AU CHANCELIER
[Quesnoy], 3 octobre iG56.
Le Roy, ayant advis que les ennemis avoient pris des postes autour
1 11 s'agit de la lettre de Lionne, nien- des événements qu'il voulait porter à sa conlionnée ci-dessus, dans la lettre du 3o sep- naissance soit par des «• Déclarations" ofiitembre. cielles, soit par des circulaires aux gouver-
2 Voy. la lettre suivante. neurs de provinces, soit par des lettres dont
3 La lettre qui suit n'est, sous celle le destinataire apparent et nominal était forme, nullement destinée à celui auquel elle quelque grand personnage, mais qui, de paraît adressée. C'est un récit fait pour le fait, visaient la masse du pays. C'était une public. Le Roi tenait son peuple au courant façon de se concilier l'opinion publique, de
DU CAKDINAL MAZAR1N.
de Saint-Guislain et qu'ils y formoient1 le siège, el Sa M'' recognoissant Octobre i6âo\ l'impossibilité de secourir cetle place à cause de sa situation*, Klle (il dessein d'en prendre une autre en eschange. Pour cet effect, Elle donna ordre à M. de Tu renne d'attaquer la Gapelle3, et, aprez avoir* faicl faire un amas tant de vivres que de munitions de guerre, pour venir promptement à bout de cette entreprise, Elle résolut de partir de Compiegne, afin de se trouver en personne à ce siège; mais lorsqu'Elle estoit prest à s'en aller de la Fere à Vervins, et de là au camp, Elle receut la nouvelle rjue la place capitnloit. Je ne vous diray point les particularitez de celte action, parce que vous les aurez desja sceues, et que les ennemis ayanl levé le siège <!<■ Saint-Guilhain, où leur circonvallation estoit presque achevée, pour venir secourir ladicte place [de la Gapelle] avec toutes leurs forces, semblèrent ne s'estre advan- <v/. à une lieue de nos lignes que pour estr spectateurs de celte con- (jueste. On v a trouvé quantité de fourrages el de munitions de guerre cl de bouche, parce que c'est oit le magasin <lu prince «le Gondé qui pretendoit \ faire hyverner trois ou quatre cens chevaux, el non seulement estendre par ce moyen ses contributions jusques aux port» s de Paris, mais empescher encore que nous ne pussions mettre nos troupes en (piailier d'hyver dans la plus grande partie des generalitez3 de
la diriger, de l'éclairer ii son profit. 1rs rapports de la royauté avec l'opinion, bous l'ancien régime, seraient fort curieux à étudier dans leurs détails. Aujourd'hui encore, les hommes politiques oui veulent confier leurs idées à leurs concitoyens emploient Iréquem ment ce plastron d'une lettre à un ami . letlre que le correspondant a mission de confier à l;t presse, [ci la lettre était écrite au chancelier, afin, comme l'a dit Masarin, rrque Paris en ail connaissance».
' On peut lire fermaient on formoient.
1 Tout ce commencement de la dépêche est autographe.
3 Depuis pour ecl effvct jusqu'à ii Ca-
MAZWtlV. — ru.
' -i également de la maki
de Masarin.
deux mots apm avoir sont aussi
1 Ou donnait le n de giiu raliu i à des
circonscriptions territoriales où se trouvait un bureau o\ a finances administré par les trésoriers généraux des finances. Bien que la généralité n'ait été, dam le princip ■
qu'une divis financière, <>n peut dire que,
dès le règne de Louis Mil . ■ Il i devint la division administrative par excellence, le> anciennes provinces ne conservant d'autonomie qu'en matière militaire et no sabsistanl plus guère que dans le langage. — La gé-
Octobre 1 656. Soissons et de Chaalons et les y faire vivre avec l'ordre qui fut observé l'année passée.
Cependanl le Roy, ne se contentant pas de ce seul fruict de son voyage, résolut de faire advancer son armée en deçà pour s'approcher des ennemis et leur donner lieu de se satisfaire, s'ils avoient autant d'envie de la combattre comme ils avoient publié, et pour faire ' jeter aussy par cette occasion un grand convoy de vivres et de munitions de guerre dans S'-Guillain. Cette resolution fut approuvée par tous ceux à qui Sa Mte fit l'honneur de la communiquer; mais il n'y en eut pas un qui ne s'opposast à celle de vouloir2 en mesme temps marcher à la teste de son armée3. On se servit inutilement de toutes les raisons qui purent tomber dans l'esprit pour l'en dissuader, et j'en avois une principale en mon particulier, qui estoit que, les ennemis estant venus à dessein de nous combattre devant la Gapelle où nous estions retranchez, il ne falloit pas douter qu'ils ne le fissent, lorsque nous les allions chercher bien avant dans leur pays, et qu'ils pouvoient nous attaquer en pleine campagne.
Le Roy, neanlmoins, quelque chose qu'on pust lui représenter, persista toujours dans ce dessein, disant que, s'il devoit aller à la guerre, comme sa dignité, sa gloire et son inclination l'y obligeoient, il estoit temps qu'il commençast à en apprendre tout de bon le mestier \ d'autant plus qu'il en prevoyoit bien la durée, ne voyant pas dans l'en-
néralilé de Soissons comprenait le département de l'Aisne, une partie de l'Oise et une partie de Seine-et-Marne. Elle comptait 1,200 paroisses et environ 611,000 âmes. La généralité de Cliàlons, beaucoup plus vaste comme territoire, puisqu'elle comprenait 2,260 paroisses et s'étendait sur les départements de la Marne, de la Haute-Marne, de l'Aube et des Ardennes, était plutôt moins peuplée; elle ne possédait que 600,000 habitants, d'après les dénombrements des intondants sous Louis XIV.
1 Te mot faire a été ajouté en interligne.
2 De vouloir est en interligne, ajouté par Mazariu.
3 Le sens est : à la résolution qu'avoit prise le Roi de marcher à la tête de son armée.
4 Depuis d'autant plus jusqu'à de sorte que, la phrase incidente est une correction autographe de Mazarin ; et comme la lettre était destinée à la publicité, la pensée qui est ici exprimée avait pour but de répondre aux insinuations des adversaires du Cardinal, qui l'accusaient de n'avoir pas voulu faire la paix.
DU CARDI.\AL MAZARHV. 403
nemi la disposition qu'il seroit à souhaiter pour profiler de la facilité Octobre iGôg. que Sa M1<:' veut apporter aux conditions de la paix, de sorte qu'estant le maistre, on fut contraint de céder, et personne n'osa plus s'opposer à sa volonté.
SaMl<; partit donc avant hier matin de Guyse et alla joindre l'armée, qui n'en estoit esloignée que d'une lieue. On prit le chemin des plains et on campa le soir à une lieue du Quesnoy, le Ro\ tesmoignanl une joye extraordinaire de souffrir l'incommodité de passer la nuicl dans une meschante chaumière au milieu de toutes les troupes. On en partit hyer à la pointe du jour, et lorsqu'on B'estoit1 advancé .1 deui lieues des ennemis2, on fut surpris d'apprendre, par divers partys <[ n'011 avoit envoyez pour avoir de leurs5 nouvelles, qu'ils estoient descampez le matin devant le jour pour s'aller mettre derrière Mon-. Mors voyant qu'il n'y avoil ]»lus rien à faire à leuresgard, Sa M1, donna ordre qu'on jetast tout le canon dans Saint-Guillain et qu'on attaquasl le chasteau de Roysin,qui incommode fort la communication «h* ladicte placeavec le Quesnoy, Nous axons sceu depuis que le convoj est passé avec toute la facilité qu'on a pu souhaiter et sans avoir rencontré le moindre obstacle4, et que le commandant de Roysin, (jui est un capitaine fort estimé parni) les ennemis, ne s'estant pas contenté de faire tirer le canon5, mais s'estant laissé forcer pour exécuter l'ordre qu'il avoit d'attendre l'extrémité elle secours dont les ennemis l'avoienl asseuré, on avoit tué presque tous les soldats qui \ estoient . et que ledicl coinmandant s'estant \oulu sauver par une leneslie avoil e-le pris et estoil encore en vie1'. Je croy que le lh>\ lu\ fera grâce eu considération du
les trois mots lorsqu'on s'estait ont été Masarin cherche évidemment à grosécrits en interligne par Mazarin. sir ici, autant mie possible, pour la gloire 1 Le mot ennem» est autographe. personnelle <lu Roi, ce l'ail d'armes (oui
Leurs a été ajouté en interligne de la à fait insignifiant. Turenne, dans ses V -
main de Mazarin. moires (p. /i8-j). se borne à dire : <- 1 1 \
Les quatre mots rencontre le moindre avait tin nnvlianl château 006 l'on pril
obstacle sont autographes. dans celte marche », au retour de
Les mois le canon ont été ajoutés en Sainl-tiiiilliahi. t>nss\. de son côté, iiumi-
intarligne par Mazarin. lionne ainsi l'événement : -L> s (octobre
Octobre i656. régiment de Beauvezé, par lequel il1 a esté arresté et dont les ofliciers ont supplié Sa M"! de trouver bon qu'ils taschassent de le faire eschanger contre leur colonel.
Saint-Guillain est à présent si bien pourveu de toutes choses qu'il ne doit craindre ny l'attaque de force, ny le blocus, y ayant une forte garnison et des vivres et autres choses nécessaires jusques au mois de septembre.
Cette action, aprez la prise de la Gapelle, aura faict voir à tout le monde que l'armée du Roy est encore en estât de se monstrer et que c'estoit une vanité ridicule des ennemis et une malice fort grossière des malintentionnez2, de dire, il y a quelque temps, qu'elle n'estoit plus qu'une idée et qu'on la cherchoit partout sans la trouver.
Le Roy partira demain pour s'en retourner à Gompiegne. J'ay creu cependant qu'estant aussy zélé serviteur de Sa Mte que vous estes et autant passionné pour la gloire de ses armes, vous seriez bien ayse de sçavoir toutes ces particularité. Je vous prie [d'en] donner part à M. le mareschal de L'Hospital et à MM. les Surintendans, et de me croire tousjours parfaitement, etc.
Bibl. nat. , ms. f. fr. , Mélanges de Colberl, t. 5i, f° 087 v°; minule. — Aiï. étr. , France,
t. 27/1, f° i5o; copie du temps.
V LA REINE
Guise. 5 octobre 1 656.
( Evriun.)
Mazarin annonce l'arrivée du Roi et la sienne pour le lendemain à Compiègne. Pour nouvelles, je n'ay rien à vous dire, sinon que les ennemis
nous vînmes camper nu château de Roisin ' Les trois mots par lequel il ont été
que nous prîmes à discrétion, le Roi mar- ajoutés en interligne par Mazarin. ebant toujours avec l'armée.» (Mémoires, * Correction autographe depuis vanité ps-
II, 2 5.) qu a malintentionnez.
s'estant retirez derrière Mons, lorsque le Roy marchoit à eux, ils se Octobre ifiso sont advancez auprez de Sainl-Guislain , après qu'on y a jeté des hommes, des vivres et des munitions de guerre, au delà de ce qui estoit nécessaire pour garantir la place d'estre prise, sans un miracle, par force ou par blocus; et après avoir veu que oostre armée avoit pris la roule du Quesnoy pour s'approcher de la frontière, n'ayant pas de quoy faire subsister les chevaux en ce pays-là, l'on a entendu tirer quelques coups de canon, et l'on estime que l«'s ennemis auront faicl quelque fort auprez de Saint-Guilhain, du costé <le Mon-, pour tascher d'empescher les courses. Car si leur intention estoil d'en faire pour prendre ladicte place par famine, ils auroienl ;'i attendre, au moins, et, dans ce temps, ils perdroienl bien du monde à garder les forts, lesquels je responds qu'il leurseroil impossible de conserver.
Le Roy est fort satisfait de son voyage et avec beaucoup de raison et jouit d'une parfaite santé.
\lï. <!ir. . France, i. "7 't. f* i6>. — Copie du temps.
\ M. miBOWLAU
Compiëgne, .r> octobre i(i.">t>.
Je vous suis fort obligé de la sincérité avec, laquelle vous m'escrivez sur ce (jui s'est passé dans l'affaire qui concerne les maistres de requestes.
' Il s'ajjïi probablement ici de Tambonneau, sieur do Roquemont, conseiller-clerc au parlement de Paris, qui est caractérise'
dans le passage suivanl du Tableau du parlement île Paris (Correspondance administrative sous Louis XIV, t. II. p. ko): uTrèsbabile, très-fin et intéressé, ayant receu des bénéfices et biens de la Cour; est fort dans les délibérations, estime! dans le Parlement.
M. le président Tambonnean s pouvoir sur lui.- Masarin écrit évidemment à un conseiller du Parlement, el nous ne trouvons mentionné dans le tableau . rédigé vers i664 , que ce conseiller du nom de Tambonnean. Quant à son frère, Michel Tambonnean, président à la Chambre des comptes de l'aris, il a son historiette dans Tallemant des Réaux (t, VII, p. 7'i, édit. Tecbener, iu-8").
Octobre i656. Je feray tousjours grand cas de vos senlimens, et je seray mesnie tresayse que vous vouliez me les faire sçavoir avec liberté dans toutes les rencontres importantes; mais vous trouverez bon qu'en celle-cy je vous die que je ne suis pas persuadé que cette affaire ayt si peu d'eslendue que vous présupposez, et ne regarde que l'observation des ordonnances. Si Messieurs du Parlement se fussent contentez de faire là-dessus des remonstrances au Roy, il y auroit eu sujet de louer leur modération, et l'on auroit pu chercher des temperamens pour accommoder le différend; mais ayant donné des arrests contre le Conseil, interdit des maistres de requestes, qui ne prétendent point estre de leur corps et sous leur jurisdiction, et entrepris d'autres choses que tout le monde advoue qui attaquent directement l'authorité de Sa Majesté, ils l'ont mise dans la nécessité de la soustenir et m'ont osté le moyen de suivre le conseil que vous me donnez de demeurer en estât de pouvoir estre le médiateur de cette affaire l. Je serois tres-ayse neantmoins qu'on trouvast des expediens pour prévenir les mauvaises suites qu'elle peut avoir et pour la terminer avec la satisfaction et la dignité de Sa dicte M**, que je veux croire que vostre compagnie n'a aucune intention de blesser. Si vous me donnez quelques lumières sur cela, j'en profitera y aussy bien que de toutes les occasions de vous tesmoigner que je suis avec beaucoup d'estime et de cordialité, etc.
1 L'affaire des évocations finit par s'ar- semblée, par quelques esprits factieux qui
ranger au mois de janvier i65y. A ]a date n'aiment pas la prospérité des affaires de
où Mazarin écrivait, elle était encore dans l'Etat . . . , prenant l'occasion de la levée
toute son aigreur. Le 19 octobre, fut rendu du siège de Valenciennes, de l'approche
un arrêt du Conseil d'Etat (voy. Arch. nat., de l'armée ennemie de la frontière, des
AD+) portant cassation des arrêts du Par- bruits que l'on faisait courir que l'entre-
lement de Paris des 18 août, 1" et k sep- prise de Valence n'aurait pas un meilleur
tembre dernier, <■ donnés par attentat contre succès, et d'autres troubles excités dans
l'autorité royale, avec défense audit Parle- Paiis par les perturbateurs ordinaires de
ment de plus s'assembler sur les matières la tranquillité publique, afin d'affaiblir chez
y contenues*. L'arrêt parlait d'une rraffec- les étrangers la réputation du gouverne-
tation visible à rechercher un sujet d'as- ment ... 1
==__====^==________==_____ __ ___ _______ Octobre 1 656.
Bibl. nat. , ms. f. fr. , Mélanges de Colbert, t. 5i, P 33g ; minute. — Afl*. étr. , Pays-Ba?, t. 38 (sans indication de page ni de folio); copie du temps.
La Fëre, 6 octobre 1 656.
J'ay receu vostre lettre d'hyer, où j';i\ veu ce que M. de Beauvau1 vous avoit mandé de la marche des ennemis. Je ne suis point surpris qu'ils ne se soient pas arrestez «à Saint-Guillain. Vous sçavez ce que nous en avons dict et le sentiment où j.i\ tousjours esté là-dessus. Si je sçay quelque chose qui me donne plus de matière de vous escrire, je vous le manderay ce soir de Compiegne.
Je viens de depescher à M. de Mondejeux1 pour luy proposer si. les ennemis demeurant esloignez d<- ces quartiers-là, il pourroit, avec un corps de troupes que l'on destacheroil de l'armée pour joindre à ce qu'il tireroit d'Arras, Bethune et la Bassée, el un bon équipage d'artillerie, prendre quelque poste sur la Lys; mais je luy a\ mandé qu'il falloit faire quelque chose de plus solide. Quand j'auray sa responce. je vous en informeray aussytost.
ccxxxvn.
Bibl. nat., ms. f. fr. , Mélangée de Colbert, t. 5l, f* 3Vj; inimité. — Aff. t;lr.. I'a\s-Bas, t. 38 (sans indication de page ni de folio); copie du temps.
Compiegne, 7 octobre 1 656.
(kitiuit. )
J'ay receu vostre lettre d'hyer, où j'ay veu les nouvelles que vous avez de la retraite des ennemis au delà de l'Escaut et du mauvais estât
1 Voy. ci-dessus, p. 93s. M. de Beauvau t'tait, comme on l'a dit, gouverneur du Quesnoy. — ■ Gouverneur d'Arras.
/i08 LETTRES
Octobre i656. de leur armée. Je vous responds que la faiblesse et la désertion sont plus grands encore parmy eux que vous ne sçauriez vous imaginer, et je le sçay d'un original1 si asseuré que vous n'en devez pas douter. Du reste, on persiste tousjours dans le mes me dessein que vous sçavez. On travaille aux quartiers d'hyver et on vous les envoyera dans le temps que je vous ay dict. Je m'asseure ce pendant qu'à vostre accoustumée vous trouverez moyen de couler ce temps-là dans le pays ennemy et que vous demeurerez tousjours Je plus esloigné que vous pourrez de la frontière; car, outre l'interest du service du Roy, il y a encore celuy de vostre réputation.
M. de Mondejeux m'a faict response qu'il ne voyoit pas lieu de rien entreprendre sur la Lys, les ennemis estant aux environs d'Arleux, mais qu'en son temps il me demanderoit quelque régiment pour faire une course au delà de ladicle rivière, avec laquelle (course) il croiroit pouvoir extrêmement incommoder les ennemis dans les quartiers d'hyver qu'ils ont accoustumé de prendre de ce costé-là. J'ay sceu que le chevalier de Crequy2 et le comte Broglia3 y sont allez avec la plus grande partie de leurs garnisons, avec espérance de faire un butin considérable.
Je fais partir M. de Montaigu* pour aller conférer avec M. de Fabert de l'affaire que je vous ay communiquée, et je vous feray sçavoir la resolution que l'on aura prise, afin que vous puissiez donner de vostre costé les assistances qui seront nécessaires.
Le régiment de cavalerie du comte Broglia est en bon estât, et, si vous en avez affaire, il est tout prest à seconder l'armée au premier ordre que vous luy envoyerez.
Pour ce qui est des compagnies qui sont à la Capelle, celles que
1 D'une source si authentique el si as les fondions de gouverneur de la Basse'e
surée. pendant la minorité" de son neveu.
* Le chevalier de Crequi était gouver- 4 Cet ancien gouverneur de Rocroy avait
neur de Béthune. ( Voy. sur ce personnage, oblenulegouverncmenldcChâteau-RegnauIt
ci-dessus, p. 287.) (auj. village du dép. des Ardennes, arr. de
3 Le comte Charles de Broglie exerçait Mézières).
DU CARDINAL MAZARIN. 'i09
le Roy veut (jiii soient destacliées de l'armée pour aller à Paris sont Oci-.i.. au nombre de trois françoises et une suisse, et pour le régiment qu'il faudra mettre dans ladicle place, au lieu des compagnies des gardes, si vous les retirez, je me remets à M. Le Tellier, lequel vous mandera aussy que l'on travaille puissamment aux quartiers d'Iiyver. et je \<>uresponds que vous les recevrez au temps dont nous sommes convenus ensemble; et si je pouvois vous entretenir au long el en détail «In changement qu'il y a dans l'armée des ennemis, vous eu seriez estonné, car, pour moy, je le trouve à tel point que j'ay peine à le croire, quoique je n'en puisse pas douter.
CCXXXVUI.
liilil. n;i/.. mis. f. lr. Mélange» de Colberl, i. .*n . I 3&i. — Minute