‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 26 sur 285 · I.WIII · texte numérisé non relu

I.WIII

AIT. eu. . France, t. 896, f" sxjs. — Copie do temps.

m roi.

(.tui.vi.iin '. G octobre ii)55.

Tout le monde tombe d'accord qu'il n y a rien de si delicieui que Fontainebleau; mais je sc.i\ bien, pour HJoy, qu'il J a un C.on/ideni qui le ehangeroit avec grande joye pour celuy-cy ', quoyàue bien durèrent de ce que vous l'avez veu, les maisons estant presque toutes abattues, le cliasteau renversé et tout en grand abandonnenienl et désordre .l'aura y l'bonneurde vous en entretenir dans fort peu de jours. »ins\ que \011s verrei par la lettre que j'escris à nostre Gonfià$nl*. Je vous rends cependant Ires-buinbles graoes de celle qu'il \ otis a pieu de m'esrrire, VOUS asseuranl que je ne seray | pas | lascbé contre la per-

' Aujourd'hui , ville de Belgique dans ici de la Heine . à laqaeie Skril béb la province do Hainaut. la lettre du 6 octobre t656, dm laquelle

Pour le séjour de QuiévraiO. Maznriu annonçait son prochain retour.

' Il Faudrait roiifidentr, puisqu'il s'agit (\<»y. la lettre précédente. 1

Ocioiwp i6.r).) sonne, et d'autant plus que vous[-mesnic] advouez qu'elle n'avoit pas tort1.

On se souvient bien de vous en ce pays icy 2, et l'on taschera de préparer les choses en sorte que vous puissiez [y] venir la campagne prochaine et y agir avec la gloire et la satisfaction que vous souhaite le plus lidele, passionné et partial de tous vos serviteurs et créatures.

Aiï. élr. , France, l. 896, f° 29/i. — Copie du temps.

À LA REINE

Quievrain, 6 octobre 1 655.

Quoyque vous ayez quitté la Fere, les cavaliers de Guyse n'onl pas résolu de vous quitter, puisqu'ils souhaitent fort de vous aller chercher au lieu où vous estes. Hyer, j'en depeschay trois, et je m'asseure qu'un d'eux sera passé à Fontainebleau. J'adresse ce billet par trois autres au gouverneur de Guyse, avec ordre de vous l'envoyer par homme exprez en cas que l'ordinaire ne se trouve pas prest à partir.

Je suis de retour de Gondé, dont les fortifications sont en bon estât, et si les ennemis laissent achever trois dem y-lunes (ce qui peut estre faict dans la fin de ce mois), j'ose advancer qu'ils ne seront pas bien conseillez d'attaquer cette place dans le mois de novembre, quand mesme leur armée seroit renforcée de trente mille soldats de milice; et comme j'ay desja adjusté que la nostre ne s'esloignera [point], pour tout ce mois et quelques jours du prochain, de la dicte place et de Saint-Guillain, plus de cinq ou six lieues, je ne crois pas que les en-

1 Dans ce! te partie de la lettre, il semble n'a pas eu tort d'empêcher le jeune

(|ue Mazarin, après avoir dit que le Roi Louis XIV de se rendre a L'armée, et que

aurait voulu se rendre à Quievrain et en ce prince lui-même l'a reconnu, aurait préféré le séjour à celui de Fontai- 2 On a vu ci-dessus, p. 70, que Louis XIV

nebleau, finit en déclarant que la Reine avait pa=Bé par Quievrain.

Demis puissent rien entreprendre durant ce temps, car ils n'uuroient Octobre ii pas pu prendre les postes [avanl ] que l'armée du Hoy ne fust en présence; et vous pourrez dire au Confident qu'elle n'est pas si deperie que, sans compter ce qui [est] dans les postes advancez, au Quesnoy, et la cavalerie destinée pour les convoya, elle ne soit composée de vingt mille combattans sans y comprendre les officiers, el le tout en bon estât; et, sans vanité, je puis «lire; que je n"\ ;i\ rien gasté en venant icy, puisqu'il n'y a personne qui demande à se retirer, e1 auparavant il y en avoit quelqu'un qui y songeoil '. I a\ trouvé un moyen, moy tout seul, pour faire tenir la eampagneà la cavalerie quinze jours davantage, cl c'esl en luy fournissant la farine et l'avoine abondamment pour ce temps-là, et, avec cette visée, j'en avois desja laid Caire la provision.

Je m'en iray demain a Saiiil-tîuillain pour résoudre toul ce qm

regardera la conservation de ce poste, ainsj que j'aj laid | r celuj

de Coudé. Le joui' aprez, j'achevera] toul le reste a I armée el je partira^ ensuite, ainsy que je voua a\ escrit, el je voua envoyé un mémoire des compagnies des gardes françoiaea qui feront leur quartier Tliyver à Condé, alin que [youb] preniez la peine de le donnerai Confident, le supplianl de tesmoigner qu'il eu a donné les ordres exprez

a M. Le Tellier. Il laul au>s\ qu'il die qu'il veul que leadictes c pa-

gnies soieui en bon estât et que, (tour cri affect, mi leur advancera de l'argenl pour faire chacune une recrue de cinquante soldats, et, avec cela, je demeure le [dus fidèle et obligé serviteur que vous d ledict Confident ayez,.

' Tel est le texte du manuscrit. Le srns rsi : il ij en uvtiii q uelque»-umi qui tongeaiaU retirer.

Octobre i655. .

AfT. été., Frv.nce, t. 896, f° 296. — Copie du tf-mps.

4 LA REINE

Quievrain, 8 octobre i6;>f>.

(evtbait. )

Les deux valets de pied, que vous avez pris la peine de me faire depescher, sont arrivez au mesme temps, et ils m'ont rendu vos lettres qui m'ont surpris au dernier point, car je croyois que le Confident jamais [ne] se fust porté mieux. Je suis dans la plus grande inquiétude du monde, vous considérant aussy bien malade que luy1, sçachant bien à quel point vous l'aymez et la peine dans laquelle vous devez estre. Enfin je souffre pour son mal et pour le vostre, et je voudrois de tout mon cœur les pouvoir soulager avec ma vie. J'ay pourtant grand sujet d'espérer que ce ne sera rien, puisque M. Valot2 me le mande positivement, et M. de Villeroy3 m'asseure que, lorsqu'il m'escrivoit, le Confident n'avoit point de fièvre. Je souhaite cependant de ne voir arriver aucun valet de pied, car ce sera une marque de la guerison; et, ne me cognoissant pas capable de résister à ce que vous avez pris la peine de m'escrire à l'occasion du mal du Confident, je fusse party à l'instant, s'il m'eust esté possible de le faire tout seul; mais, l'escorte estant absolument nécessaire, je la fais préparer, et, si je ne puis estre demain à Guyse, j'y seray sans faute dimanche pour continuer, aprez, mon voyage le plus diligemment qu'il me sera possible, estant au desespoir de ne pouvoir prendre la poste pour me rendre auprez de vous et du Confident en un jour.

1 Le Roi fut atteint d'une rrfïèvre con- 3 Le maréchal de Villeroy avait été, comme linue » , écrit Guy Patin ( Lettre du 1 9 octobre on Ta vu dans les tomes précédents , gouver- 1 655 adressée à Charles Spon). neur de Louis XIV pendant sa minorité, et.

2 Antoine Valot était, comme on l'a dit, depuis la majorité du Roi, il était resté attaché premier médecin du Roi. 11 mourut en 167 1 , à la Cour, comme un des conseillers les plus à l'âge de soixante-quinze ans. intimes du Roi et de la Reine.

Je ne sçaurois assez vous exprimer mou inquiétude; mais vous et Octobre i6jô le Confident pouvez assez l'imaginer, sçacliant la pari que je prends à tout ce qui vous touche et l'obligation que j'ay de le faire. Je suis dans la confusion pour toutes les boutez que le Confident et 22 ' ont pour moy, et je n'oublieray rien au monde pour en mériter la continuation.

Cette lettre estant pour tous deux , je n 'a\ pas jugé à propos descrire en particulier au Confident, puisque ne lu\ pouvanl répliquer < j u «* les mesnies choses, ce seroil l'importuner. Je ne songe qu'à le revoir el 22 avec luy. Je ne dis rien de *, car \ous Bçavez ce qui en peul estre, cognoissant assez bien *2.

LWVI.

AU'. étr., France, t. 896, f S08. Copie du tempi

AU PROCUREUR GÉNÉRAL

1 luise, 10 oclobre 1 1 I IXTI1IT.)

J'ay un desplaisir tres-sensible de l'accident qui «'si arrivé à If. voatre

Irere3; je ne luy escris point pour le lu\ teamoigner, de peur que son mal ne luy permette |>;is de lire nia lettre ^111^ l'incommoder. Je VOUS prie seulement de ln\ dire, de ma part, que je le conjure de se inesnager et que I impatience ne luy lasse point quitter le lict qu'il ne soil tout-à-l'aicl guery.

Je me suis bas té de donner ordre à toutes choses sur cette frontière pour me pouvoir rendre en diligence à la Cour, sur la nouvelle que j'ay eue de l'indisposition du l»i>\ : car encore que je sçache que, Dieu mercy, il n'y a rien à appréhender, vous jugerea bien pourtant que j'en ay toute l'inquiétude que mérite une sauté si précieuse.

1 La Heine. convention exprimant les sentiments que la

1 On a déjà dit, dans les tomes |>recé- Reine et Mit/.ai in avaient l'un noui l'autre. dents, que * et & étaient des signes de l L'abbé Fouquet.

Octobre )firi5. Je vous prie encore, vous et M. Servien, de m'envoyer à Senlis au plus tost deux attelages de six chevaux, l'un avec le carrosse et l'autre sans carrosse, avec ordre de m'y attendre. Je ne luy en escris point, croyant qu'il suffist que vous l'en priiez de ma part. Je ne sçay si je passeray par Paris; mais, en tout cas, si je prends un chemin qui me donne lieu de vous voir en passant, je vous le manderay à temps1.

AfF. étr., Pays-Bas, t. 3y (sans indication de page ni de folio) — Minute de la main de Roussereau.

' À M. DE TUKENNE.

Fontainebleau, 22 octobre 1 655.

(extrait.)

J'ay receu la lettre dont vous avez chargé M. de Varennes, que M. de Bridieu m'envoya peu aprez. On donne des ordres si précis au sr de Seyron et aux gouverneurs de Saint-Quentin et de Guyse qu'asseurement ils prendront un bon nombre de charrettes, quoyque le traitement que reçoivent les pauvres paysans ne soit pas un expédient bien propre pour les convier à servir, estant d'ordinaire fort battus et [ayant]2 aussi la plus grande perte de leurs chevaux. Le sr Gargan m'escrit que les soixante-huit charrettes qui avoient esté envoyées à Landrecy, ayant esté rencontrées par la cavalerie qui venoit prendre le pain à Guyse, elles ont esté pillées, en sorte que, quelque diligence qu'il ayt faicte, quand il les avoit renvoyez, il n'en avoit pu mettre ensemble plus de trente.

J'ay depesché à Paris pour faire prendre cent chariots de rouhers sans s'arrester au prix, et l'abbé Fouquet y est allé exprez; mais je ne sçay pas ce qui en réussira.

1 Mazarin arriva quelques jours après à à peu de chose pendant ce séjour de Fon- Fontainebleau et y resta jusqu'au rétablis- tainebleau. sèment du Roi. Sa correspondance se réduit 2 Le ms. porte ont, au lieu de ayant

C'est une estranpe chose que, le Roy entretenant dix sept cens clie- Octobre i655. vaux dans les vivres et dans les deux équipages d'artillerie, qui sont payez si ponctuellement qu'ils ne perdent pas un [sol] ', on n'en puissi pas avoir seulement le nombre qu'il faut pour foire [marcher] les voitures. Il ) a long temps que les chevaux d'artillerie ne travaillent point, et il me semble que, si vous y faictes quelque effort, vous pourries en employer une partie (quand ce ne seroil que trois cens) pour voiturer du bled et des farines. .!<• nous conjure d'\ appliquer [vos soins], el je m'asseure que les sieurs de S'-Martin et de Nettancourl - n'oublieronl rien pour nous assister en ce rencontre.

Les nouvelles que j'ay de divers endroits de Flandres, des . <> ••! i -j de ce mois, portent que les ennemis sont résolus de mettre le tout pour le tout et qu'ils espèrent que vous serez bientosl contrainl de \miretirer, et qu'ensuite ils pourront exécuter leur dessein; mais j'oserois bien respondre (ju'ils ne le leroni pas, ou qu'en l<- faisant ils recevront un affront.

Les mesmes advis portent que vous aviez laissé toute l'infanterie dans les postes advancez el que vostre armée e9toit fort affoiblie, mais qu'avec tout cela personne n'estoit d'advis de nous aller chercher.

Après avoir insisté sur les préparatifs des ennemis, qui veulent fortiOer leur armée par de nouvelles levers, Uazarin conclut que les précautions prises el que Ton continuera à prendre mettent les places françaises à l'abri de tout danger.

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