A M. BARTET
Péronne, 27 février 16S1.
( EXTRAIT
Vous sçavez mieux que personne si je n'ay pas profité des moments autant qu'il a pu dépendre de moy, et qu'il es toit malaisé que je pusse conclure un traité, puisque le pouvoir n'en arriva à Paris que deux jours après que vos amis J estoient engagez ailleurs. Que l'on
1 II en doit le prix. l'ait La Rochefoucauld, dans ses Mémoires .
1 \ oy. sur ce financier, le t. 111 , p. A5o, , <lo n'avoir pas voulu traiter avec lui et avec
noir- ."t. dis Lettres de Mazarin. AnnedeGonzague, princesse palatine. Bar-
Mazarin répond au reproche que lui tel avait été l'agent principal de ces oégo-
s'informe si ja\ pu faice liaison avec M"" de Ghevreuseei M. le Goad- i juteur, et par conséquent me mettre très-bien avec S. \. II., mesme après ce qui lut dit |>ar S. A. I». à M. le mareschal de Gramont. J'en av esté assez pressé, et des lors je vous en <lis bien des particularitez, el . comme un des articles devoit estre que les princes ne sortiroienl pas de prison, c'esl avoir esté homme de bien el avoir bien tenu la parole que j%a\ois donnée que d'en avoir usé comme j'a\ l'ait.
Vu reste, au lieu de deux heures qu'on dit que j'ay t'ait gagner de liberté à MM. les princes, ils sçavent fort bien qu'il né tenoil qu'à mm de les arrester encore ^nw ans prisonniers, ou, pour le moins, tanl que le l»o\ el la Reyne auroient esté dans Paris. J'avois un ordre pour Bar de faire tout ce que je lu\ dirois1, quelque autre; postérieur qu'il pusl recevoir au contraire. M\l. les princes le virent et entendirent la déclaration de Bar que, quelque chose qui pusl arriver, il ne seroit rien [fait] à leur esgard que ce que je luy dirois.
Si. après cela, et les avoir fait sortir sans autre condition que celle d'estre attachez à la Re\ ne preferablemenl à tout autre, on soustient que je n'ay point fait autre chose que de les sortir deux heures devant qu'ils n'eussent l'ail, je n"a\ rien à dire, et je ne me repens pas d'en avoir usé de la sorte; mais je croyois que les princes auroient de l'amitié pour moy, puisque, après leur avoir déclaré qu'elle n'estoit point une condition de leur liberté, et que, quand ils me protesteroient de ne me la vouloir pas donner, ils ne laisseroieut pas de sortir à l'instant, ils me tesmoignerent en termes assez exprez, en la présence de \1. le mareschal de Gramont, qu'ils vouloient estre sincèrement de mes amis, et qu'ils m'en donnoient la parole.
Je me suis plus advancé que je n'avois creu. Je vous remercie de l affection que vous me tesnioignez; je suis persuadé quelle est cordiale. Je vous prie de faire estât de la mienne, en quelque lieu que je puisse
nations. Frauçois VI de La Rochefoucauld , ' Cet ordre ;i été publié dans tes \ié-
autetir <l<'s Maximes, esl trop connu pour moires de 1/' de Motifville, t. lit. |>. 3i3
(ju'il soit nécessaire d'insister sur son rôle édit. Charpentier, pendant la Fronde.
/iO LETTRES
Février i65i. esfre. J'ay une estime particulière pour vos deux amis1, et Dieu sçait si j'ay rien souhaité avec autant de passion comme d'avoir une dernière liaison avec eux et avec leurs conlidens. Mais la saison n'estant pas propre pour obtenir ce nue je souhaite, il faut avoir patience et en attendre une meilleure. Ce de quoy je vous conjure, c'est de m'escrire souvent; car peut-estre ne se passera-t-il pas longtemps que vous n'ayez matière de vous employer pour moy auprez de vostre meilleur ami2, afin qu'il agisse pour disposer M. le Prince à recognoistre son vray bien et repos qui consistent de s'attacher aveuglement au service de Leurs Majestez, et avec cela il ne sera pas malaysé à establir entre luy et moy une bonne amitié, laquelle asseurement sera tres-advantageuse à l'Estat et aux amis communs. Je vous prie aussy de me mander naïvement si vous croyez que je fusse bien receu en Pologne3; car, à ne vous mentir point, je crois ma retraite fort douteuse presque partout ailleurs.
AIT., éti". France, t. 268. P 6i: t. 29 du recueil des Lettres de Mazarin, —
Copie du temps.