AL SIGNOR CONTE DK BRIENNE PER FARE IL DISPACCIO
À M. DE LIONNE
DiSoisson9, 9 luglio i655.
(extbait.)
11 dispaccio di V. S. hà dato al Re grau soggetto di sodisfattione nel vedere che il Papa pensi da dovero al processo ed al castigo del cardinale di Retz; ma nello stesso tempo è parso che S. Sla dià con una mano e ritolgà con l'altra, mentre ricusando di commettere l'informatione à vescovi l'rancesi, impossibilité1 l'essecutione délia sua giustitia. Il cardinale Mazarini2 forsi, per non havere una piena informatione délie leggi e costumi di questo regno in materia délia giurisditione ecclesiastica, si erà presupposto di trovare maggior facilita in questi ministri di quello gl' è poi succeduto3, non oslante che con lettere e con la viva voce dell'ahbate Ondedei habbià fatto loro conoscere il desiderio del Re di condescendere alla volonta del Papa in tutto quello fosse possibile. Si sono tenuti molti consigli da Cancelliere, Guarda-Sigilli, M. Servien, Primo Présidente4, Avocato5 e Procuratore générale del Re, huomini di quel sapere, esperienza ed integrita che è nota, edoppo essersi essatlamente considerata e dibattula la materia, hanno finalmente concluso che il Re non possà dipartirsi de quello si è praticato ultimamente, ne il Papa devà di ragione volersi avan-
1 Le sens est : il rend impossible. " Pomponne de Bollièvre. (Voy. le t. \ I .
* Le cardinal Mazarin parle de lui à la p. 753, des Lettres de Mazarin.) troisième personne dans ce projet de de'- 5 Le premier avocat gênerai était Jé-
pêche, dont Brienne était censé l'auteur et rôme Bignon, qui avait succédé à Orner
devait signer l'expédition. Talon. (Voy. le t. VI, p. 33o, note 3, des
3 // avait cru trouver plus de facilité qu'il Lettres de Mazarin, et la correction sur cette
ne lui a réussi d'en rencontrer. note à la fin du même volume.')
taggiarc più oltre, c vi è stato anco clii lia voluto intcrpretare troppo Juillet i655. politicamente la mente di S. Sla particolarmente facendosi ridessioni à tante dimostrationi faite dal Papa à compiacimento del cardinale di Retz e uessuna à gusto di S. M1'.
Il Gancelliere bà scritta una lunga lettera sopra questa materia, nella quale pero si vede che lutta la difficolta si riduce à duc |)unti : l'uno che riguardà il Paria mento, e l'altro il clero. Il primo prétende di essere giudice di tutti gl' ecclesiastici, senza distintione di gradoô dignita alcuna, nelle cuise di Lesa-Maesta, ed in quota conformita baver condannatoil cardinale Chastillon ' ed il cardinale di Balue*, .1! (jualc (sic)a furono confiscatî tutti i suoi béni e [donati]' dal Re .1 diverse persone, e benebe, doppo la prigionia <li nndeci anni*, e nell' iiltinio délia vita di Luigi \l, ahbattuto da grandi infirmita, il Papa députasse in (jue] tempo diversi commissarii italiani, questi nondimeno non furono mai ammessi ne rieevuti in Francia, e se ne ritornarono adietro, re infecta9, ed il detto cardinale seni altro proeesso lu poi
1 Odel <lc GhAtillon , né en 1 •"> 1 5 . promu cardinal en 1 533 , mort en Angleterre en 1671. Il étail frère 1!'' l'amiral de Colignj el était un drs chefs du parli protestant en France.
2 Jean Balue ou de La Balue, ministre de Louis XI, né en lûai, mort en tant, lut, dit-on, enfermé en iA6g dans une cage de fer. On trouvera, à la note (>, «les
détails sur les relations «le Louis \1 et du
cardinal de La Balue.
' La copie porte bien qualt et non avait. On voit, dans ce qui Buit, qu'A ae s'a;;ii (jue de La Balue.
1 La copie |)orle ilonato.
' (les détails ne peuvent convenir qu'au cardinal de La Balue.
0 Sans avoir rien fait. Les biographies racontent, en B'appuyanl sur l'article Babte du Dicl. de Morcri , que ce lut ii la sollicita-
tion du légal Julien de La Rovère, que La Balue fui nu- en liberté. Comines sfém . 1. II. p. 917.de l'é lilion de M"" Dupont se borne à dur que Louis \l -en avoil esté requis du siège apostoiicque el d'ailleurs*; mais sans indiquer qu'il efll cédé immédiatement ain insta ices du Pape. ' ta peul concilier ces assertions opposées en rappelanl les hits relatifs a la captivité de La Balue qui dura onze ans (i 16 g ià8o). ! ûtAt aprè l'empriaennemenl de ce cardinal. Louis il avait envoyé a Rome demander l'autorisation de le faire juger. Le papa Paol 11 nomma des commissaires qui vinrent en France pour instruire le procès. Mais comme ils ne voulurent pas s'adjoindre des commissaires français, ils furent récusés et retournèrent en Italie sans avoir pu remplir leur mission (re infteta . Ce détail se rapporte aux premiers temps de la captivité de
luiiiei i655. jiberato da si lunga prigionia, ed essiliato di Francia sene ando ;t Roma1.
Quant à rohjection tirée des prétentions du clergé gallican, Mazarin y insiste moins; il se borne à dire que le clergé soutient que c'est aux conciles provinciaux qu'il appartient de juger les évoques. Mais tous s'accordent sur le point suivant :
Tutti poi si accordano à dire che il levare al Re il modo di castigare le rebellioni de suoi subditi, e, di sovrano monarcha, renderlo sollicitatore nella coite di Roma2, è indécente alla dignita d'un si gran Re ed è un rottura di fondamenti del regno, co' i quali si è più iungainente conservato ; che le difficolta e gl' obstacoli che si trovano in Roma à castigare il cardinale di Retz dovranno rendere cauti li Re di Francia da qui avanti di non meltersi di dover domandare ad altri ([uesta giustitia ch' essi medesiini possono farsi, e che hoggi che S. M1' per troppa bonla è caduta in questo inconveniente, essere molto meglio di lasciare impunito il cardinale di Retz in Roma che di l'are una breccia cosi pericolosa ail' autorita regia.
Après avoir exposé les difficultés que présente le procès de Retz, Mazarin ajoute qu'on pense qu'on en pourrait sortir en chargeant des évèques français de faire les informations préalables sur les griefs imputés à ce cardinal. En terminant, il dit que l'Ambassadeur doit insister sur la nécessité de pourvoir immédiatement à l'administration d'un diocèse aussi important que celui de Paris.
La Balue (i AG9 ) , tandis que la mission de * Père le Pape à sa requeslei. (Comines.
Julien de La Rovère\ neveu du pape Mém., t. Il, p. 217, éd. de M"e Dupont.) Sixte IV, eut lieu en 1/180, à une époque ' La Balue fut reçu à Rome comme en
où Louis XI, malade (abbatutto da grandi triomphe: il lut nommé évêque d'Albano
infmnila, comme dit Mazarin), céda aux dans la marche d'Ancône et y mourut en
sollicitations du légat et rendit la liberté à 1 A 9 1 .
La Balue, et se lit même absoudre de sa cap- ! Le sens est : et au lieu de monarque
tivité par mm bref envoyé par nostre Saincl souverain en faire un solliciteur.
' Qui devint pape sous le nom de Jules II.
DU CARDINAL MA/ Mil Y
Juillt-i 1 65.^
Aiï. ëtr. , Angleterre, t. 66, I b'j; minuie.
À M. DE BORDEAUX1
(extriit.)
SoisÉon-. f; juill. i 1 655.
Le Hoy approuve ce que vous avez l'a i c t avec le ministre Stoupe*, et l'on a donné ordre au remboursement des trois cens livres sterling, * j ne vous avez promises. Je me remets au surplus a M. I«' comte de Brienne particulièrement,
Aff. <^tr. , Franco, t. 896, f 97; copie du temps. — liiU. nat.. ma. I. Gr. Mélange» de Gilbert, 1. Si, P 58; minute.
\ M. SERVIEN
[ta Père], 11 juillet
I MIMIT.)
\|)iis lui avoir parlé dea affaires de Rata, Maiarin passe aax questions de
' Ci' billet a été publié sans commentaire par M. Guizot (I. II, p. B3o, <l«' l' Histoire de ld République <l' [ngletem et du protectorat de Cromnr/1). Je l'ai réimprimé pour y joindre one note sur Stoupe.
Le pasteur Stoop ou Stoupe était originaire du pays des (irisons. Gromweil l'avait envoyé" en France pour ou il étudiât les dispositions des protestants et lui en rendit compte. Nous voyous par le liillrl de Mazarin que Stoupe était vendu à L'ambas-
1 '.c psnoniMgt "csl pas autrement déflgtti.
sadeur français. On en trouve une nouvelle preuve dans l'extrait suivant d'une lettre de \I. de Bordeaux au comte de Brienne, eu date du 1" juillet 1 656 1 Uf, • h Angleterre, 1. 1.W . FoL 1 i loiba voir cette nuici le ministre St< m (»«' qui m'a Eaîcl oflrir par l«' Suisse de me descouvrir de grands
secrets sur celte matière et de tervù* dl
mais la France moyennant rescompenae, Il
\eult par advance tr>>i> cens livres sterlin
Quoyque son credil ne soit pas
Juillet iC55. finances, où Servies avait un rôle important, étant un des Surintendanls. Le Cardinal, tout on faisant l'éloge de sa conduite, y mêle quelques critiques. Il lui écrit :
Je crois que vostre conduite est fort juste et fort réglée, et que vous agissez avec le mesme zèle dans la fonction de vostre charge que vous faisiez lorsque vous estiez chargé de la recette1. Je vous advoueray pourtant sincèrement que voyant que la despense va beaucoup plus viste cette année que la précédente, et ayant subjet de m'estonner, en vérifiant ce qui a esté fourni pour la guerre et ce qu'on a tiré par des moyens ordinaires et extraordinaires, que nous nous trouvions à présent sans un sol, je ne puis m'empescher de juger que la pluspart des fonds ont esté consommez en des assignations à des particuliers, dont quelques-unes pou voient estre retranchées.
AIT. élr. , Rome, t. i38, f° 68; minute.
À M. DE LIONNE
La Fère, \k juillet 1 655.
J'ay veu une lettre que vous avez escrite à M. de Servien sur la créance que vous aviez qu'on vous rendoit icy de mauvais offices et qu'on n'esloit pas satisfait de vostre conduite dans l'affaire du cardinal de Retz. Vous vous faictes tort de concevoir si légèrement de semblables craintes, et vous ne me faictes pas moins d'injustice de me croire
capable de faire la paix ou la guerre, néant- attributions différentes. Fouquet, qui avait
moins je me suis laissé persuader de les des relations avec les gens d'affaires, avait
consigner entre les mains dudict Suisse été chargé des recettes. Servien eut pour
pour luy estre deslivrées aprez l'avoir en- mission d'ordonnancer les dépenses. Le
I retenu." règlement qui divisait les attributions des
1 Les deux Surintendants des finances, Surintendants porte la date du 9 h décembre
Servien et Fouquet, n'avaient pu s'entendre, i65i. Abel Servien mourut en 1659, et
et l'on avait été obligé de leur donner des Fouquet resta alors seul Surintendant.
si susceptible des impressions qu'on me rendrait donner contre vous. Wfci Vous auriez mieux jugé de mes sentimens bî vos amva avoienl pris le soing de vous informer avec quels éloges j'ay parié divergea fois à Leurs Majestez, et devant toute la Coin-, du service que roua rendes à Rome.
Il est vray nue je vous ay faict mander par l'abbé Ondedei que le cardinal de Retz escrivoit et laisoit publier à l'aii*- par ses émissaires qu'il estoit asseuré que vous marcheriez avee beaucoup de eirconspi tion en ce qui le regarderait; mais voua deviez bien croire que l'on avoit1 pluslost un principe de confiance que de soupçon, et que je n^ vous en faisois advertir quafin que vous fussiez en garde contre lea artifices dudict cardinal, dont le style' est pour confirmer bob crédit et respandre dans le monde qu'il gouverne le Pape el qu il ne faict pat un pas que de concert avec Sa Sainteté, el pour les bien aaaenrer que vous ne luy nuire/, pas, el autres choses de c«iie nature, qui ont faict peu d'impression dans l'espril des personnea esclairées, el \<>u- ne devez nullement vous en inquiéter.
Barillon s sert bien en cela ledict cardinal, eacrivant à Paria lea choses en la manier»! qu'il | Rets | le désire. Il j a mandé la conférence que vous marquez qu'il a eue avec vous, e1 l'a accompagnée de circonstances différentes qui en altèrent toute la vérité. Je voua advouera> là-dessus sincèrement que l'on a trouvé un peu à redire que, Bçachanl (jue ledict Barillon estoit on (\o^ plus grands partisans du cardinal de Retz et qu'il le revoit tous les soirs, vous ne laiseaseiei pas de le souf*
Il semble qu'il faudrait ajouter quelqiii's mots après avoit, comme trouvé dont cette déclaration.
1 Li' MUS e>l : iliml 1rs t'rrils oui pour luit.
3 Antoine Baritton-Châullon, conseiller au Parlement et frère de Paul BariMon, maître des requêtes et [dus tard ambassadeur en Angleterre. BariHon-Gh&tillon figure dans 1rs Mémoirta et Bot* (t. \. p. 65, de redit, des Grand» Ecrivains de lu Friture i. Son caractère es! apprécié dans le Tableau
MUUWN. VII
du Parlement </< /Vins (t II. p. 57-58, de
la Currrsjionihiucc iidimiiialr. sous Louis \ 1 1
De Barillon < batiilon ne manque pas d'esprit; peu appliqué au Palais; sans inter donnant tout à la Cour: preriem am\ des comtesses de Fiesque et de Frontenac]; ne vishanl que tes grands. . .; a peu de crédit dans 88 chambre, pour un peu de vanité et de fumée qu'il a-. Ce passage s été rectifié
d'après le manuscrit ; les corrections sont dues à II. Paulin Paris.
Juillet i<*)55. firir tout le jour en vostre maison. Quoy que cela ne soit pas capable de faire jamais concevoir le moindre soupçon de vous, il est bon cependant, quand ce ne seroit que pour garder les apparences, que vous ne donniez pas un accez si libre à des gens suspects, comme luy.
Je croys que vous serez satisfait de l'expédient que l'on a trouvé pour accommoder l'affaire des grands vicaires1, et vous n'aurez point de compagnon qui partage ouvertement la gloire que vous aurez du succez de cette négociation.
Dans les faicts et articles que je vous ay envoyez contre le cardinal de Retz2, il y en a un où il est parlé de MM. de Noirmoutiers et de Laiguea, et comme, en ostant leurs noms, cela n'altère en rien la substance des faicts, il sera bon que vous les rayiez du Mémoire, et qu'il n'y soit point parlé d'eux.
Aff. 4lr.., France, t. 272, Pi 3; copie du temps. — Bibl. nat. , ms. f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 5i, P 80 v°; minute.
À LA REINE
La Fore, 1 '1 juillet i655.
Nous avons, de tous costez, la confirmation de la prise de Landrecies, ainsy que j'ay mandé ce matin3. En suite de quoy les ennemis ont descampé, à la pointe du jour, prenant leur marche vers Bouchain4.
1 II s'agissait de faire nommer les grands vicaires sur une liste proposée par le Roi.
2 On ne trouve plus cette dépêche dans le tome cité des Affaires étrangères. Des feuillets paraissent avoir été enlevés à une époque qui doit être ancienne, puisque la pagination se suit sans interruption.
3 Une lettre de M. de Dumas, datée de Guise , 1 h juillet 1 655 , informait Mazarin.de
la prise de Landrecies. Il lui écrivait: rrLes ennemis descampent, et leurs équipages ont commencé à marcher vers Gambray. La ville de Landreey est prise, et la garnison sortira sans canon , ce matin , à huit heures » (Aff. étr. , Pays-Bas, t. XXXV, pièce 2^2 de l'ancienne nomenclature).
1 Bouchain sur l'Escaut , aujourd'hui départ, du Nord, arrond. de Valenciennes.
DU CARDINAL \I\XARIN. Il
leur équipage filant, vers Cambray, et l'ont courir le bruit qu'ils veulent i'»U" >"r>:' combattre l'armée du Roy; mai9 je croy qu'ils; changeront de dessein. Je tiens la parole que j'ay donnée au Confident tres-rcli;;ieuseuienl . el je ne vois rien qui vous puisse entpesclier de L'accompagner icy.
Je vous envoyé les lettres que j a\ reeeucs, afin que vous et le Cornfidnii puissiez voir toutes les particularitez, et je \mb prie de me les renvoyer. Il sera bon que vous, ou le Confident, disiez un mot de Ml lils à M. le inaresclial du Plessis, el ln\ Cassiez roir la lettre <!<■ Talon: car asseuremerit ce n'est rien de -a blessure1; et attendant avec impatience rbonneiir d(! vous rendre mes Bespectl a Ions deux, je remets à vous rendre tres-lmmbles ^races>de vive roii pour cette dont il \<>ua pieu et au Gonjkkut de me combler, par les lettves que le Plessii m'a rendues ce matin, avec les marques les plus obligeantes du inonde.
Mil.
BibL oat. , ou. f. fr., VélaKgu in Colbert, i. Bi f 85; minute.
À M. DE FABKKT.