‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 4)Chapitre 56 sur 125 · CG VU · texte numérisé non relu

CG VU

AfT. étr. , France, t. 268, f" 297 v"; t. 29 du recueil des Lettres de Mazurin. —

Copie du temps.

A M. DE FABERT

Dinant, 9 novembre i65i.

(extrait.)

Je ne sçay pas ce qui peut avoir obligé M. le marescbal de la Ferté à s'esloigner de la frontière, mais je vous puis bien dire que, parla response qu'il a faicle à ma lettre, que vous prisles la peine de luy envoyer, il me dict positivement qu'il se rendra à jour précis là où vous luy marquerez. Je ne doute point qu'il ne le fasse ponctuellement et qu'il n'exécute aussy tout ce qu'il mande en termes tres-precis. Je suis marry que vous ne l'ayez pas trouvé disposé à la chose, de laquelle je vous ay escrit; mais peut-estre, en nous voyant, il changera d'advis, si nous pouvons avoir des moyens de l'entreprendre avec apparence d'une bonne issue, à quoy je m'appliqueray d'autant plus que, par les advis que vous me donnez, je croy que ce seroit une affaire facile à réussir. Je vous prie d'en faire un petit projet et le garder pour le pouvoir examiner ensemble, quand j'auray le bien de vous voir. Je croy qu'on pourroit tirer de Picardie cinq ou six cens chevaux et deux mille hommes de pied, y compris le vieux régiment de Navailles, qui est à Rocroy, de quoy je seray encore mieux esclaircy par la venue de M. de Navailles, qui doit arriver à tous momens icy, ou à Sedan, ou à Rocroy, et il se peut faire que le comte de Broglio l'accompagne.

J'eusse souhaité une response plus particulière de M. le mareschal Vovwi de la Ferté pour ce qui est de lever quelques troupes en Alsace et de fortifier quelques regimens, <pii sont dans le corps qu'il commande; carie sçay bien qu'avec de l'argent on faicl toutes choses; mais il faudroit sçavoir plus en détail qu'est-ce que l'on peut faire, à quel prix et en combien de temps, et quels advantages on pourroit recevoir par des quartiers d'assemblée1 qu'il pourroit donner dans la Lorraine. Je vous conjure auss\ sur ce point d'examiner un peu le moyen de faire une levée, soit en Champagne, soit en Alsace, ou autres lieux, aux environs de deux mille hommes de cavalerie et infanterie, en sorte que, si on \ despeuse de l'argent, on puisse au moins en faire estât et promptement, et pour mov je croirois qu'il seroit beaucoup mieux de fortifier des corps qui sont desja sur pied, que non pas d'en formel- de nouveaux.

Par le discours que vous me faietes, il paroist bien que vous estes informé de tout, et je recognois en ce que vous me dictes de plus en plus vostre prudence et l'affection que vous avez pour moy. Quand je vous entretiendray, je vous diray que mes affaires ne pouvoient pas estre en meilleur estât pour ce qui regarde les intentions du Pmy et de la Rèyne et de toute la Cour, à l'exception de quelques personnes2, qui ont interest dans mon esloignement et qui prétendent et agissent (quoy qu'elles gardent, tant qu'elles peuvent, îes apparences du contraire) pour s'establir sur ma ruyne, et enfin j'espère que mes sentimens pour les resolutions que je dois prendre, dans Testât présent des choses, seront fort conformes aux vostres.

1 Ces mots indiquent, je crois, des lieux de réunion pour les troupes, qui devaient êtw indiques par le maréchal de La Ferlé dans la province de Lorraine, dont il était gouverneur.

; Mazarin désigne , dan9 plusieurs lettres , quelques-uns des courtisans qui désiraient son éloignement. Il cite, entre autres, Brienne, le maréchal de \illerov. le commandeur de

Souvré, Reringhen , premier' écuyer de la p< tite écurie du Roi, cl surtout (ihàteauneul. On trouve, dans les papiers de Ghavigny. ronsenés aux Affaires étrangères parmi les registres de Mazarin, la preuve que plusieurs de ces courtisans étaient en correspondance suivie avec (mavigny et le rappelaient (\i tous leurs vœux auprès de la Reine, pour s'opposer au retour de Mazarin.

/j96 LE Tir! ES

Novemb. i65i. Après avoir parié du bon vouloir que lui témoignent Montâigu cl Manicamp, Mazarin exprime la crainte que Mardik soit attaqué par les Espagnols el ne puisse leur résister. Il termine en indiquant le projet des Espagnols de loger une partie de leurs troupes dans des pays dépendant de l'archevêché de Cologne. L'Electeur eu ('■prouve un \ il' ressentiment, r II faudra voir, ajoute Mazarin, par quel moyen la France pourra tirer de l'advantage de tout cecy, el vous croirez, je m'asseure, que j'\ fais mon devoir, m

Aff. étr. . France, t. 2G8, P 3oi ; t. 29 du recueil des Lettres de Mazarin. —

Copie du temps.

A M. DE LIONNE1

* Dinant, 10 no\emlire 1 6 5 1 .

Mazarin l'engage à venir le voir secrètement. Il ajoute :

Je prétends tenir tout prest un manifeste ou une lettre adressante au Roy2, pour la publier en cas que Leurs Mtez me fassent entendre que leur intention est que j'entre en France. Je vous prie de prendre la peine de travaillera cecy comme vous l'entendrez, sans que personne du monde en ayt cognoissance. J'en fais de mesme de mon costé, et, si vous venez, j'ajusteray la chose en la forme que je croiray qui puisse faire plus d'effect dans les esprits. Il ne faut3, à mon advis, ne mettre qu'en abrégé les services que j'ay rendus, les marques d'estime que le feu Roy m'a données, et s'estendre sur les injustices et la violence inouïe que l'on a exercée contre moy, dix mois durant, sans quej'aye dictunseul

1 On a vu, dans les lettres précédentes, plusieurs années avant que Lionne rentrât que Hugues de Lionne , après avoir été le complètement en faveur, correspondant le plus assidu el le confident 2 On trouvera cette lettre plus loin, à la te plus intime de Mazarin, avait été accusé date du s3 décembre 1 65 1 . de perfidie par le Cardinal. Mazarin parais- 3 La copie porte bien : Une faut. Cette résait oublier ses griefs contre Lionne, dès no- pétition de ne doit probablement être atlrivembre i65 1. Cependant il s'écoula encore buée à une erreur de copiste.

mot n\ songé à m'en venger autrement que comme je lais, revenanl Novemb. l65v. en France dans un temps où la guerre civile est allumée, pour servir S. M avec le peu que j'a\ pu mettre ensemble, avec la mesme fidélité que j'ay tousjours laid, et sans avoir aucune prétention au ministerial nv aux affaires.

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