‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 4 sur 285 · Père, 1 6 juill''i i (muiT · texte numérisé non relu

Père, 1 6 juill''i i (muiT

Je me resjouis avec \<m^ de la piise de Landrecy, qui Be rendit mardv dernier1, et la garnison en sortit le lendemain malin. Le- ennemis sont aussy descampe/, de \ adancourl '. el -mil rentra dan- le pays de Bohain 5. Nous avons receu celte nouvelle eu mesme temps que celle de la prise de Castillon", que les Espagnols a\ oient rendu une

1 Le sens est : m blessure n'est rien. jourd'lini un village (lu dép. de l'Aisne*

1 Ce Plrssis. mi le Plèssis , était un écuyer arrondi de Vërvira, tant de (iuise.

de la grande écurie du Roi, 11 mourut en Bohain es! auj. chef-tien de canton du

1696. dép. de L'Aisne, air. de Saint IjnfisrtiB

s Ce mardi répond au l3 juillet i(i5.r>. " Celle ville de Catalogue l 'était rendue

4 Vadancouit, ou Vadencourt. est au- le 1" juillet (Mém. de Monylal).

Juillet i655. fort bonne place el qui a duré dix-huit jours de tranchée ouverte. Don Juan d'Àustriche1 estoit venu pour la secourir, et son avant-garde avoit dcsja passé une rivière, qui estoit entre eux et nous; mais ayant esté chargée et defl'aicte, il fut contraint de se retirer. Je sçay que ces deux succez vous donneront de la joye.

Puisque M. de Bourlemont2 ne sçauroit faire les huict compagnies que vous lui avez proposées, il faut se contenter de mettre son régiment et celuy de Banda au meilleur estât qu'il se pourra, et je vous manderay de ne rien oublier pour les fortiffîer.

Vostre compagnie venue de Liège est à Laon, et elle sera incorporée dans vostre régiment au premier jour. Elle se trouvera à un autre siège; car il ne faut pas demeurer les bras croisez, lorsque toutes choses convient à profiter du temps et de la conjoncture.

Afif. étr. , Pays-Bas,, t. 34 (sans indication de page ni de folio). — Copie du temps.

À M. DE TU RENNE

La Fère, îG juillet 1 655.

La conqueste de I^andrecy est de soy très-importante; mais elle est accompagnée de beaucoup de circonstances qui la rendent glorieuëe au dernier point pour les armes du Roy et pour ceux qui en avoient le commandement. Tout le monde est informé de quelle manière vous y avez agi, et je vous asseure aussy qu'on ne vous a rien osté de la louange qui vous est deue. Je ne veux pas m'estendre davantage làdessus, sçachant que vous n'aimez guère le [panégyrique]3, quoy que vous en fournissiez souvent la matière, et l'on peut concevoir avec

1 Fils naturel de Philippe IV. tenant général en 1 655 , vécut jusqu'en

2 Nicolas d'Anghire, marcpiis de Boui'le- 1706 (û4 mai);

mont, maréchal de camp en i65i, lieu-* 3 La copie porte : paniffiiericque.

grand fondement une bonne espérance des projets que le Roy forme, faSet iGôj. quand des personnes de vostre mérite et de vostre sullisance ' sont employez à les exécuter.

Vous verrez toutes nos pensées par le Mémoire que j'envoie au sr Talon 2 pour en rendre compte à vous el à M. le mareschal de La Ferté. Le Roy a une impatience extrême d'en avoir response el m'a commandé expressément de vous presser de dous l'envoyer en toato diligence.

J'ay embrassé de tres-bon cœur le sieur de La Berne (sir), qui esl allé a Paris et qui ne sera pas pourtant !<• premier i donner cette bonne nouvelle à Mmc de Turenne et à MM. de Bouillon, ayanl pria soin de la leur envoyer auss\ tosi que je I ;i\ receue.

Je vous prie de faire une exacte recherche des complices de l'évasion de Guyonnet8; car je sçay qu'il s'est passé d'estranges choses !-idessus. dont je vous entretiendra) quand nous nous ferrons.

Je croy qu'en resolvant le poste que vous devrez prendre pour rafraischir un peu h cavalerie, \ous jugerez à propos de vous approche]

de la frontière de France le moins que vous pourrez, H ensuite i 8

concerterons en quel lieu nous pourrons dous voir le plus commodément. <le pendant je \ous supplie de croire que personne n'esl plus passionnément que mo\ . etc. 4.

1 Capacité. 1 655, qui se trouve dam le tome •'!■"> de l

1 Ce mémoire ee trouve dans le tome 36 Comipondance du Pnjê-Bat, bu AH

de la correspondance des Payt-Biu (Aff. étrangères. Il est iaûUûé : Mémoire au t

étr.) [ Voy. ci-dessous la noie h.] Ion , intendant des finances cl armée* de Flan-

\o\. sur Gyonnel le i. \l. p, &g5 bVm et de Luxembourg, pour faire voir à

dis Lettres de Mmarin. MM. 1rs miiresclimi.r de Turriinc et de La

4 Aussitôt après la prise de Landreciea, FertiSeniuttrre < \ff. étr., Paj/s-Bat, 1.35. on songea au siège de la Capelle, comme le sans indication de page ai de Folio) I prouve an mémoire, «mi date du 1 6 juillet projet ne reçut pas alors d'exécution.

1/j LETTRES

Jnill.'i i655.

AH', élr. , France, t. 291, f° 16O; original signé et en partie autographe.

À J.-B. COLBERT

La Fère, s3 juillet 1 655.

M. le duc de Mantoue l sera bientost à Paris, et quoy qu'il mené avec luy un train assez considérable, neantmoins il veut demeurer en France incognito; ce qui faict que le Roy ne le pouvant pas recevoir au Louvre, l'on a résolu qu'il luy seroit préparé un logis en ville, où Mme la Princesse palatine 2 le traittera aux despens de Sa Mld.

11 faut que vous trouviez un homme qui se charge de l'argent que MM. les Surintendans 3 feront fournir pour cet effect, et qui prenne le soin de la despense qui sera faicte par les officiers de la dicte Princesse, ou par le moyen d'un pourvoyeur, ainsy qu'elle jugera plus à propos; et je croy que ladicte Princesse fera faire deux ou trois tables, l'une pouf la personne du duc et pour ceux qu'il voudra [faire manger] avec luy, l'autre pour ses gentilshommes et la troisième pour ses pages et ses officiers; car, pour le reste des domestiques, il leur faudra donner l'argent à despenser, et les traitter4 à proportion de ce que vous faictes [pour] mes valets de pied et de chambre. Le garde-meuble du Roy a ordre de meubler un appartement pour S. A. Il faudra seulement trouver la vaisselle d'argent et le linge. Pour la vaisselle, je croy qu'entre M. Servien , M. le Procureur général et M. Tubeuf5, l'on

1 Charles lit de Gonzngue, né en 1629, a Ahel Servien et Nicolas Foucpiet.

était devenu duc de Mantoue et de Montfer- 4 Les dernières lignes de cette phrase,

rat en 1 63 1 ; il mourut en 1 665. depuis et les traitter jusqu'à chambre, sont

5 Anne de Gonzague ( Voy. t. HT , p. 82 3 , autographes,

note 2 , des Lettres de Mazarin). Elle était 5 Jacques Tuheuf, appelé ordinairement

tante du duc de Mantoue. Son père, Char- le président Tubeuf, était président de la

les l de Gonzague-Nevers , était l'aïeul de Chambre des comptes de Paris et trésorier

Charles III, duc de Mantoue. de la reine Anne d'Autriche. 11 possédait

en pourra avoir la quantité qui sera nécessaire; mais, pour le linge, il inMei i6ôâ. le faudra louer ou acheter, et vous en ferez prendre le soin à la personne que vous commettrez pour cet effect, qui pourrai! estre un de vos commis '.

Il faudra encore avoir trois ou quatre carrosses qui soient tousjours prests pour le service de S. \.; à quoy il n \ aura p^ grande difficulté ;i Paris, connue aussy pour les envoyer le recevoir à Briare*. Enfin vous conférerez avec M"" la Princesse palatine H avec M. le Procureur gênerai, auquel j'escris8 là-dessus, et tous trois ensemble [vous] prendrez les résolutions qui Beronl aecessaires. Le principa] poincl Bera de trouver un homme sur lequel on puisse se descharger du détail de celle affaire, e1 je crois qu'un de ¥08 commis sera très-propre' [poui celai; car, pour le resté, il n \ aura p;is grande difficulté. Je vous pue

de prendre relie peine que je ne vous d( rois pas si ce n'estoil une

chose de Lres-grande importance au service '\y^ Roj el .1 ma satisfaction propre que ce prince soit bien receu el bien Lraitté, el on le fera avec grand mesnage0, puisque M" la Princesse palatine \ tiendra i< ■ main. et qu'on ne fera [pas] une despense qui aille à l'esclat. Je crois qu'il vaut mieux achepter le linge; neantmoins je m'en remets [à vous! M. le Procureur gênerai vous donnera, à [ l'accouzél7, la somme d'argent pour les despenses qu'il faudra faire, que vous croirez nécessaire*.

dans la rue Veuve des Petits Chômai un ho toi qui lut acheté par Mazarin pour la cou Btruclion de ion palais il qui fait naiufeBiiiint partie des bâtimenUjdela Bibliothèque nationale. Le président Tuheuf, qui était un des plus riches financiers de cette époque, fit ensuite construire, dans la rue \ivienne, un hôtel qu'acheta plus tard Col- ImiI île Groisay, et qui a porté le nom d'Hôtel de Torcy ('Wn-cy était fils de Golberl de Croissy). Jacques Tuheuf mourut eu i(>7o, a Page de soixante-quatre ans.

1 Autographe depuis si boni jusqu'à commis.

lutographe depuis c<>inm> jusqu a

Hriarr.

! moi j'eserh ett autographe.

' Autographe depuis et je eroù jusque propre.

Toute la dernière pu lie de cette lettre depuis et on jusqu'à nècetteire, est auto* graphe.

Dans !'• sens </ '<< momie.

7 Je ne puis lire que Vactonti, sans doute pour sur Paccut ption.

necr.-sairr est bien au singulier. L

sens tle ce dernier membre «le phrase est

selon (/tic tous leju/jere: nécessaire.

.luillel i(i55.

A If. étr., France, t. 896, ï" ia5; copie du temps.

AU PROCUREUR GÉNÉRAL

La Fère, 2-3 juillet i655.

Mmc la Princesse palatine s'en va à Paris pour donner ordre à tout ce qu'il faut pour recevoir M. de Mantoue, qui ne tardera pas longtemps à estre en France; et comme le Roy désire que, dans l'esloignement delà Cour, il y ayt une personne d'authorité à Paris, à qui l'on puisse avoir recours pour toutes les choses qui seront nécessaires, le Roy désire que vous preniez ce soin et que vous assistiez ladicte dame, laquelle doit recevoir ce prince, et que vous donniez l'argent qu'il faudra pour faire la despense. Enfin je vous prie de ne rien oublier, en ce rencontre, de tout ce qui pourra le plus satisfaire ledict prince, puisqu'outre que c'est la volonté du Roy, vous ne me sçauiïez faire plus de plaisir en mon particulier.

L'abbé Ondedei, retournant ces jours passez de Paris, m'asseura que vous aviez donné ordre pour faire payer au sieur de Belinzani1 les cinquante mille livres que Sa Mtd a promises audict duc [de Mantoue] pour la despense de son voyage; et cependant ledict sr de Belinzani m'escrit de n'avoir pas receu un seul denier de cette somme. Je vous prie de nouveau d'y donner ordre, et comme j'escris au sr Colbert2 plus eri détail sur cette matière, je me remets à ce qu'il vous en dira de ma part.

Addition- de la main de S. Em.

Je vous conjure de prendre la peine d'appliquer [vostre attention] à cette alfaire en sorte qu'il ne manque rien de ce qui sera nécessaire pour bien recevoir ledict prince, et surtout de faire payer les cinquante

1 Résident du duc de Mantoue en France. — 2 Voy. la lettre ci-dessus.

mille livres au s1' Belinzani, qui se contentera de les retirer suivant imUei i655. qu'il en aura besoin pour fournir aux despenses qu'il est obligé de faire pour son maistre. Je me remets, au surplus, au s' Colbert qui concertera toutes choses avec vous, et je ne eroy pas qu'on rencontre brancoup de difficulté à trouver de la vaisselle d'argent, [du linge] de service et trois ou quatre carrosses pour envoyer à Briare.

llibl. not., ms. f. (w. Mélange» de Colbert, i. Si, I gs; niante, — \ir. ftr. France, 1. 896 . f '" 1 07; copie du tempe

\ LA REINE

Goût '. -j'i juillet i '

Apres avoir esté bien examiné ce qui seroil pins à propos de faire à l'esgard du siège de la Capelle, | il | a esté jugé d'une commune voix de remettre ce dessein à une autre loi*- . non seulement à cause du monde qu'il y a dans la place, mais auss] pour (a marche des ennemis qui dévoient estre hyer an Boira Maubeuge.

On a résolu en mesme temps de faire porter au Oue»no\ ' et à Landrecy la plus grande partie des farines el des munitions de guerre qu'il sera possible; que le Roy pourra aller dans deux on huis jours voir les susdictei places, accompagné de toute l'armée, el s'approcher des ennemis, s'ils en donnent lien (ce qu'on De croit pas), et, suivant la résolution qu'ils prendront, prendre astssj la nostre, ne doutant pas qu'ils ne nous laissent beau champ d'attaquer nue place d'un COSté OU d'autre.

J'avais proposé au Confident (au Roi) de faire un voyage à la Fere

Les deux textes présentent quelques Le oaanuecril porte bien ce qui el non

différences s;ms importance. m fu'iL

Mozaris s'i:i;iii rendu de la Fère à ' Aujourdliui, chef-lieu de canton du dé- Guise pour < férer avec les maréchaux de partemenl du Nord, nrmndiiurnunl de

Turenne et <l<> La Ferté. Lille.

HiUBlK. — vu. 3

Juillet iC55. durant deux ou trois jouis; mais il croit qu'il iroit de son honneur d'y retourner sy tost et m'a commandé de vous supplier de le trouver bon. Ainsy j'en aura y le soin que je dois. Il est dans une impatience toute extraordinaire d'approcher les ennemis; mais j'ose vous asseurer qu'il se satisfera sans vous donner la moindre inquiétude.

Je vous supplie de prendre la peine de commander au sieur Seyron I de faire toutes les diligences imaginables pour fournir à Jacquier la plus grande quantité de charrettes qu'il pourra, n'y ayant rien à présent qui soit plus important; et au surplus croyez, s'il vous plaist, de la Mer2 ce qu'elle mérite en qualité de *3.

AIT. étr., France, l. 895, f° i3o; copie du lemps. — Bibl. nat. , ms. f. fi\. Mélanges de Colberl, t. 5i, f° 96 v°; minute.

À LA REINE

Guise, 36 juillet iG55.

On a envoyé ce matin Talon4 à MM. les généraux pour sçavoir quand le Roy pourra se rendre à l'armée, et quoyque l'impatience soit grande pour le faire dez demain, je ne crois pas que Sa Mté le puisse plus tost que jeudy °, estant nécessaire auparavant de faire un grand amas de farines. Celle [la farine] de la Fere arriva hyer au soir, et l'on eut grand plaisir à voir, à la teste du convoy, les mulets de la Reyne et de Monsieur. Nous en attendons ce soir un autre plus grand, et si Seyron exécute bien ce que vous luy ordonnerez, je suis asseuré que nous aurons tout en abondance. Jamais le Confident ne s'est mieux porté; il est toujours dans ma chambre, et je n'en ay pas d'autre. Je

1 Voy. sur ce personnage, chargé du lionnelle de ces signes dans le tome IV des gouvernement de la Fère, le tome IV, Lettres de Mazarin.

p. 1A7, note 1. des Lettres de Mazarin. '' Philippe Talon, intendant de l'armée.

2 Mazarin. 6 Ce jour correspondait au 39 juUlel

3 II a été question de la valeur conven- i655.

vous laisse penser si l'on y est fraischement et si j'ay bonne compagnie. JuM i665 La Meix m'a dict qu'il en seait de meilleures2 à la Fere*, et je le crois, comme aussy que 1G'1 ne se démentira jamais de *.

Je suis Ires-humble serviteur du plus carient prince qui soit au monde °.

Ut. <;ir.. Traiice. t. 272 . I" îG. — Copie du temps. \ LA REINE.

Guise, ■•- juiHel 1 '

Je receus hier vostre lettre du 25, que je li- voir au Confident, et je vous ad voue que je n'a) jamais rien vende mieux escrit, particulièrement dans l'endroit où vous parlez de la jo\ <■ que vous avea de celle que le Confident aura en ce voyage6. Je vous déclare, sana aucune exagération, qu'il en ;i esté touché au dernier point, <•! qu'il ayme 22" plus que toutes choses du monde. Je croia que cela ne vous déplaira pas, ayant l'amitié que voua avez pour le Confident.

(I vient d'arriver l'autre valel de pied qui m'a rendu vostre paquet; mais le Roy n'estant pas encore visible, et sçacbant que vous ne \oudriez pas qu'on Irouhlast sou repos, je remets à foire response .1 celle dont il vous a pieu m'honorer, lorsque Sa M fera la sienne, el témoignera aussy à Monsieur à quel point lu\ ;i esté agréable le Itillet qu'il luy a escrit.

Je n'ay aucune nouvelle à vous donner; car il n'y en a d'antres que de farines et munitions de guerre, qu'on porte incessamment au camp

' Maziirin. : Cette périphrase s'appliqoe à Philippe

5 De meilleures compagnies. de France, frère de Louis \I\.

3 On a vu orne I;i Reine <;iaii restée dans ' Il B'agissail d'an voyage <]u<> le Ilm

cette \illi' pendant que le Roiel Masarin se devait taire, à la lête de Bon armée, 'l;ms

rendirent à OuiBe. les Pays-Bas espagnols.

1 Ce chiure désigne Mazarin. La Renie.

Juillet i655. et à Landrecy. Nous attendons à disner M. de Turenne pour résoudre le jour du départ du Roy, et vous en serez informée à l'instant. Ce de quoy je vous puis asseurer, c'est que le Roy sera à la teste de la plus belle et meilleure armée qu'on ayt jamais veûe en France, et que les Anges l sont considérez comme ils méritent par *2.

Ait étr. , Fiance, t. 896, f° 1 38. — Copie du temps.

AU PROCUREUR GÉNÉRAL

La Fère, 29 juillet i655.

Ayant advis d'Allemagne que les ennemis pensent à surprendre Philipsbourg, sur la cognoissance qu'ils ont que la garnison est fort foible, et que estant vraysemblable, d'ailleurs, que l'Empereur pourroit bien sous main se mesler avec les Lorrains pour s'emparer de cette place, dont la conservation est fort importante au service du Roy, je vous prie de vouloir faire payer promptement à M. le comte d'Harcourt3 les ordonnances du Roy qui ont esté expédiées pour l'entretenement de la garnison de cette place, sur la foiblesse de laquelle les ennemis forment leurs desseings. Vous considérerez aussy que M. le comte d'Harcourt ne recevant rien du Roy, et les soldats n'osant rien prendre dans le pays, il n'est pas possible que la garnison ne dépérisse. Je vous prie de vouloir bien [vous] appliquer à cette affaire-là sans perte de temps, de crainte de quelque mauvais événement. Je vous escris à vous seul, ne croyant pas que M. Servien soit encore de retour à Paris. S'il y estoit, cette lettre sera commune avec luy.

Je vous conjure de songer sérieusement à mettre M. le comte d'Harcourt en estât qu'il puisse promptement nous deslivrer de l'inquie-

! La Heine. — * Mazarin. comte d'Harcourt avait traité pour la red-

1 On a vu , dans le tome VI des Leltres ditioa de Brisach ; mais il avait conservé le de Mazarin, p. 1 53 , 161, 17.3, que le gouvernement de Philipsbourg.

DU CARDIAAL MVZVRIN.

tade où nous sommes pour la conservation de Plnlipsbourg. Je crois Juillet iC55. mcsme que, quand la considération de son mérite et de Injustice qu'il y a de le satisfaire ne seroit assez forte, connue elle est, pour vous obliger a faire effort en ce rencontre, celle désire un des meilleurs amys que j'aye vous y porteroit, puisque je vous déclare que, du bon traitement qu'il recevra, je vous en veux avoir obligation en mon particulier.

\ll. i'ii.. France, L896. I 106. — Copte do temps.

AU març.us m: sknnktkrre

(mtiiut.)

* ; » > 1 -~ -, Sa jailli i

Le Roy a voulu entrer en personne à la teste de son armée dans le pays [ennemi |. On logera demain à l'abbaye de Marolles . el Sa M" verra Landrecies en passant. L'armée, Bans exagération, esl compos avec les officiers, de plus de trente trois nulle combattans, el ce n'esl pas pea aprez an siège; mais comme cette bravade ne peut servir de nen (car les ennemis asseurenient ne n montreronl pas 1 , j«' n'oublierai rien pour faire .m plus tosl entreprendre quelque chose de solide.

1 Voy. sur l<> marquis de La Ferté-Senoeterre le tome III, p. <|G8, note 'A, des Lettres de Maxarin. C'était le père <lu maréchal de Ln Ferté.

' Marolles ou Maroilles, qui est aujourd'hui compris dans le département du

Nord, arrondigsemenl d'Avesnes, faisait partie, en i655, des Pays-Bas espagnols. Il y avait dans le village de Marottes une

abbaye de l»: lictins qui dépendait du

diocèse de Cambra\ appartenant alors .1 la mêmj puissance.

Juillet 1665.

xvu.

Aff. dtr. , t. 8r)6, i° i4i, et L 272, f° 17. — Copie rlu temps.

À LA REINE

Guise, le 3o juillet 1 655.

J'ay tardé à vous depescher ce valet de pied, parce que je voulois vous pouvoir mander la resolution qu'on prendroit pour le départ du Roy. Je vous diray donc qu'après avoir conféré avec M. le mareschal de La Ferté, qui est venu icy, comme fera ce soir M. de Turenne, on a résolu que Sa Mté partiroit demain pour aller loger à l'abbaye de Marolles où l'armée campera, et Sa Mlé, en passant, verra Landrecy.

Les nouvelles que nous avons des ennemis sont qu'ils ont séparé toutes leurs troupes, au moins l'infanterie, et à un tel point qu'on ne croit pas qu'ils ayent à présent ensemble plus de trois mille hommes de pied. Devant qu'il soit mardy, il faut que nous ayons pris resolution de ce que nous avons à faire, c'est-à-dire de la place qu'on attaquera, et cela dépendra du mouvement que les ennemys feront.

Je ne vous depeseberay pas demain matin, car je ne pourrois vous rien mander davantage que ce que je vous escris à présent, mais je feray partir un valet de pied en diligence demain, aussytost qu'on sera arrivé au quartier, et vous sçaurez par luy, à vostre lever, ce qu'on aura résolu de faire dimanche. Le Confident vous escrira aussy et me charge ce pendant de vous dire qu'il vous ayme plus que toutes les choses du monde.

Je vous supplie, si Seyron vous demande quelque assistance, de la luy donner et de croire que, puisque je vous dois tout, je ne manqueray jamais à vous servir dans les grandes et les petites choses, comme je suis obligé.

DU CARDINAL MAZARI.Y 23

==========^==^====^ Juillet i63û.

\H. étr. , France, l. 8(|0, I" j.45. — Copie du temps.

Guac, 3o jnill-i i655.

(ettiuit.)

Mazarin ae peut répondre immédiatement aux nouvelles <|u<- contiennent les lettres envoyées par le comte ae Brienne, paire que ses gens n'onl pas fait renir le chiffre qui lui permettrait de les lire. Le Cardinal ajoute :

Il faut presser lousjours MM. les Surintendans pour envoyer à M. <le La | Barde] ' la somme qu'il demande, prenant toutes les précautions nécessaires afin qu'[elle]^ne [soi! employée] que pour renouvellement de l'alliance, el qu'on soil asseuré que, moyennanl ladicte somme, elle se conclura.

Il est vray que j'ay dict aux députez du parlement de Bretagne que je m'appliquerais auprez du Ro) el <le la Reyne pour le restabiissemenl des exilez, et en cll'cct, si la Reyne !<• trouve bon comme a faicl le Roy, on le peut faire; mais auparavant il en faut avoir l'advis de MM. les Surintendans, el s'ils jugent que cela Be puisse executei sans aucun retardement, c'est-à-dire auparavant que les Estats9 se séparent, il n'y a pas d'inconvénient à le faire.

La copie porte de ha liane; mais ploi/érs, «le. Comme «A riw^wsili le mol

l'erreur est évidente, puisqu'il s'agissait du somme employé plus saut, la pronom et le

renouvellement de l'alliance avec les can- verbe doivent être an singulier.

tons suisses, près desquels de La Barde ' Les États de Bretagne On avait exié

était ambassadeur. (Voy. sur La Barde te plusieurs conseillera dn Parlement qui s'.-

tnme I, p. (j.'îS, des Lettres de Mazarin.) (aient opposés an rota des impôts réclamés

La copie porte qu'elle» ne soient em- par les rommîssaires royaux.

JuiHol if,55.

Ali', élr. , Pays-Bas, t. 34 (sans indication de page ni de folio). — Copie du temps.

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