‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 22 sur 285 · À L'ÉVÊQUE DE COUTANCES · texte numérisé non relu

À L'ÉVÊQUE DE COUTANCES

• mise, 27 septembre i655.

J'ay esté surpris au dernier point de l'extravagance de l'archevesque de Rouen2 et de l'evesque d'Evreux3, et quoy que leur légèreté fust assez cogneue, je ne les eusse jamais creu capables de se porter à une telle extrémité. M. d'Avranches4 vous rapportera tous les entretiens que nous avons eus ensemble et la passion que j'ay pour tout ce qui vous regarde.

J'adjousteray seulement que la protection du Roy ne vous manquera pas, puisque Sa M16 y est obligée pour le bien de son service,

1 Claude Auvry, évêque de Coutances, était un des partisans dévoués et des confidents de Mazarin. (Voy. sur cet évêque le 1. VI , p. 48 , note h , des Lettres de Mazarin. )

2 François II de Harlay-Chanvalon fut archevêque de Rouen de i65i à 1671; transféré a l'archevêché de Paris en 1671, il mourut en 1G95, à soixante-dix ans. Ce prélat , sur lequel on peut consulter les Mémoires de Saint-Simon, n'avait que quarante ans au moment où il fit la scène dont parle Mazarin. Comme primat de Normandie , il avait convoqué dans son château de Gaillon les évêques de cette province. L'évêque de Coutances s'y présenta comme un de ses suffragants; mais l'archevêque lui fit signifier une sentence qu'il avait rendue le 18 septemhre i655, par laquelle il prononçait contre lui la peine de la suspense (ou suspension des fonctions ecclésiastiques) et lui interdisait de prendre part aux as-

semblées du clergé. Le motif allégué était que l'évêque de Coutances avait exercé les fonctions épiscopales dans Paris sans la permission de l'archevêque , qui était alors le cardinal de Retz. La conduite de François de Harlay était doublement blessante pour Mazarin ; elle attaquait un de ses confidents et reconnaissait l'autorité du cardinal de Retz, dont Mazarin sollicitait la révocation. La copie de la sentence prononcée par l'archevêque de Rouen contre l'évêque de Coutances se trouve à la Bibliothèque de l'Institut, ms. fonds Godefroy, t. II, fol. 17.

3 Gilles Boutaut, qui fut évêque d'Evreux de i65o à 1661.

1 L'évêque d'Avranches était Gabriel Boislèvc, qui occupa ce siège du 28 avril i652 au 3 décembre 1667. Tout le monde sait que l'évêché d'Avranches est réuni maintenant à celui de Coutances.

et Elle sçait bien que les attaques que vous recevez sont des effects <lu Sept 16K zèle que vous avez du bien de ses affaires et de sa satisfaction. Il faut se conduire avec grande modération, et je m'asseure que tout se passera à souhait. Je vous prie de croire que je vous serviray de la bonne manière et qu'il ne vous manquera jamais l'amitié du [cardinal \Iazarinl.

LW.

Bibl. nal., rus. f. fr. , I. 9.3,909, I" 17Ô. — Autographe signé

\ L'ABBÉ 101 ot ET

Guise, "7 j ' '">

Vous ferrez que j'escrisà \l. le Procureur gênerai i<>m oe qui l;nri au Parlement mit l'extravagante «le l'archevesque de Rouen, .1 laquelle je ne sçais pas quel remède apporter, puisque je ne nui* pas qu'il y ayt exemple d un semblable emportement. Si M. de Goustanee luv eust voulu donner sa rois pour estre député à rassemblée générale | «lu clergé], il cnsi esté le plus honneste bomme du monde, el . ne l'ayant pas voulu faire, il est excommunié. Il faudra bien examiner le partv qu'il y aura à prendre, et je m'asseure que les personnes que je nomme à M. vostre frère ne manqueront pts à prendre le meilleur.

(le serait un grand coup s'il pouvoil réussir de prendre quelques uns des afficheurs des placards, et je suie persuadé que ee que vous ne ferez pas, lorsqu'il s'agira i\u service du Ho\ et de ma satisfaction particulière, sera impossible.

' Gc billot autographe est plier dans le était à Guise, el I.' lettre qu'il <;crii de cette

manuscrit à la suite de» lettres de novembre, ville a l'abbé Fouquetse rapportée l'affaire

mais c'est par erreur. La date doil être le dont il a été question dans la lettre p

97 septembre i655. A cette époque, Masario dente, datée du même jour.

Sept. i655.

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