‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 18 sur 285 · LU · texte numérisé non relu

LU

Aff. étr., France, t. 896, f° 2 23. — Copie du temps.

AU PROCUREUR GÉNÉRAL

La Fère, dernier août 1 655.

( extrait. )

Je suis persuadé qu'il y a de la peine à trouver de l'argent; mais il faut pourtant en avoir et sans aucun delay, praticquant pour cela tous les moyens imaginables, estant tousjours persuadé qu'on peut tirer une somme considérable de l'affaire de Bretagne2. Enfin je ne demande que ce qui a esté promis qui doit estre employé en des choses qui ne souffrent point de retardement, c'est l'artillerie et ce qu'on doit du reste des travaux, deux cens et tant de mille livres qui manquent pour le payement de la monstre et plus, d'autant qu'il faut despenser en diligence au Quesnoy et aux places de Condé et de Saint-Guillain, lesquelles j'ose dire qui advanceront beaucoup la conclusion de la paix, si on les met en estât d'estre conservées cet hyver, comme on est

1 Voy. ci-dessus, p. 55, note 3. — a Des États de Bretagne. (Voy. ci-dessus, p. a3, texte et note 3.)

résolu ci c» faire, sans espargner aucun soing ny expédient imaginable Sept. .o:>r>. pour cela.

11 faut en outre envoyer promptement quelque somme en Provence pour les galères et les vaisseaux, comme aussy en Catalogne et en Italie. Je vous conjure donc de faire les derniers efforts pour me tenir la parole que vous m'avez donnée et sur laquelle ja\ pris met mesures, lesquelles neantmoins se trouvent ma] prises, car les dépenses excédent; mais ce sera à moy et à M. Le Tellier à patienter [jusque]1 à l'année prochaine pour nous rembourser de plus de six cens mille livres que nous aurons advàncées, m estanl faid prester en mon particulier pins de deux cens soixante »■! dix mille livres. Je doibs à ces messieurs de la Cour plus de Imict mille pistolles; ce qui est la pure vérité, que je vous dis sans aucune exagération <•! avec beaucoup de peine; car je voudrais bien plusiot vous prester de l'argent que vous en demander.

L'on a quelque pensée de faire un tour à Paris pour depescher L'affaire de M. le duc deMantoue' el prendre encore résolution sur d'autres; mais connue on s remis à ce soir à examiner ce [qu'il*] sera plus à propos de faire, on depeschera un courrier pour en donner advis, et vous sçaurez en détail ce que le Roi aura résolu à l'eagard de M. de Manloue.

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