‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 77 sur 285 · À L'ABBÉ ONDEDEI · texte numérisé non relu

À L'ABBÉ ONDEDEI

La Fère, 26 septembre 1 656.

(evtbait. )

Après avoir parlé du cardinal Orsino, ou des Ursins, auquel on pourra offrir une pension de douze mille livres sur l'archevêché d'Auch, Mazaria passe au titre de Protecteur des affaires du Portugal à Rome et examine à qui on pourrait le donner. Il ajoute :

11 faut se souvenir de mander à M. le cardinal Bichi d'insister fortement auprez du Pape et par les voyes qu'il estimera les plus propres pour le persuader, afin qu'il fasse quelque esclat contre le cardinal de Retz, au moins sur la désobéissance ou mespris de la bulle qui oblige les cardinaux de ne pas partir sans congé de Sa Stél; car il n'y a ny clergé ny personne qui puisse rien dire du ressentiment que le Pape fera [voir] d'un cardinal qui luy désobéit, pendant mesme qu'il estoil en Italie. Et asseurement il feroit un tres-bon effect qu'il parust au public quelqu'acte de Sa S16 contre ce cardinal, qui seroit fort déserté par là, et il n'auroit plus le moyen de faire croire qu'il est bien auprez du Pape et qu'il est asseuré de sa protection comme il affecte d'insinuer à tout le monde et particulièrement à l'assemblée [du clergé], à laquelle il est fort nécessaire que vous fassiez cognoislre le contraire, monstrant aux evesques en particulier les advis que nous avons receus de Borne sur ce sujet et mesme quelqu'une des lettres du cardinal Bicbi, afin que, par ce moyen, l'assemblée reco<>noisse de plus en plus les artifices dudict cardinal, duquel le Pape se déclare offensé par la

1 Retz avait quitté Rome clandestinement et s'était dirigé vers la Franche-Comté, comme

on l'a dit ci-dessus.

revocation du grand vicaire1 [et] par sa mauvaise conduite pour avoir Sept. i656. quitté l'Italie sans son congé2.

Il faut aussy mander à M. le cardinal Bicbi la continuation du procédé extravagant du Nonce, lequel cache soigneusement tout ce que le Pape faict à nostre advantage et publie et; qu'il croît nous pouvoir faire tort. Sur quoy j'estime qu'il scroit bon que vous voyiez l'ambassadeur de Venise, lequel avoit laid instance à M. Servien d'escrire afin qu'il plust au Koy de donner audience audict Nonce, qui devoit parler au Roy en laveur de la Republique [de Venise], de la pari du Pape

Vous tesmoignerez (favoir eu ordre de le voir de ma pari pour I asseurer de mon service et de mon affection, et cependant vous pourrez faire tomber en discours la conduite du Nonce, lequel, de Bon chef, [prétend]4 el tasche d'agir contre le service .lu Roy, puisqu'il a des ordres lout contraires de son oiaistre. Je voua envoyé quelques lett qui sont en response de celles que quelques uns de MM. les evesques

m'ont escrites, et com je me remets à ce que le sieur Golbert leur

dira de ma part, nous les advertirez qu'il Bera aprez-demain à Paris et qu'il ne manquera pas de les voir tout aussj tost . aj5res ueantmoins qu"il aura conféré avec vous de tous les ordres que je lu\ a\ donnez.

Il faut s'employer surtout pour obliger l'assemblée à improuver I insolence du cardinal de Retz, qui brave le Roy, faicl des invectives contre son premier ministre, pendant qu'il a l'honneur d'estre président de l'assemblée, à laquelle |il| perd le respect en ^adressant à elle pour luy participer ses violences et lu\ demandant secours et assista pour cela.

L'abbé d<' Villars5 faict fort mal el affecte d'appuyer tout ce qui se

1 M. «In Saussoy. d'apaiser le Saint-Père el de part r les coups

'' Le cardinal de Reta avait écrit deux que Malaria sollicitait a son intention. lettres datées <rdu lieu de ma retraite, le ' Venise, menacée par les turcs, deman

ai septembre i656», l'une au Roi, l'autre dait des Beconrs a la France, au Pape, celle-ci expliquant son dépari par ' Lecture 1res douteuse,

la peste qui sévissait en Italie, et protestant ' Il est probable qu'il B'agit dans ce pas-

de ses sentiments de gratitude et de Qdé- sage de Henri de Villars, qui est cité dans

lité. Celle lettre avail précisément pour but les Mémoires du pèn Rapn (L II. p. 212)

MUU11N. — TH.

MO

Sept. i656. propose dans l'assemblée à l'advanlage du cardinal de Uelz. Il seroil bon de dire à M. le prince de Gonty, de ma part, qu'il le gourmandast et i u y list cognoistre son ingratitude, et de parler à son frère1 en la mesme conformité. Enfin il luy faut faire honte de la conduite qu il tient, oubliant ce qu'il doit à mon honneur, au Roy et à inoy. pour adhérer à la passion de Marmiesse2, son collègue, qui se vante de I avoir gàigné en faveur du cardinal de Retz.

11 seroit, à mon advis, tres-advantageux que quelque evesque de rassemblée se declarast contre Marmiesse, dont la conduite ne peut pas se soustenir. Je vous prie d'en parler à M. l'evesque d'Aire3, de ma part, afin qu'il luy rompe en visière; et s'il pouvoit faire cela de concert avec d'autres evesques, qui fissent ensuite la mesme chose, je crois qu'il seroit fort utile d'attaquer son ingratitude et infidélité en

)ub!

comme un des agents généraux du clergé. Henri de Villars devint archevêque de Vienne en iGG3 el mourut en 1693.

1 Pierre de Villars, frère de Henri, était premier gentilhomme de la chambre du prince de Coati. Il mourut en 1G08, à 70 ans. C'est le personnage connu sous le nom de ViiUirs-Orondali. ( Voy. le Journal de Dangeau , t. VI , p. 3i U , et la note de S:int Simon sur ce passage.)

a Bernard de Coignet de Marmiesse était également agent général du clergé. Il avait été nommé, en 1 053 , évêque d.' Conserans. Il ne fui sacré que le 12 novembre iG5G e! mourut le 2 2 janvier 1680.

Charles-François d'Anglure de Bour-

lemunl lut évêque d'Aire de i64g a 1GÔ7; transféré à Castres en 1G07, puis à Tonlousi en 1669 , il mourut en 1 669.

1 Le clergé en général craignait ■ d'ouvrir quelque voie nouvelle à L'autorité séculière» . de créer des précédents dangereux pour l'avenir, en donnant trop facilement carie blanche à la Cour. L'assemblée délibéra d'écrire au cardinal de Retz une lettre contenant : 1" ce qu'on avait fait pour établir sa juridiction spirituelle; 20 les bons oflices que l'on se proposait de lui rendre en faveur de son temporel ; 3° qu'on le priait de nommer des vicaires généraux agréables au Hoi: !>" qu'il devait tenir une conduite pleine de respect pour Sa Majesté.

==_________== Sep1 "'"''

Bibl. nat., ma. I'. Ii.. Mélanges de Colbert, i. 5i, I 3a7 i ; minute. — Iff. étr., Fran t. 272 , I' 89, el 1. 27a, I' ia5; copie du temps.

\ LA REINE

je feroig tort à un tel ambassadeur <•< ne le chevalier de Gi

mont ' si j'entreprenois de vous descrire toutes les nouvelles eu détail; ,1 v,»us rendra bien compte, estanl très-bien informé de ce qui se paf Nous attendons dans deux heures M. de Turenne, ei comme ou «aura plus particulieremenl la route que l'armée ennemie aura prise, le Roj prendra sa resolution, ei j'aurai l'honneur de vous la mander en diligence. Toul le monde asseure qu'il \ a eu de grosses paroles enh

prince de Gondé ei don Juan3, el qu'Us Be - Bepares très-mal. Si

vous voulez vous mesler de les racommoder, vous le pourre*. Poui „io\. je les laissera) faire, n'ayanl pas à un si hnul poinl que vous la vertu de la charité.

Le Confident voua escrit, il se porte For! bien; e! pour la \h, j Vfaza- , ni I, elle est en l'estal qu'elle doil estre pour * | la Reine]. Je vous prie d'en asseurer 23 (la Reine), de ma par! * *.

Je vous envoyé la capitulation de la Capeile, qu'il faudra, s'il vous plaist, remettre à M. de Brienne,el je vous supplie de me permettre que je puisse asseurer Monsieur8 de mes très humbles respects, e! que je lu\ demande en grâce de prendre garde à \l' de Mercœur*, tan! que le chevalier5 sera à Gompiegne.

Philibert de Graroont, frère du mare- mée française maigre les instances de Cowié.

chai, morl le 3o janvier .707. è 86 ana. Philippe de France, duc d'Anjou.

C'est l'auteur des Mêmoirte d'Hamtltw, Victoire llancini, nièce de Menria,

Cette querelle éclata à l'oecasion de I;. dueheeae de Mercosur, mère du oâèbre roa-

Capitulalion de la Capelle. Lee Espagnols, réehd de Vendôme. Elle nourri presque

qui s'étaient approchés de eelte place pour subitemenl l'année suivante ^«'•»7 »•

la secourir, n'avaienl pas osé attaquer lar- Le chevalier de Gramont Quoique le

Sept. i656.

GCXXV.

Bibl. ii ;t . ins. f. fr., Mélanges de Colbert, t. 5i, f" 334. — Minute.

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