‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 16 sur 285 · SITUAIT · texte numérisé non relu

SITUAIT

Je crois- de vous donner une mauvaise nouvelle en vous disanl que le Confident n'est pas allé à l'armée et qu'il est incertain s'il |,« pourra faire après-demain. Car M. de Tnrenne a envoyé i<\ \ arennes ' pour me dire tpie les ennemis assemhloienl toutes leurs forées, tirant jusques au dernier soldat des garnisons, et que ce ne pouvoil estre que pour entreprendre sur luy et sur M. de La Ferlé à cause que la rivière de [Ilaisne]" les separoil. A quoy pourtant ils avoient desja remédié en

1 Voy. ci-dessus, p. 55, noie .'{. nëral en i655, (al tac* en i658 tn

5 La copie porte bien : je croix. Il faudrait de Gravelinea. peut-être lire : je crains. * Le manuscrit porte encore ici tPAùu

3 Roger deNaga, marquis de Varennes, au lieu de lu Haitne, affinent, comme od

inari'clial de camp en iC/ia, lieulenanl jye'- l'a dit, de l'Eacaot.

Gfi LETTRES

Août i655. partie, un des [ponts]1 pour la communication estant desja faict, et qu'on travailloit en grande diligence aux autres.

Varennes m'a dict en outre que tout le pays aux environs de Saint- Guillain estoit inondé; que c'esloit une assiette de place plus advantageuse encore que la Fere; que MM. de Turenne et de La Ferté avoient jugé nécessaire la circonvallation; qu'on y travailloit à la haste, et qu'enfin le Roy ne pouvoit pas aller à l'armée que cela ne fust faict et que le chasteau de Bossu, qui sera dans la circonvallation et qui est destiné pour l'habitation du Roy, ne fust pris; mais pour ce chasteau, qui esttres-bon, il faut qu'il soit rendu aujourd'huy, et l'on croit que la circonvallation sera achevée demain. Enfin, de la manière que les ennemis ont accommodé ce poste, il le faut attaquer comme une grande place. H est pourtant vray qu'il est de plus grande conséquence qu'une des meilleures [places] qu'on pust prendre, et l'on en verra l'importance, et de Condé, dans peu de temps. La tranchée ne sera ouverte qu après-demain ; mais j'ose vous respondre que l'on ira bien viste, et que l'envie de retourner à la Fere contribuera à cela de la bonne manière.

M. le Prince a escrit plusieurs lettres contre M. de Turenne, et celle qu'il a envoyée à luy-mesme2 est conceue en termes assez forts; mais il est permis à ceux qui perdent leur procez de dire, vingt-quatre heures durant, des injures aux juges. Le sujet de la colère de M. le Prince est l'interception d'une lettre que M. de Turenne m'escrivoit, [disant] que le dernier escadron de M. le Prince s'estoit retiré à la nage, et qu'il avoit eu grande contestation avec les Espagnols, parce qu'ils n'avoient pas voulu demeurer au poste qu'on avoit accommodé devant Valenciennes; et comme cette lettre estoit tombée entre les mains du comte de Fuensaldagne, M. le Prince avoit faict toutes ces déclarations pour faire croire aux Espagnols qu'il n'avoit rien dict de cette contestation.

1 Le manuscrit porie points pour ponts ; note G) à quelle occasion cette lettre avait l'erreur est évidente. été écrite, et qu'elle avait été imprimée dans

2 J'ai fait remarquer (ci-dessus, p. à6, les Mémoires de Turenne.

^====^^___^^__ Aoûl i6ô5.

Aff. é"tr. , Franco, (. 272, f" 3g. — Copie du temps.

Du Quesnoy, a a août 1 6 (situait. )

Enfin le Confident partira demain pour aller à l'armée, ayanl aujourd'huy receu des nouvelles que M. de Tu renne ser.-i demain icy avec une escorte digne du personnage à qui elle doit servir. Sa jf>\e est au point que vous pouvez imaginer, et la mienne n'est pai moindre, puisque par là je me vois bien avant dans le ehemin de retourner à la Fere; car ou je n'aurav pas f < 1 « * j ' crédit, ou le Biege ira bien viste. Seyron vous dira plus en détail toutes les nouvelles, el c'est pour cette raison que je ne vous escriray pas au long cette lois. Il s'en retourne avec le convoy; niais ri faudra qu'il fasse encore un autre voyage, VOUS pouvant asseurer que les bonssuccez que non- avons sont deus principalement à la ponctualité et à la diligence «les convoya.

Celte lettre se termine par une phrase où Ton retrouve les pseudonymes dont la Reine et Mazarin se servaient souvent dans leur correspondance : «Je rous supplie de vous souvenir de la Mer* en l'affaire qu'il poursuivit auprès de vous, si

d'avoir la mesme opinion de luy que de #.*>

\I.YI1I.

Aft". t'ir., France, t. 372, f° 4o. — Copie du temps,

\ LA REINE

Du camp devant Saint-Guillain, le a3 août i6."iô.

( BXTIUIT.)

Je ne vous fera y pas une longue lettre, puisque le sujet de celle-cy 1 La copie porte du crédit. — ' Maznrin.

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