‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 4)Chapitre 51 sur 125 · GG · texte numérisé non relu

GG

Ail'. t;lr. . France, I. aG8, lto »83 y"; t. a y du recueil des Lettres de Mazarin. —

Copie du temps.

AU DUC DE MERCOEUR

Iluy, '.>8 oclobiv 1 (j."> 1 .

(extrait.)

La Reyne a esté fort mal conseillée de dillerer à envoyer au Parlement la déclaration contre M. le Prince; car il n'y a rien qui puisse donner

<'.<■ passage continue le doule émis ci- camp le 18 septembre i65i; il devint lieudessus (p. 420. note i ) sur la pauvreté tenant général en i653 et vécut jusqu'en dont se plaignait Mazarin. 1680. (Voy. Chron. militaire, I. IV, p. 170.) ! Tel est le texte de la copie. Il faudrait ' Il a été souvent question, dans les Leti/ue vous ne vous appliquiez , etc. 1res de Mazarin , de cet ingénieur militaire.

Charles-François de Joyeuse, comte de Le Cardinal lui avait fait confier la défense

Grandpré, avait été nommé maréchal de de Hethel.

Octobre i65i. plus d'advantage aux ennemis du Roy el plus de commodité à M. le Prince de se mettre en bon estât que ce, retardement à le déclarer criminel, comme l'on faict d'abord en semblables rencontres, afin que le peuple el toutes sortes de personnes, en estant informez, ayentle droil de s'opposer aux levées de gens de guerre et autres entreprises que l'ont ceux qui prennent les armes contre le Roy, ou [que], ne le faisant point1, S. Mtë, avec droit, les puisse ebastier; car jusqu'à présent ceux qui ont ouvert les portes et donné les mains à M. le Prince peuvent, avec grand fondement, s'excuser de ne l'avoir considéré comme criminel.

M. le Prince donne, tous les jours, argent et commissions pour lever, en vingt endroits du royaume, les troupes qui portoient son nom. joinctes avec celles d'Espagne. Il a deux personnes à Bruxelles et autant en Espagne -, pour sollicite]' l'exécution de ce dont il doit estre convenu avec ce roy, [et] presser, à Saint-Sebastien, le départ des vaisseaux el des troupes qui doivent entrer dans la rivière de Bordeaux pour fortifier quelque poste de merde ce costé-là, que je prie Dieu n'estre pa^ La Rochelle. H met des imposts; il prend le revenu du Roy, descharge les peuples du payement d'une partie de la taille, desbauche du service et des armées du Roy toutes les personnes qu'il peut, de quelque condition qu'elles puissent estre, se fortifie en divers endroits, attaque et prend par force les lieux qui lui font résistance, comme il en a usé depuis peu à Moissac 3 et à Saint-Nicolas \ défend mesine des bicoques contre le Roy. comme il est arrivé à Saint-Amand. Il a des gens à Cleves et à Dusseidorf pour travailler à la levée d'un corps estranger. Il expose la Catalogne à une perte évidente, dont la conservation estoit le fondement le plus solide qu'on pouvoit avoir pour contraindre les ennemis à la paix. Il est cause de toutes les pertes qu'on a faictes du costé de la mer,

1 S'ils ne le font point. lions portées par Mazarin contre Condé n'ont

2 Les Mémoires de Pierre Lenet nous ap- rien d'exagéré.

prennent que ce fut lui que Condé envoya ' Aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement

en Espagne. (Voy. p. U 27 de l'édit. de ces du département de Tarn-et-Garonne. Mémoires, dans la collection Michaud et Pou- * Probablement Saint -Nicolas -de- la -

joulat.) Les détails que donnent les nié- Grave, arrondissement de Gastel-Sarrasin .

moires de Lenet prouvent (pie les accusa- département de Lot-et-Garonne.

DU CARDIN M. M \XAKIN. 473

qui seront bientost suivies de celles de Mardik el de Dunkerque, les Octobre 1 65t. ennemis [n'oubliant]' rien pour profiter de l'occasion présente. Enfin lu\ el son frère, comblez de bienfaits du Roy, tirent L'espée contre S. M1"', s'unissent avec ses plus forts ennemis el remuent toutes sortes de pierres pour le bouleversement du royaume, croyant que la tendresse de l'aage de S. M1' et la guerre, qu'il a avec un si puissant enueiii\ que le roy d'Espagne, pourront grandement contribuer à venir à bout de leurs desseins. Et ce pendant il y a des François, qui se disent zelez pour le service de Leurs Mu'\ qui empesclient que ledict prince ne soit déclare criminel, comme s'il n'estoit advantageux et mesme necessaire de le faire, quand mesme on seroit asseuré (ce que j'ay peine à croire) que le parlement de Paris refusast une telle déclaration2, laquelle estant envoyée à toutes les autres compagnies du royaume, la vérification en seroit infaillible.

Mazarin se plaint ensuite qu'on ait chargé le duc d'Orléans d'être médiateur entre la Cour et Condé. Ce prince est d'accord avec Coudé : s'il le voit vainqueur, il ne parlera pas de pacification; si Condé est vaincu, il proposera un accommodement, et si la Courte refuse, il l'accusera de perpétuer la guerre civile. Le Cardinal insiste ensuite sur la nécessité de secourir Barcelone.

Je seray inconsolable s'il arrive quelque malheur à Barcelone, puisque de la conservation de cette ville dépend celle de la Catalogne, et que je suis certain que le seul moyen de contraindre les ennemis à la paix, c'est de les faire eschouer dans cette entreprise. La Reyne se souviendra de m'avoir entendu dire plusieurs fois, dans le Conseil', que l'on devoit s'appliquer preferablement à toute autre chose pour empescher les ennemis de faire des progrez dans ladicte province, puisque rien ne les louchoit plus sensiblement que nos advantages de ce costé-là. Je n'ay presque laict aucune depesche, depuis mon départ

La copie porte n'oublient; mais, d'après tenu le 1 o, janvier i654 , que Condé fut dé-

les hahitudes du style de Mazarin, le parti- daré" par le parlement de Paris coupable de

cipe semble préférable. lèse-majesté; mais la déclaration royale y

Ce fut seulement dans un lit de justice. avait été portée dès le mois de novembre i65t.

■1UBIR. IV. 60

Octobre i«65i. do la Cour, à toutes les personnes à qui j'ay parlé d'affaires, qui; je n'aye conclu qu'il estoit absolument du service du Roy de faire plustost souffrir ses affaires partout ailleurs qu'en Catalogne. J'escrivis contre l'envoy de Marsin ', et je fus au desespoir lorsque j'appris qu'il s'y en alloit, particulièrement aprez avoir donné la Guyenne à M. le Prince3, et si de Lionne vouloit monslrer ce que je luy escrivis, on verroit que je prevoyois tout ce qui est arrivé. Je ne me pique nullement de capable (sic); mais je suis bien certain que, si j'eusse eu l'honneur d'estre auprez de Leurs Mtez, Marsin seroit prisonnier, et le comte du Daugnon et Arpajon du costé du Roy3, et je n'ay aucun remords de n'avoir pas escrit, six semaines devant que M. le Prince levast le masque , les moyens infaillibles qu'il y avoist pour gagner ces esprits [les esprits de du Daugnon et d'Arpajon], et pour faire beaucoup d'autres choses qui auraient apporté un très-grand advantage; mais il ne faut pas se chagriner suides choses passées et auxquelles il n'y a point de remède.

Mazarin parle ensuite du moyen de gagner du Daugnon et d'Arpajon, de la nécessité d'éloigner au plus tôt Chavigny et Fontrailles, et de punir les auteurs de libelles qui attaquent la Reine. H termine en insistant sur la nécessité de secourir Barcelone el la Catalogne.

Aff. étr. , France, t. 268, f° 966 v°; t. 39 du recueil des Lettres de Mazarin. —

Copie du temps.

A M. DE FABERT

Huy, a 9 octobre i65i.

(extrait.) m

Comme par le retour de Besmaux, le comte de Fuensaldague m'a faict dire que, dans trois ou quatre jours, ses troupes4 se retireroient

1 Comme gouverneur de Barcelone et de ' Seroient du conte du Roi.

la province de Catalogne. ' Les troupes espagnoles commandée*

2 Après qu'on eut donné la Guyenne à M. le par don Estevan de Gamarra. Prince,

Dl CARDIN VL M \ZAIUN. 475

du pays; qu'il estoii tres-lasrhé de l'obstacle qu'elles avoient apporté à Octobre i6£i mon passage à Dinant, avec toutes les offres <lo protestation de services que je pourrais souhaiter, il \ a apparence qu'elles deslogeronl bientost, d'autant plus qu'elles seront obligées de se joindre toutes, si elles veulent prendre quartier en quelque lieu . ainsi que ledict Besmaux m'asseure avoir pénétré estre de leur intention.

\|H('s avoir rappelé les négociations entamées avec l'électeur de Brandebourg pour lever des troupes dans ses Etats, Mazarin ajoute :

Vous serez ponctuellement adverty de tout ce qui se fera là-dessus, et par vostre moyen, M. le mareschal de la Ferté le sera aussy; mais ce pendant il faudroil voir ce qu'il y auroit à l'aire, si cela manquoit, pour former un bon corps, afin que mon entrée en France produisist d'abord quelque chose qui fust advantageux au service du Roy et qui me rendist plus considérable. Mondict sieur le Mareschal sçaura bien dire s'il croit qu'on sçauroit faire des levées du costé de l'Alsace. Je crois aussy qu'escrivant au comte de Broglio ' de tirer de la Bassée sept ou huit cens hommes à présent qu'on ne doit pas craindre un siège, et de palier aux autres gouverneurs de cette province-là, qui sont de mes ain\s. pour obliger chacun à donner quelques soldats, qu'il m'en pourroit amener un petit corps assez bon. Je vous diray aussy qu'il y a beaucoup de monde qui me laict sçavoir que, lorsque je seray en quelque lieu en France, ils me viendront trouver, bien accompagnez; mais je croy qu'il faut faire fondement sur ce qu'on lèvera et sur les troupes qui sont desja sur pied: car il y a des regimens commandez par des gens qui sont tout-à-faict à moy, qu'avec un peu de soing on pourroit bien fortifier.

Le chevalier de Montaigu2 m'a laict jusqu'au joui' de mou départ de Paris toutes les protestations imaginables d'amitié, tesmoignant qu'il e&toit incapable d'oublier les obligations qu'il m'avoit de l'avoir préféré à tout autre à (pour) luy procurer l'establissenient de Rocroy et le

1 Voy. sur ce personnage, dont le nom es! écrit par Mazarin tantôt Broglio , tantôt Broglta, le tome [II, p. 1 1 'i> . des Lettres de Mazarin. — 2 II était gouverneur de Rocroy.

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Octobre i65i. protéger en toutes les rencontres qui se sont offertes; et MM. de Noaillcs et de Navailles me respondoient aussy en mesnie temps que je pouvois compter sur ledict chevalier, comme sur une personne incapable de me manquer; mais n'ayant receu aucune de ses nouvelles, depuis ma sortie du royaume, ny mesme à présent que je suis approché de cette frontière, j'en suis en quelque peine, et je ne sçay pas le fondement que je puis faire sur son affection. Il ne seroit pas mal à propos, à mon advis, de le recognoistre adroitement.

J'ay une amitié si véritable pour vous, et je me tiens si asseuré de la vostre, que je ne doute point que vous ne fussiez ravy de m'en donner des marques et que vous n'eussiez la bonté de m'ouvir la porte, si j'estois obligé de vous venir voir à Sedan.

MM. de Noirmonstier1 et de Bussy2 m'ont faict sçavoir que leurs lieutenans avoient ordre de me recevoir à Gharleville et à Mezieres, comme leurs propres personnes, et Pennacors3 me l'a encore confirmé en parlant du dernier lieu. Je vous prie de me mander si vous en sçavez quelque chose.

Quantité de mes amys et des personnes indifférentes mesme , qui n'ont pas trop bien respondu à leur devoir dans mon malheur et qui se rapprochent présentement, m'ont faict sçavoir que je devois m'en aller tout droict à la Cour, leur faisant mal au cœur de voir le peu de vigueur qu'il y a et les mauvais conseils qu'on donne à Leurs Mler, parce que ceux qui ont droict de le faire ne songent qu'à leur interest particulier. L'affaire est assez délicate par beaucoup de raisons; mais je remets à la discuter quand nous nous verrons, et ce que je puis dire, c'est qu'aprez avoir recognu le peu d'espérance qu'il y a de guérir par les mains de ceux qui traitent mon mal, je veux estre mon médecin moy-mesme, et prendre

1 Louis de la Trémoille (Voy. ci-dessus, * H a été souvent question de ce gentilp. 44, note (5) était gouverneur de Char- homme, qui servait d'intermédiaire entre leville et de Mont-Olympe. Mazarin et une partie de l'ancienne Fronde,

2 Bussy-Lameth , dont il a été question surtout avec M"" de Chevreuse, le Coadjuci-dessus, p. 44, note 7. 11 était gouverneur leur, Noirmou tiers, etc.

de Mézières.

DU CARDINAL MAZARIN. Ml

une bonne résolution pour no manquer pas de servir le Roy et l'Estat, Octobre i65 eu un rencontre où Leurs M1'' ont affaire du zèle et de la fidélité de leurs véritables serviteurs, et parce qu'il me semble que j'ay assez souffert sans faire aucune dellenso pour n'exposer pas le Roy etlaHeyne, pendant qu'ils estoient à Paris, à recevoir de plus grands préjudices. 11 faut donc lever le masque et tascber de bien servir Leurs Mu'\ qui m'honorent de leur bienveillance plus qu'EUes n'ont jamais faict.

\lT. étr., France, l. -jG8, f° 270; t. ag du recueil des Lettres de Mazarin. —

Copie du temps.

k L'ABBÉ FOUQUET.

Ilny, 3n octobre 1 65li (extrait.)

Je vous lais mille excuses d'avoir laissé passer deux ordinaires sans vous escrire : le mouvement dans lequel j'ay esté, depuis mon départ de Brûhl . en a esté cause ; il n'est pas encore achevé. Car ma resolution d'aller prendre ma demeure à Dinant n'a pu estre exécutée, les troupes du prince [de Gondé], jointes à un corps d'Espagne [d'Espagnols], commandé par don Estevan de Gamarre, ayant esté logées jusques à ce matin aux environs de ce lieu, sans oublier aucune diligence pour m'attraper, en cas que j'eusse voulu suivre ma route. Je m'asseure pourtant que mon silence et ce que l'on vous pourroit dire, au préjudice de l'amitié que j'ay pour vous, ne vous sçauroit faire aucune impression contraire à la passion avec laquelle je vous la conserveray tousjours, [estant] impatient de vous en donner quelque marque. La Reyne m'a faict dire positivement qu'Elle ne vous oubliera pas dans la disposition des bénéfices, et il faudroit bien que je fusse tout-à-fait decredité, si S. M'é ne vous consideroit en ce rencontre, aprez avoir receu tant d'effects de vostre zèle et attachement dernier à son service. Je crois donc que vous vous

Octobre 166t. devez mettre l'esprit en repos là-dessus, et jt vous COgnois trop Lien pour ne sçavoir pas que, si on vous oublioit, vous rien seriez louché que pour la réputation.

Je ne m'estonne pas de ce que vous a dict M. de Travailles; car il sçait fort bien que la confiance que j'aj en vous est sans aucune reserve. Je souhaite fort de vous voir; mais il faut que vous attendiez quinze jours ou trois semaines à prendre cette peine, parce que, dans ce tempslà, on aura veu avec plus de certitude quel train doivent prendre les affaires.

Je vous prie de reschauffer tousjours mes ainys et de les asseurer que le plus grand desplaisir, que je ressens en mon malheur, est le contre-coup qu'ils reçoivent, estant persécutez de mes ennemis, etmov sans pouvoir de les servir.

Dieu sçait avec quelle passion j'ay servi Mme d'Aiguillon, et j'ay souhaité d'estre attaché indissolublement à tous ses interests; mais, avons parler franchement, je n'ay jamais reconnu quelle } eust aucune disposition, et je m'en suis d'autant plus estonné , que j'eusse creu, dans la vénération qu'elle a pour la mémoire de feu M. le cardinal de Richelieu, qu'elle dust avoir une entière amitié pour moy, pour qui ce grand ministre en a tesmoigné une si cordiale, et je puis dire une estime si extraordinaire. Jeluy fis faire encore dernièrement, par Roussereau, à qui elle avoit parlé, et par Euzenat1, toutes les protestations imaginables de vouloir estre son serviteur de la bonne manière; mais elles ont esté receues fort froidement, comme vous aurez pu sçavoir dudict Roussereau , sans que ladicte dame m'ayt faict un mot de response, ny se soit employée à austre chose que pour me faire aller à Rome. Il est vray qu'elle a tousjours entendu que je le pusse faire avec honneur et les moyens d'y subsister honorablement.

Je vous dis tout cecy sur ce que vous me mandez du bruit de la mort de' M. de Richelieu; sur quoy je ne vous puis dire autre chose, si ce n'est qu'estant incapable de changer à l'esgard de ce grand Gar-

' Roussereau était, comme on l'a vu, un des secrétaires de Mazarin, et Euzenat avait été longtemps chargé de l'administration de ses affaires particulières.

DU CARDIN il M IZARIN. 479

(linal . je ne le puisaussx pour ce qui lnv appartient l, cl particulièrement Octobre 1661 pour M"K' d'Aiguillon, qui avoil la principale pari en ses bonnes igraces. J'attribue à M. de Ghavigny la froideur et le peu d'affection que ladicte dame me tesmoigne, et je suis marry que les artifices dudict Ghavigny prevallent en sorte sur son esprit, qu'elle ne oognoisee que peut-estre* en m'obligeanl comme elle pou rr oit aysement auprez de S. A. 15., je oeserois pas tout-à-faict inutile à son service.

.l'a) esté ravi au dernier point de la satisfaction qu'a receue M. de Bournouville2; car je l'ayme de tout mon cœur et je sçais de n'avoir rien oublie pour le servir. Je vous prie de lui faire compliment, de ma pari \ et de l'asseurer que, s'il me croit propre à quelque autre chose qui le regarde, il n'a qu'à me le faire sçavoir, et il verra que je n'hesiterav pas à employer tout mou crédit pour sa satisfaction.

J'ai faict de grands reproches à l'Ondedei de ne vous avoir pas veu . et je vous promets que, non pas pour ce que je lui ay dict, mais pour son particulier, il en est au desespoir. Car, outre l'asseurance qu'il a de l'estime que je fais de vous, il croit, en son esgard4, et il me l'a dict plusieurs fois, que je n'ay pas un meilleur amy que vous. 11 ne se trompe pas dans celte croyance; car je suis persuadé qu'il n'y a extrémité à laquelle vous ne vous portassiez de bon cœur pour m'en donner des marques; ce qui est d'autant plus obligeant qu'il vient de votre pure affection, n'ayant rien faict à vostre advantage.

J'ay esté tres-ayse de voir ce que vous me mandez de M. le Procureur gênerai5. Je me conduirav à son esgard comme vous m'escrivez, et il sera bon que vous preniez la peine de conférer quelquefois avec le sieur Colbert, afin de sçavoir de luv en quoy mondict sieur le Procureur

1 Le (hic de ftichelieu . dont il esl ici ques- les ordres en 1 G78 et vécut jusqu'en 1 lia,.'). tion (Armand Jean de \ ignerot ou de Wi- Il est probable que, dès i65l, le litn

gnerod), était petit-neveu du cardinal de de duc avait été- promis au marquis de Bour-

IWclielieu.ll vécut jusqu'en 1710. nonville.

1 Amliroise-François. marquis de Bour- " En son particulier, pour ce qui le con-

nonville. nommé maréchal de campen 1 64q. cerne.

duc en 1 602 , gouverneur de Paris en 1 057, s Nicolas Fouquet , frère de l'ablié Basile

M démit de ses charges en 1 0G2 . entra dans l' ouquet.

Octobre i65i. [gênerai j se pourra employer pour le bien de mes affaires, qui sont dans la dernière désolation.

Je ne vois pas pourquoy vous faictes difficulté d'aller voir M. le Coadjuteur, puisqu'il i'aict profession d'estre tout-à-fcict attaché à la Reyne et d'estre de mes amys. Il me semble donc que cela ne peut estre que tres-advantageux pour mes interests.

GCIII.

Alï. étr. , France, t. 2 68 , f° 272: t. 28 du recueil des Lettres de Mazarin. —

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