‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 21 sur 285 · L\II · texte numérisé non relu

L\II

\(1'. étr., Angleterre, t. 66, f ait. — Minute, en partie autographe.

\ H. DE B0RDEA1 \.

La Père . i 'i leplemli

J'ay receu advis que les Espagnols1 Be sont saisis, par tous les ports et villes de leur domaine des effects des laglois9, et que la flotte qu'ils ont laict sortir de Cadiz pour aller à la i -encontre de celle qui rient des Indes a receu ordre de chercher et de combattre celle de Blake, qu'ils ne croient pas si forte que la leur: qu'ils prétendent satisfaire à leur vanité, déclarant la guerre à .M. le Protecteur, voyant qu'auss> bien elle se laict desja entre eux par les actes d'hostilité qui s'exercent de part et d'autre, et croyant , suivant les espérances qu'en a doux à Madrid, Cardenas, ambassadeur pour le n»\ d'Espagne à Londres, qu'avec celte déclaration qui troublera le commerce el avec la saisie de tous les effects des Anglois, il se pourra esmouvoir quelque soulèvement en Angleterre qui donne bien des affaires à M. le Protecteur, contre lequel ledict Cardenas irrite tant qu'il peut le ro\, son maistre, et don Louis de Haro, estant certain que le conseil de ladicte déclaration el de la saisie est venu dudict Cardenas. Il ne fout donc pas doutei que, pour seconder ce qui se laict en Espagne, il ne mette toutes pièces en œuvre, en Angleterre, pour faire arriver la révolution que luy et son maistre souhaitent, si M. le Protecteur, par sa prudence, n'y donne ordre présentement.

Vous vous servirez de ces ad vis, qui sont, très-véritables, en la manière que vous jugerez à propos pour le service du Roy, et vous aurez beau champ de l'aire cogooistre de plus eu plus à M. le Protecteur la

Autographe depuis que les Etpggmk sailles pour se veiijrer rie l'attaque diriger jnsqu u receu ordre de. contre. Saint- Doiningue et de l'occupation

Les Espagnols exerçaient ces repre- de la Jamaïque par lea Anglais.

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Sept. iC55. sincérité des bonnes intentions du Roy et la part qu'il prend à tout ce (jui peut regarder sa personne et ses inlerests.

J'ay esté surpris de voir une lettre que le sr Auger escrità Bertemet1, par laquelle il luy marque qu'il y avoit quantité de vaisseaux anglois retenus dans les ports de France, nonobstant les ordres que le Roy avoit envoyez pour les relascher. Je ne responds pas que cela ne puisse estre par l'espérance que quelques ofliciers de la marine pourroient avoir d'y trouver leur compte, et que, pour les favoriser, M. de Vendosme n'ayt pu faire la response que ledict sr Auger marque; mais je responds bien qu'il n'y a rien de plus esloigné que cela des intentions du Roy, Sa M1' estant résolue de traiter jusques au bout cette affaire avec une générosité convenable à sa grandeur, et que, si le moindre des marchands intéressez eust eu recours à moy ou à M. le comte de Brienne, il eust remporté à l'instant des ordres si précis pour sa satisfaction, que les elïects auroient bientost faict cognoistre qu'on ne s'amuse pas icy à de semblables bagatelles. J'ay mandé pourtant à M. de Brienne de se bien informer de ce qui en est, et de renouveler, en cas de besoin, les ordres du Roy avec telle force qu'on ne tarde pas un seul moment à les exécuter.

Vous pourrez parler en cette conformité, au lieu où vous estes, avec asseuranec qu'on ne vous fera aucun reproche de ce que vous advancerez là-dessus, quoyque je ne laisseray pas de vous dire, en passant, que la manière avec laquelle on s'est conduit icy en semblables matières pouvoit bien mériter la restitution de mes deux vaisseaux2.

J'avois oublié de vous dire que, comme les Espagnols sçavent bien qu'ils ne sont pas en estât de faire aucun mal aux Anglois, ny par mer ny par terre, et qu'au contraire ils doivent en appréhender de tous costez de la part des Anglois, tout leur but va à remuer ciel et terre

1 M. de Bertemet ou Berthemet est qua- ' Alazarin s'était plaint dans plusieurs

lilié, sur l'adresse de plusieurs lettres con- dépêches de la capture de deux vaisseaux

servées dans les papiers de Mazarin, Con- équipés à ses frais et qui faisaient pour lui

scillcr du Roy eu ses conseils el maistre des un commerce lucratif; il en avait vainement

comptes. demandé la restitution.

j)our esmouvoir les esprits en Angleterre, espérant de pouvoir si bien Sept. i65£ employer leurs ruses et leurs artifices (en quoy ils sont fort habiles | , que M. le Protecteur aura peine de s'en deffendre, et que peut-estre, en ap])rehendant la suite, il se résoudra à faire les choses <|ti ils exigepont de lu y.

IAIII.

Aff. étr., France, i. 896, f" 360. — Copie 'In temps.

\ \a reine.

La I ptembre 1 1

Voila mon quatrième billet que je Eus pour Bsseurerââ1 et le Confident de mes tres-humbles respects, el pour leordire que je pars lout-à-1'heure pour m'en aller à Guyse, resoiu de taire passer le convoy, nonobstant que les nouvelles «l<- ce matin portent qu'il \ ;i huit cens chevaux des ennemis dans les fossez de Cambray, deux cens au Gastelet et quatre cens à Valenciennes, car les haridelles des paysans deperissenl el ne seroienl pas. aprez, en estât de marcher. .ramené2 avec moy le regimenl italien qui est de Bix cens bons hommes, et ce corps, avec quatre cens mousquetaires que je prendra^ a Guyse et [à] S'-Ouenlin, fera tenir bride en main aux ennemis de Cambray et des deux autres places. Le temps s'est raccommodé; je prie Dieu qu'il dure et qu'il me donne moyen de payer en partie les grandes obligations que je \mis a\ el au Confident.

La Heine. — * La copie porte bien j'amène et non j'emmène, qui serai) pn (arable.

Sept. 11)55.

Afï*. étr. , France, t. 896, f° 266. — Copie du temps.

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