‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 107 sur 285 · I I 'VIII · texte numérisé non relu

I I 'VIII

AIT. élr., France, l. sO/i, f* >&6. — Autographe >i{;né.

À J.-H. COLBERT

J'ay promis à M. le cardinal Antoine3 de luj faire payer une ordonnance de cinquante mille livres, que Sa M1 ln\ lii expédier à Paris sur Testât3 [en] moins de ce qu'il esl deub à S. Km. pour Bes pensions C'est pourquo\ je vous prie d'aller voir, <le ma part, MM. les Surintendans, et particulièrement M. le Procureur gênerai, afin de faire donner, au moins, la moitié en argenl comptant, el l'autre payable dans la fin de l'année, estant impossible de moins l'aire pour ledict s* cardinal, qui sera à Rome pour \ Bervir le Roy, obligé à faire de grandes despenses dans son voyage el dans la demeure qu'il fera dans ladicle ville; mais, en cas que dos diligences ne produisissent l'effecl que je désire et qui seroit très juste, il faul que vous preniez, dans le plus clair de mon argent, vingt-quatre mille livres pour les donner .1

Guyenne en 1671 et mourut en 1 ()-!'>. ne France el archevêque de Reims. (Voy. t. I

bissant qu'une tille. Son nom s'éteignit avec p. ijhi. (les Lettre* de Vazarin. 1

lui. ' Il faul peut-être lire : h tout, an lieu

' H B'agiasait, comme ou l'a \u, de l'em- de Pestât. ploi de gouverneur d'un neveu de Mazarin. ' Le Bens est, je croie, en déduisant mit

1 Antonio Barberini, grand aumônier de tomme de ce qui lui e$t dû pour tes peinions.

Juin 1057. S. Eni., et que vous asseuriez le payement «lu reste jusques à cinquante* quatre mille livres dans le cours de l'année courante, faisant mesme une obligation particulière pour cela en la manière que S. Em. vous fera entendre, par le sr abbé Bracheze, qu'elle désire.

L'on a parlé d'achepter, pour le bois de Vincennes, les tapisseries de soye et d'orque ledict cardinal veut vendre, et Leurs Mlcz les veulent avoir. C'est pourquoy il faudra que vous les voyiez et conveniez du prix avec le sr abbé Bracheze \ pour le payer en argent comptant à reprendre sur le mois prochain de ce que M. le Procureur gênerai est obligé de donner. Bernardin en a laict l'estimation l'année passée, mais il faut prendre garde qu'il estoit question de les donner en eschange d'une tapisserie de haute-lisse, que M. Servien estimoit soixante mille livres et qu'il donneroit pour trente-six mille en argent comptant, qui est une chose qui mérite d'estre bien considérée2.

Il y a encore quelque autre tapisserie de soye qui n'a pas esté estimée, et S. Em. s'en voulant délia ire, il faudra convenir du prix.

S. Em. a aussy un miroir cnrichy de pierreries et d'autres choses, desquelles, à ce qu'il m'a dict, [il] se defléroit volontiers; vous li3 verrez, et si les prix seront [sic) raisonnables, on les pourra achepter. Le miroir luy a cousté six cent soixante escus de Rome, et je sçay qu'il ne prétend pas y gaigner, puisque, en elî'ect, à le vendre, on n'en trouve-

1 Cet abbé, dont le nom est écrit tantôt Bi'achèze, tantôt Braccès, est souvent cité dans les lettres italiennes de Mazarin.

2 Une tapisserie de 60 000 livres, on même de 36, 000 — cette dernière représentant au poids 58,5oo francs et, en tenant dompte de la valeur de l'argent, 1 1 7,000 de nos jours environ — était une chose tout à fait exceptionnelle au xvif siècle. (Test ainsi qu'il n'y en a pas une seule estimée à ce prix (et les prix d'estimation, comme le dit Mazarin, sont toujours plus élevés cpie les prix de vente) dans l'inventaire dressé après la mort de la reine Anne

d'Autriche, que M. le vicomte de Grouchy vient de publier dans le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris (mars 1892); les plus chères, sur brocart d'or et d'argent, ne passent pas k ou 5,ooott. Cependant ii l'ut payé, en îG.'îô, 20,000 écus — c'est-àdire 6o,oooH du temps et 3oo,ooo francs actuels environ — une tapisserie destinée à la Sainte-Chapelle de Paris, composée de 16 pièces, faisant ensemble 70 mètres de long et représentant ffles principaux mystères de la religion^.

;i Mazarin a écrit le pronom italien li, au lieu de les.

DU CARDINAL MÀZARIN. 535

roit pas ce prix. Une pistolle d'Espagne vaut trente et un Jules ' et Juin i6i deray, et l'escu vaut dix Jules2.

Voilà tout ce que j'ay à vous dire sur ce sujet, attendant que vous me ferez sçavoir ce que vous ferez en tout cecy.

Bibl. nat., ms. f. fr. , Mélangeait CoUtert, i. 5i \. f' ■]■>■

À MM. DE TURENNE KT DE LA PERTE*

La Père . i8 j«in ifàrj.

(extriit.)

MM. de Turenne et de La Ferté verront biea qu'il n\ a plue lieu

de douter de la marche de toutes les força ennemies, el j a\ nouvelles de Bruxelles loui présentement qui me confirment qu'ils n'ont jamais

eu la pensée d'aller à Monlmedy. M. de Castelnau ne laissera pas de marcher, et le Roy partira auss\ demain pour aller couchera Roy. Nous prendrons bien aostre partj si les ennemis attaquent la Basses ou Bethune, comme l'on dict, el que je croys paie- qu'ils ne manqueront de rien pour faire; le siej;e; mais il faut que M. de Turenne, sans perdre un moment <le temps, son revienne avec tout son monde pour nous venir joindre», sans pourtant harasser les troupes, et ML de La I rite continuera le sio<>o ' avec asseuraure qu'il eu viendra bien plus lost a bout lorsque les assiérez sçaurout qu'ils n'ont aucun secours a attendre. Je me resjouys de tout cecy, car j'espère que la conduite des enne-

1 Monnaie italienne dont la valeur en écua ' Une note indique qu'on leur envoyait de France est déterminée par ce |..>ss;i<ye. copie d'une dépêche de MM. de Roncheroflee

2 l.o miroir dont il s'aj'il aurait ainsi ci de CastettMN «lu 98 juin ii -i lieurcs «lu couteau cardinal Barberini 3,66o francs. matin, et que la lettrejointe était de la main

L'écu romain était une pièce d'argent , grosse "le Mazarin.

à peu près comme une de nos pièces de ■ De Montmédy.

5 francs actuelles.

Juin 1657. mis nous ouvrira le chemin de faire quelque chose de tres-considérabie '.

GCCX.

Aff. étr., Allemagne, Supplément, t. 17 (sans pagination). — Original signé et en partie chiffré.

À M. DE LUMBRES,

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