A M. DE SENNETERRE
Dinant, 3 décembre i65i.
(extrait.)
J'ay receu la lettre que vous avez pris la peine de m'escrire. J'ay esté lousjours de vostre sentiment que ce n'est que par les armes qu'on peut restablir tout-à-faict les affaires et l'authoritédu Roy; mais pour ce qui est de mon retour, je suis persuadé que la conjoncture est tres-favorable, puisque j'apprends le premier eschec que M. le Prince a receu2, lequel n'a pas moins abattu ceux de son party que relevé le courage des troupes de Sa Mté, et que, par toutes sortes de raisons, on peut croire qui (qu'il) sera suivy d'autres plus considérables, si le Roy est bien servy de tout le monde, comme je respondrois bien de ma vie qu'il le sera des gens de guerre, ma plus grande appréhension estant que les interests particuliers ne prevallent à ceux de Leurs Mtez et de l'Estat, et qu'on ne s'applique plus à advancer les propositions d'un accommodement, tel que ceux qui font la guerre au Roy le peuvent souhaiter, qu'à faire agir les armes pour les mettre à la raison.
Et pour reprendre ce que je disois de mon retour, lequel je croy que vous souhaitez autant par la tendresse que vous avez pour moy et
1 La copie porte Givez. Cette ville est auj. vembre). On trouve les détails de cette afchef-lieu de canton du de'p. des Ardennes. faire dans Le véritable Journal de ce qui s'est Elle est traversée par la Meuse. passé pendant le siège de Coignac, et comme
2 L'armée de Condé avait été battue de- quoi il a été levé en présence de Monsieur le vant Cognac par le comte d'Harcourt (1 5 no- Prince , le 1 5 novembre 1 65 1 .
pour le service de Leurs \1'"\ que je le puis l'aire pour la réparation de Décemb. i65i mou honneur, je vous dira j que je ne prétends pas aller en France les mains vuides, ny hors d'estal de pouvoir agir puissamment pour l'advantage du Roy. puisque je le fera) avec un corps assez considérable (tour cet effect, et j'espère qu'il y aura, quantité de Mazarins qui continueront au Roy, en ce rencontre, leur zèle et leur fidélité et qui sont incapables, quelque chose qui puisse arriver, de jamais espagnoliser. En outre, la guerre civile estant tout-à-faict déclarée et avec tant de circonstances qui rendent odieux ceux qui l'ont allumée, puisqu'ils n'oublient rien pour mettre la France en proye aux Espagnols et aux Anglois, Cromwell s'estanl vante depuis peu d'abattre en peu d'années la monarchie Françoise1, en profitant pour cela de la conjoncture présente, je croy qu'il n'y aura aucun bon François, qui desapprouve de voir entrer en France un homme avec des troupes pour servir le Roy sans aucun esprit de vengeance, aprez avoir esté si mal traitté et avec tant d'injustice. Et ne voulant pas entrer que la déclaration contre M. le Prince ne soit veriffiée, les mal intentionnez auront de la peine à trouver aucun prétexte apparent pour imprimer dans l'esprit du peuple que mon retour soit cause des resolutions qui avoient esté méditées, il y a desja longtemps, et que l'on a veu esclore depuis trois mois, sans que tous les delays apportez de la part du Roy et du Parlement à publier la déclaration, pour voir si les advances, faictes avec tant de bonté par Sa Mu pour faire revenir M. le Prince et le faire entendre à un bon accommodement, ayent produit aucun effect.
Mazarin ajoute qu'il a communique son projet au maréchal de la Ferte', fils de M. do Senneterre, et que le maréchal l'a approuvé. Il parle ensuite des négociations du duc d'Orléans avec la Cour et de la Cour avec le- prince de Condé. 11 continue ainsi :
J'apprends de Paris que MM. de Chavigny et Croissy2 dévoient estre
1 Cond^ avait fnvovf' en Angleterre Henry de notre llist. de France sous le ministère de
Taillefer, sieur de la Barrière, et Pierre de Vautrin).
Cugnac, de la maison de la Force. (Voy. ' Croissy-Fouquet , membre du Parle-
sur ces négociations, t. I. p. 61 et suiv., nient. (Voy. ci-dessus, p. 1 55, note 1.)
IMiniKinit KATtOXAL*.
Déeemb. i65i. envoyez pour négocier avec mondict sieur le Prince. Ce sont deux hommes que vous cognoissez assez, sans que je vous en dise autre chose. Et pour ce dernier1, je ne puis douter qu'il ne soit, conjoinctementavec Mme d'Aiguillon , en très-bonne intelligence avec le mareschal de Villeroy. Vous sçavez d'ailleurs si on pourroit faire choix de deux personnes qui fussent moins serviteurs de la Reyne et plus mes ennemis que ceux-là. Si on avoit faict justice à M. de Ghavigny, il y a longtemps que l'on devroit l'avoir renvoyé Tchez luy, et je m'asseure que la Reyne, le cognoissant comme Elle faict, ne souffrira pas qu'il se mesle de quoy que ce puisse estre. Outre qu'il y va du service de S. Mlé, je vous seray tres-obligé en mon particulier, si vous luy parlez vivement sur cette matière, quoyque je ne doute point que la Reyne ne s'offense de la seule proposition qu'on luy en fera, S. Mlé sçachant très-bien que ledict sieur de Chavigny, quand il vivroit fort longtemps, nesçauroit, en toute sa vie, rendre assez de services au Roy pour reparer le mal qu'il luy a causé en six mois.
En terminant, Mazarin dit qu'il regrette de n'avoir pu consentira la proposition que lui a faite le maréchal de la Ferté de l'accompagner; mais il n'a pas voulu dégarnir la frontière de la France exposée aux invasions de l'ennemi.
AIT. étr. , France, t. 268 , f! 371 v°; t. 29 du recueil des Lettres de Mazarin. — Copie du temps.
A M. DE FABERT
Dinant, 3 décembre 1601.
Le desplaisir que j'ay du malheur qui est arrivé de la prise des ballots, que l'on envoyoit de Paris, se redouble par ce que je voy de l'ordre que
1 Au lieu de ce dernier, il faudrait, je qui était tout dévoué à la duchesse d'Aiguilcrois, lire le premier. Il est probable, en Ion. comme le Cardinal l'a dit ci -dessus, effet, que Mazarin veut désigner Chavigny, P- a<>7* 3°9 et passim.
\ous aviez donné de ne les bazarder pas. suivant ce que je vous avois Décemb. i65t. escrit. Des deux que l'on escrit estré perdus, l'un estoit sans doute le linge de ma uiepee de Mercœur, qui fut laict il y a deux ou trois ans, e( qui cousta prez de douze mille esous, y ayant quantité de poinct de Venise et de Gènes, et dans l'autre il devoit y avoir, ou de la vaisselle d'argent, ou des papiers. Pour la vaisselle, je m'en consolerois; mais, pour les papiers, la perte m'en seroit sensible au dernier poinct. Je voy qu'il ne se peut rien adjouster aux diligences que vous avez faictes là-dessus, dont je vous suis obligé.
Je croy qu'il sera à propos que vous, M. le inarcschal de la Ferté, MM. de Grandpré, le Rasle, Bourleinont1 et autres fassent courre le bruict, par la province, que le inonde qu'on y assemble, c'est pour se mettre en estât de résister aux ennemis, qui menacent d'y vouloir entrer. J'ay escrit au mareschal d'Hocquincourt et aux autres de ce costé-là de faire la mesme chose, afin qu'en tout cas l'on croye à Paris que les levées que l'on faict, c'est pour renforcer la frontière et non pas pour un autre dessein.
^ ous sçaurez les nouvelles de Paris, et je ne doute point que vous n'ayez esté surpris de voir le retardement qu'on a apporté à vérifier la déclaration contre M. le Prince, li faut sans doute qu'on ayt trouvé depuis peu quelque loy fondamentale de l'Estat, laquelle nous ayt esté incognue jusqu'à cette heure, qui porte que les princes du sang ne pourront estre déclarez criminels que lorsqu'ils auront gaigné deux batailles contre le Roy. Je ne puis dire autre chose à cela, si ce n'est que nous sommes dans un siècle où le desordre et la confusion conduisent toutes choses.
Aprez avoir escrit ce que dessus, ayant bien examiné ce qu'il y pouvoit avoir dans les deux ballots qui ont esté pris, je trouve qu'il faut nécessairement que l'un soit du linge qui fut acheté pour le mariage de ma niepee, et l'autre de papiers qu'on retira dernièrement de
1 Nicolas (TAnglure, marquis de Bour- 1 706. L 'Estât de la France de 1 658 (p. 456) lemont, né en 1620, maréchal de camp en le cite comme gouverneur de Stenay. i65i , lieutenant général en 1 655 , mort en
Décemb. i65i. La Roze \ parmy lesquels il y a tout ce que j'ay escrit, huict ans durant. en Allemagne, en Suéde, en Danemark, en Pologne, en Hollande et en Catalogne. Je vous advoue que, si j'estois si malheureux de ne les pouvoir recouvrer, j'en aurois du desplaisir toute ma vie2. Je vous conjure de vouloir prendre la peine de faire les mesmes diligences à Mouzon, Stenay, Damvilliers3 et antres places, qu'il vous a plu défaire avec M. le mareschal de la Ferté et M. de Grandpré, et si l'on peut recognoistre que lesdicts papiers soient en quelque lieu de la domination d'Espagne, de me le faire sçavoir au plus tost; car je depescheray en toute diligence à M. le comte de Fuensaldagne pour tascher de les ravoir.
Après avoir parlé de la nécessité de mettre la frontière de Champagne en état de résister aux ennemis, Mazarin termine sa dépêche par de nouvelles plaintes sur le retard apporté à l'enregistrement de la déclaration contre Condé et signale l'iniquité de la conduite du Parlement :
Je ne puis pas à présent m'empescher, avant que de finir cette lettre, de vous dire une reflexion que j'ay faicte sur le retardement qu'on apporte et les prétextes desquels on se sert pour empescher que M. le Prince ne soit déclaré criminel, pendant (mil faict la guerre contre le Roy avec des circonstances plus pressantes qu'aucun sujet n'a jamais faict contre son maistre, et que Sa M16 sollicite ladicte vérification; et on a veu que le Cardinal, qui, sans parler des services precedens, en avoit rendu de si grands l'année dernière et qui l'avoit achevée en faisant gaigner une bataille si importante 4, et remporté tant d'autres advantages si considérables en Champagne, malgré le Roy5, sans avoir esgard
' Le manuscrit porte bien La Roze. Je gères. Ce passage atteste l'importance qu'y
pense qu'il s'agit de Roze ou Rose, un des attachait Mazarin.
secrétaires de Mazarin , qui devint plus tard 3 Voy. sur Damvillers, t. III, p. A99 ,
secrétaire de Louis XIV. (Voy. ci-dessus, note 2, des Lettres de Mazarin. p. 196, note 3.) ' Bataille de Relhel.(Voy. t. III, p. 966,
2 Ces papiers sont aujourd'hui conservés note 1, des Lettres de Mazarin.) dans les différents fonds des affaires étran- ' Les mots : malgré le Roy, devraient,
DU CARDINAl M\Z\RIN. 533
à son caractère et à sa qualité de premier ministre et sans aucune Décemb. k.tm forme de procei, a este, par quantité d'arrests ignominieux, avec tous ses proches, bannv et privé de son bien par le Parlement, qui hésite à présent à rien faire qui puisse fascher eeluv qui travaille au bouleversement du royaume.
AI)', étr., France, t. 268, f" 378; t. ag du recueil des Lettres de Mazarin. —
Copie du temps.
A M. DE FABERT
Dinant, g décembre i65i.
(ettiuît.)
\près avoir entretenu Fabert de ses préparatifs militaires, Mazarin ajoute :
Ceux qui ont du pouvoir à la Cour et qui ne m'ayment pas ', agissant de concert avec ceux qui ont cette mesme volonté et qui ont crédit auprez de M. le duc d'Orléans et dans le parlement de Paris, mettent toutes pièces en œuvre pour me nuire, sans se soucier de tout le mal qui peut arriver à l'Estat et de l'advantage qu'en peuvent retirer ceux qui font la guerre au Roy et travaillent conjoinctement avec les Espagnols à le renverser, et cela est à un poinct que ce sont eux-mesmes (jui font soubs main des propositions à M. le Prince les plus préjudiciables au Roy qu'on se puisse imaginer et les plus indignes, et croyent que, pourveu qu'ils puissent barrer les voyesde mon retour, avec quoy ils prétendent d'avoir les moyens de pourvoir à leurs inlerests particuliers, le royaume sera tres-florissant, le Roy tres-glorieux, et tout ira bien.
Si c'est une fatalité que la monarchie reçoive des coups desquels
pour la régularité' grammaticale, être pré- ' Mazarin a déjà parlé ci-dessus, p. 4o,5,
cédés du membre de phrase : a esté banny. des courtisans qui lui étaient hostiles, entre
Il est probable que le copiste a interverti autres de Châteauneuf, de Villeroy, de
Tordre des membres de cette phrase. Brienne , etc.
Décemb. i65i. elle ne se relevé jamais, quelque peine que je nie donne, il sera impossible de l'empesclier; mais pour ne faillir à moy-mesme et à la passion que j'ay pour l'Estat, pour Leurs MUz et pour la nation Françoise, jagiray- de toute ma force, jusqu'au dernier souspir, pour remédier en partie aux plus grands malheurs, desquels la France est menacée tous les jours de plus en plus, et ayant satisfaict à mon devoir, il faudra se conformer, aprez, à ce qu'il plaira à Dieu d'en ordonner.
Mazarin termine par des recommandations pour que l'on distribue l'argent nécessaire à la levée des troupes.
GGXXII.
Aff. étr., France, t. 268, P 280 v°; t. 29 du recueil des Lettres de Mazarin. — Copie du temps.
AU MARÉCHAL DU PLESSIS
Dinant, 11 décembre 1 65 1 .
(extrait.)
11 est tout-à-faict nécessaire que le Roy m'escrive une lettre contresignée par un secrétaire d'Estat, par laquelle il m'ordonne que, sans autre réplique, je me rende auprez de sa personne et luy mené les troupes quej'auray mises sur pied; car, soit pour l'interest de sa dignité et de son authorité, soit pour le mien particulier, il faut absolument que cela paroisse et que toute la France ne puisse pas croire que j'ay pris la resolution d'y entrer contre la volonté du Roy. Si la Reyne prend la peine de parler comme il faut à M. de Brienne, il fera sans doute la lettre de bonne grâce1, et gardera le secret; car, aprez tout, je ne croy pas qu'il soit si ennemy de luy-mesme, qu'il ne soit bien ayse, en se conformant à la volonté de Leurs Mtez, de se conduire en sorte, en ce rencontre, que j'aye sujet d'oublier les mauvais traitemens qu'il m'a faicts, ne pouvant douter que, d'une façon ou d'autre,
1 Ce fut, en effet, Brienne qui expédia la lettre officielle pour le rappel de Mazarin. (Voy. ci-dessus, p. 498 , note 1.)
je ne me rende bientosl à la Cour, puisque, de la manière que j'y vais, Décemb. i65i il n'y > personne qui m'en puisse empescher.
J oserois vous respondre que la bienveillance de la Reyne et sa fermeté lu\ empcscheront de donner les mains à rien qui puisse cstre à mon desadvantage, d'autant plus que cela ne se peut sans qu'il rejailiist contre le service du Roy et le sien, et je ne voy pas que M. le Prince soit en estât de faire de tels progrez que ceux qui ont mauvaise volonté pour moy et interest à empescher mon retour s'en puissent prévaloir pour contraindre la Reyne, sous des prétextes spécieux, à embrasser avec précipitation un accommodement avec luy; et comme M. le prince Thomas et vous agirez auprez de Sa M"5, et que, si M. de Mercosur et le sieur Bartet sont à la Cour, ils en feront de mesme, il n'y a pas apparence que le conseil des autres prevalle. 11 faut seulement prendre garde qu'on n'empiète1 l'esprit du Roy, à quoy il se faut tenir pour dict que certaines personnes travailleront de toute leur force, estant persuadez de ne pouvoir rien advancer sur celuy de la Reyne.
Il faut aussy bien préparer l'esprit de Leurs Mle2à nes'estonner point de tous les bruicts qu'on pourroit faire courir de mon entrée en France; car. en cas que cela soit, il faut se résoudre à essuyer encore ce tintamarre, qui ne pourra pas durer longtemps, et comme, à vous parler dans la dernière confiance, mon intention est, quand j'auray marché trois ou quatre jours avec les troupes, de les quitter pour me rendre en toute diligence auprez de Leurs Mlcz, j'espère que j'y seray assez tost pour y travailler utilement, avec l'assistance de mes bons amis. Et sur cela je croy qu'il sera très-utile de cultiver leur affection en ce rencontre, leur parlant, de ma part, particulièrement à ceux qui ont des charges dans les gens d'armes et chevaux-legers du Roy, dans les gardes et auprez de sa personne. Vous pourrez prendre la peine de parler à quelquesuns des principaux comme en ayant esté prié par moy, et Milet pourra
1 lie verbe empiéter est employé avec un universelle de Bossuet (première partie, liuicomple'ment direct, suivant l'usage du xvii* lième époque) : trLe peuple leur laissa emsiècle. On lit dans le Discours sur l'histoire piéter le pouvoir suprême, n
LETTRKS
Décemb. «65i. voir les autres. M. de Miossens1, La Salle2, Ghalmazel3, Saint-Mesgrin ', d'Olonne5, Crequy0, Gesvres-7, Chappes8 et plusieurs officiers dans les gardes me tesmoignent beaucoup d'affection. Il faut, s'il vous plaist, mesnager extrêmement l'esprit de M. de Sennelerre, que je croy entièrement de mes amys,et je sçay que la Reyne faict beaucoup de cas de ses conseils.
J'eusse souhaité que M. le prince Thomas n'eust pas songé à presser la Reyne pour vous faire mettre dans le Conseil; car quoyque je voye fort bien que le principal but que l'on a, en cccy, est de pouvoir contrecarrer ceux qui y sont, et particulièrement sur ce qui regarde mes interests, neantmoins vous estes asseuré qu'il y sera donné une autre interprétation auprez de la Reyne par ceux qui ne vous ayment point; et si Sa Mlé persiste à ne vouloir pas faire ce que Milet luy a proposé de ma part9 , il faut, au moins, la conseiller de ne résoudre rien d'important dans le Conseil, disant aux ministres, quand ils la presseront de quelque affaire, qu'Elle y veut songer, et que, le jour aprez, on la résoudra. Ce pendant, Elle en pourra consulter avec M. le prince Thomas et vous pour y faire prendre, aprez, la resolution de laquelle vous aurez esté d'advis pour le bien du service du Roy.
Par tous les advis que je reçois de Paris, je voy que M. le duc d'Orléans n'est pas si fier, puisque, moyennant qu'on l'asseure que je n'ira y
' César-Phébus d'Albret, comte de Miossens.(Voy. ci-dessus, p. à 1 6, note 2.)
2 Louis de Gaillebot, marquis de la Salle, mare'cbal de camp en 1 6^9 , lieutenant général en i652,morten 1682.
5 Claude de Talaru, marquis de Ghalmazel, nommé maréchal de camp en 1 65 1 , mort vers 1675. (Chron. militaire, Vt, 3 20.)
4 Voy. sur Saint-Mesgrin , ou Saint-Maigrin, t. III, p. 200, note 2 , des Lettres de Mazarin.
5 Louis de la Trémoille, ou T rémouille , comte d'Olonne, mort en 1686.
fi François de Blancheforl de Bonne , che-
valier, puis marquis de Créquy, maréchal de camp en i65i, lieutenant général en 1 655 , maréchal de France en 1668, mort en 1087.
' Léon Potier, marquis, puis duc de Gesvres. (Voy. ci-dessus, p. 275, note 1.)
8 Louis-Marie-Victor d'Aumont, fils du maréchal d'Aumont, fut connu d'abord sous le nom de marquis de Chappes; il prit ensuite le titre de marquis de Villequier, et enfin celui de duc d'Aumont. Il vécut jusqu'en 1706 (19 mars). [Voy. sur sa mort le Journal de Dangeau, t. IX, p. 46 1.]
9 Voy. ci-dessus, p. 5 1 5-5 16.
pas à la Cour, il dit qu'il ne s'opposeroit pas que l'on nie iist tout bon Décemb. ii.5«. traitement et qu'on me donnast mesme une place de seureté, quoiqu'il n'avt dict autre chose à M,uc de Clievreuse, si ce n'est qu'il me lalloit acheter quelque souveraineté auprez de la France, afin que j'y pusse demeurer.
J'avois oublié de vous dire qu'il sera tres-à-propos que vous suppliiez la Revue, de ma part, de prendre la peyne d'escrire un mot de sa main à M. le Premier Président1 sur ce qui me regarde, se remettant, pour le détail, à ce que vous, ou M. de Senneterre, luy escrirez, delà part de Sa Mlë. Je nomme M. de Senneterre, parce que je sçay qu'il est fort de ses aniys2; mais, en tous cas, il faut que vous preniez la peine d'en escrire fortement à M. de Champlastreux, sans oublier que rien ne peut estre plus advantageux à ses interests et à ceux de M. son père que mon retour auprez de Leurs Mlez, et que peut-estre, sans cela, ceux qui ne les ayment point prendroient le dessus, en sorte qu'ils s'en trouveroient mal. Je vous conjure que cecy soit exécuté au plus tost, et qu'on ne perde pas un moment de temps à m'envoyer la lettre que je vous ay demandée cy-dessus.
GCXXffl.
Ail. élr. , Fiance, t. 268, P 282 v°; l. 29 du recueil des Lettres de Mazarin. — Copie du temps.