‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 55 sur 285 · CLXV1II · texte numérisé non relu

CLXV1II

Bihl. nat., nis. f. fr., Mélanges de Colbcrl, t. 5i, f° \Uk v°. — Minute, (.es passages à chiffrer sont enveloppés, dans la minute, au lieu d'être soulignés.

À M. DE TUBENNE.

La Fère, 5 juillet i65C.

J'ay recett le billet que vous avez pris la peine de m'escrire le 3 de ce mois. Je ne vous puis exprimer la douleur que j'ay ressentie de toutes les blessures que tant de braves gens ont receues2, et pour sureroist d'affliction nous venons d'apprendre celle du chevalier de Créquy3. On luy a aussytost envoyé Félix'1. Je veux espérer, pour ma consolation, qu'il n'en aura que le mal; mais outre celuv qu "il souffre.

' Helz, après avoir blessé le Pape par 3 II fut blessé par l'explosion d'une mine,

la révocation de M. du Saussoy, fut obligé qui fui fatale au lieutenant généra] Espiès.

de sortir de Rome. (Vov. ri-dessus, p. a3â.)

- Voy. .aux Analyses, la lettre du h juillet ' François-Félix Tassv, premier chirui-

h l'abbé Fouquèt. Comparez les Mémoires gien du Roi en 1 6 5 3 , mort en i 678. 11 est

de Puységur. qui commandait le régiment le plus souvent mentionné sous ce prénom

<ic Piémont dans le quartier du maréchal de Félix dans les lettres de Ma/.arin. (Voy. île La Ferté. ci-dessous, p. -t63 et 3o4.)

c'en est an grand pour le service du Roy qui) ayl esté blessé de la ju,im Jorte; car il y a apparence que, sans ce malheureux accident, nous eussions peut-estre conservé le logement que nous avions laid sur la contre-escarpe, s'il est vray, comme l'on dict, que nous l'avions faicl el souslenu plus d'une heure. Je lais partir des vivres, comme aoas) les vingt milliers de poudre. Le tout doit aHerà Laadrecj h est chai partie sur des chariots de vivres, partie sur des chariot» de la Cour;

mais comme les voitures de la Cour ne peuvent pas aller plu. avant

que Landrecy à cause du besoin que nous m avons, d faudra, s'il voie plaist, (pie vous donniez ordre a ce qui sera nécessaire pour] Buppieer1. J'ay eserit à M. de Bridieu h a M. de RoncheroUea", afin qu'As Bcnkendent ensemble pourassearer le passage de eenv*) jusqu'à Landrecy. J'attends au premier jour l'arrivée des regimens (le ViUeqoier, d< Vlondejeu et d'Esquancourt, el je lais estât de les envoyer a Landrecy, tant pour servir au\ escortes que pour incommoder les ennemia en

leurs vivres et fourrages.

Quelques uns proposent <pie. si les garnisons d'ArraB, de Bethnne el de la Bassée pouvoienl se saisir «lu poste d'Arleux, h- ennemia, 'pu tirent la plupart de leurs convoys de Doua) par Bouchaù en Beroieui fort incommodez; mais je ne sçav pas s. cela est praticable, et n, après

SeStre empare de ce poste, on pourioit le conserver. Je VOUS donne

pari de «et a.lvis. afin que vous preme/ la peine de l'examiner et que, si la chose vous semble faisable, vous preniez, la peine de oie le mander! ou à M. de Mondejeu et à ceux qui commandent dans [es deux autres places.

Je feray couler incessamment le plus de vivres que je pourra) d'il i

Gomme on le voit sans cesse, laques- nue besogne avilissante el qu'ils dédai-

lion des transporte de vivres et de munitions gnaient Pourtant, les armées de m temps

est une de colles donl Maaarin est . le plus avaient pins de bagages que celles ,lu nôtre.

Bouvent, oblige' .le s'occuper ... personne. el les Gutteaska, qui ne portaienl avec emî

C'était, de toute l'organisation militaire, h. que leurs âmes, étaient autorisés a avoir

branche t. pins arriérée. La plupart .les offi- une charrette par bail ou .lu lio.nn.es

ne.s considéraient le .charrois - noire * Le prenne,- était gouverneur de Guise,

moderne rr(r;.iu des équipages» — connue et le second de Lundi en.'s.

juillei .656. à Landrecy pour l'armée; car encore que nous ayons tout sujet d'espérer que l'entreprise réussira heureusement pour nous, elle pourroit durer quelque temps, et il est de la prévoyance de pourvoir à tout de bonne heure. Aussy devez-vous estre asseuré que je feray, de mon costé, tous les efforts possibles afin que vous ne manquiez d'aucune chose, et comme rien n'est capable de nous donner plus de peine que de rebuter l'infanterie en l'exposant souvent à des choses hardies qui ne luy réussissent pas, il semble qu'il est de la dernière importance de prendre le parti d'aller pied à pied pour la conserver et [de] bien paver les travaux1, afin qu'elle serve gayement, et voyant d'un costé qu'on la mesnage et que de l'autre elle est bien payée, elle ne songe pas à déserter; cette conduite me semble la plus seure. car elle peut bien couster huit jours de temps davantage; mais en donnant bon ordre que vous ne manquiez pas de vivres ny de munitions de guerre, c'est le meilleur moyen de venir à bout de l'entreprise. Il faut donc pourvoir, de vostre costé, à la seureté des convoys de Landrecy au Quesnoy, et du Quesnoy à l'armée, ou de Landrecy tout droit à l'année par Saint-Guillain et Condé, sans toucher le Quesnoy, et par ce moyen j'ozerois respondre que tout ira à souJiait; et malgré la résistance des assiégez et les e!Torls des ennemis avec une armée en présence pour secourir la place, vous la prendrez, et ils ne seront que les spectateurs de la gloire des armées du Roy.

j'attends avec impatience de sçavoir que M. le mareschal de La Ferté soit arrivé en bonne santé au camp.

Il est remis à vous de retenir ou de renvoyer les compagnies du Roy et les miennes. Vous en pourrez user ainsy que vous jugerez à propos.

' Il n'existait alors, comme on sait, rien On leur payait donc le plus souvent ce tra-

de semblable à ce que nous nommons au- vail à la tâche, en dehors de leur solde.

iourd'hui le .génie*. Tout au plus em- pour les encourager à le faire avec rapidité.

ployait-on, pour les besognes difficiles, des Cette rémunération des terrassements est

"pionniers à livrée, ou des trompeurs de même assez élevée : elle atteint 4o sous et

rocs, De plus, les soldats n'étaient pas en- un écu pour la toise cube, sort, mtrmseque-

core astreints, par l'usage, a remuer eux- ment, 5o centimes de notre monnaie pour

mêmes la terre pour tracer les fortilications. le mètre cube.

AfT. étr. , France, t. 291, f" 319. — Original sigm;.

À M. SERVIEN

La Père, 5 jhiIIpI 1 656.

(KXTBAIT. I

Il faudra voir quels ordres recevra le résident de M. l'Electeur palatin; s'ils lny donnenl lies de passer outre a la conclusion du traité, aux conditions arrestées, on le pourra faire.

Je vous remercie de loul mou cœur de ce que vous m unie/ ;i

l'esgard de la somme qu'il faut donner à M. l'Electeur de Mayei Je vous envoyé l'ordonnance, afin de la faire assigner comptant à l'Espagne; en cas que la nécessité, <>ù l'on est à présent réduit, ne donne pas lieu de l'acquitter avec la ponctualité qui est nécessaire, |<' ne refuse |>;is l'offre que le zèle que mois avez pour 1»' bien de l'Estal vous a obligé de faire: mais je prétends de partager avec vous le mérite du service que nous rendrons en cette rencontre1. Il sera bon cependant que vous parliez à M. le Procureur gênerai, afin que nous ayons un bon fonds pour le remboursement payable dans trois ou quatre mois.

Pour ce qui est du cardinal de Retz et du grand vicaire, je na\

rien à adjouler à ce que j'av escril sur ce sujet à M. le Chancelier

et au mémoire que je lu y a\ envoyé. Les advis de Rome sonl fort considérables, et ayant encore veu ceux que M. le Cardinal Anthoine a receus el un discours que le frère du Pape-1 (qui a beaucoup de sens, à ce qu'on me mande) a tenu à M. le Cardinal Bichi, je croj que Sa Sainteté a grande envie de s'accommoder4, et, si cela est, et qu'il

1 On a vu ci-dessus, p. 266, queMasa1- 1 Probablement Mario Cbigi, frère atni

rin avail proposé d'avancer cette somme. d'Alexandre VII; il liii gouverneur de Rome

Antonio Barberini. (Voy. l. I. p. oto, sons le pontifical de ce pape.

dos Lettres de Mazarin.) ' tvec la France.

•26i> LETTRES

Juittei l656. veuille profiter de l'ouverture que luy en donne le cardinal de Retz, ayant faict une chose qu'il ne devoit pas faire et qui blesse le respect et l'authorité du Pape, [le Pape] prenant quelque résolution contre luy, il n'y auroit aucune difficulté, de la part du Roy, au restablissement d'une parfaicte intelligence avec Sa dicte Sainteté.

Si vous prenez la peine de faire une minute de ce que vous jugerez que je doive escrire au secrétaire de M. de Piennes1, afin d'estre esclaircy de l'advis qui nous a esté donné, je m'en serviray.

Je suis marry de la peine que M. le prince de Hombourg2 a prise de revenir en France, dans un temps où l'on est fort embarrassé et qu'on ne peut pas respondre que le Roy puisse demeurer trois jours en mesine lieu; il me semble que, s'il eust voulu envoyer une personne de confiance, il eust faict le mesme effect. Je vous prie donc de faire tout vostre possible pour l'obliger à vous communiquer ce qu'il a à nous proposer, l'asseurant que vous me le fairez sçavoir et qu'il recevra une prompte response; et, en ce cas, je seray bien ayse que vous m'envoyiez vos advis sur les propositions qu'il fera. Il ne sçauroit venir icj sans recevoir une très-grande incommodité, et peut-estre, en y arrivant, il trouveroit le Roi party. Il faudra luy donner quelque assistance, et je vous en envoyeray l'ordonnance au premier jour. Je luy fais response, me remettant à ce que vous luy direz, et vous tascherez, avec toute sorte de civilité, de le disposer à attendre la response à Paris , que l'on y envoyera sans aucun delay.

Gravelle ne m'a rien escrit touchant le voyage qu'il a fait en Bavière avec ledict sieur prince, mais je me doute bien qu'il ne s'y est rien passé de considérable et que l'on s'est promis avec trop de facilité de porter le duc de Bavière à faire certains pas3 qui ne sont pas

1 Voy. sur M. de Piennes, t. III, p. A70 1677. Il avait embrassé le catholicisme et

et 472, des Lettres de Mazarin. Il a été paraît avoir été un agent dévoué du parti

question ci-dessus, p. 2/12, du motif qui français en Allemagne, engageait à lui écrire. 3 Je pense qu'il s'agissait probablement

" Probablement Georges Christien de d'engager le duc de Bavière à se porter

Hesse-Honibourg , né en 1626, mort eu candidat à l'Empire, en cas de vacance.

propres à cette maison-là, qui se gouverne par des maximes contraires. Jmii.i i65*. Vous pouvez vous souvenir de quelle manière j'en ay tooajours parlé.

AIT. /-\r.. Paya-Bas, t. .'{- fsnns indication de page ni de folio). — Minute de l;i main de Rose.

\ M. DE TURENNE

La Père . 0 juitlel 1 1

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