À L'ÉVÈQUE D'ORANGE
Paris, 17 janvier 1 656.
(extrait.)
Après lui avoir parle' des soldats levés en Italie, puis de l'emploi de l'argent qu'il lui a envoyé, et enfin d'un achat de diamants, Mazarin continue ainsi (f° 10 v°):
Si l'assemblée des communautés (de Provence) ne se dispose pas plus qu'elle l'a faict jusques icy à donner au Roy l'assistance qu'il luy faict demander, il faudra se résoudre à loger des gens de guerre dans la Provence, et, pour cet eflect, on envoyé les ordres nécessaires à M. le duc de Mercœur; mais je ne puis croire que, les esprits estant mesnagez avec soin, elle ne se porte à donner satisfaction à S. Mté; surtout, il faut bien prendre garde à ne point mesler avec l'affaire du Roy celle du régiment et des garnisons, car il faut faire la première preferablement et à l'exclusion des autres, sauf, aprez, à en tirer ce qu'on pourra. J'en escris en cette conformité à M. le duc de Mercœur et à M. le Premier Président [d'Aix], et je vous prie d'y tenir la main en vostre particulier, vous répliquant derechef que le Roy sera bien ayse que l'assemblée ayt esgard aux demandes touchant le régiment, les garnisons et autres de cette nature, qui luy peuvent estre faictes; mais il faut que ce soit sans préjudice et sans diminution de la somme qu'Ellc attend de ladicte assemblée.
DU CARDINAL RfAZARIN. 179
Janvier tC56.
Au", étr. , France, t. 27.3, f 2 3 v\ — Copie du temps, probablement de la main d'Ondedei.
À M. DE LIONNE
À ne
Paris, ai janvier 1 G (kithait.)
Devo dirle che quà corre una voce suscita dagi' amici de! eardinaie di Retz, che la speditione de vicarii1 era gin stata Ea.Ua in Roma ed inviata per pereona espressa dal medeeimo cardinale, acciô non pe per le mani di V. S., et forai (che sarebbe peggio), acciô n pnblichi senza prima corninunicarla al Re, ù à saoi ministri. [0 n'induco diflicilmenle à crederlo, perche Barebbe rolore disobligare troprJo apertamente il Re con la continuatione di questo modo di trattare; nondimeno il vedere che, doppo un mese che arrivo il nostro eorriero in Roma, e{;li non sia ancora di ritorao quà ci dà gran BOggetto di pettare. Pochi giorni ci chiariranno délia verita.
La lettre se terminait là primitivement Maxarin ajouta, après avoir reçu ! 1 visite de plusieurs suffragants de l'archevêché de Paris :
Non è stato necessario molto tempo per venire in cognitione di
quello dubilavamo, poîche doppo haver scrillo è \ennto a ritrovarmi il vescovo d'Orléans2 con gf altridue Buffraganei di Parigi», e m" hà por-
L'expédiu'on des Leltrea «le Retx pour la 3 Les deux autres Bufiraganta de l'a
nomination de vicaires généraux, ou plutôt uVhé de Paris riaient, en |656, l'évèque
d'un administrateur du diocèse de Paris. de Meaux et l'évoque de Chartres. 1/évOclié
(Voy. ci-dessus, p. 170, note 3.) de Mois, qui devint le quatrième sofiragant
L'évoque d'Orléans était, en 1666, Al- de Paris, ne l'ut institué, comme on l'a dit.
phonse d'Elbène, né eu 1600; il avait été qu'en 160,7, par le pape Innocent XII. On
sacré évoque d'Orléans en 16*7; il mourut sait que l'évêché de Paris n'avait étéér.
en ,(56fi- archevêché que sous Louis XIII, en i6a«.
Janvier i656. tato un piego, che gl' è stato reso dal Nuntio dentro il quale vi è uua Jettera clic i! cardinale di Retz scrive à detti sufTraganei ed un' altère cli' essi devono rendere ail' assemblea del clero con la speditione de) vicariato générale per l'offitiale1, e due altrc lettere per il Re et la Regina, nelle quali tutte mostra di liaver fatta elettione molu proprio del detto ofliliale, e vi mescola dentro l'intéresse di Chassebras2 con termini mal proprii alla niateria di cui si trattà. Tutto questo là conoscere che V. S. è stata ingannata la seconda volta, e c'imrnaginiano che, mentre il cardinale di Retz facevà correre con diligenza il suo corriero per portare queste speditioni, V. S. Ira lanto dovevà essere trattenuta in negotiationi, acciô ella non potesse scrivere quà cosa nessuna, ne costi essere informa ta di quello si è risoluto che in sostanza è di voler fare apparire che il cardinale di Retz, contro la volonta di S. Mta, cserciti la giurisditione. Questi non sono termini, ne quali si dovevà nianeggiare questo negotio, poiche, secondo gl' ordini che V. S. ricevette dalla Mla Sua, il Papa dovevà farsi dare la deputatione del cardinale di Retz e darla à V. S., overo mandarla al Re, ô pure al Nuntio, acciô di concerto con S. M" la facesse esseguire.
Questi vescovi, corne hô già detto di sopra, hanno rimesso tutto questo dispaccio in mano mia, e potrebbe il Re usarne corne a lui paresse, per far conoscere al Papa essere in arbitrio di Sua M1' di rendere vani tutti gl' artilicii del cardlc di Retz; ma quando si lasci correre questa deputatione nel modo, nel quale è venuta, seguà una mera bonta del Re che non restera per questo di conoscere essere superfluo di tenere i suoi ministri in Roma e di trattare per mezzo di essi la pace, mentre non devono servire che di gioco al Papa, e di pregitiditio e vergogna alla sua autorita.
1 L'officiai de l'église de Paris était M. du des curés ou ecclésiastiques, et autres ma- Saussay, ou du Saussoy, dont il es|r question tières semblables. On y jugeait aussi 1rs ci-dessus, p. 170, note 3. L'officiai, ou appels des sentences rendues par les officiajuge d'ég-lise, présidait le tribunal ecclésias- lités des suffragants. tique, ou oflicialité, où i'on connaissait des 2 Curé-archiprêtre de k Madeleine, église oppositions aux mariages cl des causes de située, à cette époque, dans l'île de la Cité. nullité de mariages, des droits et honoraires (Voy. ci-dessus, p. 168, et t. VI, p. 687.)
Janvi«-!
Del mano de S. I:ih™ ' :
Vous pouvez croire que les lettres pour Leurs Maj estez seront renvoyées par MM. les evesques de la province de Pai is, lesquels n'auroient point encore ouvert le paquet de M. le cardal de Retz, B'ils n'eussenl pas creu que c'estoit la response à leur lettre. Je vous envoyé la copie de celle qu'ils ont receue, et à la vérité [iU| n'en peuvenl pas mieux user de ce qu'ils ont faict2, estanl venus lous ensemble me trouver, sans mot dire à personne, pour me porter le paquet qu'ils avoienl reeeu et me prier d'asseurer le Roy qu'ils ne tiendroienl autre conduite que celle qu'il plairoit à Sa M1, de leur prescrire.
Au reste, je vous advoue que je u \ entends plus rien, et je ne sça) pas comprendre par quelle raison Sa S1 veul qu'on reçoive i<\ ces petites mortifications par le moyen du card*1 de Retz, lorsque Sa M' se déclare contre luy en la manière que vous avez de là laid plusieurs l'ois, outre <piil me semble que vostre conduite à I esgard de Sa Sainteté, et par vostre inclination el par les ordres que \<>u- avez receus du Roy, ne mérite pas qu'on vous traite ainsi qu'on faict.
CXXVH.
\ll. étr., France, i. 973, f* a6 \". — Copie de la main d'Ondedei,
V M. DE LIONNE
À roui .
Paris . a9 janvia 1 1 rtiit
Ma/;irin exprime d'abord l'étonnemenl que lui cause le relard du eourrîei qu'il avail expédie à Home. Du reste, la lettre envoyée par le cardinal de Itriz. pour la nomination de l'officiel comme vicaire général', n'a pas produit la confusion sur laquelle Retz comptait, à cause de la conduite loyale des évêques sufiragants el de l'official Lui-même, qui a déclare qu'il ue voulail recevoir la commission
' Ce |>osi-scri|>(um esi eu français. — J De, pour gué. Cette phrase es( irrégulière , mais elle se comprend. — 3 Voy. ci-de--sus. p. i^o, note 3.
Février )656. de vicaire général que du consentement et par l'ordre de Sa Majesté. Mazarin ajoute :
Questa deputatione dell' oÛitiale non è stala da noi molto diligentemente considerata, mentre si attendevano ad ogni momento le leltere da V. S.; ma, à prima vista, vi si sono trovati due grandi dilï'etti : i'uno che Ghassebras, con gl' al tri vicarii1, non vien' rivocato in essa, e non essendo inconvenientechevipossino essere più vicarii generali insieme; sempre la deputatione di questi rimarrebbe in suo vigore, ed in effetto si puô credere che questo sia stato il disegno del cardinale di Retz; l'altro è che egli si réserva la collatione de beneficii, il che non puô essere in modo alcuno, ne il Re lo soffrirebbe, prima perche per i costumi del regno non è permesso à quelli, che ne sono fuori, di mandare le collationi da paesi stranieri, ne la provisione de curati patisce questa dilatione; e poi questo appunto sarebbe voler tenere un continuo commertio in Francia e creare particolarmente i parochi da lui dependenti, li quali nella cura dell' anime sarebbero egualmente sospetti al Re corne il medesimo cardinale.
Mazarin exprime de nouveau son e'tonnement, en terminant, de rester si longtemps sans nouvelle de Lionne, surtout lorsque ce dernier a lieu de se plaindre de la conduite de la cour de Rome à son égard, tin una maniera, ajoute Mazarin, che non dico ad ministro d'un gran Re, ma ad una persona privata, potrebbe parère strano et insopportabilen.
Aff. étr. , France, t. 173, f° 3o v°.