LXV1I
tff. étr. , France, t. 89G, f" 270. — Copie du temps.
À LA REINE
(iuise, 28 septembre 1 655.
Je n'ay rien à adjouster à ce que j'eus l'honneur de vous escrire hyer, sy ce n'est que j'ay nouvelles de l'arrivée du convoy à l'armée, qui est campée à deux lieues du Quesnoy, entre Quievrain et Bavay, aprez avoir esté neuf jours bien advancée dans le pays ennemv, c'està-dire dans l'abondance; car, sans parler de quantité de bleds et de fourrages quia tout-à-iaict mis en bon estât la cavalerie, il y a peu de soldats, à ce que le comte de Moret1 me mande, qui n'ayent profité des vaches et des moutons, et le mesme comte me mande que l'armée est aussy belle que lorsque le Roy y estoit.
Mon esloignement commence à m'estre plus sensible, ne recevant aucune de vos nouvelles ny du Confident. J'apprends pourtant d'ailleurs que la santé de l'un et de l'autre est parfaicte, et c'est tout ce que je souhaite plus au monde, me flattant tousjours dans la croyance qu il est impossible que je n'aye quelque petite part dans l'honneur de vostre souvenir, puisque je n'auray jamais autre passion que celle de servir 22 2 et le Confident avec le dernier zèle et fidélité. Je vous supplie de [le] leur dire à tous .deux, de ma part, et d'empescher, autant que vous pourrez, afin que M. de Luxembourg 3 n'usurpe la part que j'ay dans les bonnes grâces [du Roi et de la Reine], et en
27 septembre i 655, adressée à l'ëvêque de Lp nom de M. Luxembourg ne peut
Coutances. designer ici Henri de Monlmorency-Boute-
1 Antoine du Bec-Crépin, comte de ville, qui ne porta ce litre qui1 beaucoup plus Moret, maréchal de camp en i652, heule- tard. Je pense que c'est un nom de convennanl général en iC55, tué en 1 658 au lion destiné à dérouler ceux qui auraient siège de Gravelines. intercepte1 la lettre adressée par Mazarin à
2 La Reine. la Reine.
eschange de cette faveur, je diray, le premier jour, aux Anges1 Octobre 1 055l'affaire2
IAVIII.
Ml étr., France, t. 896, f" 279. — Copie du temps
À L\ REINE
iiuiy. 1" octobre 1 655.
Je suis bien heureux d'avoir receu plus {psi le remède que le mai; car la lettre du Confident qui portoit que, n'ayant pas eu le temps de vous escrire, je ne lraurois pas pour lire une lettre, ne m'a 1 rendue qu'aprez celle que vous avez pris la peine de m'escrire pour me eombler de grâces, sans me pouvoir imaginer la raison des excuses. Enfin je suis bien satisfaict de cet aceident; car je vous advoue (jue la lettre du Confident nfauroil mis en grande peine, quoyque j'eusse sceu, en ma conscience, de ne vous avoir pas donné sujet de vous plaindre de uioy.
Je voudrois vous dire mille choses des senlimens de. la Mtr1 à I esgard de 22 \ <[ui5 vous devoit aller voir; mais je juge plus ;\ propos de le faire de vive voix, et je vous puis respondre. dez à présent, que vous aurez satisfaction, comme aussy je gagnera) des momens pour me rendre au lieu où vous esles.
Mondevergues0, qui vous rendra celle-cv, vous dira tout ce qui Be passe en ces quartiers, Testai de nostre année et des fortifications de
1 A la Reine. ' La Reine.
1 La lettre est brusquement interrompue r' Qui parait s.' rapporter à la )ln- el non
après le mot l'affuirc. Je présume qu'il à 22, puisque Mazarin dit, dans la suite de
s'agissait de l'affaire de l'archevêque de la phrase, qu'il le fera it noe voix.
Rouen, dont il a <;i<! question ci «dessus, " François de Lopis de Mondevergues ou
p. 94-95. Montdevergues avait été nommé maréchal
Mazarin. de camp en 1669.
Octobre 1 655. Coudé . de S'-Guillain et du Quesnoy, et il fera mesme voir au Confident le plan de celle1 de Condé, qui est fort belle et bien advancée.
Le comte de Moret partit hyer avec le second convoy composé de cinq cens charrettes, et demain partira M. de Lislebonne2 avec un autre aussy fort; mais, avec tout cela, il en faut bien envoyer d'autres pour donner le moyen de conserver lesdicts postes pour tout le mois
tic may
Je n'ay pas eu de peine à deviner la dame * qui ne tomboit pas d'accord de Cazal. 11 faut pourtant que vous preniez la peine de la caresser, et que vous disiez au Confident de prendre occasion de l'asseurerdeson affection pour M. son mary, et de la prier deluy mander, de sa part, qu'il désire qu'il fasse tous les efforts imaginables pour prendre des quartiers dans le Milanois, puisque les renforts d'infanterie qui passent en Pied mont lu y donneront quelque facilité à cela, et vous pourriez encore luy dire quelque chose là-dessus et donner ordre à M. de Brienne d'escrire à l'ambassadeur, qui est à Turin, en cette conformité. L'abbé Ondedei vous dira ce que je crois qu'il faudroit faire à l'esgard de M. le duc de Modene, duquel on parle universellement comme d'un César et avec beaucoup de raison, estant aussy brave et honneste homme qu'on le peut estre, sans qu'il en fasse grande ostentation.
J'escris un petit mot au Confident, dont la mauvaise humeur5 me donne de l'inquiétude, et je vous conjure de travailler avec soin pour l'en délivrer et pour lui faire cognoistre que, vous et luy, ne sçauriez jamais avoir un serviteur plus fidèle que, etc.
' 11 y a bien celle au singulier se rapportant au mol fortification sous-entendu.
2 François-Marie de Lorraine, comte de Lislebonne ou Lillebonne, né en 1O99, maréchal de camp en 1669, lieutenant général en 1 65 1 , mort le 11 janvier 169/1.
3 Tel est le texle de la copie. Le sens est : jusqu'à la fin du mois de mai, c'est-à-dire jusqu'à la campagne prochaine.
' Je crois que Mazarin veut parier de Marie de Bourbon-Soissons , princesse de Savoie-Carignan, dont le mari, Thomas de Suvoie-Carignan. avait échoué au siège de Pavie.
6 Cette mauvais!1 humour venait sans doute du désir qu'avait le Roi de se rendre h l'armée, dont sa mère et le Cardinal le tenaient alors éloigné.
... . Odobre 1 655.
IAI\.
Aff. (;lr. , Pays-Bas, t. 37 (sans indication de page ni de foiio). — Copie «lu temps.