‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 50 sur 285 · CLV · texte numérisé non relu

CLV

Bibl. nat., ma. f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 6l,f" 1 10. — Minute

La Kère, 19 juin i 656.

( «TRAIT

Mazarin , après lui a\oir parle; des renforts el munitions annonce dans la de pêche du îG juin ', continue ainsi :

Je considère le siège de ValencieDnes comme un très-grand riege . et vous aurez toutes l«'s assistances qui peuvenl dépendre «IK \ pou l'achever heureusement; mais ne voyani pas, dans vos lettres n\ dans

celles du s1 Talon, que vous demandiez rien en particulier, je ne sça>

pas à quoy je dois pourvoir.

' Voy. ci dessus, p. ■'•?.(). dedans ei phu de di\ nulle habitante partant

1 Bussy-Rabutin écrivait à Mm* de Se\i les armes, <pn lervenl comme des troupes

gué le g juillet 1 656 [Mèm. <lr Btusy-Ra- réglées. Nous avons à la portée du fau-

butin, t. Il, p. 10, édil. Lilmne) : irVoici ronneau de im^ lignes une armée ennemie

une des plus fortes entreprises que nous de vingt mille hommes, qui observent tons

ayons faites depuis la guerre : nous alla- dm mouvements el ani noua tiennent dans

(pions la pins grande ville des Pays-B une contrainte épouvantable, <t cette ar-

où sont les magasins d'Espagne. Il \ s mée [eel | commandée par trois grands ca

quinze ou seise cents hommes de guerre pitaineak, etc.*

" Il est inutile de relever cette exagération de Bussy Rabulio

1 Ces trois capitaines étaient : le prince de Condé, don Inan d" Autriche et le marqnii de Cararène. La qualification de grand capitaine eel vraie ponr Condé, douteuse pour don Juan et inapplicable i Carnet». Don Juan venail de remplacer, comme gouverneur des Paya Bai espagnole, l'arebiduc Léopold; il ivait ma réputation militaire surfaite, comme le prouve sa campagne de 16B8 el sa défaite e la bataille des Dunes 1 cène, ancien gouverneur du duché de Milan, avait remplacé Fuensaldagne dans les Pays-Bas espagnols où il comtnandail l'armée sous l'autorité de don Juan. Rien ne justifie le titre de i;rand capitaine (pie lui donna Bussy-Rabutin.

Juin i656, J'attends responsc sur ce que je vous ay cscrit du voyage du Roy, Sa Mu estant tout-à-faict résolue de vous aller voir. Je vous prie de me faire responsc là-dessus sans aucun delay.

Je laisse pour le dernier point ce qui regarde le chevalier de Creijuy '. Je vous diray qu'il nie seroit malaysé de vous expliquera quel point j'ay esté surpris de sa manière d'agir. J'advoue que j'en ay esté extrêmement touché, parce que peut-estre il n'y avoit pas gentilhomme en France de sa portée, pour qui j'eusse plus d'amitié et plus d'estime 2; mais j'estime qu'il est plus advanlageux d'avoir recogneu son esprit avant de m'engager plus avant en sa faveur, car je le crois tourné d'une façon qui nous auroit donné bien de la peine en des rencontres plus important que celuy-cy. Je suis marry qu'il se soit gasté sytost. H y avoit en luy des parties pour en faire quelque chose de grand, s'il eust voulu se donner la patience d'attendre, et non pas estre si persuadé qu'à l'âge où il est, il n'y a rien de si capahle et de si expérimenté dans la guerre que luy. Il est tombé dans le défaut des jeunes gens qui, d'ordinaire, présument tant d'eux, que, dez qu'ils ont un peu d'applaudissement, ils croyent estre au-dessus de tout, et qu'on leur faict grand tort si l'on ne leur donne des armées à commander. Je ne veux pas m'eschauffer davantage là-dessus; car la matière est assez ample pour pouvoir dire beaucoup de choses sur son procéder, qui ne luy plairoient pas trop, parce qu'elles sont tres-veritables et que la moindre seroit qu'il estoit à l'académie3 quand MM. d'Uxelles4 et de Gastelnau 5, qu'il mesprise si fort, commandoient desja des corps, et depuis ce temps-là ils n'ont pas quitté la guerre ny perdu la réputation. L'intention du Roy est donc que vous n'entriez en aucun tempérament avec luy et que vous luy disiez, de la part de SaMu:, en cas qu'il ne veuille pas servir ainsy qu'il avoit esté résolu, de s'en aller à son

1 Voy. ci-dessus, p. 23 1. 3 II a été question, ci-dessus, de ces (Voles

5 Ou trouve dans les OEuvres de Saint- où s'achevait l'éducation de la jeune noblesse.

hvremond (t. III, p. 169, de l'édition de 4 Voy. sur M. d'Uxelles ou d'Huxelles,

Des Maizeaux) un éloge complet du cheva- t. III , p. 5 1 8 , note 1 , des Lettres de Mazarin.

lier de Créquy. Il faut se rappeler que c'é- '" Ibid., p. 509. note 2. On venait de le

tait un ami de Saint-Evremond. nommer capitaine général de l'armée.

gouvernement l, sans luy donner ny cavalerie ny infanterie, comme je Juin i656. vous escrivois l'autre jour que vous pourriez faire en cas f[ue vous crenssiez que les ennemis pussent entreprendre quelque chose de ce costé-là ; car, en ce cas-là, vous secoureriez les places qui y sont par le moyen de quelques troupes, sans les donner à conduire au chevalier de Crequy; et prenez bien garde, je vous prie, de ne vous pas relasclier à en user autrement, car le Roy en seroit tres-fasché.

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