M. D'ESTRADES
Compiègoe, i" septemb
Le commencemenl de vos lettres me donne tousjours beaucoup de joye, voyanl que la discipline B'establil tousjours davantage dans les troupes, que les peuples sont soulagez el satisfaicts ' el que toutes choses
' Les Polonais avaient été vaincus le» a8 , sur une hauteur de la rive « 1 1-« >i i< ■ du Po
•H) el 3o jnilti'i 1 656 , par le roi de Suède, Elle fui prise par nos troupes dans le cou-
Charles-Gustave. ranl de septembre.
1 Ville silure sur le Danube el capitale ' Si d'Estrades avail réussi à rétablir la
île la Manie- \iilrielie. discipline ilans l'ai m ede C ttalogue, el -m
Valence d'Italie, i|in i;iaii assiégée p r tout ii soulager el ii satisfaire les peuples de les Français joints au duc deModène, étail cette région, aussi hien eu France qu'en nue place forte du duché de Milan, situer Espagne, c'était un résultai d'aulanl plus
Sept. 1686. vont bien sous vostre direction; mais leur lin altère cette joye, quand je vois que vous insistez tousjours sur vostre rappel. Je vous ay escrit avec tant de franchise et si pressammeut là-dessus l, que je n'y puis rien adjousler. Je ne sçaurois néanmoins m'empesclier de vous dire encore que, si vous n'y déferez pas, je croiray avoir peu de crédit vers vous.
Je suis fasché de la maladie de M. Baltazar2. Je vous prie de luy faire faire compliment de ma part et luy dire que j'ay grande impatience de sçavoir que sa santé soit restablie.
Vous ne doutez pas que je n'enaye beaucoup aussy d'apprendre la suite du decampement que vous deviez faire, et si les ennemis auront pris ce temps-là pour vous combattre. J'espère neantmoins, en ce cas, et de vostre conduite et de la bonne disposition des troupes, que cette occasion sera glorieuse pour les armes du Roy et pour vous.
Vous aurez desja sceu le destachement que l'Empereur avoit faict d'un corps d'armée pour l'envoyer en Italie contre M. le duc de Modene. Nous avons encore, depuis peu, receu nouvelle que le roy de Suéde ayt gagné une grande bataille contre les Polonois3; ledict empereur n'a pas laissé d'envoyer ordre de marcher à ce corps, qui estoit assemblé à Lintz, de sorte qu'estant important d'envoyer des troupes en Italie, soit pour conserver Valence en cas que nous la prenions, soit pour garantir les Estats du sieur duc de Modene, je vous prie d'examiner avec M. le duc de Caudale, à qui j'escris la mesme chose4, si les ennemis, ne pouvant faire aucun progrez de vostre costé, n'estant pas aussy en
appréciable qu'il était plus rare. Dans l'Est et dans le Nord , il en allait tout autrement. Les rapines et la dévastation auxquelles les armées s'étaient livrées avaient épuisé pour longtemps la Champagne et la Lorraine.
(Lire à ce sujet le Journal de Jean Bandiez, greffier de Plappeville au xvue siècle, publié par Cb. Abel et E. de Bouteiller.)
1 Voy. ci-dessus, p. 271, la lettre du \k juillet 1 656.
5 Jean Baltazar ou Balthazard , qui a laissé dos Mémoires, avoit d'abord été du parti de la Fronde, en Guyenne. (Voy. t. V. p. 10G, des Lettres de Mazarin.) Il se réconcilia avec la Cour en iGô3 el fut nommé lieutenant général en i65/i.
3 Voy. ci-dessus, p. 333.
4 On trouvera , aux Analyses . l'indication de la lettre adressée par Mazarin au dix d< Candale. le 1" septembre i65G.
estât de rien entreprendre de considérable vers la fin de septembre Sept. i656. contre nous, on ne pourroit point destacher deux ou trois mille homme* de l'armée de Catalogne pour les faire passer en Italie et se servir seulement du reste pour couvrir nos places jusqu'à la fin de la campagne. J'attendray une prompte response la-dessus.
Vous pouvez escrire à l'ingénieur, qui est à Narbonne. que. s'il veuf retourner à Bordeaux, on lui donnera deux cens livres par mois, qui seront payez ponctuellement1. On a esté obligé, faute d'argent, de diminuer les appointemens du sieur de Lessarl et d'autres personnes.
Air. (!ir. , Pars-Bas, i. 38 (sans BMKoBtMo de page ai de folio |. — Copie iln temps,