I.WI
An", étr. . France, l. 896, f° 261. — Copie du temps.
À LA REINE
Guise, 27 septembre i655.
Je crains que la fréquence de mes lettres ne vous importune, et d'ailleurs les nouvelles marques que j'ay receues de vostre bonté et de celle du Confident ne [me] permettent pas de douter que mon absence [ne] diminue en rien l'honneur de vostre souvenir, quand mesme je ne vous escrirois pas. J'avois songé de m'en abstenir; mais je vous demande très- humblement pardon s'il m'est impossible de l'exécuter, n'ayant plus grand plaisir au monde que celuy de vous confesser souvent la grandeur de mes obligations et la passion que j'auray, toute ma vie, de vous en tesmoigner ma reconnoissance, employant tout le peu de talent que Dieu m'a donné à vous bien servir.
Je n'ay receu aucune de vos nouvelles, et voila la cinquième lettre que je vous escris. Le Confident m'a envoyé des recommandations par le moven de M. le mareschal du Plessis; mais je croy que vous en auriez faict de mesme si l'occasion se fust présentée.
Vous aurez bien jugé que mon estonnement ne seroit pas trop grand pour la nouvelle de la levée du siège de Pavie \ puisque vous et le Confident sçavez qu'il ne m'a pas esté possible de concevoir la
1 Le siège de Pavie avait été levé dans amertume de cet événement: n Voilà qu'on
la nuit du 1 3 au 1 h septembre 1 655 (Mém. nous apprend que le siège de Pavie est
de Monglat, p. 3 1 1 , édit. Michaud et Pou- levé. Voilà des prouesses du prince Thomas:
joulat). L'armée assiégeante était sous los cet homme est bon à faire tuer de pauvres
ordres du duc de Modène et du prince huguenots innocens*; mais il ne sauroit
Thomas do Savoie. Dans une lettre du faire une bonne exécution sur le roi d'Es-
28 septembre i655, Guy Patin parle avec pagne, son cousin, etc.»
' On accusait le prince Thomas d'avoir fait égorger les Vaiidois des vallées de ta Savoie.
DU CAHDINAL MAZÀRIN. 97
moindre espérance du bon succez de cette entreprise, dez que vous Sept. 1655. pristes la peine de me mander qu'on s'y estoit attaché. Tous les ordres sont desja donnez pour bien soustenir les affaires en Italie, afin que les alliez du Roy ne soient pas exposez ;i recevoir aucun préjudice et, pour le surplus, il faut se contenter des advantages qu'il plaist à Dieu de donner au Roy, qui sont fort considérables, sans nous affliger s'il n'a pas permis (pie les armes de France nissent aussv victorieuses en Italie comme elles sont partout ailleurs, et d'autant plus que. si nous n'avons pas Pavie, nous avons esté assez heureux pour regagner le duc de Mantoue1 et Gazai, qui n'est pas un petit progrès dan- la conjoncture présente.
Je fis partir hyer matin un convoy de douze cens charrettes ^>u< la conduite de M. de Navailles, que j'accompagna\ a deux heures d'icy;
et | j'ay | desja nouvelles qu'il estoil arrivé à Landrecv sans aucune
mauvaise rencontre. MM. de Turenne el de La Ferté arriveronl ce soir aux environs du Quesnoy, el ils envoyèrent i<-\ el à Saint-Quentin la plus grande quantité de charrettes qui 3 («te ) leur sera possible, [afin que, avec] ce que j'assemble de nouveau, on Basse un second convov capable «le porter à Gondé el à S'-Guillain tout ce qu'il (sic) est jugé nécessaire de munitions de guerre et <le bouche pour leur conservation jusques à la prochaine campagne.
Si le beau temps que nous avons a présent dure, comme je le crois, nous sortirons bientosl d'affaires, el je pourra] vous rendre mes obéissances et au Confident de plus pre/. Je supplie l'un et l'autre de compter sur moy, connue sur la créature qui leur est j le plus] oblij et qui ne leur manquera jamais. Je suis tres-humble serviteur de Monsieur.
Vous aurez est»'; bien surprise de l'extravagance de M. de Rouen3 aprez les protestations qu'il vous lit dernièrement.
1 Pendant son séjour en France, le duo le Roi devait payer la garnison de Casai
de Mantoue conclut avec Louis XIV un et devenait ainsi maître de celte place.
traite1 par lequel ce due s'obligeait à donner 5 La copie porte bien avt au lieu as qu'il.
passage aux armées françaises. De son côte, 3 Voy. ci-dessus, p. 0/1, ta lettre <lo
MAZAIUN. VII. l3
IUK.il IHIOVlLl.
Sept. i655.