LUI
An", étr. , Pays-Bas, l. 3j (sans indication de page ni de folio). —
Minute de la non de Rousaereaa.
À MM. DE TUBENNE ET DE LA FERTÉ
La 1 ptembre i (>55.
(UTBAR.)
Le Roy a crcu qu'il estoit de son service d'aller faire un tour à Paru
1 La copie porte puùque. — * Voy. sur le duc de Mantoae, et-deesas, p. i4, note i. — 3 La copie porte qui.
Sept. i655. pour donner ordre à certaines affaires et particulièrement pour recevoir M. le duc de Mantoue et terminer avec luy toutes les choses que l'on a traiclées. Sa Majesté est résolue de revenir icy, et mesme je la previendray, faisant estât de m'y rendre dans douze jours au plus tard , avec M. LeTellier, pour faire partir le grand convoy, ayant desja donné ordre pour préparer quantité de bleds et de munitions de guerre.
On me mande que les habitans de Tournay sont fort en disposition de secouer le joug des Espagnols qui en ont de grandes alarmes, et que c'est principalement par cette raison qu'ils ont tousjours de ce costé-là le plus grand corps de troupes.
On m'escrit de plus que Douay est en fort mauvais estât, que les
ennemis ont eu un desplaisir sensible de la perte de Coudé et de ne
l'avoir pas assez bien fortifié à temps. Ils espèrent de le reprendre
cethyver, si l'on n'y travaille [pas]; ce qui nous doit obliger à le faire
en toute diligence.
Ils craignent fort que nous ne fortifions S'-Amand, Arleux, l'Escluse, parce que, occupant ces postes-là, nous pourrions faire [couper]1 toutes leurs communications avec Bouchain, Valenciennes et Gambray; et comme leur appréhension est assez bien fondée, j'ay escrit ce matin à M. de Mondejeux que je le priais de me mander s'il croyoit pouvoir entreprendre les fortifications de l'Escluse et d'Arleux et quelles assistances il desiroit qu'on luy donnast de l'armée pour cet efl'ect. Je vous informeray de la response qu'il me fera.
Mazarin donne ensuite aux généraux des avis sur les mouvements des ennemis, des nouvelles du prince de Conti , des détails sur la route entre Guise et Landreeies , enfin sur les troupes qu'on doit laisser dans les places de la frontière du Nord.
1 Je n'ai pu lire le mot qui suit faire; je l'ai remplace' par couper.
AIT. dtr. , Franc.-, I. 271, f° 3 1 8 v*. — Copie du lemp6.
^ Sept. t655.
\ M. DE LIONNE
A liOMi:.
( tXTHAIT. ;
La I"' ■: rabre 1 655.
Ma/arin lui écrit que l'on désire à la Cour la nomination de commissaires français pour le jugement du cardinal de Retz. Parmi eux pourraient Bgurei l'archevêque de Toulouse1 el l'évoque <\r Rhodez3. \ leur défaut, on accepterai) l'archevêque d'Avignon ou l'évêque de Cavaillon. Cependant, malgré les protestations du Pape, la conduite du Nonce à Paris (ail toujours douter du bon vouloir d'Alexandre VII. Le cardinal de Reta agil auprès du Pape contre Mazarin :
Egli hà detto al Papa che S. Su mi eonoscevà maie e che credevà guadagnarmi con le dolcezze e cod i booni trattamenti, ma che, al contrario, bisogna va trattarmi cou il baetone; à che la S1 Sua rispose che del vino dolce si facevà an aceto Forte. Tutto il lempo ch'egli è statto à Grotta-Ferrata 8, hà sempre travagliato à fare libelli che presto h publicharanno (aie), L'ano è in lingua voigare, intitolato : il Cardinale Mazarino*\ l'altro è in latino, che è queilo, nel quale egli |)iii si cornpiace, diretto à tutti i vescovi délia clii<>;i cattolica.
1 Pierre de Mann. (Voy. le tome I".
p. Q&9, des Lettres de Mazarin.)
llardouin de Péréfixe, nommé évéque de Rodez en iMo, archevêque de Puis on iC(i-' . nioii en 1 i\- 1 .
Grotta-Ferrata est un village de la campagne de Rome, an pied du monl Galvo (autrefois mont Albain). Il y avait une abbaye qui dépendail du cardinal François Barberin. Retz parle de son séjour à Grotta- Ferrata ( Mémoires, l. \. p. 80, de l'édit. des Grands Ecrivains de la France). Il prétend que c'était le Tusculum de Cicéron.
' M. Morean n'indique pas ce pamphlet dans li Bibliographie des Matarinedes. On trouve dans cette Bibliographie, -mis les n"' <>.'!."> et 636, deux maxarinades qui portent pour titre: Le cardinal Mazarin; mais elles -ont toutes deux de i6àg, tandis qui celle dont parle Mazarin doit être datée de 1 655. Quant à l'écrit en latin, que citeeii- Buite Mazarin. qui était adressé à tous les évêques de l'église catholique, et qu'il regarde comme l'œuvre principale du cardinal de llctz , il est également omis dans la Bibliographie des Matarinadee.
1IAZAIUN. — vu.
mrMHIME .ATIOl.lt.
Ih LETTRES
Sept. i655. Mazarin insiste ensuite sur les relations de Retz avec le cardinal François Barberin. Il ajoute que la cause de la haine de ce dernier contre lui vient de ce qu'il n'a pas voulu contracter avec sa famille une alliance qui aurait été consacrée par un mariage. Il termine par quelques mots sur les propositions faites pour le fort Philippe ' ; il ne juge pas qu'il y ait lieu d'y donner suite.
An", étr. . Pays-Bas, t. 37 (sans indication de page ni de folio). — Minute de la main de Roussereau.
A MM. DE TURENNE ET DE LA FERTÉ
La Fère, 3 septembre 1 655.
(extrait.)
Aprez avoir escrit le mémoire cy-joint2, les sieurs de Seyrou et de Netlancourt sont arrivez, qui avoient reccu vos lettres et m'ont dict en détail toutes les diligences que vous faictes pour mettre en bon estât les postes de Coudé et de Saint-Guislain. Je n'oublieray rien pour seconder vos soins, et, outre le grand convoy que je fais préparer, ainsy que je vous ay desja escrit, et qui ne pourra partir que le 1 6 de ce mois parce qu'on tire la plus grande partye des farines du Beaux aisis et du Soissonnois, j'ay travaillé en sorte que j'espère que, nonobstant tous les petits convoys que l'on fera partir presque tous les jours de Guyse pour la subsistance de l'armée, on y fera, dans peu de jours, un magasin de huit ou dix mille sacs de farine, de bled et d'avoine, et d'une bonne quantité de grenades, outre les autres munitions de guerre, afin que cela puisse estre voiture par les caissons et les chevaux d'artillerie et [par] ceux des équipages des officiers, sans diminution de ce que les
' Ce fort était situé sur les côtes de la les places de Toscane, où les Espagnols
Toscane et dominait Porto-Ei'cole. On voit, tenaient des garnisons et qu'on appelait
par ce passage, que l'on voulait entraîner présides de Toscane.
Mazarin dans une nouvelle expédition 2 Le sens est : après que j'eus terminé le
d'Italie, sous prétexte d'enlever à l'Espagne mémoire ci-joint, etc.
charrettes, qu'on assemble pour le grand corivoy, porteront, et ainsy Sept. presque tout d'un coup on pourra envoyer ce qu'il faudra de munition* de guerre, de bled et d'avoine pour le Quesnoy, Coudé et Saint-Guislain.
J'adjousteray aux nouvelles que je vous donnay hyei celles que je viens de recevoir présentement, qui confirment la consternation des ennemis et de tonte la Flandre, qui est plus grande que von- ne ^auriez vous imaginer. Ils sont tousjours dans la crainte qu'on ne fortifie Arleux et l'Escluse pour incommoder Douay et couper plus qu il- ne le sont Bouchain, Valenciennes et Gambray.
Mazarin indique ensuite la distribution des forces dea ennemie et l'aversion générale contre Fueosaldagne que le roi d'Espagne sera forcé de rappela'.
Ali', i'ii-. Suède, i. iS, I 575. — Original signé, en partie chiffré; ibidem, i. 90, I
minute de la main de S Ihon.
\ M. D'AÏ \l GOl H.
Paru, 10 toptembr 1 1
Pour respondre à vos dernières depesekes et pour vous preparei surce que vous aurez à traiter à 1 advenir avec le r<>\ de Suéde, je vous dira^ premièrement que vous recevrez la subvention qui vous s esté promise, afin que vous puissiez vous rendre auprès de luy; que j'aj mandé en toute diligence le chevalier de Ter! on, afin qu'il aille portei le regale que le Roy lui laid '. S'il \ a eu quelque retardement en l'envoy, il a procédé de la longueur des ouvriers, qui ne rendent jamais ù temps ce qu'ils promettent et ce qu'on désire deux.
Pour ce qui est des offres d'argent que M. le comte Magnus1 vous
' Le présent que le roi de France faisait ' Magnus, comte de La Gardie, s'était
au roi de Suède, à l'occasion de son ma- toujours montré partisan de la France. (Voy.
riage. le tome 11 . p. 1 o3 1 . des Lviirvs à» Mazarin.)
SRpt. 1 655. a tesmolgné que le roy de Suéde se fust attendu que le Roy luy eust faictes pour ayder à l'armement qu'il alloit faire, je ne doute point que vous n'ayez desja représenté comme la chose n'estoit point faisable pour deux raisons essentielles : l'une, que ce n'est pas la coustume qu'un prince offre du secours à un autre prince qui arme sans sçavoir contre qui, de peur qu'il ne contribuas! , sans y penser, à la ruine de quelqu'un de ses amis, comme il seroit arrivé en l'affaire dont il est question, estant certain qu'encore que l'inclination et l'attachement que nous avons aux interests du roy de Suéde l'emportent sans comparaison sur celuy1 que nous avons pour ceux du roy de Pologne, cela ne faict point que nous deussions entrer en part, par une subvention d'argent, de la guerre qu'on feroit à celuy-cy, pour laquelle il n'y auroit, de nostre costé, aucun fondement de justice, et d'où l'on tireroit certaines conséquences contre nous, qui nous seroient desavantageuses.
L'autre raison est que, ne pouvant avec bienséance prendre autre party en cette rencontre que de médiateur, nous l'avons faict, et encore avec cette persuasion que l'accommodement que nous jugions estre nécessaire à la Pologne tourneroit, en la manière que nous l'avions projeté, au bien et à l'advantage de la Suéde, de sorte que ç'eust esté une espèce de contradiction, ou, pour le moins, nous aurions joué un estrange personnage, de fournir de l'argent pour faire la guerre à un prince et [de] nous porter en mesme temps pour médiateurs de la querelle.
Je vous escris cecy pour une bonne fois, afin que vous guérissiez l'esprit de ces messieurs du ressentiment qu'ils vous ont faict paroistre de ce que nous ne nous estions point advancez davantage en leur faveur en cette occurrence. Estant habiles et raisonnables comme ils sont, j'esiime qu'ils se rendront à ces considérations et n'en tireront point de conséquences contre les bonnes intentions que nous avons pour eux. Ils se peuvent souvenir avec quelle promptitude et générosité la bourse du Roy leur a esté ouverte quand ils ont esté en guerre avec la maison
1 Sur l'attachement que nous avons pour les intérêts du roi de Pologne.
d'Austriche. Ces sentimens no sont point refroidis, et les effects le Sjept. i655. confirmeront quand l'occasion le requerra.
Cela est cause que je vous exhorte de continuer tousjours de presser un accommodement entre les princes ennemis, el d'autant plus que les progrez du Moscovite1 doivent obliger plus fortement le roy de Suéde d'y entendre, à qui il me semble, autant que l'esloignement des lieux me permet de le jujjcr, que le voisinage de cette dernière puissance ne doit pas estre peu suspect, sinon pour le présent, au moins pour l'advenir2, comme auss\ le roy de Pologne ne doil point faire difficulté de reïaseher quelque chose en faveur des Suédois pour destourner la suite des maux qui luy pourraient arriver, tant «le leur costé que de celuy dos Moscovites, el d'autant plus qu'il v a apparence que, par la jonction des forces de la Suéde el à la faveur de leurs armes, il pourrait recouvrer ce que ces derniers luy ont pris el mesme quelque chose au delà, qui le réparerait1 «le ce qu'il auroil baillé aux autres.
Il reste que vous ayez à donner part au ro\ de Suéde (le la ligue que nous traitons avec M. l'électeur «le Brandebourg, et que nous n'avons pas voulu conclure sans sa participation, connue aussj nous n'aurons point mouvement ny pensée aux choses où il pourra estre intéressé sans les luy communiquer, et de cela nous l'en pouvez asseurer avec toute certitude. Deux considérations donc qui le regardent autant et
plus que nous, nous ont obligez à entendre a celle ligue : lune, d'autant que nous sommes bien advertis que cel Electeur est fort cabale* de la paît de l'Empereur et que, s'il ne s'adjuste avec nous, qu'il ' s'adjustera avec luy et qu'il y attirera tous ses amis et partisans, qui sont assez considérables. Ce serait le moyen de former une tres-puis-
1 Le czar de Russie ou , comme on dirai) peine connue, esl une oouvelle preuve de
alors, de Moscovie était Alexis Michailo- s;i sagacité wilz, de la maison de Romanow; il régna ' Le dédommagerait
de 1 6 /î 5 à 1676. ' Pressé par la cabale de l'empereur
1 Celte provision de Mazarin, à tme Ferdinand III. époque <>ù la puissance moscovite était à ' Le i/nc est répété dans le manuscrit.
Sept. i6.r>5. santé ligue dans l'Empire, et il y auroit à craindre que l'Empereur, qui travaille ù la former, n'en destournast les forces en faveur du rov de Pologne et à traverser1 les desseins que celuy de Suéde pourroit avoir en quelque lieu que ce fust.
La seconde considération est que, si l'Empereur avoit attiré à son païty Brandebourg et ses amis et adherens, il se rendroit, par ce moyen, inaistre du collège électoral et pourroit asseurer, en la personne de son fils2, l'élection future de roy des Romains, d'où il resulteroit des inconveniens, autant contre la couronne de Suéde que contre les autres princes, à qui l'ambition et la puissance de la maison d'Austriche doivent estre suspectes.
Ces considérations sont si fortes et si efficaces que je ne doute point que le roy de Suéde, estant habile et intelligent comme il est, non seulement ne l'approuvera pas3, mais nous conseillera mesme avec instance de la conclure et le plus promptement qu'il se pourra, principalement quand il sçaura que nous n'entendons point d'entrer en cette alliance à son préjudice en quelque manière que ce soit, directement ou indirectement, ouvertement ou par articles secrets, en quelque prétention que le susdict roy puisse avoir, soit mesme contre ledict Electeur, soit contre quelque autre, soit pour la Prusse4, soit pour la succession de la maison de Cleves, etc.; de quoy ledict Electeur tombe d'accord.
Que si le roy de Suéde vous demandoit pourquoy donc ledict Electeur auroit recherché cette alliance et quel en doit estre 1 usage et
' Le sens est : et ne s'en servit pour traverser, etc.
- Le fils aîné de Ferdinand III, nommé comme lui Ferdinand, fut, en effet, élu roi des Romains, titre qui désignait l'héritier présomptif de la couronne impériale; mais ce roi des Romains mourut avant son père , et ce fut le second fils de Ferdinand III, Léopold, qui succéda à son père comme empereur d'Allemagne.
3 Tel est bien le texte de la minute et de l'original signé. Il faudrait : n improuvera pas la ligue que nous avons projetée, et nous conseillera, pour empêcher celle de l'Empereur, d'en conclure une particulière avec l'électeur de Brandebourg.
' Il s'agit de la Prusse royale , qui appartenait, à cette époque, à la Pologne, mais était menacée par la Suède et par le Brandebourg.
l'advantage pour luv, vous pourrez respondre que cesl pour s'asseurer Sept. i65S de l'assistance de la France contre le duc de Neubourg1, qui serait sans doute protégé de l'Espagne s'il intervenoit rupture entre ces deux princes; que c'est encore pour se munir et precautionner contre l'insultes que l'Empereur luy pourrait faire avec le temps el dont les menaces en furent faictes aprez l'élection du dernier roy deg Romains. Il sçait encore que la maison d'Austriche souffre avec douleur, quoj qu'elle le dissimule, qu'un Electeur remue el fasse de* intrigues dans l'Empire; qu'il traite deB alliances au dehors, etc. Cesl poorquo) celuj de Brandebourg tasche de s'appuyer de tous costez pour pouvoir b'ooposer avec succez, et sans crainte de ressentiment, au dessein de la royauté des Romains', à laquelle L'Empereur taschera d'élever Bon lil-. puisque, à la longue, celte élection pourrait estre fatale audicl Electeur. Ajoutez à cela que, cette ligue [estant] conclue entre cel Electeur et la France, d'autres Electeurs prend ronl cœur pour \ entrer et pour empescher conjointement la susdicte élection.
Et, afin que le ro\ de Suéde eognoisse de quel pied el avec quelle sincérité la France marche «m ^on endroit, vous pourrez luy offrir, de la part du Roy, de faire une nouvelle el plus particulière alliance avec luy, soit immédiatement, après qu'il sera débarrassé de la guerre de Pologne (que'' Sadicte Majesté présume que ce sera bientosl ). Boil toul présentement, pour avoir son effecl des que cette guerre sera Unie, ou en telle autre manière qui sera jugée la plus convenable, dans laquelle alliance Sa M1, s'expliquera si ' précisément el si nettement de ses lionnes intentions [tour la couronne de Suéde, et des précautions qu'Elle a apportées de n'avoir rien laid entrer, en quelque sens qu'on l«' pus!
Le duc de Neubourg, de ta maison de II faudrait gramm ticalement : et pu
Bavière, dlaii eu lutte avec le Brandebourg Sa \fajesu\ présume rai Mm bùntott. pour le duché de Clèves. ( Vo y. sur leducde ' Furetière remorque, dans son Dictbm-
Neubourg le tome l\. p, 171. nota 1. dm m** (a l'article w), que ce mol «'emploi*
Lctircx de Matonn.) Ce duc lui, eu i658, quelquefois d'une manière absolue el donne
un des candidats à la couronne impériale. à l'adjectif la force du superlatif. <hi disait
C'est-à-dire . au dessein qu'avait l'Etnpe- il est si honnête . si savant . pour très honnit
reur de faire nommer son fis roi des Romain*. 1res savant.
Sept. i655. prendre, dans l'alliance de Brandebourg, qui pust en aucune manière prejudicier à la Suéde. Vous traiterez cette affaire avec toute la seureté et tout le secret possible, et il ne vous sera pas malaisé d'obliger le roy de Suéde de le garder, de peur que, si l'on en prenoit le vent, on ne la traversast, et pour diverses conséquences qui ne sont pas petites. Quant au soupçon que vous avez que les offices'de la reyne Christine ont contribué aux caresses que le roy de Suéde faict et aux confiances qu'il tesmoigne aux ministres de l'Empereur, je ne puis estre de vostre sentiment, et j'ay trop bonne opinion de l'intelligence du roy de Suéde pour croire qu'il suive d'autre règle de sa conduite que les intereste de sou Estât. Celle qu'il observe à l'endroit desdicts ministres, c'est pour destourner ou allentir1 (sic) la resolution que leur maistre pourroit prendre de secourir le roy de Pologne et de s'embarrasser dans sa querelle. Ce qui, à mon advis, ne l'empeschera point, s'il peut le faire, avec apparence d'y réussir. C'est pour quoy je souhaiterois, pour l'interest du roy de Suéde, que cette guerre prist fin pendant qu'il a la fortune propice et avant qu'elle ayt le temps d'y mesler quelque chose de sinistre; ce qui n'est pas impossible.
La lettre se termine par des protestations d'affection pour le comte Magnus de La Gardie et le prince Adolphe de Suède.
Arch. nat., R2 5 1. — Original signé et chiffré.
Paris, i5 septembre ] 655.
J'ay receu vostre depesche commune2 du 8me avec le duplicata et le triplicata. J'ay esté tres-ayse de voir avec quelle diligence on faict travailler à la fortiffication de Sainct-Gilhain (sic) et de Condé pour mettre ces deux places en bon estât avant que vous soyez obligez de vous
1 Retarder. — 2 C'est-à-dire, écrite par tes deux maréchaux de Turenne et de La Ferlé.
en esloigner, comme aussy le soin que l'on prend de mesnager les SePl- ,655fourrages, afin que l'armée puisse demeurer plus longtemps en ces quartiers-là. Je seray sans faute le vingtième à la Fcre, ou, à tout rompre1, le vingt-unième, qui est le temps que le grand convoy doit estre prest. Il pourra partir le jour suivant, et c'est à vous et à M. le mareschal de La Ferté à prendre vos mesures là-dessus. .1 auray avec moy, outre mes gardes, les gendarmes et les chevaux-legera du Roy, la compagnie des gendarmes d'Anjou2, qui doit « -^tie fort bonne cl qui pourra estre présentement aux environs de la Fere. De plus, il y a, à la frontière, des troupes que vous sçavez qui servironl pour l'escorte dudict convoy avec le corps que vous et M. le maresclial de La Ferté jugerez à propos de destacher en mesme temps de l'armée pour cet ellect, lequel je m'asseure que vous formerez suivant les nouvelles que vous aurez du destacliemcnt que pourraient avoir faict les ennemis pour s'opposer à ce convoy. Il portera tout ce qui peul estre nécessaire de bled, de farines, d'avoines et de munitions de guerre pour bien munir les places pendant l'hyver. pourveo que l'on a\t peu trouver une assez grande quantité de charrettes pour les voiturer, comme je l'espère par les ordres que Ton a donnez et par les soins et les précautions ([ne l'on a prises pour rcla\ qui sont au delà de tout ce qui s'est pratiqué jusqu'à présent; mais, en tout cas, il faudra pourvoir Coudé et Sainct-Gilliain preferablemenl au reste, afin que, si l'armée est contrainte de s'esloigner de ces postes-là, nous ayons l'esprit en repos qu'ils ne manqueront de rien. Car il nous sera plus aisé de mettre, aprez, dans Landrecy et le Ouesnoy tout ce qu'il faudra. Ce pendant je m'asseure que vous aurez desja receu , par de petits couvons, pour quinze jours ou trois semaines de vivres, que M. Jacquier estoit chargé d envoyer à l'armée, et dont les s15 de Bridieu et Seyron avoient escrit comme d'une chose infaillible. L'on a réglé le commandement des troupes qui sont restées à la frontière pour l'escorte des convoys entre
1 En mettani les choses au pire. lippe de Franco, frère de Louis XIV. Il ne
C'est-à-dire , de la garde du duc d'An- prit le titre de duc d'Orléans qu'après In jou. On désignait alors, sous ce titre, l'iii- mort de Gaston, frère de Louis MIL
MAZARIN. VII. 1 t
iiirtiuiftit m
Sept. 1655. lesdicts b™ de Bridieu el de Seyron, et M. Le Tellier leur [en] a envoyé l'ordre.
M. de Bridieu m'a promis de faire travailler à bien accommoder les chemins de Guyse à Landrecy. Je l'ay aussy recommandé au sr de La Guillotiere1. Je leur en fais encore une recharge à tous deux, et Jacquier m'a de plus respondu en son particulier qu'il le feroit exécuter, fournissant l'argent pour cela2.
Je mande aussy auxdicts srs de Bridieu et de La Guillotiere de prendre grand soin de faire arrester tous les déserteurs qui passeront à Landrecy et à Guyse, et on [en] a renouvelé l'ordre aux passagers des rivières et particulièrement de l'Oise; mais il seroit fort nécessaire d'en faire quelque exemple à l'armée. Pour les officiers, je crois qu'ils se donneront encore un peu de patience, puisque l'intention du Roy est que l'on achevé la campagne de bonne heure, et de praticquer tous les moyens possibles afin qu'ils soient bien traitez dans les quartiers d'hyver, particulièrement les subalternes.
J'attends l'arrivée du sr Trwel 3 pour sçavoir plus particulièrement vos sentimens sur ce qui regarde l'establissement des troupes dans les villages , prendre là-dessus une resolution et l'envoyer ensuite en diligence à M. de Fabert, pour la lu y communiquer et voir avec luy les moyens de l'exécuter, comme je vous l'ay mandé par le sr de Roquemont, qui vous aura rendu une assez longue lettre de moy, dont je ne vous envoie point à présent de duplicata, parce que je crois qu'il sera passé seurement, prenant l'occasion du convoy qui devoit partir de Guyse, et ayant mesme escrit à M. de Bridieu de luy donner escorte.
Apres avoir escrit ce que dessus, j'ay receu des nouvelles de la Bassée et d'Arras. Les premières marquent que les ennemis avoient assemblé un assez grand corps de cavalerie à Bouchain, et les autres qu'ils estoient desja arrivez à Gambray et qu'il pouvoit bien y avoir trois mille
1 Michel de La Guillotiere, nommé nia- 2 Qu'il fournirait l'argent nécessaire pour
réchal de camp en 16&9, mort en 166Â. ces chemins.
On voit, par la suite de cette lettre, que 3 Dans la lettre du 21 septembre i655,
La Guillotiere commandait dans Landrecies. ce nom est écrit Tenvel.
chevaux. Mais comme vous eu aurez sans doute esté plus particulière- Sept, ifi&fc ment informé, je ne m'en mets pas en peine et je persiste tousjours dans la resolution que je vous mande ci-dessus, m'asseurant que, de vostre costé, vous et M. le mareschal de La Ferté ferez tout ce qui sera nécessaire afin que nostre convoy puisse passer en Beureté; • ■! comme les diligences et précautions que l'on prendra pour cela pourront aussy servir pour la seureté de toutes les charrettes que vous autres, Messieurs1, aviez résolu de destacher de l'aimée pour envoyer à Guysc charger tout ce qu'il y avoit, je ne doute pas que vous ne le lassiez et que vous ne preniez grand soin qu'il \ en ait la plus grande quantité qu'il se pourra; car, en ce cas, j'esjM i ■•■rois que nous pourrions faire tout d'un coup le ravitaillement des places.
Je finiray en vous conjurant, et M. le mareschal de La Ferté auasy, de continuer vos soins pour mesnager les (barrages; car. assenrement, si les ennemis voyoicnU nostre année esloignéc devant le quinzième d'octohre, ils executeroient le dessein qu'ils ont d'attaquer Coudé, et, comme c'est un advis que j'ay de divers endroicts fort asseurez, il faut que vous le croyiez indubitable1.
Lvm.
Aff. étr., France, t. 271, f° 343 v°. — Copie du tempj. AU CARDINAL BIGII1.
l'anjji, 17 svttctntire iG55.
(■mur.)
Nessuna cosa mi poteva arrivarc più nuova, ne più sensihile, délie doglienze che hà fatte N. Src à V. Em'J, le quali consistono in tre oapi, secondo qucllo me hà scritto M. di Lionne : Cio è che si negavano le au-
Mnzarin s'adresse ici aux deux péné- joint a cotte lettre ne devait pas cire tamfé raux Turenne et La Ferte". à Turenne. anis à Talon, intendant de l'ar-
' Une note avertit qu'un dernier article mée.
Sept. i6,r)5. dienze al Nuntio1; che non se gli permettevà di seguitare la Corte, corne ail' ambasciadore di Venetia, e che essendomi stato parlato del brève chc S. Sla hà scritto al Re, pregandolo di assislere alla republica2, io havevà risposto bruscamente, ô più tosto incivilmente, che il Papa lo dovevà e potevà faremeglio che alcun altro prencipe, e che quanto alla scusa che S. Sta prendevà di non potere assistere la detta republica per la gelosia che le dà la guerra nello stato di Milano, io havevà detto che questo erà pretesto che i Spagnuoli le havevano messo in capo.
Queste imputation]' me toccano veramente nel vivo, perche quando la falsita e malignita di esse non fosse cosi évidente corne farô vedere, mi pare che N. Src mi faccià un gran torto à credermi cosi indiscreto ed incoiisiderato che voglià parlare con si poca riverenza del Pontefice, al quale è da tutti dovuta senza alcuna riserva, e per le cui virtu e merito singolare io hô per ogni tempo havut.a una stima e veneratione tutta particolare 3.
E vero che il Nuntio hà disobligato il Re in cose essentiali e se gl'è reso sospetto, e se io, che non hô havuto il maggior amico délia [bo : me : 4] del cardinale suo fratello, non hô potuto scusarlo, bisognà credere che i suoi mancamenti siano stati inescusabili. A questa consideratione essendosi aggiunta quella di essere egli, nel pontificato passato, ministro di un' Papa5 mal' affetto à questa corona, è anco vero che in quel tempo si ruppe ben spesso seco il commertio, e si gli negarono moite volte dà S. MUl le audienze. Ma doppo 1' eletlione di questo Pontefice6, egli le hà riprese, ed il Re egli le hà date cortesemente, e si è trattato seco corne con un' ministro di prencipe amato e riverito da
1 Nicolo ou Nicolas Bagni.
2 II s'agissait de secours pour la république de Venise attaquée par les Turcs.
3 On peut comparer ce que Mazarin disait du cardinal Ghigi dans l'instruction pour le conclave en date du mois d'octobre i65à, publiée dans le tome VI des Lettres de Mazarin. Il y représentait le cardinal Ghigi comme indigne d'être élu Pape.
4 Les mots écrits en abrégé et placés entre crochets sont probablement pour :
buona memoria. Le sens est : mot qui n'ai pas eu un meilleur ami que le cardinal, son frère, d'heureuse mémoire.
5 Innocent X (Pamphilio), dont il a été souvent question dans les tomes précédents des Lettres de Mazarin.
6 D'Alexandre VII (Fabio Ghigi).
DU CARDINAL MÀZÀRIN. 85
S. MUl, ed in cui si hà un' intiera confidenza, ne la M13 Sua hà mai ricu- Sept. if.55. sato di sentirlo quando egli n' lia fatla instanza.
Doppo che la Corte parti di Parigi, il Nuntio riccvettc un' brève, di cui N. Sre mi honoré, che egli mando alla Fera con sua lettera, délia quale invio à V. Em/a la copia, accio ella vedà che egli medesimo si scusavà di non venire alla Corte; anzi io gli scrissi che, per il negotio de! giubileo, venisse inogni modo, corne Km" \ . redrà dalla risposta che il feci.
Alcuni giorni doppo, N. Sr0 gli manda il brève mentiooato di Bopra à favore délia republica di Venetia, di cui egli ragguaglio M. di Servient1, il quale havendomine data parte, gli risposi che il Re sarebbe andato à Soissons, ove si sarebbe trattenuto per otto 6 dieci giorni ed io aneora me vi sarei trovato, e (juivi bavrebbe potuto con maggior commodita presentare il detto brève. Doppo questo non si è mai più Bentito altro, ed il Nuntio non si è veduto De à Soissons ne doppo il QOStro ritorno à Parigi.
\j ambasciadorcsdi Venetia non hà mai seguitato la Corte, m- lia liavuto mai pcnsiero di farlo, ed una sol' voila è venuto a krovare il !!'• per prendere liccnza da S. Mla e per presentarii il mm» raccessore; alloggiaroao due leghe lontano délia Fera, ed an giorno vennero e I altro partirono.
Il Nuntio non hà mai parlato di scguitare la Corte. e credo liahhià havula ogn'altra voglia che di farc questa gpesa e di provare cniesta incommodita, onde si vcde (juanlo siano lontani délia verita i Buppoati l'atti à N. Src circa le duc primi punti.
Da questi poi si puo argomentare quanto >ià inverisimile e lontano da ogni apparenza di verita 1' ultimo jiiinto, perche i<> mm lio \eduto il brève, ed il Nuntio non me ne hà parlato ne scritto, ne ait ri in nome suo, e l'ambasciadore di Venetia mollo meno. Perche e con chi havro tenuto io un' discorso cosi [ioco prudente senza nécessita aleuna ? E fuori del ministro del Papa, che hà ordine di presentare il detto brève
1 Abel Servicn, surintendant des finances. Lo nom est eVrit ici Senîrnt, forme (pie l'on trouve souvent, même dans les manuscrits français.
Sept. i655. e di sentire la riposta, chi puô essere testimonio légale à fare simili rapporli, se non fosse 1' ambasciadore di Venetia, che non me ne hà detta ne pur' una parola?
lo giuro, sopra il carattere che porto, di non haver mai saputo che il Papa si scusi con la guerra dello stato di Milano di non dare soccorso alla republica di Venetia, ne sô se cio sià vero ô falso; ma se è falso, falso sarà ancora il rapporto che hanno fatto à S. Sla, e quando fosse vero ed io ne havessi havuta notitia , confesso che havrei parlato con termini più proprii e più convenienti di quelli che mi s' imputano; che questi sono artifith di Spagnuoli di voler fare più temere al Papa i progresside Francesi; che, nella continuatione délia guerra, sono obligati à fare tutti i loro sforzi contro un' inimico , che fà il simile del suo canto, che quelli del Turco, che attaccà la Christianita, maggiormente quando ogni uno sa che la monarchia di Spagna ritiene i regni intieri alla sede apostolica1, e questa non hà havuta mai altra mira che di accrescerli e conservarli in suo dominio.
Se io havessi fortuna di essere meglio conosciuto da N. Sre, sô certo che havrebbe risposto à chi hà fabricate queste inventioni, che non riconosce in esse il mio stile, e che io non posso trovare strana l' interpositione di N. Sre per ottenere soccorso da i prencipi al bisogno délia republica , mentre qui si propose altre volte una tregua frà le corone per poterglielo dare, ed io medesimo contribui ail' hora cento mila scudi del mio proprio danaro2; il che dico à V. Enr™ per l'occasione che mi dà questo discorso, poiche nel resto è cosi lontano dal mio genio l' ostentatione che non ne hô mai parlato e forsi pochi lo sanno.
Après avoir pris Dieu à témoin qu'il désire sincèrement la paix de la chrétienté. Mazarin attribue aux Espagnols l'invention des calomnies qu'il a réfutées, et termine en priant Bichi de persuader au Pape que personne n'a plus de respect que lui pour Sa Sainteté.
1 Mazarin veut probablement parler du 2 Mazarin envoya, en effet, aux Véni-
royaume de Naples, sur lequel les Papes tiens cent mille écus. Il leur fournit plus avaient des prétentions de souveraineté. lard d'autres secours.
Sept. i655.
Aff. étr. , Pays-Bas, t. 38 (sans indication de page ni de folio). — Minute de la main de Houssereau.
À MM. DE TUREWE ET DE LA FERTÉ
La Fère, ai septembre 1 655.
J'arrivay hyer en cette ville, ainsy que je vous avois mandé; mais, à mon grand regret, je n'y ay pas trouvé toutes ies charrettes qu'on avoit ordonne" en diverses élections1 [qui y fussent amenées]9. I père pourtant que, dans toute la journée de demain8, elles seront, on dn moins la plus grande partie, icy ou à SM}uentin, et comme, par la lettre de M. de Turenne que le sr de Terwel* m'a rendue à Compiegne, j'ay veu la resolution que l'on avoit prix- ' de faire s'advaneer entre le Quesnoy et la rivière de Haisne la plus grande quantité' qu'il BS pourroit de chariots et de charrettes de l'armée, tant dei vivres et de l'artillerie que d'autres, avec une escorte qui Berviroil pour la sfureté desdictes charrettes aussy bien que de celles que l'on amoit assemblé* la frontière pour mener les unes et les autres chargées à Gondé e( i
S'-Guilliain , je vous dépose! n toute diligence le sr de MadaHhao
pour vous dire que comme la plus grande quantité de farines, de bleds et avoines est à Saint-Quentin, et que l'on juge ici que, pour un grand convoy comme celuy qui se prépare, le chemin de Landrec> esl
1 Les élections étaient , dans IVwAnw monarchie, des circonscriptions territoriales où l'adininistralion financière était confiée à des magistrats appelés élus.
2 Les mots entre crochets ont été biffés dans la minute, et cependant, comme ils paraissent nécessaires, je les ai conservés entre crochets.
3 C'cst-a-dire , demain au plus tant.
* Voy. ci-dessus, p. 8a, note 3.
' Il y ■ sur la sauve oo signe de renvoi à la phrase suivante : - \ I 'instant que noms auriez aouvelles que le convov estant assemblé icy seroit presl à marcher, etc. i Cette phrase devait être intercalée entre :que l'on avoit prise et faire s'advaneer.
6 Le sieur de Madaillan étail Philippe de
Lesparre, comte de Madaillan. mort en 1719. H n'est pas mentionné dans la Chronologie militaire.
Sepi. i655. tout gasté et plein de défilez et qu'il seroit fort bon d'aller de Saint- Quentin, par Casteau-Cambresis, à Saint-Guilhain et Condé, nous croyons absolument nécessaire qu'au lieu d'envoyer toutes les charrettes et l'escorte à Guyse, vous les envoyiez à Saint-Quentin.
Le reste de celte dépêche est rempli de détails sur les mesures à prendre pour le convoi destiné à l'armée.
Aff. étr. , France, t. 896, f° a53. — Copie du temps.
À LA REINE
La Fère, 22 septembre 1 655.
Je n'ay pas eu grand sujet de me resjouir à mon arrivée en celte ville, n'y ayant pas trouvé autres charrettes que celles de Beauvais et de Gompiegne, qui ne font pas le nombre de trois cent cinquante. J'ay depesché partout pour haster les autres, et quelque diligence que je fasse, je ne sçaurois pas respondre encore de ce qui en arrivera. J'advoue que ce retardement et le mauvais temps ne me tiennent pas de trop bonne humeur; mais il en faut sortir et surmonter toutes les difïicultez , puisqu'il s'agist de conserver des conquestes si importantes et que le Roy a faict en personne.
Les ennemis sont dans les mesmes postes et font de grandes levées d'infanterie dans toutes les villes, outre la milice qu'ils assemblent aussy. J'espère neantmoins que leur desseing ne réussira pas et que peut-estre, sans rien hazarder, ils remettront à une autre fois l'attaque de Condé et de Saint-Guillain.
Je pourrois bien m'advancer demain à Saint-Quentin, si je puis depescher aujourd'huy ce qu'il y a à faire icy; et comme le Confident sçait qu'il ne nous a pas esté possible de le recognoistre ' dans le peu de
1 Le sens est : de reconnohre ce qu'il y auroit à faire à Saint-Quentin.
temps que nous y avons demeuré, je pourrois Lien eitre tenté d'y Sept, taire un tour si l'armée se vienl camper là auprez, eomme c'est lintenlion de MM. les généraux.
Je nous supplie d'asseurer le Confident, de mes tres-humbles respects et que je luy liendray ponctuellemenl la parole que je luv av donnée. Il sçaura aussy qu'on laissera Rubentel ' pour command p, comme il a trouvé bon, et on choisira les compagnons les plus propres pour demeurer avec luy oei hv ver.
Je suis tres-humble serviteur de Monsieur, et pour les Ange» je me contente d'estre ce qu'ils ont crjeu à mou départ.
IAI.
Ail', étr., France, t. 896, l" 287. — Copie do temps.
V LA REINE