‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 37 sur 285 · ROMA · texte numérisé non relu

ROMA

Parigi, 16 dicembre i65ô.

(extrait.)

Mazarin rappelle les motifs qui rendent impossible l'exécution du bref. Le Monce a déclare' que ce bref relatif à la nomination d'un suffragant pour l'administration du diocèse de Paris ne serait valable que si l'assemblée des évêques et le Parlement l'acceptaient sans contestation 1. C'est une condition impraticable et injurieuse pour Sa Mle. Le Conseil du Roi a cru que les artifices du cardinal de Retz avaient abusé de la bonne intention du Pape pour susciter de nouvelles difficultés. On soumettrait, si une pareille condition était adoptée, l'autorité du Roi à celle de ses sujets. On a cru que le Nonce n'avait pas bien compris les clauses du bref, et cette opinion a paru d'autant plus vraisemblable, que le Nonce a refusé de remettre l'orinal, et même une simple copie du bref. On a renoncé au projet de nommer un suffragant. Mazarin ajoute des plaintes très vives contre les vicaires généraux de Retz, et spécialement contre Chassebras :

Sua Sla ha veduto Chassebras, uno de più infervorati 2 gianseniti, praticare arditamente, perordine del cardinale di Retz, tutti li modi più propii per accendere il fuoco d'una nuova seditione in Parigi senza che

1 Voy. ci-dessus, p. 1 5g. — ! Le sens est : un des plus ardents jansénistes.

DU CARDINAL MAZARI.Y 169

Ella habbia detta una parola contro di lui. Sua Su, con questo silentio Décembre 1 655.

senza prorre alcun rimedio a tanti eccessi, hà fatto credere à tut t i di

approvare l'insolenza del suddetto in dispregio delT autorila regia. e

di preferire la sadisfattione del delto cardinale ail' aversioue di S. S

contro li giansenisti condannati da Innocentio col suo consiglio \ et

ail' afïetto clie dice havere per il Re e per la quiète del regno. Dali

altro canto, e nell' istesso tempo, il Re continua più vigorosamente che

mai le resolutioni prose contro i medesimi giansenisti. Questi inorgo-

gliti dall' assistenza clie pretendono havere dal crédite del cardinale di

Retz in Roma e favoriti quà da persone <li qualité adherenti ;il mede-

simo cardinale erano ricorsi al Pariamento per irapidere alla Sorbona

la censura di un' libro di Arnauld - et per esciudere da essa i Regolari3

corne ependenti dalla Sede Apostoliea.

Mazarin continue en insistant sur le contraste de la conduite du Roi el du Pape à Pégard des jansénistes et termine en déclarant qu'à l'avenir, on s'abstiendra de toute plainte à Rome contre Le cardinal de Retz.

GX1X.

Ail', élr. . France, t. «71, 1° 4i3. — Copie «lu temps.

\ M. DE LIONNE

Perigi, 1 1 déeembn 1 6

(kitiuit.)

Le Conseil du Roi pense que le Pape 1 voulu se moquer de Lionne et des

' Avant d'être élu Pape, le cardinal (lliijji de France i le duc de Liancourl ). par M. Ar-

était, comme on l'a dit, secrétaire d'Etat sous oauld, docteur m Sorbotme. Cette eondam-

le pontifical d'Innocent \. On avait conseillé nation d'Arnauld lut l'occasion de la publi-

à ce Pape de condamner les cinq proposi- cation des kttrtiproemeùtles de Pascal. Elle-

lions extraites de YAvguatimu de Jansénius. commencèrent à paraître en 1 650.

Le livre d'Antoine Arnauld, qui, en dé- 5 Pour faire exclure des séances de la

cembre iti5G. fut condamné par la Sor- Sorbonne les moines et les religieux soumis

bonne, était intitule : Lettres à un duc et pair à une règle monastique

HAZARIR. — vil. .,.,

IVPAIBtM lâTIQ

Décembres 655. ministres français parle bref qu'il a chargé le Nonce de remettre. Mazarin a est pas de cet avis : il croit que le Pape, qui voulait rendre la paix à l'église de Paris, a été trompé par le cardinal de Retz. Le Roi refuse à de Lionne le congé qu'il demande pour revenir en France; on allègue pour prétexte que la saison n'est pas fa\orable pour voyager avec des dames. On se prêtera volontiers à son désir quand les froids seront passés l.

Mazarin parle ensuite du désir qu'a le Pape de prendre part au congrès pour la paix générale; il pense qu'il faut éviter qu'il y soit admis. Il termine en déclarant qu'il ne croit pas qu'on doive remettre à Retz la lettre de l'assemblée du clergé,

lo non credo che sia beue di far rendere la lettera dell' assembiea al cardinale di Retz per non parère che sicerchino mezzi per ottenere una cosa che il Papa hà proposta el offerta più d'una volta, ed in ogni caso si potrà rendere. Quando le speditioni saranno fatte; ma se il delto cardinale ricusasse di fare la deputatione de nominati dal Re '-. ail' hora bisognarebbe darla in ogni modo per impegnare l' assembiea3 et haversa del canto nostro.

' De Lionne n'était pas dupe du prétexte allégué par Mazarin. Il s'en plaignait dans une lettre du 3o décembre 1 655 , adressée à son oncle, Abel Servien: «J'ai considéré , lui écrivait-il, que, nonobstant tous les chagrins et mortifications que je souffre icy , je ferois encore un plus mauvais personnage, arrivant à Paris, si je pars contre son gré(contre le gré de Mazarin), et que tout ce que j'ay faict icy non- seulement me seroit alloué à rien, mais que j'aurois perdu quelque chose prez de luy, et que, comme il sçait mieux que personne donner de l'absinthe à ceux qu'il veut ', particulièrement quand ils lui sont inutiles comme moy, on m'en prépa-

rerait, à mon arrivée, un bon breuvage." (Aff. étr. , t. ia8 de la Corresp. de Rome, i

2 Le sens est : de confier l'administration du diocèse de Paris aux membres du clergé nommés par le Roi.

3 On voit, par ce passage, que l'assemblée du clergé avait pris l'initiative de la mesure d'après laquelle le cardinal de Retz devait choisir, sur une liste dressée par le Roi , les administrateurs du diocèse de Paris. Retz se rendit enfin à cette proposition , sur les instances du Pape, et nomma, le dernier jour de décembre i655, pour administrateur du rbocèse de Paris, M. du Saussay. curé de Saint-Leu-Saiul-Gilles b.

' Ce mots sont soulignés dans le manuscrit.

1 La paroisse de Saint-!. eu-Saint-Gitles faisait partie du quartier Saint-Jacques de la Boucherie et était située entre les rues Sl-Dcnis et la Salle-au-Comte. Guy-Patin fait mention de la nomination de M. du Saussay dans une lettre de janvier i656 : «Nous avons ici , dit-il, un grand vicaire nommé par le Roi el agréé par M. le cardinal de Retz, pour l'administration de l'archevêché de Paris; c'est M. du Saussay, officiai de Paris, curé

Aff. élr., France, 1. 1271, P /ia5 v° (t. 32 du recueil des Lettres de Mazarin). — Copie do temps.

AU CARDINAL RICML

Parifji, ià décembre 1 65

(kjtbait.)

En réponse à une lettre du cardinal Riclii, Mazarin traite quatre point* principaux :

i" La question des vicaires généraux et la proposition du Pape, qui soumettrai! l'autorité royale aux Parlements et à rassemblée du clergé, n'est pu admissible

•>" Il déclare que le Pape avait éludé les demandes du Roi, qui axaient pooi but de contraindre un prélat aussi séditieux que Reti à se démettre de Pari véché de Paris.

;i° Quant à la paix générale, dont le Pape roadrail être le médiateur, m partialité pour les Espagnols ne permet pas de lui confier ce rôle.

h° En ce qui concerne les mauvais traitements dont le Nonce s'est plaint, il lui a été impossible de citer un seul l'ait.

Lnfin Mazarin parle de deux autres questions : i" l'état financier du cardinal de Retz, qui paraît toucher le Pape; 3° le jansénisme. Sur le premier point, on ne peut imputer qu'à Retz les dettes dont il e<t criblé. En ce qui concerne le jansénisme, Mazarin soutient la cause orthodoxe, que le Pape semble abandonner :

Ho fatto e faccio tutto (jucHo posso, conoscendo molto bene ch'essi (gli giansenisti) bannosempre lo Btesso fine di rendere inutile la Lolla- <• <li sostenoro contro In fede apostolica le loro opinioni già rondan-

Voy, ci-dessus, p. i5(). la letin-adit^s,,. |,.s cinq proposition* extraites da livre de au comte de Brienne, Jansénius. (Voy. t. M. p. ta, des Lettm

! La btdle d'Innocent X , qui condamnait de Mazarin.)

ite Saint-Lcu-Saint-Gilles, et nommé à l'évéclié de Tout.» M. Rcveilté-Parise. dernier éditeur de Guy-Patin. .1 donné (t. il, p. ilik) à cette lettre la date du 11 janvier 1 1> 5 5 . Ci si une erreur qu il «lait facile de corriger en faisant attention aux faits mentionnés dans cette lettre. M. Revcillé-Parise ,1 été induit en erreur par les anneniies éditions.

Déeembre 1 055.

Décembre 1 655. nate, con scïilti artificiosi e con caballe pericolose alla religione ed allô Stato; ma mi pare che il Papa habbià afFatto abbandonata la sua causa non sentendo che il Nuntio parli ne l'accià instauza alcuna; e pure dovrebbe havere ordini precisi et efficaci di S. Sta d'interpellare l'autorita de! Re, non di nascosto1, ne secretamente, ma con publiche dichiarationi délia mente del Papa. Io sodisfaccio con questo al debito mio ; nel resto io non so re il cardinale di Retz havrà torse potulo persuadere S. S1' che convenga per qualche ragione politica usarne altrimente.

GXX1.

Aff. éd., Pays-Bas, l. 37 (sans indication de page ni de folio). — Copie du temps.

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