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Bibl. nat., ms. f. fr. , Mélanges de Colberl, t. 5i, f° 309; minute. — AIT. étr. , France, t. 27/1, f° 1 33 ; copie du temps.
À LA REINE
Guise, [3o] septembre 1 656 '.
M. de Turenne est icy, mais comme on ne sçayt pas encore que les ennemis ayent pris une resolution, il n'est pas possible que nous prenions la nostre. Cependant on faict préparer un grand convoy de farines et de munitions de guerre pour jeter le plus promptement qu'il se pourra dans Saint-Guilhain, n'y ayant rien de si grande conséquence que cette exécution.
Je ne vous puis rien mander de ce que le Confident fera, ne pouvant se résoudre à s'en retourner sans avoir rien veu. Je crois qu'il y sera contraint; et ce qui lui pourroit réussir seroit démarcher avec l'armée jusques auprez du Quesnoy, pour s'en revenir aussy tost2. Cela s'entend si les ennemis demeurent encore au lieu où ils sont. Ils ont destasché beaucoup d'infanterie, et ils ont perdu un grand nombre de soldats dans leur dernière marche. C'est pourquoy chacun est persuadé qu'ils ne sont plus en estât de se présenter devant nostre armée.
J'ay receu vostre lettre; mais je n'y puis pas respondre comme je voudrois, parce qu'il n'y a pas seureté, et celle-cy pourra bien estre interceptée. Je vous diray donc que le Confident vous est tres-obligé, et il m'a commandé de vous asseurer plus que jamais de son amitié, et
1 Cette lettre porte , dans les deux manu- Le 1" octobre, il se rendit au Quesnoy; l'ar-
scrits, la date du 29 septembre; mais, d'à- niée marcha, toujours en bataille , vers Saint,
près ce que Mazarin dit, à la fin de la lettre Guilhain , où Turenne envoya Castelnau avec
de Lionne, elle doit être postérieure. quatre ou cinq cents fantassins escortant un
5 Le 29 septembre, le Roi avait passé convoi de vivres. Le Roi campa ensuite à
l'armée en revue près du village d'Equielle ; Roisin. Il partit de là pour se rendre à
delà il vint loger avec elle à la Vaqueresse. Gompiègne et ensuite à Vincennes.
pour la Mer [Mazarin], je ne vous diray rien, sinon qu'elle est à l'ac- Sept. i656. coustumée.
11 y a un gcnlilliommc du marcsclial de Gramont à la Fere avec un parquet de M. de Lionne. J'escris à M. Le Tellier de me l'envoyer demain, et je vous informeray aussylost de ce que ledict pacquet contiendra.
Bibl. uni., rus. f. fi\, Mélanges de Colbert, I. 5i, ( 337; minute. — AU', étr., France, (. 27/4 , f° 1 3G; copie du temps.
\ LA REINE
<ini-.', di rnier septembre •
Enfin le Roy I a emporté, el demain il s'advancera avec l'armée el au Quesnoy. MM. de Turenne et deVilleroj el les autres officiers généraux
oui tous conformemenl opiné que Sa M' | voit (aire ce voyage avec re-
putatiou <'t sans qu'il \ ;i\i aucune apparence que les ennemis attendent l'approche de nostre armée, la leur estant asseurement plus [bible il«' sept mille hommes1. Elle <-.si < • «- 1 1 1 1 1 » « * « • à Maubeuge des deuï costez de la Sambre, et qous croyons qu'elle reculera <>u mettra la rivière devant
elle. Le Roj auroit peu s'excuser de se <1 1er cette peine . el j'aj faicl
tout mou possible pour cela et pour l'obligera s'en retourner à Compiegne; mais il a fallu céder. Je vous asseure pourtant de vous le ramener icj (à Guise), au plus tard, jeudj prochain, en lionne saute. et que, deux jours aprez, vous le verrez au lieu <ui vous estes . Il vous escrit la lettre cy-jointe.
Je remets à nous dire toutes chose- lorsque i'auraj l'honneur d'estre auprès de vous, et je m'asseure que vous aurez sujet de vous louer de la Mer (Mazarin) el de #*. Je renouvelle à Monsieur les
1 Mazarin n'a parlé ci-dessus que de bre ii Compiègne, où était déjà la Reine, quatre à cinq mille hommes. 3 O rigne indiquait, comme on l'a dit,
' On verra que le Roi arriva le G oelo- l'amour de Mazarin pour la l\< ine,
:î98 lettres
Octobre i656. asseurauccs de nies tres-humblcs respects, et je l'asseure qu'il ne dépendra que de la Reyne d'estre, dimanche ou lundy, à Paris. Cette nouvelle ne luy sera pas désagréable #*.
AIT. élr. , France, t. 276, f° i65. — Minute.
À LA REINE
De Vannegs-nu-Bois l, 2 octobre 1G0G.
Le Roy couchera ce soir au Quesnoy; mais il faudra bien essuyer des combats auparavant que de le disposer à ne camper pas avec l'armée, comme il a faict cette nuit. Tout le monde souhaiterait icv que les ennemis s'opposassent à nostre marche, pour ce qu'on croit qu'ils nous donneraient le moyen de remporter quelque grand advantage sur eux; mais, pour moy, je leur seray très obligé s'ils nous laissent aller et retourner sans aucun empeschement, et je m'asseure que vous aurez le mesme sentiment2. Il est certain que leur armée est fort affaiblie, non seulement à cause du monde qu'ils ont perdu, mais pour les destachements qu'ils ont faicls, ayant envoyé Guitaut3 avec un corps de quinze cens hommes à ltocroy, huit cens au Castelet et douze cens sur la Lys, et il faut advouer que l'armée du Roy est fort belle et forte, et M. le mareschal de Villeroy, l'ayant visitée particulièrement, asseure qu'il y a vingt mille hommes elïectifs sans les officiers.
1 Je n'ai trouvé aucun renseignement sur marcha vers Mons, qui n'est qu'à une heure cette localité dont le nom a peut-être été al- de Saint-Guilluiin , et se montra de\ant la léré par le copiste. On voit, par le texte de place, deux heures après que les troupes la lettre, que Mazarin se trouvait alors près qui y avaient conduit le convoi de vivres du Quesnoy. s'étaient retirées.
2 L'ennemi, ne s'étant pas trouvé en état a Guitaut- Peichperou. (Voy. ci-dessus, de s'opposer à la marche de notre armée, p. 3o4.)
DU CARDINAL M \Z\lilV 399
Le Cpn/idmt a veut vostre lettre. Il dictées raisons sur le sujet dont Octobre .•:.■■. vous le condamnez; niais pourtant il déclare3 qu'il est tout prest à subir vostre jugement, et il m'a commandé de \ous asseurer plus que jamais de son amitié. En mon particulier, je demeure le plus asseuré di! lous vos serviteurs. Le Confident vous prie de Caire ses recommandations à Monsieur, de qui je suis tres-humble serviteur.
GGXXUL Aiï. étr. , France, I. 27 4, f' 1 48. — Copie da temps.
\ LA REINE
Qaesoojr, 3 <>< tobre ;
(ïXTiuir. i
Je vous tiendrav la parole (pie je vous a\ donnée, puisque les ennemis qui esloii'iil. venus pour attaquer l'armée du Roy, retranchée à la Capelle, se sont relirez à l'approche de la uoslre; que Sakit-Guillain n'a plus a craindre nv le blocus n\ d'estre pris par force, el que le Roy a acquis beaucoup de réputation, en ce voyage, dans son armée el avec les ennemis mesmes; mais je vous demande très- humblement pardon si je me dispense de tenir ma parole pour le retour de Sa M : car je \ous l'avois donnée pour dimanche ou lundv prochain, el il pourra eslre.à ce que je crois, \endred\. J'espère que VOUS aine/, la bonté de me remettre cette faute, puisqu'elle ne procède que de la passion que le Confident et moi avons de nous rendre auprès de 23 (la Reine)9.
Je viens de recevoir vostre lettre du dernier du mois passé avec un billet pour le Confident, et je ne vous dis rien de sa part, puisqu'il
' La minute porte ; il se déclare. ' Mazarin, veut dire qui si, dfJU une
Il est probable que Mazarin fait allusion lettre précédente, il avait indiqué une date
au ictus du Roi de revenir è Compiègoeen plus rapprochée, c'était par le désir qu'il
quittent Guise ou k Fere. (Voy. la lettre de éprouvait de revoir pins promptemenj la
Mazarin à la Heine, du 3 octobre 1 650.) Reine.
Octobre iG56. vous escrit, et je vous responds qu'il est ravy de ce que vous me mandez de la part que vous prenez à sa satisfaction, nonobstant qu'elle soit au prix de l'esloignemcnt. Car, si quelque chose pouvoit diminuer la joie du Confident, c estoit que vous eussiez receu déplaisir de ne le voir pas retourner de la Fere ou de Guise.
\ous verrez, h nostre retour, la despesche que j'ay receue d'Espagne1. Elle ne contient rien de considérable; car le courrier, qu'on y avoit envoyé de la Fere, n'estoil pas encore arrivé, et je m'en estonne, car ladicte depesche est datée du 2mc de septembre.
J'escris à M. le Chancelier ce qui s'est passé2, afin que, par ce moyen, Paris en ayt cognoissance, et que la chose se respande avec l'advantagc qu'elle mérite. Je vous envoyé la lettre ouverte, et je vous prie de la faire cacheter après que vous l'aurez veue et la donner à M. deBrienne, afin qu'il prenne la peine de la faire tenir promptement autlict Chancelier. M. de Brienne pourra mesme s'en servir pour escrire eu cette conformité en Italie et en Allemagne.