté. Vous me permettrez, s'il vous plaist, de vous dire que, si je ne devois recevoir autre protection sur le bord du Tibre que celle que je reçois sur celuy du Rhin, je devrois m'attendre à estre persécuté avec la mesme violence à Rome que je le suis icy.
M. le duc d'Orléans, qui tesmoigne tant d'appréhension de mon retour, ne doit pas faire de difficulté de consentir à ce qui pourvoit à ma seureté, qui met en quelque façon mon honneur à couvert, et qui ine donne la jouissance d'une partye du bien que le feu Roy m'a voit faicl pour les services que j'ay rendus de son vivant, et Roussereau me mande que Mme d'Aiguillon luy avoit dict que l'intention de S. A. R.
1 Le sens est que ce titre ne garantirait 3 Le mot généralement équivaut à la pas seulement la personne de Mazarin. mais phrase suivante : avec une autorité qui s'élui rendrait l'honneur. tendait, sans exception, à toutes les affaires
2 Qui ne donne aucune autorité réelle. du royaume.
ostoit que j'eusse do quoy vivre avec splendeur et que je ne fusse e\|)os('' Sepi. i65i. à aucun danger en allant à Home.
En tout cas. le Roy doit estre, demain \ le maistre absolu, de façon <|ue. quand mesme S. \. I». y feroit obstacle, ce seroit à Sa Mlé d'ordonner ce que bon luy semblera, n'estant pas obligé de rendre compte de ses actions à personne. el je m'asseure que la Revue aura la bonté de ne le desconseiller pas de choses si justes en faveur d'un serviteur fidèle, lequel je croy sans vanité de pouvoir dire qu'il mérite quelque chose de plus, et que L'Estat et le Roy ont interest que je ne sois pas mal traicté cl sacrifié à la liaync de ceux qui ne m'ont entrepris par autre raison, si ce n'est parce que j'estois incapable de faire jamais rien qui pust blesser le service de Sa Mlc et son aulhorité.
Je vous conjure de représenter à la Rcyne tout ce que dessus et de me faire promptement sçavoir les intentions de Leurs Mtez, lesquelles, je m'asseure, ne voudront rien hors de la possibilité, et qu'EHes auront la bonté de me donner les moyens de les servir avec honneur. En tout cas, il paroistra, dans ma resolution, que je n'ay d'autre but que leur service, et de mériter de plus en plus la continuation de leur bienveillance.
\ll. étr. . France, t. â(>8. f' ^09; t. -29 du recueil des Lettres de Mazarin.
A MILLET
Brûhl], 5 septembre 1 65 1
(extrait.)
11 faut que vous renouveliez mes instances en faveur de M. le cardinal Anthoine2: car si on ne luy donne la satisfaction qu'il demande
1 Le lit de justice, où fut déclarée la ma- ~ Antoine ou Antonio Bar!)erini.(Voy. sur
jorite du Roi. ne se tint que le 7 septembre ce personnage, le tome I des Lettres de Ma- 1 65 1 . znrin, p. 910.)
Sept, i65i. aprez luy avoir tant de fois promis un bon evesché, on le perdra, et en un temps que, si le Pape vient à mourir, il pourroit tres-utilernent servir la France. C'est le service du Roy qui m'oblige à en presser la Reyne; car pour moy, je n'y ay aucun interest. Vous direz aussy à la Revue de prendre garde qu'on ne la surprenne sur l'archevcsché d'Aix poui' M. du Noizet1; car, outre que Sa Mtc prejudicicroit au service du Roy, si on y consenloit, ledict du Noizet est un homme mal intentionné et tout-à-fait dépendant de M. le Prince. Pour M. deMiossens2, je suis son serviteur, et il n'y a rien que je n'entreprenne pour luy en donner des marques. Vous luy direz, de ma part, que je ne sçay pas que la Reyne ayt fait expédier aucun brevet de duc depuis mon départ, comme il présuppose, et de faict je vous charge de supplier Sa Mlé de se ressouvenir que l'on a promis à mondict Sr de Miossens de ne faire rien do semblable à son préjudice, et qu'il ne seroit pas juste qu'une personne de sa naissance et de son mérite, qui a donné tant de marques de son affection pour le service du Roy, fust laissée en arrière, si on avançoit quelqu'un à la qualité de duc. Enfin vous ne sçauriez parler avec tant de chaleur et d'efficace en sa faveur que je ne voulusse encore y adjouster quelque chose de plus, et je m'asseure que la Reyne aura agréables les instances que vous luy ferez, de ma part, pour une personne de cette qualité.
M. l'evesque de Constance3 m'escrit la mesme chose que vous me mandez de sa part, et comme je n'ay pas de chiffre avec luy. je luy diray, par voslre moyen, que je ne croy pas que le cardinal Anthoine s'en aille à Rome, puisque l'on asseure, de tous costez, que le Pape se porte bien; mais en tout cas, je croy qu'il se trouveroit embarrassé avec
1 La forme ordinaire est Du l\'ozel , ou 3 Constance est une traduction de la Deiiozel. Cet ecclésiastique était depuis long- forme latine du nom de Goutances. L'évêque temps audiLcur, pour la France, au tribunal de Coutances était Claude Auvry, dont on romain de la Rote. trouve beaucoup de lettres dans les papiers
2 César-Phébusd'Albret, comte de Mios- de Mazarin. Nommé é\èque de Coutances en sens , né en 1 6 1 & , fut nommé maréchal de î 6/17, Claude Auvry donna sa démission des France en 1 653 et prit le titre de maréchal fonctions épiscopales en 1 658 , et mourut en d'Albret. 11 mourut en 1676. 1687, âgé de plus de 80 ans.
ledicl sieur cardinal; car. outre qu'il ne pourroit pas estre avec luy Sept. i65i. dans le conclave, il n'auroil pas moyen de mesnager son esprit dans l'élection dll nouveau Pape, qui est la chose là plus importante <[ifil \ a\l à faire à Rome pour le service du Roy; mais, âpre/ que vous luy aurez dict ce que dessus, nous conclurez en luy disant que je vous ay donné charge i\en parler à la Reyne, de ma part, en la manière qu'il voudra.
.le crois que mes ennemis, par divers ressorts, sans que la Reyne s'en aperçoive, lu\ l'ont trouver bon tout ce qui va à mon entière puyne, ou à me mettre au desespoir; car le comte de Brienne m'escrit de m'en aller à Rome, sans parler de ma seurelé ny de mon honneur, ny des moyens de subsister, quoyque chacun sçache la mauvaise volonté que le Pape a contre moy, que le [tins grand traistre du royaume ne pouvoil estre tiaieté plus ignominieusement que je l'ay esté dans Paris el que je meurs de faim. Ce seroit un bel honneur à Sa Mk qu'aprez avoir esté bannyde France, comme un scélérat, pour rescompense de vingt-deux ans1 de services utiles et fidèles que j'ay rendus, on me vit, au lieu de ma naissance, reduict en ridicule el demander l'aurnosne. Je vous prie de dire à la Revue, de ma part, que cela m'a d'autant plus affligé que je croyois, suivant ce qu'Elle a eu la bonté de me mander plusieurs fois, qu'à la Majorité elle songeroit à soulager ma condition; mais je vous advoue que j ay une si grande confiance en la bonne volonté de Sa M,e, que je ne sçaurois m 'imaginer que son intention avt esté que M. de Brienne m'escrivist d'aller à Rome, sans songer à ma seureté, ny à ma subsistance.
\ ous luy direz aussv que je suis tout presl d'aller non pas seulement dans ledict lieu, mais aux Indes, avec un baston blanc, pourveu qu'Elle ayt la bonté de me l'ordonner avec un mot de sa main; car pour ce qui me sera mandé d'ailleurs, je n'en fera y rien, et dictes-luy, ainsy que j'escris au comte de Brienne, que je suis reduict en un tel estai qu'il faudra que j'envove bientostla démission de mou cardinalat,
1 Ou a déjà vu que Mazarin comprenait dans ses services ceux qu'il avait rendus sous le règne de Louis XIII.
IMPRIMERIE 11I1011LÏ
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Sept. i65i. ne le pouvant pas soustenir, connue aussy celle de mes bénéfices, puisqu'ils ne me servent de rien, et qu'après cela il ne me restera autre chose à faire pour mettre mon honneur à couvert que m'en aller constituer prisonnier en quelque lieu en France, afin que l'on me fasse mon procez.
Je vous prie de communiquer cecy à M. de Mercœur et à M. le maresclial du Plessis, afin qu'en entretenant la Reyne ils luy en puissent parler en la mesme conformité; mais prenez bien garde qu'aucune autre personne en ayt cognoissance.
Entretenez tousjours une bonne correspondance avec M. de Champlastreux, et asseurez M. le inaresclial du Plessis de mon service et de mon amitié, et priez-le de prendre l'occasion de parler seul, ou conjoinctement avec M. de Mercœur, à la Reyne sur tout ce qui me peut regarder.
Bibl. Mozarine, ms. 1719, t. V, f" 484 et suiv. — Copie du temps. — Cf. le même mscr. , f°s 3 17-3-2 8. La lettre est incomplète dans cette dernière transcription.
À ONDEDEI
[Brùhl], 5 septembre i65i.
Le vostre persuasioni non saranno capaci di far prendere qualche vigorosa risolutione à mio avvantaggio, se non siete fortemente assistito da quelli che lianno presentemente credito appresso Sua Mlà, onde converrà che servendovi di tutt' i modi, che vi serviranno1, oblighiate il mareschal di Viîleroy, Chasteauneuf, il Coadjutore, ô qualcheduno di essi à procurare unitamente con voi il conseguimento délie cose che riguardano i miei interessi, e praticarete gl' espedienti, che giudicarete migliori, acciô li sudetti, assicurati d' una perfetta amicitia dalla mia
1 Le sens est : gui pourront vous être utiles.
parte, s'adoprino realmenle e senza artifitio à mio favore, et esseguis- Sept. i«5i chino quanto sopra tli cio hanno solennemente promesso alla Regina,
Vautier1 mi scrive clic il mareschal di Villeroy dcsidera grande-™ meute unirai meco, e clie, non essendo amato ne stimato dal duca d'Orléans o dal principe di Gondé, crede di trovare più il suo coulo dalla mia parte clie da qualsivogfia altra.
\ oi dovrete concertare tulle le cose col sig1' duca di Mercurio, clie lià|)iù interesse, clie io medesiino, nel cambiamento délia mia fortuna, e potrele confidare ancora lulto cou la principessa palalina e M. Bartet, li quali continuano à darmi segni del loro alletto cou più ardore clie niai, et io vedo, in oltre, clie la Regina conlida in tiera mente in loro.
Se la Regina stabilisée il Primo Président et Ghasteauneuf2, non si deve dare in preda à nessuno dei due; ma tenendo la bilancia giusta, S. MA sarà meglio servita,per clieuno, à gara dclT altro, procureranno di l'are miracoli per avvanzarsi nella sua gratia.
Io sono stomacalo di una letlera, che mi hà scritta il conte di Brienne, nella quale mi dice semplicemente d'andare à Roma per servire il Re nell' eleltione d' un novo pontifice, in caso clie il présente venghi à morire, essendosi ricevute cattive nuove délia sua sanita. Io gli rispondo, corne bisogna, scrivendo à Giubar3 di dare la copia délia lettera à Barlet, acciù la Regina possi vederla; in caso, che 1' altro non glie la mostri, voi potrete farnela dare dal medesimo Bartet. Bisogna che la Regina sia ben persuasa cli' io non ho niente, e che sarô tra poco ridotto alla mendieita, non tirando cosa nessuna ne de miei benefitii ne délie finanze, e vivendo alla giornata con quel poco eh' io posso amassare da una parte e l' altra. E quello, ch' io dico nella detta lettera. che sarè coslretto tra pochi giorni à licentiare le guardie e la mia famiglia, è certissimo; che qualche lempo appresso mi risolvero
1 \ov. sur ce premier médecin du Roi, du Roi, et le marquis de Ghàteauneut eut la t. III. p. h'jà, note 2, des Lettres de Ma- présidence du conseil des ministres, zarin. ' Jobart, ou Joubart, qui était un des
2 Le premier président, Mathieu Mole, agents de Mazarin, et qui est souvent cit<; fut nommé garde des sceaux à la majorité dans les lettres précédentes.
Sept. i65i. ancora ad inviare la demissione de! cardinalalo, non havcndo cou chc [possa] sostcnerc questa dignità; che farô il medesimo de miei benelitii, che non miservono di cosa alcuna, e che andarô nel' intesso tempo à constituirmi prigione in Francia, perche mi si faccia il processo. Vi prego d' insinuare tutto questo destramente alla Regina in modo ch' Ella ne rimanghi persuasa1, assicurandovi "che simili risolutioni risveglieranno grandemente la sua buona volontà verso di me.
Pimentelli è stato qui in secrelo per assicurarmi che il sudetto2 erà jironto à trattare meco délia pace,e che si avvanzarebbe per quest' effetto à qualche luogo, havendoli io promesse che mi sarei avvanzato in qualche luogo nel paese di Liegi, per essere vicino à Namur, dove il dette siglc potrebbe portarsi, sotto qualche pretesto. Atlendo la riposta, e di quanto seguirà ne darô ])arte, per corriero espresso, col vostro mezzo alla Regina, se sarete à Parigi; et avvertite bene che di questo punto nessuno deve haverne notitia, che S. Mla. Credo pero che tanto che i Spagnuoli spereranno di obligare Condé à fare il salto. non applicheranno alla pace da dovero.
Quanto ail' and are à Roma, mentre io possa fare il viaggio con sicurezza eriputatione, e mi si dia di che spendere, la Regina volendo cosi, mi conformerô alla sua volonta; ma per parlarvi liberamente, la mia inclinatione non è di posare3 la vita mia à Roma, onde, quando fosse impossibile alla Regina di fare per me quello mostra desiderare, cio è di ristabilirmi appresso di lei, bisognerebbe aggiustare almeno il negotio di Brisach, acciô incaminandomi alla volta d' Italia, ne potessi prendere possessione e vi potessi ritornare, doppo havere servito il Re nell' occasione d'un conclave.
' Mazarin insiste, clans plusieurs des iet- à la tête d'une armée qu'il enlrelcnait à ses
très qui suivent, sur la misère à laquelle il dépens.
est réduit. Il recommande à Colbert et à 2 Fuensaldagne, dont il a été question
l'abbé Fouquetd'en parlera la Reine. Cette dans un des passages de cette lettre, qui
misère était-elle bien réelle? On serait tenté ont été supprimés.
d'en douter en voyant le Cardinal donner 3 La copie porte bien posare, qui donne
des ordres, peu de temps après, pour lever un sens raisonnable. Cependant on serait
des troupes en Allemagne et entrer en France tenté de lire passare.
, Sept. îii.'u
CIAW1.
Biblioth. nationale, papiers de Elaluze, t. 33a, f" i&3. — Original.
À J.-B. COLBERT
[Biulil], 5 septembre i65i.