CLXXXI
Aff. étr. , Pays-Bas, t. 38 (sans indication de page ni de folio); minute de la main de Rose. — Plusieurs passages sont soulignés comme devant être chiffrés.
La Fèie, 27 juillet i656.
J'ay reçu vos lettres du -2b et du 26. Je m'estois resjouy d'apprendre, par la première, l'entrée à Gondé de quatre cens chevaux chargez de farine; mais ma joye a été diminuée, voyant, par la dernière, que l'on n'y en avoit jeté que soixante septiers2. Je me souviens d'avoir pratiqué en semblable rencontre un expédient pour obliger les cavaliers à estre soigneux de porter ce qu'on leur donne, qui est de leur promettre à chascun un escu, voire deux pistolles, en rendant effectivement au lieu où ils sont envoyez ce qu'on leur a consigné en partant. C'est pourquoy, si vous le trouvez à propos, il seroit bon d'en user ainsy à l'advenir, et vous aurez de l'argent pour cette dépense, laquelle peut devenir utile au dernier point.
1 On a vu ci-dessus (p. a84)queMazarin pagnei, du prix de 3, 120 francs, offert à
n'offrait que i5o livres pour les chevaux des l'ambassadeur d'Angleterre; un cheval de
simples rrmaitres»; il va jusqu'à 25o livres 5,ooo francs donné par La Ferté au com-
pour ceux des officiers. A ce prix ( A08 francs missaire de l'Empereur. Au commencement
intrinsèques de notre monnaie), on avait du règne de Louis XIII, Concini avait payé
une bête de qualité moyenne, mais rien 11,000 francs un cheval de c'rémonie (di
encore de luxueux ni même de fin. Tureune rhpetto).
avait payé 62^ francs un «cheval de bague*. 2 C'est-à-dire, 7,200 kilos; chiffre qui,
fort beau et fort glorieux ; une rrhaquenee» divisé par hoo chevaux, ne donnerait pour
que son propriétaire déclare «■ admirable » chacun d'eux qu'une charge invraisemblable
était vendue 1,177 francs. Quant aux che- de 18 kilogrammes. Il est clair, comme le
vaux qui se recommandaient aux connais- soupçonne Mazarin, que cette farine avait
seurs par certaines rares qualités, nous été détournée ou dissipée en grande parti i
voyons à cette époque un « genêt d'Es- pendant le trajet.
DU CARDINAL M\X\HIY 297
J'ay travaillé tout liyer avec M. Le Tellier et le sr Talon, et j'en laiflei i656. feray encore autant aujourd'huy, afin que ledict sr Talon puisse partir demain avec I'argenl et les autres choses destinées jour l'armée el pour le payement des troupes. On a faicl l'estal .suivant ce que vous m'en avez escrit; mais sur loul ce qui regarde cela et la manière en laquelle se devra faire la distribution de L'argent, soit dans les places, soit dans vostre armée, soit dans ce qui s'esl rassemblé des troupe- de M. le maresclial de La Ferté, soil dans les corps lorrains, je me remets au mémoire que vous portera le s' Talon el à sa vive \oi\. Je vous dira} seulement qu'outre I'argenl qu'on envoyé, nous dépenserons prez de cinq cent mille livres pour la remonte de la cavalerie de l'armée qui a receu l'eschec, pour remettre l'artillerie H pour toutes les autres
dépenses tpie l'on laid en mousquets, pistolets. habits1 el mille autres choses, auxquelles il faut absolument pourvoir.
M. le Procureur gênerai s'esl obligé en son particulier el a faicl tous ses efforts pour nous assister en ce rencontre, et, en effect, il uous a envoyé une somme assez, considérable, et outre cela M. Hervart5 m'a preste, en mon particulier, cent nulle escUS de la meilleure grâce du monde.
Il faut, s'il vous plaist, faire donner aux soldats des compagnies des gardes, qui ont souffert dans le dernier malheur, les armes qu'il leur faudra, et <l ailleurs j'envoyeraj par le s* Talon une quantité de justaucorps, de l>as et de souliers, pour leur en faire un présent, qui sera distribué par les officiers à ceux qui, estant revenus de prison ou ayant esté despouillez, se trouvent (oui niuU.
Ce pendant on travaillera incessamment à Paris el ailleurs pour faire des levées, afin de remettre promptemenl les compagnies en bon
1 L'uniforme n'existai! |>as encore, sauf Bail de temps à autre quelque distribution
dans quelques compagnies de gendarmes, de vestes el de hauts-de-chausses, de ma-
pourvus d'un riche hoqueton, el ponr les nière qu'ils ne fussent pas, comme les gens
(fardes à la livrée du roi <>u d'un prince. de pied du siècle précédent, vêtus rr plus a (a
Les soldais s'habillaient donc à leurs Irais. pendarde qu'à la propreté»,
et partant a leur guise. Cependant, depuis ' Barthélémy HervarL (Voy. 1 1, p. o33,
un quart de siècle environ, l'Etal leur t'ai- îles Lettres de Vazarin.)
MmiuN. vu. ;ks
Juillet i656. estât. Jay escrit pour faire! donner deux mille livres par compagnie aux officiers des quatre compagnies qui ont esté maltraitées et s'en sont tous allez à Paris après avoir promis au Roy qu'ils mettront le tout pour le tout pour revenir au plus tost avec de bous soldais.
Je suis fort persuadé que vous pratiquerez tous les moyens imaginables pour jeter des vivres dans Gondé, ne croyant pas que les ennemis prennent en aucune façon la resolution de l'attaquer par force, quoyque je ne voye pas à quoy ils puissent avoir destiné une si grande quantité de pionniers que vous verrez, par la copie1 de la lettre cy-jointe1, qu'ils assemblent, si ce n'est qu'ils la veuillent employer à fortifier des postes pour empescher avec plus de seureté qu'il n'entre des vivres dans la place.
Mazarin continue de donner des détails sur les secours en hommes, en vivres et en munitions qu'il se propose d'envoyer à ("onde'. Il termine en ajoutant :
Apres avoir escrit ce que dessus, examinant la pensée que poudroient avoir les ennemis dans les commandemens qu'ils ont donnez d'assembler tant de paysans, je trouve qu'apparemment ce ne peut estre pour autre chose que pour garnir tous les postes de l'autre r.osté de l'Escaut, par lesquels on pourroif jeter du secours dans Condé, et pouvoir au mesme temps demeurer avec toute l'armée où ils sont sans s'affaiblir; et quoyque ce ne soient que des paysans, je craindrois qu il n'arrivast quelque malheur à M. de Mondejeux exécutant son dessein2 avec mille cavaliers qui seroient empeschez de bien combattre, ayant leurs chevaux chargez. C'est pourquoy je le supplie de faire réflexion là-dessus et voir si vous pouvez rien faire de vostre costé qui puisse remédier à cet inconvénient. Si M. du Passage pouvoit estriller (su-) quelque nombre de ces paysans, attaquant un des postes où ils seraient en garde, le plus prez de Condé, je croy que les autres prendraient l'espouvante et que les ennemis auroient bien de la peine à les faire
1 Cette copie ne se trouve pas dans le ms. primés, de tenter de pénétrer dans Condé
2 Le projet de M. de Mondejeux était , avec un certain nombre de chevaux qui comme Mazarin l'a dit dans les passages sup- porteraient des sacs de farine.
tenir bon à la garde des autres postes: el si \ous pouviez concerter Infflei avec M. de Mondejeux d'envoyer un corps de troupes de l'année à cet endroit où vous avez faict recognoistre ce gaé, pour foire attaquer les paysans <jui le gardent, au mesme tempe que ledict sieur de Monder jeux seroil entre l'Kscaul el la Scarpe, je ne doute pas que le Becours m'entrast dans Coudé avec seureté; car il ne faul |»as appréhende] une grande résistance du caste des paysans, s'ils sonl attaquez vertement.
CIAWIII.
\ll'. étr., France, i. 073, F" 17g \ . — Copie du tempe.
M CARDINAL BICHI
La I • ■ • . j- juillet (htbiit.)
lo cominciando da quello (capo) délia rivocatione de] vicario dire à V. Km., cou ogni sincérité, che il cardinale di Retz non vi potevà rentière il maggior servitio di quello hà fatto cou questa novita, la quale è riuscita cosi odiosa communemente à tutti, che il clero la
détesta corne /i/ania seininala da un spirilo diaholico per turbare la
quiete délie conseienze el riempire la sua diocèse di confusione e di disordini, ed il Parïamento hà appresa corne cosa pregiuditialissim; allô Stato che un huomo, dichiarato dal Re criminale di lésa Maesta 1 che si ritrova fuggitivo e contumace fuori del regno, prétends di esser citare la giurisdittione in Parigi per mezzo di persone sospette e riprovate da S. Maesta, e di rivocare e pervertire à sua vogiia, senza cogni-
tione di cause, le çose Stabilité Ira il Papa, il Re et il clero per il
buou governo délia ehiesa.
Per il contrario, tutti generalmente si sono rallegrati di sentire che S. S,a habbià disapprovata l'attione del detlo cardinale, e se ne s i à
Voyez, sur [a révocation par Retï de l'administrateur général da diocèse de Paris
ci-dessus, p, 9/17, noie 3.
Juillet !()56. apertamente dichiarata, cl V. Km. potrebbe difficilmente rappresentarsi l'universale approvatione con chc è stato ricevuto qua questo giusto sentimcnto c questa buona dispositione délia S1" Sua, desiderando tutti gl' huomini da bene che il mondo resti disingannato di quel concetto che il cardinale di Retz liavevà procurato di guadagnarsi con le sue arti d'essere padrone assoluto délia volonta di N. Sigre e di caminare di concerto seco in tutte le cose clie oflendevano il Re, sperendo i ben' intentionati che con qualche ragionevole sodislattione. che si darà à S. M1'1 in qucsto particolare , ch'è la sola pietra di scandale) Ira il padre ed il figlio, sià per ristabilirsi fra di loro una perfetta amicitia e confidenza tanto necessaria al publico bene.
Mazarin parle ensuite de l'intention du Roi de remettre l'affaire entre les mains du Pape.
Si le Souverain Pontife ne peut exiger que le cardinal de Retz se démette de son archevêché, il devrait, du moins, l'expulser de Rome, avec défense d'y rentrer. Cette mesure et le changement, de Nonce rétabliraient la honne intelligence entre le Roi et le Saint-Siège. On pourrait alors s'entendre avec le Pape pour traiter de la paix. Mazarin indique ensuite plusieurs prélats, qui pourraient être chargés de la nonciature en France. Il insiste sur la confiance que les puissances étrangères témoignent au Roi. Il demande :
Che Sta Sua facesse reflessione alla lede inalterabile che si è tenu ta à tutti, ed al credito in cui si trovà hora la Francia.1 Cromvel hà per questa consideratione prefeiïta l'amicitia délia Francia à quella de Spagnuoli, non ostante che abbiamo la regina d'Inghilterra in casa, sua inimica capitale. Per queslo il re di Suetia ricerca di nuovo [nostra] allianza e consente alla mediatione nostra frà lui ed il re di Polonia. Per questa medesima causa hahhiamo più tosto voluti essere abbandonati che abbandonnare gl' Olandesi. Per questo i prencipi d'Alemagna, tanto cattolici. corne ugonotti, concorrono unita mente à dimandare la protettione del Re. Il duca di Baviera riconosce la conservalione e l'augumento délia sua grandezza da questa corona; li duchi di Savoia e di Mantoua, di queste arnii. La sincera interpositione di S. Mta hà estinto il fuoeo che si accendevà frà cantoni suizzeri et frà il medesimo
duca di Savoia e le valli ' che havrebbe facilnienle abbruciata Jufflei i656.
tutta l'Italia, et in V. Em. si conserva la memoria de] zelo clie hà il re di Francia per la pace et unione de prencipi italiani2.
CLXXMV.
Aff. dtr. , Pays-Bas, t. 38 (sans indicalion de page ni de folio); minute de la mam île Rose. — Nombreux passages soulignée pour être chiffrés.
\ M. DE Tl RENNE.
La Père, 18 juillet
(kxtkait.)
Je vous escrivis hyer assez au long, et comme je vous envoya] ma lettre avec le duplicata par deux différentes voyes, je oe doute pas que vous ne l'ayez receue et que vous n'ayez veu toutes me- pensées à l'esgard de Gondé.
A présent, je reçois relie que vous avez pris la peine de m'escrire du 27, par laquelle je vois «pie vous n'espériez pas pouvoir on aucune façon sauver Gondé n\ meame Saint Guilhun, el que vous estiez aussy contraint de prendre un poste sur la Sambre aujourd lm\ on demain.
Vous pouvez croire qu'aprez toutes le-» peines que je me guis données et toutes les grandes dépenses qu'on a laides pour mettre ces places en bon estât, je dois avoir une sensible douleur de les voir perdre, faute de vivres; mais il se faut consoler par l'impossibilité que vous me mande/ qu'il y a d\ remédier, .le mm- tres-persuadé que vous n'en avez pas moins de déplaisir que moy, el que m M. du Passage3 pouvoit tenir plus longtemps qu'il ne vous a laid espérer, el que,
1 Le nom est laissé en blanc dans le ma avait, -mis la médiation du nu de France,
niiscril. On a vu plus haut qu'il s'agissait rétabli la paix en Italie. (Voy. I. I. Inti-o-
des vallées habitées par les \ audois. duction, p. i.wmii. des Lettres de Materin.)
1 C'était le cardinal Bichi, qui, en i644, Gouverneur de Gondé.
iii.-i HiMi. nostic aninV estant fortifiée, vous voyiez jour à faire changer la lace des affaires, vous ne missiez toutes pièces en œuvre pour en venir à bout. Il seroit bon de mander, par diverses \o\es, à M. du Passage de chasser les liabitans, afin de se prévaloir de tout ce qu'il use pour leur subsistance.
Il faut aussy que vous examiniez, s'il vous plaist, si vous devez envoyer ordre à M. du Passage de pratiquer quelque expédient pour sauver les troupes qui sont dans la place, lesquelles forment une petite armée, M. de Schomberg m'ayant dict qu'il y avoit trois mille cinq cens hommes de pied, grande quantité d'oiliciers et six cens chevaux, M. du Passage en ayant retenu cent de ceux qui avoient porté la farine. Il y a, outre cela, prez de cinq cens blessez, et vous devez tenir pour asseuré que tous seront prisonniers de guerre, si l'on ne prend de bonne heure quelque bonne resolution pour l'empeschér. Je vous dis de bonne heure, parce que, s'il est impossible, quelque chose qu'on puisse faire, de sauver la place, il vaut mieux que M. du Passage la rende présentement, afin d'avoir une bonne capitulation, par laquelle toutes les troupes qui y sont puissent joindre l'armée.
Il faudra voir aussy, les ennemis n'attaquant pas la place par force, s'il seroit praticable de n'y laisser que mille ou douze cens hommes avec La Haye, qui commanderoit, et que M. du Passage, feignant de vouloir faire une sortie, avec toute la cavalerie et le reste de l'infanterie se retirast à costé d'Arras ou à Saint Guillain; car peut-estre que, avec ce renfort et d'autres que vous auriez d'icy, vous seriez en estât d'entreprendre sur l'armée ennemie, et ce pendant ces mille hommeslà auroient moyen de subsister d'autant plus longtemps qu'ils auroient pour eux seuls les vivres de toute la garnison.
Il seroit bon aussy de voir si. n'y ayant rien à faire à Condé, nous pourrions entreprendre quelque chose tandis que les ennemis sont occupez de ce costé-là, pour reparer en quelque façon cette perte; et quand ce ne seroit que pour prendre la Capelle, il semble que cela vaudroit tousjours mieux que de ne rien faire du tout. Quoyque estant en estât de vous fournir canon, munitions de guerre, outils, grenades
DU CARDINAL MAZAR1N. 303
et tout ce que vous sçauriez souhaiter, je croirois qu'avec les forces que loiUei i65< nous avons, nous pourrions venir à bout de quelque entreprise de plus grande importance, et particulièrement dans le temps que les ennemis sont occupez ailleurs.
Je ne pense pas qu'il l'aille hésiter à jeter beaucoup de vivres dans S'Guillain, si vous le pouvez, puisque, parce moyen, nous tiendrons
tousjours autant de temps cette espme dans le pied des ei mis, et
peut-estre que ce pendant il s'offrira des occasions où nous pourrons de plus en plus nous en asseurer la conservation.
Maxarin prie ensuite Turenne de différer l'exécution de mu projel de retraite sur l;i Sambre, dans La crainte que M. de Mondejeux ne soi! exposé à un grand danger s'il tente de réaliser le projet qu'il a formé '. \.<~ cardinal termine en annonçant à Turenne une lettre destinée ;i tromper les ennemis. Il en indique le sens dans le passage suivant :
J'ay songé qu'il pouvoil estre utile de vousescrire une certaine lettn dont j'a\, faict faire quatre copies, afin qu'il en tombe [sic) quelqu'une entre les mains des ennemis, par laquelle je prétends leur faire adroitement cognoistre qu'il ne manque autre chose que de la poudre daus Gondé. Nous feignons qu'on \ manque de vivres, de peur qu'ils ne se resolventà L'attaquer de force. Elle est de mesme date que celle-cj el commence parées mots: Vous sçavez mieux que personne, etc. Je vous en donne advis, afin que nous la considériez comme un pur stratagem< et que vous ne vous arreslie/ poml a ce qu elle contient.
' Voy. ci-dessus, |>. *<)K, note ■-*• •
lnilli'l i656.
GLXXXV.
Bib). nat. . ms. f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 61. f° io,5 v°; minute, et t. 23,202 , f° 207.
À L'ABBÉ FOUQUET
La Fère, ao, juillet 1 656.
( bXTIMIT.)
Mazarin exprime le regret de ne pouvoir obtenir autant de chevaux qu'il aurait désiré. Après avoir parle' de la Maison-de-Ville, il ajoute :
L'affaire du pelil Guitaut1 n'est pas de conséquence, et Félix2 m'a asseuré qu'on nie renvoyera tout aussytosl quelqu'un de ceux qui sont à moy3. Je vous puis asseurer que le malheur de Valenciennes n'est pas une forte raison pour me persuader de rechercher des moyens pour gaigner les bonnes grâces du prince de Coudé, lequel et tous ceux de son party auroient grand tort de croire autrement, et en tous cas le temps les esclaircira. Ce qui me desplaist, c'est que je ne vov pas jour à sauver Condé, les ennemis ayant trop de facilité d'en venir à bout, puisque la place manque de vivres et de munitions de guerre. Si nostre corps de cavaliers démontez estoit remonté, on pourrait faire quelque effort.
J'apprends que le prince Eugène4 ne parle pas bien des affaires. Si vous trouvez que cela soit vray, je vous prie de ne songer plus à ce
1 Guitaut -Peichperou. (Voy. ci-dessus, 4 Eugène-Maurice de Savoie, comte de p. iho.) 11 était, dit Bussy, "fils d'un nom- Soissons, né en i635, était fils puîné du mé Péchepeyroux , gascon que personne ne prince Thomas de Savoie-Carignan et de. croyait gentilhomme quand il épousa la sœur Marie de Bourbon-Soissons. Il épousa, en «lu commandeur de Guitaut, Françoise de 1 (Jôy, Olympe Mancini , nièce du cardinal Gomminges, mais à qui on la donna parce Mazarin, et mourut en 1 (> 7 3 . Un des Gis qu'il avait du bien et qu'elle n'avait rien». d'Eugène-Maurice de Savoie fut le prince Le lils prit le nom de Guitaut en entrant, Eugène- François, né en 1 (563, qui fut connu comme page , chez le cardinal de Bichelieu. d'abord sous le nom d'abbé de Savoie et
2 Félix Tassy. (Voy. ci-dessus, p. 258.) devint généralissime des armées de l'empe-
3 En échange de ce Guitaut. reur Léopold.
que M. de Bournonville1 vous a diet2, et vous le prierez confidemment, Juillet i656. de ma part, d'en user de mesme.
Je vous prie de dire à M. le Procureur gênerai que l'arche vesque de Sens* ne va pas bien; j'en suis asseuré en sorte de n'en pouvoir douter, non seulement pour la conduite qu'il tient dans rassemblée [du clergé], mais par d'autres advis que j'ay; mais il ne luv faut rien tesmoiVner et continuer tousjours à l'engager de bien servir.
\ll. étr. , Angleterre, I. 6<i. f* stiy. — Minuit .
À M. I)K BORDEAUX
(KITRAIT. )
La Père, 3o juillel t 656.
Vous sçavez de quelle conséquence esi la grâce du député de Bordeaux4 <4 les pernicieui effets qu'un exemple de celle nature est capable de produire. Il n \ a eu personne, dans le Conseil, qui ne -oit rescFié, lorsque j'en aj voulu faire la proposition. Neantmoins, puisque
1 Ambroise, marquis, puis duc de Bournonville, avait été nommé maréchal de eomp en 16A9; il obtint, en 1687, In survivance du gouvernement de Pans t|u";ivait le maréchal He L'Hôpital et lui succéda en 1660. Il se démil «le toutes bw charges en 1 0 G •? . se fit prêtre après la morl rie sa femme en 1678 et mourut eu 1693, le 1 :t décembre. (Voy. sur sa
mort, Journal de Dan/fenu , tome l\ , |». /no.)
C'était probablement une ouverture pour le mariage du prince Eugène avec une nièce de Mazarin.
' Louis-Henri de Pardaillan de (iondrin . né en 1 (vu», nommé coadjuteur de l'archevêque de Sens en i64/i, devint titulaire de
MA7.AMK. — vu
cet archevêché en i646 et mourul en 1 • » 7 'j . Les appréciations sur ce prélat aonl très diverses : il est loué dans le GalUa Chrùtkma, dans !<■ \rrrol<i/fr de PortHoyal el dans h Supplément de Moréri par Gou*et. Le jogi ment défavorable de Maaarin est confirmé parles Mémoire* du père Rapin. Voy.entre autres, t. I. p. 1 58-i 5g de ces Mémo*
Ma/.arin lui-même se louait pourtant de cet
archevêque dans sa lettre du -jâ novembre i655 ei parait vouloir se Bervir de lui.
\ \. plus haut. p. 1 5o. i
1 Les députés envoyés de Bordeaux .1 Londres avaient été exceptés de l'amnistie accordée à cette vile. Il s'agit ici, je orois, de Fronça, conseiller au parlement de Horde n\
tMFKlHtaïC lATtOMAXE.
Août i656. cela est une chose que M. le Prolecteur passionne, je ne me rebuteray pas. J'ay desja eu l'honneur d'en parler au Roy en particulier. Je vous diray mesme que, quelque inconvénient qu'il puisse y avoir à la chose, je voy Sa M16 disposée à l'accorder, à la considération de M. le Protecteur, qu'entre-cy et la semaine prochaine vous luy en pourrez donner des nouvelles selon son souhait.