‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 20 sur 285 · I.j l ptembre 1 G · texte numérisé non relu

I.j l ptembre 1 G

Je me suis donné l'honneur de vous escrire deux fois* depuis mon départ. Par celle-cy, je 11 ;i\ pas de grandes nouvelles à vous donner. Mais sy le Confident et vous avez curiosité de sravoir les nouvelles de l'année et les résolutions que j'a\ prises âpre/ avoir receu la dernière lettre de MM. de Turenne et de La Ferlé-, vous les pourrez voir dans les copies des lettres que vous trouverez cy-joinles. Le plus grand secours des charrettes pour le convov. on l'atlendoit de la généralité d'Amiens, et cependanl il n'en es! pas arrivé encore une >eule: milice qui me faict plus de peine, c'est le mauvais temps qui nous faicl tous les maux du monde; car il empesebe le travail des fortifications,

' Denys-Louis Rubenlel de Montdetour lettres, dont j*ai donné le texte pin liant.

fut nommé maréchal de eamp en 1677, 3 On donnait te noae.de gènèn&ti* à des

lieutenant général en 1688, et mourut en ciroonscriptioas financières administrées par

1705, à soixanle-dix-huit ans. un bureau ou chambre des trésoriers géné-

Je n'ai trouve1 qu'une de Ces deux raux de France.

UAZAMN. VU. , j

im-cm.niE. vm

Sept. if>5r>. de faire des magazins de fourrages, et, pour peu qu'il continue, il rendra les chemins impraticables.

Avec tout cela et la nouvelle que je viens de recevoir de Saint- Quentin, confirmée par d'autres endroits, qu'il est arrivé entre le Castelet et Cambray un corps des ennemis de trois mille chevaux, je m'asseure que vous et le Confident me ferez la justice de croire que je ne me rebuteray pas. Je suis seulement en doute si je feray partir aujourd'huy le convoy d'icy, estant impossible de continuer la route de Guyse sans avoir une grande escorte de l'armée, sy les trois mille chevaux demeurent encore auprez de Cambray; mais je ne m'aperçois pas de mon indiscrétion, troublant vos plaisirs1 avec des entretiens assez ennuyeux. Je vous en demande pardon; car, pour le Confident, je sçay qu'il se plaist à de semblables discours dans les lieux où il faut que les armes agissent pour exécuter les projets que l'on faict.

Je vous envoyé aussy la copie d'une lettre que je viens de recevoir de M. le prince de Gonty, lequel, je m'asseure, trouvera plus de difficultez qu'il ne croyoit à son entreprise2; car il n'y a pas de galères dans nostre armée navale, qui seroient fort nécessaires pour la faire réussir; mais avec cela je voudrois bien concevoir les mesmes espérances de Pavie3 que j'ay de Palamos.

Le Confident verra ce que j'ay escrit à M. de Turenue touchant les deux compagnies aux gardes françoises et la demye suisse, sçachant que, dans la conjoncture présente, les moindres corps sont nécessaires à l'armée; mais s'il veut que je les fasse marcher, à l'instant que j'en recevray l'ordre, il sera exécuté. Je supplie les Vaisseaux* et les Anges5 de se souvenir quelquefois de la Mer6, puisqu'elle, quoiqu'esloignée, les entretient à tout moment. Je suis tres-humble serviteur de Monsieur.

1 La Cour était alors occupée des fêtes 3 Le duc de Modène et te prince Thomas données au duc de Mantoue. On en trouve ta assiéraient alors Pavie avec une armée relation dans tes gazettes du temps. composée en partie de troupes françaises.

2 Le prince de Gonti avait entrepris le i Le Roi. siège de Palamos, ville forte de Catalogne 5 La Reine, avec un port sur la Méditerranée. ô Mazarin.

DU CARDIMAL MAZARIN. '.H

- ^______==____ Sept. i655.

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