‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 35 sur 285 · XCI1I · texte numérisé non relu

XCI1I

Aff. étr. , Pays-Bas, t. 37 (sans indication de page ni de folio). — Copie du temps.

Compiègne, 12 novembre iG55.

(extrait.)

Après avoir annoncé à Turenne que les ennemis doivent attaquer la place de Conde' le lendemain ou le surlendemain, Mazarin ajoute :

Pour ce qui est de la négociation avec le maresclial d'Hocquincourt. il n'y a rien de bon à espérer; car il faict des propositions vaines qui n'aboutissent à rien que à nous vouloir amuser, pendant qu'il prend toutes ses mesures avec les Espagnols et M. le Prince, et, pour cet effect, il s'est abouché dernièrement avec le moine' Arnolfmi, que le comte de Fuensaldagne luy a envoyé. Il tesmoigne estre au desespoir de l'arrest de Mme de Ghastillon ] et me faict dire qu'il signera de son sang d'estre jusques à la mort le plus fidèle et le meilleur de mes amis2, si je procure la liberté à ce bel ange, -et je luy ay respondu que je le dispense d'avoir aucune amitié pour moy et que, pourveu qu'il donne satisfaction au Roy, je me fais fort d'obtenir cette liberté tant souhaitée, et qu'il a beau champ de passer à présent et dans la postérité pour le plus généreux de tous les hommes, consentant à ce que le Roy luy demande pour délivrer des liens la beauté qu'il adore.

1 Les Mémoires de Turenne, p. AyS (édit. Michaud et Poujoulat), disent que l'arrestation de M"" de Châlillon'fut le principal motif qui détermina d'Hocquincourt à traiter. Voici le passage : ffLe Maréchal, qui en étoit amoureux, se hâta de faire son accommodement avec le Roi, de peur qu'on ne traitât mal cette duchesse. »

- Ce passage ne peut laisser aucun doute sur la nécessité de la correction faite ci-des-

sus , p. 1 3o . note a. C'est ce qui ma décidé à donner un extrait de cette lettre, quoiqu'elle reproduise ce qui a été dit dans la lettre du 10 novembre adressée à M. de i\a\ ailles et imprimée ci-dessus, p.i 3o. D'ailleurs, le ton de Mazarin, lorsqu'il s'adresse à Turenne, n'est plus le même qu'en écrivant à Na vailles, qui était l'ami d'Hocquincourt; il plaisante avec Turenne de l'amour du vieux Maréchal pour le bel ange qu'il adore.

Novembre i655.

Aff. étr., France, t. 272, f° 61. — Copie du temps.

À LA REINE

(x>mpi'''{jn'\ 12 novembre 1 655.

(f.xtfuit.)

Vous avez raison en ce qu'il vous a pieu 'ne mander <lr Mme de Cliaslillon1; mais vous tomberez d'accord que je n'av pas tort, quand j'atiray eu l'honneur de vous entretenir là-dessus. Ce pendant, je yous prie, en voyant l'abbé Fouquet, de lny duc que vous n'entendez rien sur la conduite que l'on tenoit à l'esgard de ladicte dame; que vous ne l'approuvez pas, et que vous m'en avez escril en ces termes; mais prenez jjarde de faire cela en sorle qu'il soit persuadé que ce discours vient de vous.

\cv.

Ail". (îlr. , France, 1. 979, ? 69. — Copie «lu temps.

A LA REINE

Compipj;iir>, |3 iiovemliro |656.

Le Confident m'a rendu tous les pacquets, parmi lesquels j'ay trouvé une lettre de "2*2 K qui me laid cognoistre que j'aj de l'advaotage dans l'absence, et vous vous souviendrez que je vous a) dicl plusieurs foie que je n'estois pas si bien traité preseui qu'esloigné. Neantmoins je vous advoûe que la satisfaction et lajoye que j"i»\ d'estre auprès de 22 n'est pas comparable avec les faveurs que j'en ressens estant absent. et ainsy, quelque accident qui puisse arriver, je vous conjure de me

Voir l.i noie 3, p. i3s, sur la lettre mère pendant quelques jours el a\;iii rap- (In 1 1 novembre à 1 "ii I »l »* : Fouquet. porté à Mazarin la lettre dont le Cardinal

La Reine. Le lloi <•! ;»i 1 allô' visiter sa remercie la Reine.

Novembrei655. permettre, dans quelques jours, que je luy puisse faire une visite seul, ou avec le Confident. Il ne m'a pas encore donné le pacquet des gants. J'en useray comme vous m'ordonnerez, et je vous rends tres-humbles grâce de toutes les bontez que vous avez pour moy, et je vous supplie d'estre bien persuadée que je sçay ce que je vous dois; car parla vous la serez aussy que je n'y manqueray jamais.

Sur les nouvelles que les ennemis attaqueroient Condé, je depeschay hyer à M. de Turenne, et il sera icy à midy pour bien examiner les moyens les plus propres pour profiter, d'une façon ou d'autre, de cet engagement des ennemis.

Vous serez informée de ce qu'on résoudra, et pouvez avoir l'esprit en repos qu'on praticquera tous les expediens imaginables pour mettre le maresclial d'Hocquincourt à la raison. Navailles est revenu, qui dict qu'il donnera ses places pour argent; mais la somme est exorbitante, demandant quatre cent mille escus; ce qui ne se peut seulement escouter.

Mme d'Hocquincourt1 arriva icy hyer au soir; elle a fort entretenu M. Le Tellier, et les larmes n'ont pas esté espargnées (car c'estoient les plus fortes raisons qu'elle cust). On luy a parlé de la bonne manière, et [elle] s'en retourne voir2 son mary, persuadée que le Roy veut estre obey et que Sa Mtë ne veut pas adjouster foy aux simples paroles d'un homme qui nous a trompez mille fois. Nous verrons ce qui en arrivera; car cela n'empeschera pas que nous n'allions nostre grand chemin. Geluy que je tiendray toute ma vie sera de vous servir avec la dernière passion et sincérité, et comme vous a dict tousjours #**.

1 On a déjà dit que la maréchale d'Hoc- et de Ham entre les mains du Roi. Elle en

quincourt était Éléonore d'Estampes ou fut récompensée : le Gouvernement de Ham

d'Etampes. Elle contribua a ramener le fut donné h son fils.

Maréchal à des idées plus raisonnables et ~ La copie porte bien voir, mais vers

le décida à remettre les places de Péronne semblerait préférable.

Bibl. ri.ii.. iii—. I. Ir.. i. a3,903, I 171. — Autographe, non signé.

À L'ABBÉ FOI Ql ET.

1 lompiègoe, 1 '1 novembi e 1 655.

| UTtAIT. i

.)<• voua depi ische en diligence jour vous dire <|m il seroit tres-importanl au service <lu l!<)\ que vous fissiez escrii'e par M"- de Ghastillon à M. le Prince, mais en la forme quelle es1 accoustumée <lr lu\ escrire . cl ln\ mander, en des termes assez pressans, qu'elle court grand risqué, et que son Balul despend de l'accommodement du mareschal d'Hocquincourt, puisque, donnant satisfaction au Roy, elle peut espérer s;i liberté, pourveu que ledicl Mareschal demande cela pour la principale condition de son accommodement.

Il faudroit auss\ qu'elle escrivist de la mesme façon au mareschal d'Hocquincourt, et qu'elle fis! semblant d'avoir eu !<• moyen, par un très-grand bonheur, d'escrire les deux lettres <'i de les envoyer, «'i il faudroit choisir « j n <• I < [ » 1 1* personne bien affidée et adroite pour les porter. Gela peut produire un tres-bon eflfect, et d'autant plus que lcs;i(l\is. que je viens de recevoir, sonl que l'avant-garde de l'armée ennemie est desjà arrivée à l'abbaye de Vauchelles1, qui n'est qu'à <I<mi\ lieues «lu Gastelet. .1»' crois que \oii~. n'aurez |»;i^ peine à faire escrire les deux Ifîttres; car, autrement, il faudroit conclure que M de Ghastillon fust la |>lu^ mal intentionnée du monde. J'attendra^ de vos nouvelles.

' L'abbaye de Vauchelles ou Vaucelles, époque, dans les Pays-Bas espagnols. Vaude l'ordre de Citeaux, foisail partie du * 1 i< >— celles <>i aujourd'hui un hameau <lu déparoèse de Cambrai, qui était compris, a celte tement du Nord.

MiiiniN, \n )8

Novembre i (155. __„.„ . ^

XGVII.

AU'. étr. , France, t. 8p,5, f" 358. — Original signé, en partie autographe.

Gompiègne, i5 novembre t665.

(extrait.)

Nous avons sceu ce qui s'est passé à l'esgard de M. de Coutances1 dans l'assemblée du clergé, et que, par la resolution qu'on y avoit prise sur son atîaire, l'advantage lu y estoit demeuré tout entier, et toute la mortification à M. l'archcvesque de Houen2. Nous avions eu advis aussy de la belle action3 que M. l'evcsque de Montauban' a faicte en ce rencontre, dont je n'ay point esté surpris, et je vous prie de l'en féliciter et remercier de ma part.

On choisira les officiers qui devront servir M. le duc de Modene. et vous en serez adverti aussytost. Il sera bon ce pendant de continuer à solliciter MM. des finances pour le fonds de cette despense, comme aussy pour ce qui regarde Gazai.

Je n'ay rien à répliquer touchant la ratification du traité faicl avec l'Angleterre5, cette affaire estant remise à l'examen de ces MM. du Conseil, que je vous ay marquez. Je vous prie seulement de faire passer icy le courrier qui portera ladicte ratification, lorsqu'elle sera résolue. afin que je puisse escrire par luy à M. l'Ambassadeur.

0 Ayant informé le Koy de l'instance que M. de Bourdeaux7 (sir) l'ai et de venir faire un tour icy pendant six semaines8, Sa M1, ne

1 Claude Auvry, évéque de Coutnnciis. Voir ci-dessus, p. i3i.nole 3.

Voir ci-dessus, p. (jh, notes 1 et -2. " La lin de cette lettre depuis ayant est

2 François II de Hailay-Cbanvallon. Voir autographe.

ci-dessus, p. 0,4, note a. 7 Antoine de Bordeaux, ambassadeur en

' Action a ici le sens de discours. Angleterre, venait de conclure, connue on

4 L'évêque de Montaubnn était Pierre l'a dit, le traité de Wesminster.

Berthier; titulaire de ce siège depuis i65a, 8 L'ambassadeur Bordeaux obtint, en

il mourut en 167^, à 6a ans. effet, un congé aussitôt après la ratifica-

croit pas qu'il y ayt inconvénient de lu\ donner cou;;»''. lu\ escrivanl ■wremfci«i6*s. pourtant de ne s'en servir en cas qu'il ne croye |>a- «|n<- son absence, rnesme pour peu <l^ tempe, puisse apporter prejudic

sevra.

MF.étr., France, i. 8g5, I 356, minute; — H tome>-j. I 66, copie 'lu temps.

\ LA RETIVE.

' ompiègne . ■ ■ novembi 16S

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