KG
Aff. rflr. , Angleterre, t. 66, f" 1 19. — Copie du leni|)s.
CompUgne, 10 novembi
Vous n'aurez pas de peine à croire la joye que Ion a icv de la signature du traicté d'accommodement avec l'Angleterre3. Le lto\ désire que vous l'examiniez avec MM. les Chancelier, Garde des Sceaux el surintendans des finances, el que, b'î! oe s'y trouve rien de contraire au bien de son service nj à la dignité de cette couronne, la ratiffication <;n soit expédiée el scellée pour l'envoyer sans delaj à M. l'Ambassadeur, (l'est ce que je vous puis dire présentement, en attendant que j'aye l honneur de vous entretenir plus particulièrement de vive \<>i\.
* La signature du traicté avec l'Angleterre, dans la conjoncture présente, nous donne lieu de nous en promettre de grands advantages, soit pour l'advancement de la paix générale, Boil pour la continuation de la guerre, s\ les ennemys sont sj aveugles de s'\ vôuloii opiniastrer. C'est pourquoy il sera bon de redepescher, sans aucun retardement, ce courrier de M. de Bordeaux avec la ratiffication5, el je vous prie de parler, de ma part, à MM. les Surintendans pour lu\
1 Le prince de Condé avait été condamné articles secrets oui forcèrent Charles 11 et
à mort en mars 1 654 et ses biens furent cou- ses Frères à quitter la France.
Iist|ui;s. ■ Cette lin «le la lettre était probable-
J Ce mot était souvent employé alors ment do postetripHm autographe.
dans le sens de forfanterie i Le traité de Wesminster fut ratifié le
On a vu plus liant (j>. î-jy. cote 4) > 8 novembre, et la guerre contre l'Espagne
que le irrité de Westminster était Burtoul Fol solennellement proclamée le même joui
un traité de commerce. On y avait joint des dans les mes «le Londres
Noveniiireif>r)r). l'aire donner satisfaction, sçachant qu'il est incommodé et qu'il [lui] est impossible de pouvoir plus fournir aux excessives despenses qu'il est obligé de faire.
XGI.
Bibl. nat. , ms. f. fi*., t. 23,qo2, f° 169. — Autographe.
À L'ABBÉ FOUQUET
Corapiègne, 11 novembre 1 655.
(extrait.)
Je vous renvoyé les deux lettres que Mme de Chastillon a voit escrites; car elles sont conceues en termes qui ne produiroient aucun effect, et, au contraire, celle pour le mareschal d'Hocquincourt le justifi'eroit plustost que autrement. J'eusse creu qu'elle y pust mettre, au moins, ce qui estoit contenu dans les lettres en chiffre, lesquelles je ne vois pas que ladicte dame ayt encore deschiiïrées. Navailles m'a mandé que ledict Mareschal s'est emporté au dernier point lorsqu'il a sceu l'arrest de Mme de Chastillon, et qu'il a esté sur le point de l'arrester1, et je vous prie d'estre persuadé qu'une lettre comme je l'avois demandée, escrite à l'accoustumée avec beaucoup de confiance et envoyée par une personne inconnue, nous auroit donné un grand advantage, et d'autant plus que j'ay appris, par le retour du père de Franctot2, qu'il est fort adoucy et qu'il voudroit bien estre hors d'affaire.
Je vois, par la lettre de la Reyne que vous m'avez envoyée, que Sa Ml(i n'approuve pas ce qui est faict3. Je vous la monstreray; mais ce pendant vous ne ferez pas semblant de rien.
1 C'est-à-dire, de faire arrêter Navailles. i65o , l'érection de la seigneurie de Goigny
5 Ce nom est douteux. La famille nor- en comté. Je ne sais si Mazarin veut parler
mande de Franquetot, qui est devenue ce- du père de ce Franquetot ou d'un religieux
lèbre au xvui" siècle, comptait déjà, en portant le même nom.
1 655 , un maréchal de camp, Jean-Antoine 3 Ce passage fait probablement allusion
de Franquetot. Ce fut lui qui obtint, vers à ce que la duchesse de Chàtillon avait été
Je ne prétends pas que Mme de Chastillon m'ayt aucune obliga- Pfewemfa tion; car tout ce que j'ay iaict en sa faveur a esté pour l'amour de vous.
AIT. &r. , Fronce, t. 272, f° <io. — Copie du temps.
\ LA REINE
Compiègnc, 11 novembre 1 655.
(RXTI1UT.)
Je n'a y autres nouvelles à vous donner que celles que je recuis, de plusieurs endroits, des emportemens du marescha] d'Hocquincourl pour Carres! de ce lui nuire (pour user de son terme), et l'ambassade qu'il m'a envoyée [déclarant] qu'il signera de son sang tfestre à moy toute su vie, sans aucune reserre, si //■pionne In liberté à .1/'" de Chastillon, e! qu'il donnera au ïioy toute sorte <!<■ contentement; mais qu'à moins de cela, il ne veut entendre parler jamais d'accommodement. Je voudrois <pi il se ln-t expliqué mieux là-dessus; car, s'il eusl dict qu'il remettroit,en ce cas, ses places, j'aurois supplié le Confident el vous de le prendre au mot. Je tascheraj de voir quelle est son intention, el ce pendant nous prenons tousjours nos mesures pour empescher les ennemis <lr profiter des folies de cet amoureux.
remise entre les mains de l'abbé F raet M de ChAlillon rendait, en effet, cette n-
Mm" de Sévigné écrivait, le 95 novembre toation étrange. On verra plus loin, dans
iG55, à Bussy-Rabutin : »On dil que iine lettre de Mazarin a la Reine, en date da
M"" de GhAtillon est chez l'abbé Ponquet; 19 novembre i655, que le Cardinal B'encela paratl forl plaisanl a toul le monde.* eail à expliquer sa conduite à la Reine
La passion que Basile Fouquel afEchail pour lorsqu'il la verrait.
Novembre i<>55.