‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 79 sur 285 · AU MARÉCHAL DE GRAMONT · texte numérisé non relu

AU MARÉCHAL DE GRAMONT

Guiso, 3o septembre iGÔG.

Je suis fort en peine de ne recevoir point de nouvelles de M. de Lionne. Je ne doute pas qu'il ne soit, au moins, à présent arrivé à Bayonne, puisque, par le dernier courrier qu'on luy a depesché, on luy a envoyé un ordre précis de partir [aussitost]1 aprez, s'il n'avoit pu n'en conclure, et il seroit tres-prejudiciable au service du Roy qu'il en eust usé autrement. Neantmoins, dans cette incertitude, je ne laisse pas de lui escrire la lettre cy-joincte que je vous prie de lui faire rendre s'il est à Bayonne, ou de la luy faire tenir par une voye fort seure, s'il est encore en Espagne; et en cas qu'il fust parti en deçà de Bayonne, vous pourrez prendre la peine de me la renvoyer.

Je ne vous parle pas de lestât de l'armée du Roy et de celle des ennemis, parce que M. le comte de Guiche- vous en pourra informer, entre autres de quelle manière nous avons pris la Gapelle en présence

1 Lecture douteuse. Turenne», Il était ffbeau, bien fait et plein

2 Armand de Gramont, fils du maréchal, d'esprit, mais gascon jusque dans l'excès» ; né en 1 638 ; il mourut en 1678. Il était, et sa passion déclarée pour Henriette d'Anen i65G, miiestre de camp du régiment gleterre, duchesse d'Orléans, fit, quelques des gardes françaises et servait à l'armée de années plus tard, beaucoup de bruit.

de lotîtes leurs forces des Pays-Bas, et que les ennemis, après avoir Sept, levé le siège de Saint-Guillain et s'estre approchez [à une lieue ' de nostre camp, publiant qu'ils vouloient secourir la place, se sont contentez d'eslre les simples spectateurs de sa prise et probablement achèveront la campagne comme ils Tout commencée, c'est-à-dire en demeurant sur la défensive-. M;iis, après cela, je crois devoir \oiis dire qu'il ne se peut rien adjouster à l'estime qu'il3 (le comte de Guicbe) s'est acquise, et par son courage dans toutes les occasions perilleusi qu'il cherche inesnic avec trop d'ardeur el d'empressement, el par sa patience dans la fatigue, cl par sa douceur et ^a civilité envers toul le monde. Je pense que vous ne serez pat fasché d'apprendre ces veritez par un amy qui ne vous desguise rien el qui vous manderait le contraire avec la inesine sincérité, s'il v avoil Bujel de le faire, afin que vous cherchassiez des moyens d'y remédier. Je \<»us prie d'estre bien persuadé de cette passion que j'aj pour ce qui \mi> touche et qu'on ne

peut eslre plus que je sni-;, etc.

Addition à lu lettre au maréchal de Gramont.

Le comte de Guicbe est fort cren4, el il peut bien y avoir des gens plus robustes que luy, mais non pas «le plus vigoureux pour son aage, n\ qui supportent mieux la fatigue. Je ne vous escrira^ plus en espagnol, puisque vous ne me (aictes pas response; mais je mois dira) bien

en toutes sortes de langues que moi- n BVei serviteur plus a-sruic que mo\ .

' l,rcliiie(loiili'iisi> peur 1rs mots entre | ]. rappn iclié il • la phrasi bùle ccunledi &i

5 Tout le passage depuis entre autres jus- est mentionné, qu'à défensive est au bas de la page el sous l Développé. On il >ii entendre Burlout,

forme de renvoi. par la, foi tifié; le comte de Guiche ;i\:iii

tvant le passage intercalé, i7 se trouvai! alors 19 ans.

Sept. 1 656. , ,v

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