‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 36 sur 285 · I. Ml. I · texte numérisé non relu

I. Ml. I

L'armée lorraine1 en corps ;i quitté les ennemis «-i doit estre ce soii aux environs de Guyse. Le duc Françoif enfans el Ligniville \

sont;' mais, au lieu d'amener les troupes, les troupes les <>nt amenez. Vous sçavez qu'il \ a longtemps que je travaille à cela : et il m1 falloil pas douter qu'à la fin cela arrivast. Mais il estoil a souhaiter que le lîo\ cusi ce bonheur dans !<■ mois de juillet; car. en ce cas, il en auroil en un plus grand, puisque !<■> ennemis ne lu\ euasenl pu rien disputer.

<-csi une chose bien eslrange que cela arrive è la veue «lu mareschal d'Hocquincourt; <|u il sçache que tout le monde quitte !<■ prince de Gondé el que luy-mesme (Gondé) voudroit, à quelque prix que ce soil . estre séparé des Espagnols, el que ledicl Mareschal croye de pouvoir faire sa fortune avec eux. Il l'a tesmoigné de la sorte à \l\l. de Navailles el de Noailles . qui sonl de retour et rapportent < 1 1 1 <* Fuen-

lion du traité de Westminster H vinl le François de Lorrai lait frère de

passer en France. > harles IV. On a vu, dans le tome précédent,

' L'arméeduduc de Lorraine Charles IVj que, c nele général lorrain Ligniville, il

irritée de son arrestation, venait de se séparer détail d'abord déclaré pour les Espagnols.

îles Espagnols ci de se déclarer pour la Inné, comte il<' NoaiUea, étail un des

France. Elle avail contraint ses généraux ii capitaines des gardes du corps; il devint duc

suivie le même parti. en iiiti.'S ei mourut en 1G78.

Novembre «656i saldagne luy a faict des propositions tres-advantageuses; ce qui n <^f j)as, parce que ce sont ceux (celles) que Hocquincourt a faictes audict Fuensaldagne1, desquelles vous avez connoissauce. Enfin il tombe d'accord de remettre le gouvernement de Péronne au marquis son fils2, qui en a la survivance, nonobstant qu'il ayt, en clTect, plus de hayne que d'amour pour luy; mais pour Ham3, qu'il consent de remettre entre les mains du Roy, et pour toutes ses prétentions de ce qui luv esl deub, il demande sept cent mille livres d'argent comptant, qui est une somme exorbitante. Outre cela, il demande la liberté de Mmc de Ghastillon et d'autres choses qui ne sont pas de grande conséquence; mais le point de l'argent est impraticable, et [il] se tient ferme à ne vouloir rien rabattre.

Nous allons bien examiner la chose, afin d'envoyer demain ces messieurs porter la response, et vous serez advertie des resolutions que le Confident aura prises par luy-mesme qui prétend disner demain avec vous. Le moine Arnolfini4, Bouteville5 et Guitaut0 sont à Peromïe, et vous jugerez bien que ce n'est pas pour luy inspirer le repos et son devoir.

Jaurois mille choses à vous dire sur *7; mais je ne le ferai pas, car vous en sçavez la plus grande partie. Je vous conjure seulement de prendre la peine de vouloir dire à 22 s qu'il (elle) escrive à la Mer9 du mesme style, et qu'il n'y a [rien] adjouster aux sentimens qu'il a pour * en qualité de #.

1 Cette phrase, peu claire, veut dire que ' Voir sur Rouleville, frère de la dûtes propositions viennent d'Hocquincourt et chesse de < jliàtillon , ri -dessus, p. 66, non de Fuensaldagne. noie î .

2 Voir sur le marquis d'Hocquincourl, '' Charles, comte de Guitaul-Peichperou,

iils du Maréchal , le tome V, p. 5y3, note h, était un des partisans les plus dévoués de

des Lettres de Mazarin. Coudé. Il étail neveu du vieux Guitaut, ca-

Ham, aujourd'hui chef-lieu de canton pilaine des gardes de la Reine. Charles de

du département de la Somme, arrondisse- Guilaul mourut en i686.

ment de Péronne. ' Signe désignant la Reine.

4 Moine dévoué au parti espagnol et en- s La Reine,

voyé à Péronne par Fuensaldagne. 9 Mazarin.

1)1 CARDINAL U\XARIN. 161

— ===== Novembre 1 655

XCDL AU. élr., France, t. 895, f 35g. — Copie «lu temps.

AU PROCUREUR GÉNÉRAL

Compiègne, aa Dovembi

Je croys, avec tous ceux qui discourenl sur l'affaire du mareschal d'Hocquincourl, que le meilleur conseil que le l!<>\ puisse prendre esl

de l'achever promptement, sacrifiant sora d'argent, comme

S;i M1, le j)cut, ledict Mareschal consentaol de remettre les places de Peronne et de Ham, bien entendu qu'il plaira à Sa M1, de donner le gouvernement de la première à son Gis aisné, qui m a la survivance, et qu'Elle fera paver à luy Mareschal sept ccni mille livres d'argent comptant, ce qui lin esl deu de ses appointemens, pensions el mortespayes1, et des advances qu'il a faictes pour Fortifier ladicte place, protestanl avoir dépensé ladicte somme pour le service du lî<»\ dans les employs qu'il a eus, el pour rescompenser Ham el la mettre en l'estat qu'elle est.

On n oubliera rien pour diminuer la somme, el nous tascherons [de haster3] l'arrivée de l'armée lorraine à Guyse; mais je ne sçaurois respondre que mes diligences produisent l'effect que je voudrais bien, e! d'autant plus que ledict Mareschal est environné du moine trnolfini, de Cerisj \ de Bouteville et Guitaul el de quantité d'autres, capables d'embarrasser un [esprit] bien pi us fori que le sien.

Il faudra donc que \<»us lassiez un effort pour nous envoyer, dans deux jours, trois cenl mille livres el prendre \<>s mesures en sorte qu'elles puissent estre portées en un jour. Pour le surplus, nous le

1 Nom donné à des vétérans qui tenaient ' Mol douteux,

garoison dans certaines places. Ici, le mot a ' Je ne trouve aucune indication -m

le sens de se nmes payées à ces vétéran». Cerisy. Ne faudrait- il pas lire Croient On s

' C'est-à-dire, la tomme qu'il a payée en \u que Fouquet-Croissv était un des prin-

coiiipoisaiion du gouvernement de Haut. cipanx partisans <l<' Condé.

Novembrei655. ((rendrons sur les cinq cent mille livres qu'on a envoyez pour le quartier d'hyver. On pourra les remplacer en partie de ce qu'on tirera de llam.

11 faut sortir de cette malheureuse affaire de cette manière, puisque nous en pourrons, aprez, avoir l'esprit en repos, et il me semble que d'autant plus on le doit faire, que tous ceux1 de ce royaume sont en aussy bon estât que nous pouvons souhaiter, et qu'il ne faut pas rien liazarder.

Je vous prie de me respondre sans perdre un moment de temps, afin que je puisse prendre mes mesures, et de vouloir que cette lettre vous soit commune avec M. de Servien, asseurant l'un et l'autre de l'amitié et service du, etc.

Aff. étr., France, t. 896, f° 38i. — Copie du temps.

Compiègne, [a3 ou ait novembre i655-].

J'ay tardé à vous depescher, espérant que je pourrois [avoir] quelque nouvelle à vous mander et au Confident; mais n'en ayant receu aucune, je ne veux pas laisser pour cela de vous escrire pour vous confirmer à tous deux qu'il n'y a rien d'esgal à la passion que j'ay de vous plaire et mériter la continuation de vostre bienveillance par mes tres-humbles services. Si on m'escrit quelque chose de Peronne, je vous en donnera y advis incontinent. Fuensaldague est à Cambray, et l'armée ennemie aux environs de Bouchain. On n'oublie rien, de leur costé, pour obliger Hocquincourt à faire la dernière folie; mais je ne croy pas qu'il soit

1 La copie porte bien : tous ceux, pour parles détails qui s'y trouvent, qu'elle doit tous les esprits de ce royaume. être d'une date antérieure, puisque le ma-

2 Cette lettre figure dans le manuscrit péchât d'Hocquim-ourl n'avait pas encore sous la date du 28 novembre; mais on voit. consenti à sortir de Peronne.

DU CARDINAL M \Z.\P.IY U3

capable <lo sacrifier tout ce qu'il a au monde pour avoir seulement la s mi.r.-i ».:>.-,

gloire de lavoir faict en l'honneur des Espagnols et du prince de Condé dans un temps qu'ils ne peuvent faire rien pour luy.

Je ua\ rien à reapondre à la lettre que \ous avez |>ris la peine di m'escrire, si ce n'esl <|U'' malaysement, on peul 'lia -lier les gens qu'on ne lient pas, ci que, si vous ne les retirez («te) ' par de bons traitement ils peuvent taire beaucoup de mal.

La l/'r- pretendoil quelque chose de plus que * : mais I 6 lus a diel de se satisfaire • !<• ce qu'il plais! à 22 \ el de continuer tousjours dans la pensée <!<• *#.

\fl. ëtr . Pays-Bas, i. '■'•- | sans indication de page m di !"li" |. — Minute de la main 'I'' Rousserenu.

V M. I)K CVSTI.I.NU .

I n petil voyage que j'aj faicl à i'aris ' a esté cause que le s1 [d Ësquancourtj0 s'en rsi retourné sans unis porter la response que j'avois faicte a la I «*t 1 1 « • qu'il m'avoil rendue de vostre part, el ja\ esté ayse <|u il soil part} sans I atteindre, puisqu il < I « * \ < > 1 1 avoir soins de \<mporter de I argeul dans un temps que je vois, par toutes \<»s lettres ^quf vous en avez beaucoup de besoin, La somme <|n .1 conduite l<- nui mus de l'Espargne a esté de cenl mille francs, donl il a ordre de laisser trente mille au Quesnoy. J'espère <|u il sera desja arrivé en 9eureté, puisqu il

1 Dans le sens de : retires de la révolte. Il ' On trouvera en eflèt,aux Analyses, des

faudrait peul être lire : retenez, au lien de: lettres de Maiarin, datées lu 18 novembre,

relire:. qui onl été écrites de Pai ia.

Mazarin. Daniel de MoiUmorency, marquis d'Ee

' La Reine. quaocourt, avail été nommé maréchal il«'

* La Rfiine. Plusieurs chiffres servaient 6 camp en i65a. Il devint lieutenant général

désigner Inné d'Autriche. en i(i55.

\hh LETTRES

Novembre 1 655. est j)ail y de Guyse, il y a quatre jours, avec une escorte de trois cens chevaux. Lorsque j'envoyeray La Vignette avec cinquante de mes gardes, je tascheray de vous faire porter encore une bonne somme . estant asseuré que vous apporterez tout le mesnage possible dans les despences, et que M. du Passage et le s1' Talon vous seconderont aussj en cela autant qu'il peut despendre d'eux. Je suis, d'ailleurs, fort persuadé que l'on fera avec grande application tout ce qui se pourra faire humainement pour tirer quelque assistance du pays, et à la vérité, si cela manquoit, je me trouverois bien embarrassé à trouver les moyens de continuer à vous assister, comme j'ay faict jusqu'à présent.

Il y auroit plus de facilité et de seurefé à vous envoyer de l'or, mais on ne trouve pas présentement à Paris des louys à six .sols1. Il sera bon que vous voyiez avec le sieur Talon à quel prix on les pourra faire passer à Coudé et à Saint-Guislain et [de] me le mander; car si l'on pouvoit les débiter sur le pied de ce qu'ils cousteront à Paris et sans qu'on y perde rien, on vous en envoyera; sur quoy j'attendray vostre response.

11 est certain que les ennemis avoient résolu d'attaquer Condé; mais pour moy, quoyque je fusse persuadé qu'il ne nous pouvoit arriver rien de plus advantageux, je n'ay jamais creu qu'ils l'executeroient, parce que la rigueur de la saison , Testât de la place, le corps de troupes que vous avez pour la deffendre et nos armées encore assemblées, animées de la présence du Roy pour2 vous aller secourir, ne leur pouvoient pas laisser aucune apparence d'y réussir, mais, au contraire, leur faire appréhender d'y recevoir un eschec; car ne pouvant faire que malaisément la circonvallation, il leur auroit esté presque impossible d'empescher le secours. Je ne doute pas qu'ils ne prennent pour excuse de

1 Je pense que Mazarin veut dire qu'on ~ Le mot pour a été effacé el remplacé

ne trouvait pas des pièces d'or à Paris pour par plusieurs autres mots écrits en inter-

l'équivalent de la somme envoyée en argent, ligne et que je u*ai pu déchiffrer. Du reste,

en payant une différence de six sous par le sens général de ta phrase n'est pas dou-

pièce d'or. teux.

ne vous avoir pas attaqué la presse que M. le maresclial d'Hocquin- Noremh court leur doit avoir faicte de le venir secourir, et la résolution que l'armée lorraine a prise de les quitter, comme ont faiet le duc Françoiet ses deux enf'ans '.

Mais, quoyqu'il en soit, vous pourrez à présent avoir l'esprit en repos ;mssy bien que M. de Schomberp;'2, puisque, pour le moins, vous aurez un repy de trois mois, et, dans cet intervalle, je n'oublieray rien pour envoyer dans les deux places3 le plus grand nombre de soldats qu'il me sera possible pour ibrtiflier les corps d'infanterie qui y sont , <-t remplacer, par ce moyen, ce qu'on on tire présentement Je fera) au— \ en sorte que l'on envoyé incessamment au Quesno) des bleds, des farines et de l'avoine, afin qu'on en puisse de la faire passer, après, à Condé et à Saint-Guislain, m'asseuranl que voue prendre! en cela si bien vos mesures, qu'il n'en arrivera aucun inconvénient; el afin que vous puissiez aller en personne à Landrecy et au Quesnov, je suis tombé d'accord avec M. de Turenne qu'il adjusters le différend que vous avez avec M. de Beauvau4 en sorte (pu- vous Boyez satisfait

Je croy que celuy que nous avons avec I'' mareschal d'Hocquincourl se terminera aussv bientost, le lio\ ayant la bonté de ln\ accorder une somme considérable d'argenl pour remettre se- places, c'est-à-dire Peronne, entre les mains du marquis d'Hocquineourt, son 61s, qui en a la survivance, el que j'ose respondre qui fera lousjour- -on debvoir, «'i llam, à qui il plaira a Sa M1'. Ce n'est pas que I»- moine \ruollini, Bouteville, Serisy5 et Guitaut, qui sont presentemenl a Peronne de

1 Le duc François de Lorraine était, Marie-Anne de Lorraine, qui lui abbesse de

comme on l'a vu, livre du duc de Lorraine, Remiremont ci mourut en t «"»#"» » Charles IV, que les Espagnols avaient arrêté s Voy. ci-di>-u-, p. « > -7 . noir 1

en 1Ô54. (Voy. le tome VI, p. 118, note 1. 3 Les places de Condé et Saint-Guiiiain.

des Lettres de tfosorm.) Les deux fils du ' Jacques de Beauvau du Ri van, lieute-

duc François étaient Ferdinand et Charles de Dant général depuis i65a, avait étt: uom-

Lorraine. Le premier mourut en 1669. Le mé gouverneur du Quesnoy; il mourul

second lut un des plus grands capitaines de en i(J58.

son temps et vécut jusqu'en 1690. Leduc 5 Ce nom eal écril plus baut Cérin

François avait encore, en i(i55, une lille. (Vov. In note ci-dessus, p. 1 Ai.)

Muu.ir>. — vu

i^nm ■

Novembre i655. la part du prince de Condé et de Fuensaldagne, lesquels sont à Cambray, ne mettent en pratique tous les artifices imaginables pour lin faire faire la dernière folie; mais il faudroit bien qu'il fust tout-à-faict despourveu de raison et que Dieu le voulust abandonner, s'il croyoit de devoir sacrifier son honneur et le bien qu'il a en France pour faire sa fortune avec les Espagnols, dans un temps que leurs affaires de tous costez sont en aussy mauvais estât et que, pour surcroist, les Anglois leur déclarent la guerre, que l'armée lorraine les quitte, que le prince de Condé ne sçait plus de. quel bois faire flèche et voudroit [rentrer dans les bonnes grâces du Roy]1; ce que ledict Mareschal ne peut pas ignorer, puisque luy-mesme m'en a desja faict parler deux fois. L'armée lorraine, qui est depuis deux jours auprez de Groissy2, est composée, compris les quatre regimens de cavalerie qui estoient desja arrivez du costé de Sedan, de deux mille six cens chevaux et de douze cens hommes de pied; mais [ce sont]3 des hostes un peu incommodes4, et nous les aurions receus bien plus volontiers au moys de may que dans celuy de novembre 5.

Le reste de la dépêche comprend des recommandations pour les places de Conde' et de Saint-Guillain, toujours menacées par les Espagnols.

Aff. étr. , France, t. 272 , f° 69. — Copie du temps.

À LA REINE

Compiègne, 2 5 novembre i655.

Le comte de Belin6 m'a rendu vostre lettre et celle du Confident,

1 Les mots entre crochets sont rayés et 4 Ce membre de phrase est souligné el

remplacés par un mot écrit en interligne et devait être chiffré,

que je n'ai pu lire. 6 Voy. la note ci-dessus, p. i3g.

" On trouve plusieurs localités de ce nom 6 René - Emmanuel de Faudoas - Aver-

dans le département de l'Oise, entre autres ton, comte de Belin, mestre de camp du

dans l'arrondissement de Clermont. régiment du Cardinal - Etranger, mort

1 Mot douteux. en 1607.

auquel j'espère respondre bientost de vive voix. Vous avez beaucoup de raison d'estre en colère de ce que l'on faict pour empescher que le mareschal d'Hocquincourt ne fasse la dernière folie; mais il n'y a. au monde, homme sensé et prudent qui n'en usasl comme nous faisons. La conduite dudict Mareschal n'est pas bonne; mais la oostre seroil bien pire sy nous n'employions toutes sortes de moyens pour non- asseurer que deux places si importantes ' ne tombent au pouvoir des ennemis. S'il y avoit quelque autre machine pour b'ot rendre maistre, sans y employer de L'argent, vous deves esta tseeurée que je m'en servirais avec grand plaisir; mais, a bute de cela, tout autre exi dient doit estre praticqné, et, si quelqu'un vous en parle autremens, on manque d'affection ou d'intelligence.

Je ne içay pas encore ce qui arrivera de cette affaire . u'ayanl aucune nouvelle de MM. de Navailles el de Noailles, et scachanl que les Espagnols remuent ciel et terre pour gaigner Hocquincourt; ce qui seroit fort à craindre, s'ils avoient autan! de moyens de ln\ donner des

choses effectives, comme ils l'ont do. luy faire de grandes pi Bses et

l'asseurer qu'ils le feronl riche el heureux, pendanl que ceux qui sonl engages avec eux sont dans la dernière misère.

Le due François (de Lorraine) ma envoyé llanlin '-'. que VOUS connoissez; il attend de faire la révérence au Roj demain, pour aller,

aprez, a Paris, el satisfaire au inesnir devoir envers Ifl lie\ne # #.

cm.

AU'. étr<, France, i. 97», f* 70. — Coràdu lampe \ LA REINE.

i ompiègne . ■• 5 oovembi e 16S

Il arrive, au inesme temps, le Confident, d'un costé, et Navailles, de

Ham et Peronne. ea effet, que lUmlui »t.»i( secrétaire du duc

3 La copie perte bien Rantin, mais je de Lorraine, Gberles IV, et avait été ehervé présume r|u'il faudrait lire Raulin. On a vu-, de phuieura eégueiatioH anree llaaarin.

ig

Novembre 1 655. l'autre, et celuy-cy avec la nouvelle d'avoir conclu avec le rnareschal d'Hocquincourt, qui a desja rompu toute sorte de négociations avec les ennemis, et licencié les personnes que Fuensaldagne et le prince de Condé tenoient auprès de iuy dans Peronne. On a mesnagé cent trente mille livres dans la somme, parce que Mmc la mareschale d'Hocquincourt1 a déclaré qu'elle n'en pretendroit rien, ayant interest à finir et faciliter l'affaire pour establir son fils2. On a encore gaigné un autre point, que j'estime de grande conséquence, c'est que le Mareschal vouloit absolument que, son fils venant à mourir, on luy rendroit (sic) le gouvernement de Peronne; mais, à la fin, il a cédé.

On travaillera à présent à l'exécution, et, dans l'envie que le Confident a, et [que] d'autres personnes ont, de retourner à Paris, vous devez estre asseurée qu'on n'oubliera rien pour gagner des momens. J'estime pourtant tres-necessaire que le Roy aille à Peronne, parce que ce voyage sera de grand esclat et tres-advantageux dans le royaume, et à l'esgard des estrangers; car [ils] seront persuadez que le Roy est maistre de la place, puisque Sa Mlé y est entrée.

Je me resjouis de tout mon cœur que cet incident, qui asseurement estoit capable de faire changer la face des affaires, soit terminé heureusement, et vous ne douterez pas que nous n'ayons bien faict et qu'il fust nécessaire [d'user] de la modération et de la prudence avec laquelle on s'est conduit, quand il vous plaira faire reflexion sur les depesches que vous avez receues et que le Confident m'a rendues de vostre part, et vous en serez encore plus confirmée dans la suite.

A présent, il faut, sans aucun délai, mettre en liberté Mme de Ghastillon, et, pour cet effect, je vous supplie d'en donner l'ordre à l'abbé Fouquet, lequel obligera ladicte dame d'escrire une lettre audict Mareschal pour luy dire qu'elle est libre, et ledict abbé prendra soin de

1 On sait déjà que la maréchale d'Hoc- ( Voy. le tome V, p. 43 1, note 3, des Lettres

quincourt, qui contribua, ainsi que son fils, de Mazarin.)

à la conclusion du traité avec le Maréchal, 2 Le fils obtint le gouvernement de Pé-

élait Eléonore d'Estampes, ou Ktampes. ronne.

me faire tenir cette lettre pour toute la nuit de demain1. Il sera Novembre] pourtant bon que vous ordonniez à l'abbé de faire cognoislre à ladicte dame que le Mareschal n'a pas voulu quitter un sol pour l'amour d'elle, et, en effect, c'est la pure vérité. Je vous conjure aussy de fain engager cette dame à ne rien l'aire à l'advenir qui puisse desplaire à Leurs Majestez, et à les servir quelque temps.

Je n'escris pas à l'abbé, et vous luy pourrez faire voir l'article de cette lettre qui concerne Mmc de Cliaslillon, laquelle, à mon advis, ne se doit pas monstrer de quelque temps.

Le Confident s'est acquitté de toutes les commissions que vous lu\ avez données, et je vous rends tres-humbles {{races du souvenir qu'il vous plaist avoir de vostre créature

AIT. étr. , France, t. 896. — Original rigné.

Con)|)i>'-;;nn, •>."> aoverab e 1 655

(gXTIUIT. ;

Tout ce que vous avez respondu an curé de Saint-Séverin a ne pou-

voit estre plus sensé ny plus véritable, estant certain qu'il n'a point esté pratiqué jusqu'à présent que l'assemblée du clergé demandas! permission à l'ordinaire4, quand mesme il s'esl trouvé présent, de chantei la messe du Saint-Esprit \ et que les marguilliers sont dans nue \n^session, confirmée par plusieurs arrests, de pouvoir choisir ceuu «pu doivent prcsclier dans leurs paroisses, sans avoir recours au mesme

1 On a déjà vu cette locution signifiant : Se vérin, était, comme <>u l'a vu, an des

pour tout délai. vicaires généraux nommes parle cardinal

1 Le manuscrit n'indique pas à qui cette de Rets,

lettre esl adressée; mais il est probable, ' On appelait ordinaire l'évéque diocé-

d'après les questions qui y Boni traitées, sain.

que c'est an comte de Brienne. i Celte messe «levait <Mre chantée à l'ou-

Uexandre de Hodencq, curé de Saint- verture de rassemblée du cierge.

Novembre! 655, ordinaire et sans mesme que les curez s'en meslent, de sorte qu'il est aysé de voir que les difïicultez qu'on a faict naistre en ces deux choses ont un autre principe que l'exactitude du devoir, et que ceux qui en sont les principaux autheurs n'ont eu dessein en cela que de faire une affaire.

Nous sortirons sans doute de cet embarras par le retour du courrier qu'on a depesché à Rome, que j'espère qui sera 'à Paris avant dimanche, auquel cas vous ferez voir à MM. le Chancelier, Garde des sceaux, et Surintendans 3 la commission du grand vicariat qu'il aura apportée, et, s'ils le jugent à propos, vous lenvoyerez aussytost à ceux à qui elle aura esté adressée, afin quelle puisse estre publiée au prosne dimanche matin. Et si le courrier n'est pas encore revenu dans ce temps-là, je croy qu'il sera bon que les dicts sieurs Chancelier, Garde des sceaux, et Surintendans voyent la Reyne pour luy dire leurs sentiments sur ce qu'ils jugeront à propos de faire, dont vous pourrez prendre la peine de m'informer vous-mesme en toute diligence par un courrier exprez, afin que je vous fasse sçavoir les intentions du Roy.

Voilà tout ce que je vous puis respondre sur cette matière; jadjousteray seulement que M. l'evesque de Seez2 m'a escrit qu'il void disposition en plusieurs de l'assemblée de parler demain de la cérémonie de la grande messe pour en faire fixer le temps, et qu'il faut y remédier, ou en faisant retarder cette proposition, ou en esloignant la cérémonie; ce qu'il croid le moyen le plus facile, si on le concerte delà part du Roy. Je luy mande qu'il en confère avec vous* et s'il n'y avoit autre difficulté que celle-cy, je croy qu'elle seroit bientost surmontée, puisque, par le moyen de MM. les archevesque de Narbonne3 et de Sens \ on pourroit aysement adjuster que ladicte cérémonie se differast

1 Servien et Fouquet. ' Claude de Rebé. ( Voy. t. IV, p. 45 , n. 3 .

2 François Rouxel de Medavy, né le 8 des Lettres de Mazarin, et ci-dessus . p. 43.) août i6o4, sacré évêque de Séez le 21 mai ' Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin. 1 65 1 . fut transféré à l'archevêché de Rouen ( Voy. le tome IV, p. 10, des Lettres de Mnen 1671 ; il mourut le 28 janvier 1691. zarin.)

jusquesau retour du Roy à Paris, qui sera infailliblement mercredy ou Hmaim jeudy, dans lequel temps le courrier de Rome sera revenu.

AIT. étr., Angleterre, t. 66, f° 208.

À M. DE BORDEAUX

Compiègne, "G novembre i656.

(eitihit.)

La flotte d'Espagne, qui estoit au cap Sainl-\ incent. attendant Ifvaisseaux des Indes1, a est/- chassée par le mauvais temps al s'eal retirée à Cadis, où elle a desarmé, <le façon que, b\ l'on veul de delà1 profiter de cet advis et de celuy que je vous aj Laid donner par vostre secrétaire, il y auroit moyen de porter au* Espagnols quelque coup auquel ils ne s'attendent pas.

QVL

Imprime clans le recueil de Documents inâlti^ de VanhùlM (p. u'i i.

À M. DE FABKRT.

- novembi

(kuiuit.)

Après lui avoir donn<' des renscijnienicnls sur les momcmcnls do troupes ol Hll l'état général dea affaires, et partieulièremenl sur le pays de Liège, Maxarin ajouta !

J'ai enfin achevé l'affaire avec le marcsehal d'Hocquincourl, qui a\ oit

' Des Indes occidentales ou d'AmcYiipic quinrourl. I.a véritable date doii èliv le

' Du côld des Anglais. -17 nov. 1 655. J ;ii » l< m ii<- cette lettre, parce

1 L'imprime* porte la date du ->'i no- que le recueil de Yanliulli-I est peu n'pandu.

vembro 1 0 f> /1 . C'esi tue erreur, comme le A la BëdiotbècpM nationale* ce recueil eel

prouve ce qui csi dit du maréchal d'Hoc roi»; Ll-j, n" 8a.

Novembre 1 655. obligé (sic) de venir en ces quartiers et tenir l'armée ensernenl1, et |<vous puis dire sans aucune vanité que, si on en eust2 usé comme ou a faict, les ennemis seroient dans Peronne et Ham; leur armée seroit en quartier dans tout le pays entre Somme et Oyse, et ils auroient des postes sur cette rivière pour faire contribuer jusques aux portes de Paris et de Rouen; mais Dieu, qui protège l'innocence et les saintes intentions du Roy et de la Royne, a voulu destourner, par sa bonté, cet orage, lequel j'advoue qu'il auroit eu de grandes suites.

Vous sçavez comme j'ay traicté ledict Mareschal , lequel , sans autre raison que celle de vouloir avoir de l'argent et faire parler de luy, avoit résolu imprudemment de sacrifier honneur et tout ce qu'il possède dans le royaume pour servir les Espagnols et faire sa fortune avec des gens qui sont assez abattus et que tout le monde quitte.

Après avoir dit que Péronne sera remis au fils, Mazarin continue ainsi :

C'est un bon gentilhomme que le fils, et vous le cognoissez; enfin jamais argent ne fut mieux employé, car nous voila hors d'appréhension de ce costé-là, et le prince de Condé et les Espagnols bien confus de n'avoir [pas] profité d'une si belle occasion, comme ils avoient espéré et avec beaucoup de fondement; de n'avoir pu attaquer Condé, nonobstant les grands préparatifs qu'ils avoient faicts; de voir la Flandre en très mauvaise disposition; d'avoir perdu l'armée lorraine et d'estre affaiblis au point qu'ils le sont, et de se voir engagez en une nouvelle guerre avec les Anglois, qui ont desjà trente vaisseaux audevant de Dunkeraue et d'Ostende, qui empeschent toute sorte de commerce.

Le Roy ira à Peronne et à Ham devant de retourner à Paris, ayant estimé que cet esclat estoit nécessaire, tant pour le dedans que pour le dehors du royaume; car, sans cela, tousjours eust pu demeurer

1 Vieux mol qui a la signification de : ensemble, en même lieu. Dans ce passage, tenir l'armée ensement a le sens de : tenir l'armée réunie. — 2 Le texte imprima porte : si on eust usé.

quelque soupçon, que le Roy n'estoit pas absolument maistre de ces Novembre» 655. places.

cm

Aff. étr. , France, t. 895, f° 375. — Original signe\ lin autographe.

Compiègoe, ■•- novembi 1 1

J'ay esté bien ayse d'apprendre |>ar vostre lettre «1 hyer l'arrivée du courrier de Rome avec un bref da Pape pour la nomination (l'un sulTragant à l'archevêché de Paria, comme If Roy l'avoii deairé. Ces! un double bien qu'il soit venu assez a temps pour qous tires de rembarras où nous aurions esté s'il eust retardé jusques a l'A vent, el que nous soyons délivrez de la peine de faire encore remettre par l'assemblée la cérémonie de la messe du Saint-Espril '. Le Roj a approuvé la resolution qui a esté prise de ne point perdre de temps a remplir le bref et à le faire exécuter.

Pour cet effect, je vous envoyé une lettre de cachet expédiée par M. Le Tellier et adressée a \1. de Meaux '. par laquelle Sa Ma jesté lu y permet el mesme luy ordonne d'exécuter la commission de Sa Sainteté.

Vous la ferez voir à la Reyne et à MM. le Chancelier (le] Garde des Sceaux et [les] Suriiitendans. et. s'ils n'\ trouvent rien à dire, vous la rendrez aussytost audict sr evesque de Meaux; mais, eu cas qu'ils jugeassent à propos d'y changer quelque chose, je vous envoyé anssy un blanc signé de M. Le Tellier pour le remplir dans les termes

Voy. ci-dessus, p. 73. mort en 1659. Taliemanl parle d'abus de

1 Dominique Séguier, frère du Chan- pouvoir commis par lui mii le- biens uV

celier. conseiller-clerc au Parlement, doyen sou chapitre ù Meaux. Ses mœurs n'étaient

de l'église de Paris, premier aumônier du pas à l'abri de la médisance. (Voy. Ilùto-

Roi. évoque d'Auxerre, puis de Meaux. riette», !. IV, |>. 997.)

Novembre i(>55. que ces messieurs l'auront concerté. Et je ne sçay s'ils approuveraient une pensée qui m'est venue que, puisque le Pape n'a pas voulu mettre dans le bref que la nomination qu'il faict d'un suffragant fust ad pelilionem Régis Cliristianissimi, il seroit à propos que le Roy, dans sa lettre à M. de Meaux, mist qu'ayant demandé à Sa Sainteté au elle pourveust, etc.

Je ne croy pas que personne dans l'assemblée [du clergé] s'en pust formaliser, et, en tout cas, si l'on voyoit que, sous ce prétexte ou sous quelque autre, de certaines gens voulussent cabaler pour empescher l'effect du bref, il faut leur parler liautement et leur dire que Sa Mu; sçaura bien fajre valoir l'authorité du Saint-Siège et la sienne et dissiper les menées de ceux qui voudraient favoriser le trouble et le desordre. Il sera bon aussy de inesnager en cette occasion MM. du chapitre de Nostre-Dame et de leur dire que, le Roy ayant tant de sujet d'estre satisfaict de la conduite qu'ils ont tenue en cette affaire, Sa Mté ne doute point qu'ils ne soyent bien ayses qu'on en sorte par un expédient authorisé par le Pape et par Elle, et qui faict voir clairement le juste sujet qu'ils ont eu cy-devant de pourveoir aux desordres de l'église de Paris et d'en prendre l'administration.

1 H ne sera pas mesme nécessaire que M. de Meaux fasse voir à l'assemblée la lettre de cachet du Roy. Au surplus, l'on me demande que quelques prédicateurs se préparent à fronder en faveur du cardinal de Retz, ayant esté pratiquez pour cela. Je ne sçay pas s'ils seront sy hardis que de consentir à offenser le Roy; mais, en ce cas, il faudra que l'indignation de Sa Ml<i paroisse hautement et sans perdre un moment de temps. Je me donne l'honneur d'escrire à la Reyne que je me remets à ce que vous direz à Sa Ml(i.

1 Ici commence la partie autographe, qui va jusqu à la tin de la lettre.

.-. i . Novembre 1 665.

Bibl. nat., ms. f. fi\, t. 93,309 , f* 17 r" '. — Autographe.

À L'ABBÉ FOUQUET

Coropieme, 27 novembre i655

J ay receu vostre lettre avec celle pour M. le mareschal d'Hocquincourt2, à qui je l'envoyeray tout aussytost, afin que. recevant aussft l'argent, comme il le peut dez aujourd'liuv, on puisse exécuter tontes choses sans aucun retardement. Je suis tree-ayse .le re que vous me mandez de Mmc de Ghastillon, et pourvu qu'elle tienne ee qu'elle voua a promis, elle n'aura jamais suject de Be plaindre de moy. Peut eatre que le mare&chal d'Hocquincourt aura donné ordre à quelqu'un de voir ladicte dame pour sçavoir si elle est véritablement libre. Je vous prie de faire en sorte que tout se passe bien et de me croire toujours le meilleur de vos amis.

I l\ Aff. étr., Franco, t. 279 . P 7». — Copie 'lu temps.

\ LA REINE

* pu >;iic. •>- novembn 8

L'abbé Fouquet m'a envoyé la lettre que j'avois demandé* . et l'argent est prest a compter. .1 altens celuj <pii doit venir de Peronne pour

1 Cette lettre a e"t<! placée, dans le manu- réohal d'Hooquinooart, (|u<' rabbé Fouqoel

scrit, a» milieu des lettres de décembre, H avait »■!<• chargé de lui demander. (Voy. ei-

faut rectifier la classification adoptée, dans dessus. p, i.'iy. \ L'Histoire mmourtuae <l> ta

ce manuscrit, des lettres de septembre pia- Gaules de Bussv (éd.Laknne, 1. II. p. 3q6)

eées en décembre, eontiant le récit piqianl de tarie oatte in-

1 La lettre de M"" de Châlillon au ma- triglie.

Novembre! 655. le recevoir et [qui] sera bientost icy avec un gentilhomme que le M;ireschal envoyé pour asseurer le Roy de sa fidélité; mais je ne vous puis mander le jour du départ du Confident, car je ne le sçay pas; et ayant affaire avec un esprit si me (liant comme est celuy dudict Mareschal, que les ennemis n'abandonnent pas encore, il ne seroit pas de la prudence que de rien bazarder pour un jour plus ou moins; mais vous devrez estre bien asseurée que le Confident et moy voudrions avoir des aisles pour nous rendre en un moment auprez de vous.

La lettre se termine par les formules ordinaires :

On m'escrit que la Met-1 est fort satisfait de la manière dont 22 2 en use a son esgard, et qu'il a grande envie de voir les Anges3 pour leur dire des choses là-dessus qui les contenteront, autant que 16* l'est5 de#°.

GX.

Ail. étr. , France, t. 896, f° 377. — Copie du temps.

À M. SERVIEN

Compiègne, U7 novembre 1 655.

(extrait.)

Pour ce qui est de la depesche de Rome, j'envoye à M. de Brienne la lettre de cachet qui est nécessaire avec une autre en blanc, afin qu'il s'en puisse servir en cas de besoing et particulièrement si on juge à propos que le Roy commence la lettre disant : avoir faict instance au Pape pour avoir an sujfragant.

Ce que vous me mandez à l'esgard de l'assemblée 7 et du chapitre de Nostre-Dame est fort a propos, et j'en escris à M. de Brienne, et j'estime qu'il seroit bon que la Reyne envoyast quérir le doyen de

1 Mazarin. — a La Reine. — 3 La Reine. — ù Mazarin. — s Est contint. — ' De la Reine. — 7 A l'égard de l'assemblée du clergé' qui se tenait alors à Paris.

Nostre-Daine1, le sieur de Thevenin2, M. de Ventadour, le chanoine9 Novembn et quelques autres, pour leur parler conformément à ce que vous avez pris la peine de m'escrire, et vous en conférerez avec M. de Brieumpour en parler ensuite à Sa M1' .

Je tasche de gaigner des momens pour l'exécution de ce qui a esté arresté avec le mareschal d'Hocquincourt, lequel n'est pas encore abandonné des Espagnols, ne s'y pouvant pas' résoudre après avoir [creu]a la chose faicte; mais comme les raisons du Roy sont plus effectives el prestes à compter, et que les leurs consistent eu «le grandes espérant qui ne persuadent pas beaucoup lorsqu'on voit réduicts dans la misère ceux qui sont engagez avec eux, j'estime que, pour celte fois, ils se contenteront d'avoir esté à la veille d'une grande affaire, sans en célébrer la leste.

\IF. été., Fiance t. 896, f" 38o. — Copie du temps.

À ONDKDKI.

Compiègne, 07 novwnbn (extrait. I

J'ay receu vostre lettre avec les depesches de Rome, que je vous renvoyeray au premier jour. J'aj esté bien ayse de ce qui s'est faict,

1 Jean-Baptiste de Contes, né en 1601, se confondent bellement dans les Minâtes de

chanoine de Noire-Dame en i6»7, doyen Masarin. Je pense que le eopiste aura mai la.

en iti'17, mort en 1679. • Cette lettre est écrite a l'occasion d'an

1 Claude Thevenin . nommé chanoine de brefd' Mexandre \ Il , par lequel le Pape B'en-

Paris en i0-'..r), mort en i663. gageai! > nommer, pour administrer le dio-

Henri de Levis de Ventadour avait été cèse de Paris, le Buffraganl que le Roi vou-

nommé chanoine de Notre-Dame en i65o. tirait choisir. Lionne en donnait avis .1 son

Il mourut en 1680, a l'âge de 84 ans. onde Servien dans une lettre du 17 oovi m-

1 Le Bens est : les Espagnols qui ne s'y bre 16SS : irLe Pape, lui écrivait-il, B'esl

peuvent pas résoudre, enGn décidé de dépouiller le cardinal de ReU

1 La copie porte Deu; mais le pet le cr de l'autorité dont il abusoil -1 fort el mesme

i\'ovembpei655. qui doit estrc recognu de l'adresse de M. le cardinal [Biclii] ' et de la vigueur avec laquelle M. de Lionne a parlé suivant les ordres qu'il en avoit receus; ce qui me faict peine, c'est qu'on mandera à Rome que le Roy estoit résolu de recoguoistre les vicaires du cardinal de Retz, et que le Pape sera fasché de s'estre laissé aller à la nomination d'un sufïragant. Sur quoy il ne faut pas douter que ledict cardinal [de Retz] ne s'échauffe tant qu'il pourra; mais il ne sera pas difficile de remédier aux inconveniens qui pourront arriver de cela.

Il ne faut pas douter que M. de Lionne ne surseoye à l'exécution des derniers ordres qu'on luy a donnez, puisque les affaires avoient changé de, face; et quoyque la resolution du Pape m'ayt extrêmement surpris, je vous advoue que, considéré la conduite qu'il avoit tenu, si c'estoit à refaire, le Roy ne pourroit donner d'autres ordres à M. de Lionne de ceux2 que Sa Mté lui a donnez. Il est vrai que, par toutes sortes de raisons, Sa Sainteté devoit faire ce qu'elle a exécuté, et vous sçavez que j'en avois esté toujours persuadé; mais les advis qu'on nous a donnez de tous costez, la manière dont Sa Sainteté se conduisoitavec tant de remises3, et la nécessité précise de sortir d'une affaire qui nous donnoit de l'embarras, ne pouvoient pas permettre de prendre autre resolution que celle d'escrire comme on a faict à M. de Lionne.

Je vous prie de faire des complimens de ma part à M. le Nonce, de le flatter et de luy tesmoigner que je crois qu'il a la principale part dans la resolution que le Pape a prise, et, au surplus, ne manquer pas,

• d'un suffragant ° donné pour l'administration changea d'avis lorsqu'il connut les conditions

de l'église de Paris, tel que le Roy fera co- imposées par le Pape. Il s'en plaint dans une

gnoistre à M. le Nonce estre le plus a son lettre du 27 novembre adressée à Brienne.

service et de sa satisfaction. 1 (Lettre auto- (Voy. plus loin, p. 159.) graphe de Lionne à Servien, Aff. étrang. , ' La copie porte Breti; mais c'est une

Rome, t. 1 28 , f 436 .) On voit par la lettre erreur évidente, à Ondedeique Mazarin partagea d'abord les s Différents de ceux,

sentiments exprimés par de Lionne; mais il "' De délais.

" C'est-à-dire, un de9 évèques suffragants de l'archevêque de Paris; les évoques suffragants de Paris étaient, à cette époquf, ceux de Meaux, d'Orléans et de Chartres: l'évèché de Blois ne fut établi qu'en 1687.

DU CARDINAL MAZÀR1N. 159

en cas de besoin, de parler aux evesques de l'assemblée \ de ma part, Novemta t65t de la bonne manière.

Aff. élr., France, t. 896, f° 373." — Copie du temps.

Compi<'(jiie , 27 novembre 16G

J'ai este- fort surpris de voir par vostre lettre !<• discours que M. le Nonce vous a faict et les seuretei qu'il a ordre «le demander, [sçavoir] (jue l'assemblée du clergé et le Parlement deffereronl au bref «juc le Pape a envoyé sur l'administration du diocèse <le Paris. M. le cardinal Bichi et M. de Lionne ne me mandent rien de semblable, mais seulement que le Roy doit employer son autorité pour (aire exécuter ce que Sa Sainteté a ordonné. C'est ce que Sa M1 veut encore faire, el il sera bon que la Reyne envoyé quérir M. le Nonce pour le lu\ déclarer; mais comme nous avez fort bien dict au Nonce le pouvoir absolu et despotique en France résidant en la seule personne du Roy, Bans qu'aucun des corps du royaume puisse prétendre v avoir part, on rie Bçauroit trouver une seureté plus grande de ce qui se doit exécuter que la volonté et la parole de Sa M1', el lien ne mm oit si préjudiciable à son autorité que de faire quelque démonstration qui temoignast que les choses qu'Elle promet eussent besoin d'estre approuvées

1 De l'assemblés du clergé, conditions imposées par le Pape, il changea

1 Cette lettre porte la date da 97 novem- d'avis et déclara qu'on devait les rejeter,

bre 1 655; mais eue doit être un peu posté- C'est ce «pic prouva cette seconds lettre

rimre. On a vu, en eiet, par phuiesn adressée au comte de Brienne. Lebrefpon-

lettres du 37 novembre citées antérieure- tilicnl ne fui pas admis, et m serra, dans

nii'iii . nus Maaarin paraissait 1res satisfait la suite de celle oorreapondance, sue l'on

île la eommation par le Pape d'un su lira- adopta, a Rosne et à Paris, dnatras mesures

jjaui de l'archevêché de l'aria pour admi- prnir rsshninintration du diurèse . et combien

nislrer le diocèse; mais lorsqu'il connul les Mazarin eut de peine à le-- l'aire réussir.

Novembre 1 655. et confirmées par le clergé ou par le Parlement, dont tout*; la puissance émane de Sa dicte Mt,: et ne subsiste point par elle-mesme. de sorte que ce que M. le Nonce propose seroit une nouvelle et très-pernicieuse introduction1 dans l'Estat; et, dans ce cas, le temperamment qu'on a trouvé pour sorti)- d'embarras et pourvoir à la direction de l'église de Paris, au lieu de produire du bien, seroit malum pejus priore* et pourroit avoir de beaucoup plus dangereuses suites. Je m'asseure que M. le Nonce se rendra à ces raisons; mais, à toute extrémité, si on ne peut pas autrement, M. de Narbonne3 et le Procureur gênerai* pourroient l'aller voir pour l'asseurer de ce qu'il désire, et si la Reyne le juge à propos, Elle n'aura qu'à leur en donner l'ordre.

J'ay grand soupçon que M. le Nonce ayt esté visité et persuadé de quelque evesque, ou [autre] partisan du cardinal de Retz, pour vous parler ainsy qu'il a faict, et, s'il y persiste, il n'en faut pas douter. Pour moy, je crois qu'il ne peut y avoir rien de plus injurieux à l'autorité du Roy que de vouloir que le Parlement et l'assemblée du clergé déclarent que les ordres de Sa Mt,! seront exécutez, et je m'asseure que tout le monde sera de mesme advis.

Aff. étr. , France, l. 272, f° 72, et t. 896, f" 382. — Copie du temps.

À LA REINE

Compiègne, a8 novembre 1 655.

(bxtbait.)

Je fais tout mon possible pour disposer les choses en sorte que le

' Innovation semblerait préférable , el il ' Nicolas Fouquet , qui était en même

pst possible qu'il y ait eu erreur du copiste. temps surintendant des finances. L'arcbevê-

! Un mal pire que le précédent. m que de Narbonne -étoit ami des Fouquets».

3 L'arcbevêque de Narbonne était, en dit le père Rapin. (Mémoires, t. II, p. 392.)

1 655 . Claude de Rebé , dont il a été question H prit pour coadjuteur, en 1 656 , François

au tome IV, p. 45, des Lettres de Mazarin. Fouquet, évêque d'Agde. frère du Procu-

Jl était président de l'assemblée du clergé. reur général.

Roy puisse aller demain à Noyon , pour estre, le jour d'aprez , à Main. Pfowmbrei655. et delà à Peronne; mais bien quej'aye sujet d'espérer, par les diligences que je fais, qife la chose se fera aiusy, je n'ose pas en respondi ne sçachant pas si l'esprit du maresclial d'Hocquincourt sera dans ! sielle (ju'il Tant pour cela.

J'ay esté 'bien dur de ne m'estre rendu à l'esclavage de la dame1. Jamais, en ma vie, je n'entendis une si grande extravagance, el m'asseure que vous me laides la justice de croire que le Roj el la Reyne ne courront pas grande risque3 à cause des beautez qui me pourront surprendre.

Je suis persuadé que l'expédition de Rome, avec les clauses qu'on l'a envoyée1, ne produira aucun bon effect, el je voudrais bien que M. de Lionne eusl exécuté les ordres de demander des vicaires4; car enfin tout serait achevé contre la volonté du cardinal de Retz et de tous les brouillons, qui ne souhaitent autre chose que de voir aller l'affaire de longue9; mais, à mon advis, il vaut mieux s'exposer a toutes sortes d'inconvénients, «pie de donner les mains a la négociation avec les présidents de l'assemblée | du clergé] et du Parlement, pour sçavoir s ils agréeront ce que le l!<>\ veut, u \ ayant rien de si injurieux a 1 authorité monarchique qui ne peut despendre, dans ce qu'elle faict, d ■ l'approbation de qui que ce soit, et s'il en estok autrement, le Roy, au lieu d'être absolu, deviendrait le doge de la republique de France.

Je crois, si MM. du Conseil l'approuvent, qu'on doit remettre toul choses au retour du Roy, en cas que l'affaire ne soit accommodée par les moyens que j'ay escrit à M. de Brienne; ce quej'a) peine à croit

De la duchesse de Châtillon.

Le mot risque était alors du genre féminin.

' Vby. ci-dessus . p. i 59

' Des vicaires généraux pour administrer le diocèse <!«• Paris en l'absence de Par chevéque.

Quede voir l'affaire traîner en longueur

Novembre 1 655. , . .

AIT. (Hr., France, t. 272, f° 7/1. — Copie du lemps.

À LA REINE

Cnmpii'gne, 3o novembre 1 655.

(extrait.)

Voilà toutes choses adjustées avec le mareschal d'Hocquincourt, moyennant une lettre qu'il a désirée esciïte de nia main pour sa seureté, à cause de l'abolition qui n'est pas encore arrivée de Paris. Le Roy partira à midy pour aller coucher à Noyon, et demain à Ham. où Sa Mté donnera les ordres qu'il faut pour la seureté de la place.

Mazarin indique ensuite que, si les ennemis n'attaquent pas Conde', le Roi se rendra immédiatement à Paris. Il revient, en terminant, sur le bref du Pape qui nommait un suffragant pour le diocèse de Paris :

Il ne faut pas douter que le cardinal de Retz n'ayt eu la principale part à l'expédition venue de Rome et à la publication qui s'en est faicte à Paris, puisqu'elle cause du trouble, [et] puisqu'on peut dire avec vérité qu'il n'a autre but. J'ai peine à croire ce que Mme de Chevreuse vous a dict à l'esgard des créatures du cardinal de Retz; car il est impossible qu'elles ne soient ravies du bref, puisqu'il faict du bruit, et on sçait bien que, suivant les ordres dudict cardinal, elles ne travaillent que pour cela; mais peut-estre ces personnes auront, avec artifice, tesmoigné autrement à ladicte dame.

Aff. étr. , France, t. 895 , f° 377. — Original signe.

Compiègne, 3o novembre i655.

(extrait.)

J'ay veu, par vostre depesche d'avant-hyer, de quelle manière la

DU CARDINAL M AZARIN. 103

nouvelle du bref, que le Pape avoit envoyé de Rome, a esté receu dans Décembre 1 655. l'assemblée [du clergé], et la resolution où paroissent estre la plus grande partie des prélats de n'y pas déferrer. Puisque ce! expédient, qu'on croyoit nous devoir sortir d'embarras, en produit de plus grands et esehaulfe si fort les esprits, il ne faut p;is douter qu'il n;i\t esté suggéré à Sa Sainteté par le cardinal de Retz el que le bref n'avt esté expédié de son consentement. Je suis bien ayse que vous n avez pas satisfaict au dernier ordre qui vous avoit esté envoyé là-dessus, la disposition présente des choses obligeant a examiner plus neuroœenl cette matière.

Le Roy va aujourd'hui coucher à NoyOfl el demain a llam. Si Coude "st assiégé, comme nous avons divers advifl que les eiineiin- v marchoient, Sa M" s'advancera pisques a Saiiil-Ouentiii pour donner chaleur à l'année qu'on envoyera au secours de la place. Si ces advis ne se confirment pas, on ira de ilain a Peronne, et ams\ noue aérons a la lin de la semaine à Paris, où l'on prendra les dernières résolutions de ce qu'il y aura à faire. Ce pendant je demeure, etc.

Aff. étr., Prapee, t. &a$, — Cofiie 'lu tempe.

À L'LVI-OIK D'ORANGE.

Paris, 10 décembre i

Sa M1'" a trouvé bon de vous descharger du smn de tout ce qui regarde les vaisseaux en général et en particulier, atin d'osier tout prétexte à M. de Vendosme de se plaindre quoi) entreprend sur sa charge ' el s'eschurcir une fois pour toutes si les choses en iront mieux Lorsqu'il agira seul et qu il sera responsable de tout. Nous MOUS contentera donc désormais de vous mesler seulement de ce qui regarde les galères.

D'amiral de France.

Décembre i655. Pour moy, je m'abstiendray aussy doresnavant do prendre cognoissance du destail des affaires de la marine, c'est-à-dire des vaisseaux, et j'escris en cette conformité à M. deVcndosme, afin qu'il s'adresse pour ces choses-là aux ministres qui sont proposez pour y vacquer, et non plus à moy, comme il faisoit cy-devant.

11 s'est plaint en dernier lieu de ce que vous vous estes ingéré d'envoyer vos ordres au bord de l'admirai et des autres vaisseaux pour lircr le canon dans l'occasion de quelques saluts. Je lui ay respondu que je m'en informerois et qu'il luy en seroit faict raison. C'est pourquoy vous m'esclaircirez, s'il vous plaist, de la vérité; mais je vous diroy librement que si vous en avez usé de la sorte, vous avez eu tort, et qu'en ce cas il est juste de le satisfaire; mais, pour moy, je crois qu'il y a du plus ou du moins dans cette affaire.

Mazarin lui parle ensuile de rembarquement projeté du régiment de Modène, de ce que redoit Vanicelli pour l'argent des leve'es qu'il a touché, ensuite des taxes d'Arles et de Marseille qu'on ne doit pas laisser perdre, etc.

GXVI1.

An", étr. , Suède, t. 19, f° /ni et suiv. — Original chiffré; le déchiffrement est au folio 4i5 et suiv.

À M. D'AVAUGOUR

Paris, 12 décembre i655.

Enfin, aprez quelques sepmaines d'intermission, j'ay receu la vostre du 9me du passé. J'ay esté bien aise d'apprendre que vous estiez à la veille d'aller joindre le roy de Suéde à Varsovie et que vous ne vous estiez pas seulement abouché avec le sieur de Lombres1, mais que vous aviez mesme conféré avec l'électeur de Brandebourg. 11 y a lieu d'espérer qu'il pourra réussir de ces conférences quelque eflect conforme

1 Président de Lumbres. (Voy. ci-dessus, p. 61 et 62.

à nos intentions. 11 semble que la conjoncture n'a pas esté jusquicv si DéeembréitoS. favorable pour cela qu'elle l'est maintenant, e1 que le fruict que noue voudrions cueillir n'est pas loin de sa maturité.

Vous aurez pu comprendre par les divers ordres que vous avez reeeus qu'il v a trois choses auxquelles voua devez travailler : à moyeoner quelque accommodement, s'il est possible, entre le roy de Suéde el celuy de Pologne; à adjuster le différend qui es! entre le mesme ro] de Suéde et l'électeur de Brandebourg; à Douer nue plus estroicte alliance entre la France et la Suéde. Ce dernier poi net, qu'il faut abgoliirnenl terminer conformément aux instructions qui voua onl esté envoyées, recevra une grande facilité du bon suecez les autres.

Quant au premier, j'ay a vous dire, pour le faire sçavoiv au ro\ de Suéde et pour lu\ donner une marque de l'entière conBance ei ouverture de cœur avec laquelle nous traittona avec luy, que I Empereur a esci'ii au Roy pour le convier de vouloir s'entremettre, conjoinctemenl avec luy, de l'accommodement entre le n>\ de Suéde . i celuj de Pologne, et que M. de Brienne vous envoie la copie de la lettre de Sa Mu Impériale el de la response du Roy, qu'on continuera à I ad-

vertir1 dans celte manière francl l ouverte, el qu'il ne se passera

rien de deçà, qui le puisse regarder directement ou indirectement, dont on ne luy donne part, estant \rav que la Fiance ne prétend point distinguer entre ses propres interests el les siens; qu'au reste, pour ce qui est de la médiation susdicte, ce prince ne peut ignorer que le Roj ne se soit employé par vostre ministère à destourner la

rupture qui s'est Gaieté entre la Suéde et la Pologne, el qu'il n'a 68-

pargné aucune sorte d'offices pour mettre bien les deux nus. qui s(,nt aujourd'huy en guerre; qu'il n'a pas aujourd'hui une moins ardente passion de l'aire cesser celle guerre par quelque bon accommodement, s'il y ;> lieu de l'espérer et de le faire (ce qu'il ne croil pas impossible); qu'il s'asseure aussv que, s'il s'en faicl quelqu'un, comme il le désire, il se promet que ledicl prince déférera plus à son entremise qu'à celle

' Le déchiffrement donne : à Fadverlir; mais il est probable qu'il faudrait lire : à l'ad venir. Celte correction ne changerait pas le sens de la lettre,

n.v.tnin.M (,:,.,. d'aucun autre, et luy en laissera ou toute la gloire de l'événement, ou la plus grande partye; qu'en cela il luy fera justice, puisque Sa M" feroit le mesme pour sa considération en une pareille occurrence, et eu un mot, que c'est l'interest de l'un et de l'autre de vivre non seulement dans les lois d'une amitié fraternelle et indivisible, mais de le faire paroistre au inonde, afin qu'ils se rendent par là, l'un et l'autre, plus considérables.

(Juant aux considérations que vous devez employer pour disposer ce prince à un accommodement, les plus fortes sans doute seront celles que vous tirerez de Testât des affaires de ce pays-là et de la disposition où vous trouverez les esprits. Vous pourrez neantmoins représenter au roy de Suéde, de qui la paix dépend principalement, comme du victorieux, qu'il a subject de se contenter du progrez de ses armes en Pologne, soit pour la réputation, soit pour l'utilité; qu'il pourra trouver dans cette paix la principale fin qu'il s'estoit proposée en commençant la guerre ; qu'un bien présent et certain doit estre préféré aux espérances d'un plus grand bien, qui, estant à advenir (sic)., peut manquer par mille moyens que la fortune a de le destourner; qu'on ne voit rien de plus ordinaire que les révolutions qui arrivent à la guerre; qui, quoy qu'il soit belliqueux et sage au dernier point, et qu il ayt les meilleurs officiers et les meilleures troupes de tout le Nord, que neantmoins il pourroit s'eslever des forces contre luy comme celles de l'Empereur et de ses amys et partisans, qui lui feroient plus de peine que nous ne désirerions; que, estant délivré de la guerre de Pologne par un accommodement seur et advantageux, il pourroit s'appliquer, conjoinctement avec la France, à faire observer les traités de Munster et d'Osnabrûck et à destourner la succession de l'Empire dans1 la maison d'Austriche; que c'est à quoy la France se portera de son costé avec vigueur et sans rien espargner.

Vous prendrez de là occasion, ou comme vous le jugerez à propos, de luy insinuer que, comme par la guerre que nous avons avec les

1 Le déebiûremenl porte bien : dans. Il semble qu'il faudrai de. Le sens est évidemment : enlever la dignité impériale à la maison d'Autriche.

Espagnols, nousempeschons (pic l'Empereur ne se puisse prévaloir de Déwnkrej6« leurs forces ny de leur argent, avec quo\ sans doule il pourrait entreprendre et contre luy et contre d'autres princes; qu'il importe aussy, pour le bien du bon party, qu'on tienne «mi eàchec les loi ers que 1 Empereur a sur pied, et qu'où l'empesche qu'il nous en jette sur les bras, dont le contre-coup rejailliroit avec le temps contre nos amyfl el confédéré/,. 11 faudra mesnager cette considération seurement et adroitement. et que ce ne soit point dans quelque contretemps; ce qu'on remet à vostre discrétion et prudence.

Sy l'accommodement avec la Pologne se rendoit faisable, celuj d'avec l'électeur de Brandebourg le seioit sans doule davantage, bien que celuy-cy se peut (lie) faire sans I autre; mais tous les deux apporteraient une merveilleuse facilité à l'alliance que nous avons projetée avec le roy de Suéde el à celle que le sièur de Lombres doit traiter avec M. l'électeur de Brandebodfg, ainsy que vous aurez concerté* ensemble.

Je vous ay escrit ce que dessus dans l'estal < j i m * vous nous avez

représenté oelu\ des choses de te pàVB-la, lecpiel. comme il aura pu

changer a\ani que vous receviez celte lettre, vous ferez comme les

bons pilotes , qui tournent leurs voiles selon la nature des vents qui régnent.

Enfin vous donnerez part au ro\ de Suéde de- rejouissancei qu'on a eu ioy pour la paix d'Angleterre1, laquelle il voua a tasmoigoé qu'il

desiroil. avec passion. \uss\ a-ce este un des motifs (pu nOUS a bOUMM

à la conclure. Faitës-lùy valoir ctiodestemenl cela pour le portera celle de Pologne, quoy que l'argument ne soil pas diis plus forts. Nous lus ferez aussy sçavoir, afin qu'il voyç qu'il n \ a rien qui le puisse regarder dont nous ne le fassions participant, que la revue Christine a

eSCrit a Lejuri Majestez et à mo\ sur le siiliject de sa conversion a nostre religion ; sur quoy on luy a laid les responses qu'on a pigé convenables. On a aussy faiet mettre à la Bastille un gazetier burlesque pour \ avoir

1 Pour le traite de Westminster. (Voy. ci-dessus, p. ij-, note .'i.

Décen>bire,i6&5j inséré des choses désavantageuses à ce prince, quoy que ce n'est p;is une grande preuve du respect qu'on a icy pour sa personne; mais. î» randes ou petites, on ne manque pas de luy rendre toutes celles qui luy sont deus. J'auray soin à vos interests et je seray tousjours tresverilableinent, etc.

GXVIII.

Aff. étr, , France, t. 271, f° 4i8 v\ — Copie du temps.

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