CARDIN IL M \Z\II1Y
contre mov redoubleront, el que ceux mesmes (jui accablent la lîeyne, i>.-. .-,,.!.. ,!.:>.. luy «lisant continuellement que mon retour causera une esmotion générale et bouleversera la inonarcbie, feront jouer tous les ressorts imaginables, afin que cela soit.
Je lusse parti, ce malin, d'icy, sans que j'av creu nécessaire d'y voir arriver mes niepces et d'entretenir don Antonio Pimeulel qui les a accompagnées.
iddftion à la lettre cy-dessus , de Helltcl . le 3o démièbtr i6,r>i.
Le courrier, <jui de voit partir de Sedan, ayant différé à le faire, j'adjousteray à ce que dessus (pie M. le prince d'Har court me faict sçavoir, par un gentilhomme qu'il m'a depescbé et qui arrive tout présentement, que, quelque diligence qu'on tist à Paris jetant des billets et , donnant de l'argent pour exciter une sédition, on n'en pouvoit pas venir à bout, les gros bourgeois tcsmoignant ne vouloir en aucune façon rien faire qui pust déplaire au Boy; que tout ce que les malintentionnez respandroient1, pour faire croire que mon retour produiroil la ruine de Paris, ne les esmouvoit point, et enfin que S. A. H. estoit fort abattue et tesmoignoit grande apprebension, et qu'une marque visible de tout ce que dessus, c'estoit qu'on avoit veu partir M. le Premier Président et M. le Surintendant, sans que les mescbans eussent rien oublié pour obliger les bourgeois à l'enipescher, et neanlmoins personne ne s'estoit remué.
H n'y a rien de si obligeant que le procéder de M. le prince d'Harcourt2; car il est dans l'impatience de faire toutes les cboses que je puis soubaiter de luy. J'ay trouvé icy quantité de monde qui me venoit trouver à Sedan, dont les principaux sont l'evesque d'Avrancbes3, Mon-
' Il y a bien respandroient dans la copie. aine du duc d'Elbeuf; né en 1C20, il mourut Il semble que rcspandoienl correspondrai! en ioq-2. mieux avec esmouvoit. ' Gabriel Boislèxe, aumônier du Roi,
- On a déjà fait remarquer que le prince avait <:lé sacré évèque d'Avrancbes en d'IIaicourt était Cbarles de Lorraine, (ils iC5i.
Déeemb. i65i. dcjeux, Bar, Vaiibecour1, M. de Joyeuse2, le baron de Bec3, Piennes\ Pradelle5, et il n'y a pas eu un gouverneur, ou, en leur absence, de lieutenant de roy, des places de cette frontière, tant grandes que petites, qui ne soit venu m'oflYir toutes choses à Sedan et m'accompagner jusque prez d'icy, et le chevalier de Monlaigu, Grandpré et Quincé n'ont pas encore voulu me quitter. M. le duc d'Elbeuf m'a depesché, me faisant de grandes protestations d'amitié et d'estre prest à tout ce que je pourray souhaiter de luy, et il n'y a rien à adjouster à la chaleur que tesmoignent pour mes interests presque tous les gouverneurs de Picardie.
On n'a rien oublié pour intimider les maire et eschevins de cette ville0, afin qu'ils ne me fissent pas les complimens ordinaires; mais cela ne les a pas empeschez de m'en faire par toutes les démonstrations possibles, à l'exemple de Sedan.
Diverses personnes, qui viennent de Paris, m'ont dict, et d'autres m'ont escrit, que, lorsqu'on verroit à la Cour l'impossibilité à empescher que je n'approchasse pas Leurs Mteî, on executëroit quelque estrange resolution , qu'on meditoit depuis longtemps , qui est de séparer le Boy de la Beyne; qu'il y avoit des officiers des gardes françoises gaignez pour cet effect, et qu'on croyoit de pouvoir aysement exécuter la chose, la Cour sortant de Poitiers, comme ils pretendoient de faire, sous prétexte que Sa M1" devoit s'advancer pour pousser de plus en plus M. le Prince. Je ne croy pas la chose si aysée comme l'on dict; mais au
1 Voy. t. III des Lettres de Mazarin, (Voy. t. III, p. A70, note 5.) La Chronologie
p. 69, note 2. militaire donne le détail de ses service^.
! Jean-Armand de Grandpré, marquis t. IV, p. 95. de Joyeuse, fut nommé maréchal de camp 5 François de Pradelle, ou Pradel, avait
en 1 (i 5 3 , lieutenant général en 1677, enfin été nommé maréchal de camp en i65o; il
promu maréchal de France en i6g3; il devint lieutenant général des armées du Roi
mourut en 1710. en 1657, et mourut en 1690 (Journal de
' Probablement René du Rec, dont Ma- Dangeau, t. III, p. 176). zaïin a parlé ci-dessus, p. 235; ce baron du 6 Mazarin veut parler de la ville de Re-
Bec-Crépin était frère de la maréchale de thel , d'où la dernière partie de cette dé-
(ïnébrianl. pêche est dotée, comme on l'a vu plus
4 Antoine de Brouilly, marquis de Piennes. haut.
DU CARDINAL MAZAR1N. 589
contraire, [je ne pense pas] qu'il se trouve beaucoup d'officiers, parrny Décemb. i65i les gardes, capables seulement d'escouter une trahison semblable; mais ce son! des choses si délicates qu'on ne peut el on ne" doit s'empëscher
de les mander.