‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 54 sur 285 · CIA · texte numérisé non relu

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Biltl. nat., ms. f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 5i. f" i3() v"; minute. Les passages à chiffrer sont soulignes. — Aff. étr. , Pays-Bas, sans indication de page ni de copie du temps. A la suite de celte copie se trouve une addition de la main de Rose, qui n'est pas dans le ms. de la Bibl. nat.

À M. DE TIRENNE.

La Fère, 1" juillet i65t>.

M. de Bridieu est arrivé icy, qui nous a dict les nouvelles du camp et lestât de toutes choses. Il m'a rendu un billet de vostre part, auquel je ne responds rien, y ayant satisfait par advance en vous envoyant l'argent et les troupes. Nous avons grande impatience de sçavoir que M. de Navailles, qui les conduit, soit arrivé au camp. Ce ne vous sera pas un mauvais renfort dans cette conjoncture1.

Nous attendons aussy des nouvelles de ce que les ennemis auront faict, avec l'impatience que vous pouvez juger, l'afl'aire estant de 1 im-

un prix notablement plus fort que celui qui était payé en France, à la même époque, pour les gens de pied. Les engagés dans le régiment d'Albrel , levés en Languedoc (i65i), recevaient deux pistoles d'or, soit 3a fr. 60. Vingt-cinq ans plus tôt, on levait des soldats à discrétion, moyennant une prime d'enrôlement de G fr. 00. On voit combien la guerre avait fait renchérir la marchandise-soldat. Mazarin avait donc tort de se plaindre plus haut (voy. p. 2/12) que l'électeur palatin lui demandât 8,000 rixdales (ou 28,000 francs) pour 3oo fantas-

sins et 5o cavaliers. Ce chiffre ne parait pas beaucoup plus élevé que celui qu'il offre lui-même au Protecteur d'Angleterre.

1 Navailles dit dans ses Mémoires (p. 172 de l'édit. citée) : rLe lendemain de mon arrivée, M. de Turenne me mena voir les lignes. Je m'aperçus d'abord de l'avantage des ennemis. 11 me dicl que, s'il avoit eu assez de troupes, il n'auroit pas manqué d'occuper IVininence dont je viens de parler. Cette éminence dominait le camp des assiégeants; elle n'étoil esloignée de rostre camp que de la portée d'un mousquet.-

DU CAKDIWL MAZARIN. 255

portance dont elle est, et ayant advis qu'ils sont en présence. Je ne Juin. sçay pas si vous avez résolu de former au Quesnoy un grand corps de cavalerie de celle qui y est desja et de celle que M. de NavaiHes conduit, afin de harceler les sa ne mû et leur donner à penser dans le temps qu'ils attaqueront les ligues, ou si vous ferea entrer tout cela dam les lignes; niais je croy bien que la journée ne se passera pas que ma curiosité ne soit satisiaicte, estant impossible que je n'aye des nouveUei du camp ou du (Quesnoy.

iVI. le mareschal de La Ferlé arriva hyer ;m soir a Guyse '•! prétend passer à l'armée. 11 mènera lousjours cinq ou six cens hommes avec 1 1 1 \ et grande quantité d'officiers; mais il esi bien estrange que messieurs ne croyenl estre obligez de se rendre à L'armée qu'au mois de juillet. C'est une chose à Laquelle L'on ;i résolu de remédier absolumenl. à L'advenif '.

Je suis adverti de bon Lieu qu il \ a quelque chose dans Valenciennes qui ne va pas bien, et que cela obligera les ennemis ;> tentai Le secours sans delay ; ce qui ne réussissant p;is. j'ose vus respondre que la place ne lardera p;i-. après cinq ou six jours, .1 capitaJer.

\ll. étr., Pays-Bas, t. 87 (sans pagination). — Minute de la in.nn de Rose.

\|>MTI<>\ \ r.\ LETTRE 1>l V .Il rLLKT 1656 \ TURENNE.

Apres avoir escrit ce que dessus, j'ai veu quelques advis de Flandre, qui viennent de bon lieu, dans lesquels <>n dici bien positiveraenl que

1 Ou n'y remédia que sons Louvois. Ri- taienl la garnison pour 11 \ revenir qu'au

clielieu avait luii<;, vingt ans auparavant, printemps. Le Roi se bornait jusqu'alors à

contre les mêmes usages, Bans |>ltis de suc- leur interdire le séjour ^1 Paris, * parce qui

ces. Chaque année, ;'i l'entrée de la aiau- beaucoup d'entre eux \ consomment sa dé*

vaise saison , lorsque les soldats étaient cm- bauche* l'argent que je leur Fais donner nous

tonnés pour la durée de l'hiver dans les leurs troupes». Il est vrai que ces officiers

villes frontières, la plupart des officiers quit- Faisaient parfois îles avances ruineuses.

i656. l'on tentera le secours de Valenciennes, niesme avec quelque espérance d'y pouvoir réussir; niais on ne dict pas un seul mot de donner aux lignes. Au contraire, les ennemis sont tout-à-lait persuadez que l'armée du Roy est plus forte au moins d'un tiers que la leur; que les troupes sont fort bonnes et les lignes au meilleur estât que nous puissions souhaiter. C'est pourquoy il y a grande apparence que leur dessein soit de secourir la place par tout autre moyen que celuy de forcer les lignes, et, cela estant, ce ne sçauroit estre, à mon ad vis, qu'en se servant bien à propos des eaux et entreprenant sur la digue.

On ne peut rien adjouster aux diligences que vous avez faictes pour' les en empescher, le s1' Talon m'ayant mandé plusieurs fois que c'estoit vostre principale application, et surtout qu'ayant sceu que l'on travailloit à faire des bruslots dans la ville pour mettre le l'eu à la digue1, vous aviez résolu de faire planter des pieux pour en empescher l'accez2.

L'endroit où les ennemis se sont postez confirme nostre soupçon avec beaucoup de raison, et je m'asseure que tout ce que humainement vous avez pu faire pour faire esclioùer le dessein qu'ils peuvent avoir de ce costé-là, vous l'avez mis en usage. Neantmoins je ne puis que je ne vous conjure de rechef de tout mon cœur d'appliquer [vostre esprit]3 à cela plus qu'à toute autre chose et, pour cet elTect, de voir s'il ne seroit point à propos que vous eussiez un plus grand nombre de bateaux et que vous fissiez planter une plus grande quantité de palissades, comme aussi de faire plusieurs batteries de ce costé-là pour flanquer la digue.

Enfin, estant persuadé que rien ne peut contribuer davantage au bon succez du siège que de pourvoir à ce que les ennemis ne puissent secourir la place par le moyen des eaux, je m'asseure aussv que toutes les diligences imaginables y seront employées de vostre. part, vous répliquant de nouveau que, par les advis que j'ay. je ne vois en

' Depuis à faire des bruslots jusques à 2 Les sept derniers mots du paragraphe

la digue , te passage est souligne" dans ta ont été soulignés pour le même motif. minute pour indiquer qu'il devait être s Mazariu emploie souvent ie verbe appli-

chiffré. quer sans complément direct.

aucune façon que les ennemis songent à pouvoir secourir la place en Jallet .656. forçant les lignes.

1 II faut, à mon advis, advancer les attaques, tant (pion pourra; car, si nous estions une fois maistres des dehors, la place ne laisserait pas d'estre perdue, quand m es me il reussiroil aux ennemis d'y ieter quelque secours par le moyen des eaui. Je considère aus>\ que les ennemis prennent un poste dans lequel ils peuvent, en quelque Façon, estre exposez à un combat, en cas que le malheur arrivanl que Valenciennes fust secourue en sorte qu'où u\ pus! plus rien espérer, vous prissiez la resolution d'aller a eu\ avec l'armée. Il \ a pourtant apparence qu'ils se fortifieront là où ils sont. Je vous dis toutes mes pensées. Vous n'y devez faire reflexion qu'autanl qu'elles pourronl Bervir de quelque chose au boa succez du dessein que vous avez entrepris,

Si vous voulez retenir, durant ce Biege, les gendarmes el les chevaux-legers du Roy, on le pourra faire.

CLXVlf.

Aiï. étr. , France i 973, I i5S r°. — Copie du temps

Al CARDINAL 1NTOINE BARBERIINI.

La Père, i juillet 1 6 ( ma ait.

Mazann, après s'èlre plaint de la cour de Rome dans m CO&duite i l'égard du cardinal de Retz, continue ainsi :

La risolutione presa dal-cardinale (de lielz) di rivocare M. duSausso] sarà la pietra di paragone che ci farà conoscere più chiara l'inlentione

del Papa, poiclie, essendo olfesa in essa non ineno l'aullonla sua8 che quella del Re, S. S" doua di ragione lare apparire al mondo quakhe risentimenlo conlio il suddetto cardinale: e lia tânto essendosi \. S"

Ce dernier paragraphe de la minute n'esl pas de la main de Rose. — : Le pan

Alexandre VII avait conseille à Retz de noiiiui ■■■■ M. du Sausso\ administrateur du diocèse

de Paris.

lumiiu MTI

illei if)f>(i. dichiarato con molti di desapprovare questa rivocatione e di jioii havervi havuta parte alcuna e di havere ordinato à Mons™ Rospigliosi di farlo sapere quà al Nuntio, corne mi scrive il sig* cardle Bichi ed il padre Duncau, del ordine del padre Sfoiza Pallavicim, dovemo (sic) credere che tali siano i sentimenli di S. S1' quali essa gli dimostra, et è nostro vantaggio di publicarlo1, e V. Em. che ne. ha sentita la conlirmatione ancora per mezzo del segretario del Nuntio que liberamente parlare con tutti nella medesima conformifa, e particolarmente con i vescovi ed altri depulati dell' assemhlea . accio tanlo più arditamente prendino quelle risolutioni che si richiedono in questo caso, ed il mondo, formi quel concetto che deve d'un attione seditiosa e turbulente, corne questa.

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