‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 106 sur 285 · RÉPONSE MARGINALE DE MAZARW À UNE LETTRE DE COLBERT · texte numérisé non relu

RÉPONSE MARGINALE DE MAZARW À UNE LETTRE DE COLBERT

(extrait.) Lettre de Colbert. Réponse de Mazarin.

Paris, aa juin 1657. LaFère, a5 juin 1657.

J'ay envoyé par une charrette de Vin- II ne faut plus envoyer ni pi-

cennes qui est partie aujourd'huy et qui geons, ni faisandeaux, et il faut

arrivera dimanche à la Fèrc un veau fa;re multiplier les premiers. Pour

gras avec les dindons, pigeons, faisan- ^ ^^ et Jeg ^^ y gera bon

deaux et fruitz mentionnez au me'moire . . , ,

... . , ,, den avoir le plus quon pourra,

cy-joint; aussitost que tes mettons com- * 1 *

1 Sur la mort de son père, Ferdinand III. — ' Omis dans le recueil de M. P. Clément.

menceront à estre bons, j'auray soin d'en envoyer toutes les sepmainea une (ois ou deux.

M. le mar'1 de Gramont prie V. Em.

de se souvenir de luy envoyer copie des Lettrée du ioy de Suéde, de M. l'électeur de Brandebourg et autres d'Allemagne que V. E. Im a promis.

Je fais travailler le s' Levau au grand dessein de V. E. '.

Juin 1G07

\l. le Procureur ;; ' m a dit qu il Fai • soil eslat de donner, sur une affaire • |u il avoil proposée à Y. E., qui regarde les intendans des finances, 3oo in." pour le roy de Suéde, le remboursement de ce <|ui reste deub à \ . E. de l'année dernière et les ion ni" du pain de l'iedinonl.

' Louis Le Vau , architecte . mort en 1 670. G'esl Bur ses dessins qu'on éleva une partie les Tuileries et la porte d'entrée du Louvre. Il donna les plans de l'hôtel Colberl ei du collège des Quatre-Nations. G'esl à ce dernier travail que Goiberl l'ail ici allusion; il

HAZARIN. ni.

J'enverrai toutes les copies dont M. le maréchal parie, el seront

adressées à M. Servient.

Ron . car Basai bien il ne foui rien attendre de Rome, mais peutêtre il sérail hou de donner quelque gratification à celui que le Benedetti ' escrit avoir l'ail un beau dessin; je m en remets à »

\ ous pourrez duc à \l. le P qu'il eul été bon que | eusse élé remboursé de ces dernières avances sur des affaires faites el non pas sur celles qu'il projette de faire; el il u e semble que sans présomption p- pourrais être considéré comme les autres qui ont laid des avances et <|ui oui esté remboursez sur !>> derniet es affaires qu'on a l'ail et qui sonl pavedes intérêts jusques au dernier sol

n'était alors qu'en projet et la c instruction n'en liii achevée qu'en 1 68 i.

Sur l'abbé Klpidio Benedelti, qui était à Môme l'agenl d'anàires du Cardinal, \ov. le tome V, p. 6o5, noie ;i. des Lettre* \l 11: ai in.

Juin 1657.

pendant que je ne sais pus ce que c'est d'avoir an denier d'intérêts et qu'en effet je ne prétends el je n'ai jamais prétendu.

Pour la garnison de Brisait, il m'a dit que toutes les renies estant engagées, il n'en avoit peu retirer que pour 22,5oott de rentes faisant îiïo mtt en principal ' et qu'il me feroit payer 5o mtt d'argent comptant.

Pour le pain de Catalogne, ledit s" peur gai m'a jj^ <|u"il ne pouvait donner autre chose que l'assignation sur les menues monnoyes, et quand je l'ay presse' de l'advance que l'on a accoustume' de faire, il m'a dit qu'il offroit d'en donner les interests, mais qu'il luy estoit impossible de donner de l'argent comptant.

Pour le donatif sur l'affaire des menues monnoyes dont M. l'abbé" Fouquet a parlé à V. E., je trouve que c'est la mesme chose dont le sr Cenamy a parlé, et, l'ayant pressé sur ce mesme sujet, il m'a dit que sa compagnie pourroit porter cette gratiffication jusqu'à 3o ni. escus.

Je ne puis vous dire autre chose sur cela, si ce n'est que Jacquier'2 qui gagne, et dans le pain et dans les assignations, des trésors, est mieux traité que celui qui avance l'argent sans aucun intérêt pour ménager au Roi la moitié de ce que ledit Jacquier tiroit.

Savoir si on peut faire état de ce donatif, et s'il sera comptant et payé d'abord.

M. le P'"rgal m'a fait payer une somme de i3,53ott qui restoit deùe d'un conip-

1 Comme on le voit, ces rentes-là n'étaient même pas capitalisées sur le pied de 1 o p. 0/0 dont nous avons parié ci-dessus ( p. k 66 , note 1 ) , mais sur le taux de 1 5

p. 0^0 environ. Tel était alors le crédit de l'État français.

1 Munitionnaire des armées de l'Est dont il a été souvent question ci-dessus.

DU CAKUINAL MAZARIN.

tant de 'iô inH pour divers pre'sens faitz l'année dernière par V. E.

Je ne vois pas guères d'apparence que je puisse avoir assez tos| les 3oo mH d'argent comptant, n\ les 200 mtt du courant du mois pour m'en servir à acquitter les promesses1 de Mad'de Chevreuse etcelle de la reyne d'Angleterre; celle de do m.** eschoil à la (in de ce mois et les autres le H du prochain; je suplie très humblement V. E. d\ penser toul de bon, par ce qu'asseurémenl je seraj pressé.

Je fera} les solicitations que V. K.

in'ordi [mu j i- M. l'iiiubas-adeur d Angleterre.

Pour ce qui esl pire s de la m-golia-

lion de Munster, V. E. doibl estre, s'il lui plaist, persuadé que ce qu'elle m'a donne a toujours esté soigneusement conservé soubz la clef, qiie je ne me suis pas mesme confié à mou frère pour vérifier les années h'.i, hU, 45 el 16, lez ayanl veriûîé moy-mesme, mais en un mot V. E. doibl tenir pour constanl ei véritable que c'est une négoliation l'oit imparfaite, \ ayanl trouvé une infinité de depesches et de pièces qui

1 Le mol promesse esl pria ici dans le sens de bille! à ordre, dont il était alors Bynonyme.

' Gel argent réservé connu, semble-l-il, ilu seul Col bert, ci donl [tarir ici Mazarin, esl de nature à confirmer un passage des mémoires de l'abbé «le Cboisv (édition Micliaud,p. 570) disant qu'après la mort du

Juin 16B7

An pis aller, il faudra se servir de l'argent réservé9 et tacher de se l'aire prêter par \1. Hervart la moitié de la somme, comme il m'a offert, lui donnant '-il voudra les diamants eu gage.

Je crois qu'il n \ a rieu de -1 certain <pi<' ce que i ou* me dites sur ce sujet, el je \mis remercie de la diligence que \01is avez faite pour assembler toutes les pièces; mais je voudrais bien savoir ce que M. de Lionne dit sur cela . car je n'ai jamais perdu un papier el je sais «pi à mesure que je les ai eu, je les v ai donné el que je ne

Cardinal, Celberl informa Louis \IV que Sun Enunence avait en différents lieux près de i5 nniliiiiis d'argent comptanl el qu'ap

|i n.iiiMi.ni puisqu'il n'en avail pas pari.

dan- son testament, BBS intention nVlail |ias de les laisser à -es héritiers, niai- a

ratât. Cel argent fut effectivomeol versé

dans les n .lires de l'Épargne.

Juin 1657. manquent, en lisant toutes celles qui y sont; et V. E. verra parla fin une preuve indubitable de ce que je luy dis, veu qu'elle se souvient bien de ne m'avoir donné qu'une malle pleine de ces papiers là; et lorsqu'elle sera achevée, outre la copie qui aura este' faicte, sy je trouve tout ce qui manque, je luy rendray une autre malle aussi grande et aussi pleine avec celle qu'elle m'a donnée; par là elle connoislra la vérité de deux choses : l'une, que nous lui rendrons la mesmequantité de papiers qu'elle nous aura donnez, et la seconde, que nous en aurons amassez une autre fois autant.

• MK le mareschal de Gramont et de Lionne m'ont demandé sy V. E. m'avoit envoyé quelques ordres pour des présens d'espées, baudriers, montres, chapeaux de castor et autres choses qu'ils doivent porter.

Je viens de voir M. de Senneterre de la part de V. E., sa santé est bonne grâces à Dieu; il m'a tesmoigné beaucoup de reconnoissance de la bonté que V. E. a pour luy et pour M. son filz. Il m'a dit que M. le m"1 d'Estrée estoit malade et qu'il avoit eu la Gebvre toute la nuit; je le verray de la part de V. E.

J'envoye l'extra i et d'une lettre de mon frère concernant les mœurs du sr de La JNeuvelIe. Je puis asseurer V. E.

1 Sur le bénédictin Vittorio Siri, qui se montra toujours dans ses ouvrages d'histoire grand partisan de la France, voy. le tome V, [>. 099, des Lettres de Mazarin.

veux pas croire que l'abbé Siry1 eu ait retenu aucun.

Vous avez bien fait et je vous prie de visiter aussi M. le mar*1 d'Albret'- de nia part.

Il faut faire venir La Neuvelle sur quelque prétexte.

J César-Phœbus d'Albret, comte de Miossens, qui fit ses premières armes en Hollande sous Maurice d'Orange, devint maréchal de France en i653, gouverneur de

qu'il ne sçaii rien de la proposition Juin 1GJ7.

que j'ay faicte à V. E. Si elle désire

qu'on Le Tasse venir pour le connoistre

encores plus particulièrement, l'on ne

manquera pas <ie prétexte pour eeia.

J'av tousjours trouvé M. de Fleio fort

sage, niais je le trouve un ])eu jeune

pour un einploy de eette qualité1.

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