CCXLVIII
Afl'. étr., Suède, t. •„, f° 209; minute de la main de Silhon. — Original signé,
en partie chi-fré; ibidem, 1. ai, f" 9.10.
À M. D'AVAUGOUFt,
Pai is, 1" décembi ■ • 1 imiiT. )
Je me contenteray maintenant d'insister sur un point, qui est que vous taschiez d'imprimer tout-à-fait cette vérité dans l'esprit du roj
de Suéde, que son véritable et immortel ei mi est la maison d'Aus-
triche, aussy bien que de ses véritables alliez, co esl la France
qu'il doit s'asseurer que la mesme maison ne perdra jamais le Bouvenii ny le ressentimenl de ce qui s'esl faicl aux dernières guerres d Ulemagne tant de la part des Suédois que de la nostre, el que c'esl nne loy fixe et immuable de sa politique que ne souffrir poinl qu'un estranger, Suédois ou François, occupe un pouce de terre dans l'Empire toutes les lois qu'elle aura lieu de l'effectuer1. El partant, que lu\ el nous devons nous unir el agir de eoncerl pour prévenir el détourner de pareils inconveniens, ayant particulièrement un sujet -1 juste et si approuvé que la violation du traité de Munster', qui esl toute visible dans les troupes que l'Empereur envoyé contre nous en France-'1 et en Italie, et encore plus celu} qu'il a, luy, ro\ de Suéde, de se ressentir de la rupture du Moscovite, que l'Empereur lu\ a suscitée, connue il a esté dicl cy-dessus.
En effect, cela me parois! sy raisonnable et s) engageant pour
1 Cwt-k-àire, toutes leafois qu'elle pourra ' Ls minute el l'original portent bien en
l'e„ expulser. France, .hii respecté le texte; mai. je crois
1 Le traité de Munster disait, en effet, qu'il faudrait lire en Flandre: c'était, en
en parlant de l'Empereur et du roi de effet, vers ce pays, el non vers la France,
France : irl'un d'eux n'assistera jamais les que se dirigeaienl les troupes impériales
ennemis présents <>u à venir de l'autre, pour soutenir les Espagnols, ainsi qu'on
sous quelque prétexte ou titre que ce soit-. l'a \u par les lettres précédentes.
Décembre i656. obliger le roy de Suéde à entendre à la paix el à sçavoir mesme perdre quelque chose de ses conquestes, que je me persuade qu'il n'y résistera point, puisque, s'il perd, d'un costé, il pourra reparer si avantageusement celte perte, d'un autre. Outre qu'ayant l'aict cognoistre au monde sy hautement ce qu'il valoit et s'estant acquis une réputation qui fortifie ses amys comme elle est redoutable à ses ennemys, il ne sçauroit rien perdre qui soit comparable à ce qu'il a gagné par là.
CGXLIX.
Au", élr. , Angleterre, t. 60, f° 298. — Copie du temps.
À M. DE BORDEAUX
Paris, b" décembre ibD6.
(extrait.)
Ceux qui publient de delà (en Angleterre) que nous avons faict la paix avec l'Espagne [agissent]1 ainsy parce que ces bruits servent à leurs fins; car ils sont trop bien informez des choses pour croire euxmesmes ce qu'ils disent, qui, dans la vérité, n'a nul fondement.
M. le colonel Lockhart2 est parti d'icy pour s'en retourner en Angleterre, sans qu'il y ayt rien de conclu. Il sçait seulement ce qu'il y a à faire pour une liaison estroite, et comme il en rendra compte de delà (en Angleterre), s'il se résout quelque chose, vous en serez adverti aussy tost. Je luy ay envoyé quatre des plus beaux chevaux de mon escurie , deux coursiers de Naples et deux barbes, pour M. le Protecteur. Neantmoins il n'en faut pas faire d'esclal, et je l'ay prié mesmement de les présenter comme une bagatelle, que j'avois en quelque façon destinée pour ledict colonel.
Je commenceray, au premier jour, à vous faire remettre de l'argent pour travailler aux levées. Je vous prie d'y bien appliquer [vos soins].
' La copie porte en rient ainsy, qui n'a ie suivant dans son Histoire de la Hépublique
aucun sens. d' Angleterre et du Protectorat d'Oliv. Crom-
1 M. Guizot a publié ce paragraphe et wcll, t. II, p. 611 , de la deuxième édition.
Vous pourrez aussy conférer avec ledict sieur colonel Lockhart des n- <ni moyens d'y mieux réussir. Il y contribuera en tout ce qui luy sera possible.
Sa Mlé m'a faict la grâce de vous conserver vostre intendant' de Picardie1, et comme il a fallu, de nécessité, envoyer quel qu'on de ce costé-là pour avoir soin des troupes, durant le quartier d'hyver, j "a\ pourveu à ce que son employ ne vous puisse préjudiciel' «t Baisse dans peu de temps.
GCL
AU'. éti\, Pays-Bas, t. 38 (sans indication de page ai à» folie \. — Minute en grande partie autographe.
AU MARQUIS DE CARAftèNE.
Dans le doute où je bum que \ . Exe. n'.i\ i pa^ receu les trois pas» poils qu'elle avoit demandée, n'eu ayant nulle nouvelle, je n'ay pu m'empescher de luy faire sçavoir par ces lignes qu'H j .1 desja quelque tempe qtieje les lu\ .i\ envoyés, el que, -1 elle en désire d'antres, en
cas que ceux-là soienl perdus, elle n'a qu'à prendre la peî le m en
donner advis, ei elle sera servie aussytost. Ce pendant j'en a\ faicl donner iey à trois ou quatre domestiques du seigneur don Juan qui viennent d'Espagne.
N'apprenant pas qu'il \ a\i encore de résolution prise touchant les prisonniers, V. Exe. trouvera bon que je la prie de s'en souvenir • •! de
' On voit que Antoine de Bordeaux était denl qui était vénal, el dont le titulaire
pourvu de plusieurs charges : il était pré- était propriétaire au même titre que d'une
siilcnt au Grand Conseil el intendant de maison ou d'une rente sur l'hôtel de ville .
Picardie, en marne temps qu'ambassadeur el une commission d'intendant, toujours ré
en Angleterre. Seulement il j avait une vocable et temporaire, comme le décret di
grande différence cuire un office de prési- nomination d'un préfet, de nosjou -
Dec brei656. me vouloir mander les intentions du seigneur don Juan1 et les siennes
sur ce sujet-là, estant assez juste d'avoir soin de ceux qui exposent ainsy leur liberté et leur vie mesme pour le service de leur prince2, d'autant plus que l'on me mande que la rigueur de la saison l'aict beaucoup souffrir les pauvres soldats, qui manquent de ce qui leur est nécessaire pour se bien couvrir et se bien nourrir.
Et puisque j'entretiens V. Exe. sur la matière des prisonniers, elle me permettra, s'il luy plaist, que je luy représente que l'on détient prisonnier à Naples depuis sept ans un nommé Valpergue qui est à moy, et que, ayant faict diverses fois instance pour sa liberté, j'ay esté asseuré depuis quinze mois, plusieurs fois, tant par M. le comte de Fuensaldagne que de la part de M. le comte d'Ognate3 et marquis Spinola, que le seigneur don Louis [de Haro] avoit eu la bonté d'envoyer les ordres pour l'en faire jouir, ayant faict au mesme temps promettre celle de don Inigo de Tolède; mais je ne sçais pas par quel malheur la ebose n'a pas esté exécutée. Je supplie donc V. Exe. de prendre la peine de me faire sçavoir quel biais il faudra que je prenne pour solliciter que les intentions du seigneur don Louis ayent effect; et comme j'apprends que V. Exe. faict l'honneur à D. Inigo de s'interresser à ce qui le regarde, je luy procureray la liberté à l'instant que je sçauray qu'elle souhaite ainsy, et qu'elle fera en sorte que Valpergue soit renvoyé promptement en Provence ou à Rome.
1 Don Juan d'Autriche, généralissime nute est entièrement de la main de Mazarin. des armées espagnoles en Flandres (Voy. 3 Inigo Vêlez Ladron de Guevara , comte ci-dessus, p. 344.) d'Ognate, était vice-roi de Naples. (Voy.
2 A partir des mots d'autant plus , la mi- t. VI, p. 17 des Lettres de Mazarin.)
DU CARDINAL MAZARIX. 1&3
Décembre io.~>t>.
AIT. étr,, Suède, t. 91, f° 2-36. — Original signé el en grande partie chiffré
À M. D'AVAUGOUR
Paris, 1 .j décembre 1 1
| EXTtlAIT.)
Mazarin Lui recommande de travailler à rétablir la paix entre la Suède el la Pologne. Il doit surtout
faire ouvrir 1rs yeux au rov de Suéde et lu) taire considérer que la cause pour laquelle l'Empereur ne s'esl poinl déclaré ouvertement contre luy, n'est poinl par principe d'amitié ny de bonne intelligence qu'il désire d'entretenir avec la Suéde, mais afin d'estre plus libre d'agir dans l'Empire cl principalement pour employer Bes forces contre nous en Flandre1 et en Italie, Boubs des prétextes apportez que ce sont les Espagnols qui donnent le mouvement et la pente à toutes les résolutions qui Be prennent au conseil de l'Empereur; el comme ils ont desjà envoyé une armée en Italie soubz le gênerai
Enquefort, ils J en destinent encore une autre de douze mille hommes,
de sorte que tant s'en faut que le traité de Munster doive apporter quelque soulagemenl à la France dans la guerre qu'elle a avec les Espagnols, qu'il luv produit un nouveau faix d'affaires et l'expose à
une dépense e\cessi\c el extraordinaire, l'obligeant a BOUStenir en
mesme temps non seulement les forces d'Espagne, mais encore celles de l'Empereur, au lieu que, durant la guerre de l'Empire*, les forces
de ce dernier estoient toutes occupées par celles des Suédois et des autres confédéré/., qui agissoienl de concert avec la France.
Je vous prie de faire bien considérer tout cecy au roy de Suéde et
1 II y a bien ici en Flandre et en Italie. l'Empire n'avail commencé qu'en i635,
(Voy., ci-dessus, la lettre du 1" décembre, dans la dernière période de la juerre de
adressée à d'Avaugour, p. iao, note a.) Trente ans; elle avail été terminée en 16A8
' La lutte directe «le la France contre par la paû de Westphalie.
UillBItf III «^3
Décembre 1 656. à M. l'électeur de Brandebourg et leur représenter que la France ne peut souffrir en cette guerre, sans qu'il s'en fasse ensuite une notable reflexion sur ses amys et confederez, et que, par conséquent, sy le roy de Suéde veut agir selon la loy de son véritable interest, il doit apporter toute facilité à se débarrasser de la guerre de Pologne pour porter ses pensées à des applications qui luy seront plus utiles.
Je n'oublieray pas de vous dire encore, pour vous faire voir comme les Espagnols ne laissent aucune machine pour nuire aussy bien à la Suéde qu'à la France, que le refus que ceux de Dantzigontfaict d'entrer dans le traité d'Elbing1 et les gens de guerre que les Hollandois ont laissez à cette ville-là, tout cela a procédé de l'induction des Espagnols et s'est faict plus par l'opération de quelques particuliers dominans, sur lesquels les Espagnols exercent leurs artifices, que par la participation et l'agreement des Etats de Hollande, dont plusieurs sont formalisez, comme nous en sommes avertis.
GGLII.
Aff. étr. , Angleterre, t. 66, f° 297. — Minute1.
A M. DE BORDEAUX
Paris, 16 décembre i656.
Il seroit bon de sçavoir à quelles conditions l'on voudroit faire la liaison, qui vous a esté proposée de delà (en Angleterre) parle secrétaire d'Estat3, entre la France, l'Angleterre, la Suède, le Danemark
1 Les Provinces-Unies avaient arrêté l'effort de Charles X Gustave pour se rendre maître de la Baltique ; elles lui avaient imposé, le 1 1 septembre 1 656 , le traité d'Elbing garantissant leurs intérêts dans cette mer. (Geffroy, Recueil des Instructions, t. II, Suède, Paris, Alcan, 1 885 , p. xux.) Ce traité se trouve dans le Corps diploma-
tique de Dumont, t. VI, 11e partie, p. 1 tij.
1 Cette minute a dû être rédigée d'après une note autographe de Mazarin, qu'on trouve au folio 96 du même volume, sans indication de date ; elle commence ainsi : fEscrire à l'ambassadeur, qui est à Londres . qu'on nous donne advis de Hollande, etc. *
3 Thurloë ou Turloë, d'abord avocat,
DU CARDINAL MAZ4IUN.
et les Provinces-Unies, si c'est simplement pour se defl'endre ou pour D^miT attaquer la maison d'Autriche. Et, à dire le vray, M. le Protecteur a {jrand interest de songer de bonne heure à prendre ses précautioncontre celte maison-là, mais je ne vous puis rien respondre que nous ne sçacliions premièrement quel but M. le Protecteur se propose en faisant cette liaison, et s'il est asseoie, ou non, de tous les autres Kstats qui y doivent entrer. Ce que je ne demande pas sans raison a l'esgard des Provinces-Unies; car je doute fort qu'elle fussent en celle disposition, puisque la Hollande, qui est la principale d'entre elles el <| u i donne le bransle aux autres, adhère visiblement à l'JSspague-
El, à ce propos, je vous diray que j'ay ad vis de Hollande1. e| de si bon lieu, que lavis est indubitable, que I 'ambassadeur d'Espagne, ayant reconnu que la perle que son maislre a\oil l'aide eu plernjei lieu estoit très sensible en ce pays-là, et que l'on \ craigooil qu'il n'arrivast la rnesme chose à une autre flotte qui est attendue è Cadix3 dans la fin du mois de janvier, il avoit laid diverses brjgues avec les plus accrédite/ de la province de Hollande el particulièrement avec le président de l'Admirante, qui réside à \nistridaiii. pour leur faire
cQgnpistre qu'ils avoienl grand interest à reinpesdiei'. ei ces instances ayant esté favorable m en! receues, il avoit, à le lin, pbtenu el adjusté
avec eux que le vice-admiral Ruyter\ qui devoit partir, il \ a trois ou quatre jours, avec huit bons vaisseaux pour s'en aller droit à Cadix joindre quatre autres vaisseaux el passer ensuite dan- la nier Méditerranée, auroil une instruction sentie, laquelle il ne pourroil ou-
fut secrétaire des commissaires du Parie ment au traité d'Uxbridge, puis charge* de l'ambassade près des Provinces-Unies, eu i65i, cl lii partie «lu cabinet de i65a a
1*)57, puis du Conseil de ( '.roiuw ell. (l'est
lui qui découvrit le complot de Harriaon. (Voy. t. VI, p. 1 33, des Lettres de Mazarin.) 1 A partir de ce paragraphe, la minute reproduit presque textuellement la note de Mazarin indiquée ci-dessus, p. It'ih, note 9.
5 l,e manuscrit porte ici et |»lu> lias Calit.
1 Michiel Ldriaensxoon de Ruytei lèbre marin hollandais, né en 1 »"».»— .1 Flessingue, ''u Zéknde, engagé connue matelot . parcourut tous les grades, jusqu'à celui de lieutenant -amiral général. Il mourut en 1G7C, des suites d'une blessure reçue à la bataille de Messine. En t6fti, Ruyter avait commandé, en qualité de contre-amiral,
la Hotte auxiliaire mise par la Hollande à la
Décembre 1 656. vrif qu'en entrant dans le port de Cadiz, par laquelle instruction il auroit ordre de conférer avec le duc de Medina-Celi1, ou avec celuy qui tiendroit sa place dans ladicte ville, pour voir ensemble et concentrer les moyens d'asseurer l'entrée dans ledict port de la Hotte qu'on attend et d'exécuter tout ce qui sera jugé à propos pour cet eflect, jusques à aller au-devant de ladicte flotte pour l'escorter, et prendre mesme l'argent dont elle seroit chargée pour le porter sur ses vaisseaux en tel endroit que le roy d'Espagne voudroit.
Je vous confirme de nouveau que cet advis est très véritable , et il sera bon de le faire sçavoir sans delay à M. le Protecteur, ou directement, ou par le moyen du colonel Lockhart, afin de faire moins d'esclat, tirant parole de M. le Protecteur que personne ne sçaura qu'il ayt receu cet advis de France. Au reste, il sera de sa prudence de porter l'affaire en Hollande, afin que l'on empesche cette province-là de s'engager ainsy avec les Espagnols en point si décisif et si important à leur interest, estant mesme à craindre que la Hollande, après s'estre engagée avec eux en une chose si délicate, ne se porte aysement à le faire en toutes les autres qui regardent leur service2.
Vous pouvez faire sçavoir aussy que ledict Ruyter est tres-aftectionné à l'Espagne, ayant esté d'autres fois à Cadiz, où il a receu un tres-bon traitement.
Mazarin termine par des recommandations sur les leve'es à faire en Angleterre.
disposition du Portugal dans sa guerre avec ~ Mazarin craignait déjà, en 1 656 , que
l'Espagne. Lorsqu'en 1 65 /i , la guerre éclata la Hollande ne se déclarât en faveur de l'Es-
entre la Hollande et l'Angleterre, il servit, pagne contre la France, comme elle le tit
huant toute la campagne, sous les ordres quelques années plus tard en formant la
de l'amiral Tromp. Il fut, à son retour, Triple Alliance pour arrêter les conquêtes
nommé vice-amiral. de Louis XIV. Mazarin prévit et prévint le
1 Gouverneur de Cadix. danger.
CCLIU.
Afl'. e"tr. , Pays-Bas, i. 38 (sans indication de page ni de folio). — Copie do temps.
À M. LE MARQUIS DK CARAGÈNE.
Paris, l8 'Irr.-n >\rR\IT. I
La lettre qu'il a pieu à \. Exe. de m'escrire du 1 '> de ce mois est si obligeante m toutes h 1 < • « > 1 1 > , que j'aurois peine à satisfaire aux remerciemens que je lui en dois. Je suis tres-ayse que Les passe-porte lii\ ayenl esté à la lin rendu», cl je me resjouia de ce que le plaisir «•! le divertissement du seigneur don Jean (sic) se rencontrera dans la curiosité que la Reyne a eue de voir la Bernadille1, puisque, si «I l«vient in, ce sera pour passer ensuite en Flandre.
Je rends grâces à Y. Exe. <\>- la favorable response qu'elle me faicl touchant les gazettes3; mai», en mesme temps, je suis bien surpris de sa plainte contre celles de France, ne i><>ii\;uil Imaginer que le gazetiers, après les rigoureuses défenses qui lui onl esté faictes de toul temps, ayl osé y rien insérer qui |>nsi blesser tant soi! peu le respect deub aux testes couronnées et ;i leurs principaux ministres. Neantnioins, s'il s'cnI oublié, je respons à V. Exe. que sa faute sera chasl el elle me fera faveur si elle a agréable de prendre la peine de marquer l'endroit. Mais peut-estre qu'elle entend parler de quelques gazettes à la main, qui sont défendues à peine de la vie el qui ne laissent pas pourtant de courir toutes les semaines dans Paris. Véritablement, comme elles soni remplies de nouvelles du dedans du
1 La Bernadilla était une célèbre com4- ' "n a va ci-dessas que Ma/. m 1 s'était
dienne espagnole nue ta peine Anne d'An- plaint d'une gaiette publiée i> Bruxelles, triche avait désiré attirer à Paris. (Voy. aux ' La Gatette [de France) ou plutôt La
Analyses uno lettre du o, novembre 1 0 S G . Gazette, avait ele fondée par Théophrasti
adressée au marquis «le Garacène.) Renaudot.
m LETTRES
Déwmbrei656. royaume contraires mesme au service du Roy, je ne voudrois pas respondre de ce qu'elles contiennent à i'esgard des pays estrangers. D'une seule chose la puis-je asseurer, qui est que, bien loin d'apporter la moindre connivence de nostre part à ces sortes de libelles, rien ne peut sauver les autheurs, si l'on vient à les descouvrir.
J'ay veu ce que V. Exe. a pris la peine de me respondre touchant les prisonniers de guerre, et aussytost on a mandé le s1 du Boquet1, qui estoit allé en Normandie, afin de le faire partir pour se [rendre] à Gambray et adjuster cette affaire avec ceux que le seigneur don Jean aura agréable d'y envoyer.
Quant au sr Juigo de Tolède, lorsque j'ay veu, par la lettre de V. Exe, ce qu'elle desiroit de moy et la part qu'elle prend à ce qui le touche, je n'a y pas manqué d'envoyer les ordres nécessaires à Antibes pour le faire mettre en liberté sur sa parole, et afin qu'il puisse aller travailler luy-mesme à l'exécution de son eschange avec le sr de Yalpergue; et quoyque celuy-cy ne soit pas du rang du premier, on les considérera icy comme esgaux pour servir V. Exe. et Mme la marquise [de Caracene] en la personne dudicl sr don Juigo de Tolède. Au surplus, s'il n'a pas esté traité avec toute la douceur et toute la civilité qu'il auroit pu souhaiter, V. Exe. jugera aysement que, quelque inclination que nous eussions à en user d'une autre manière, nous ne le pouvions sans injustice, veu les rigueurs extraordinaires et, s'il faut ainsy dire, inouies, que l'on a faict sans relasche [souffrir] aux prisonniers français qui sont à Naples, et entre autres à ce pauvre Valpergue, que j'ay toujours reclamé comme mon domestique.
' Ou plutôt du Bosquet. ( Voy. t. VI, p. 225, note 7, des Lettres de Mazarin.)
i . Janvi. r iti.'j
Aff. étr. , France, t. 276, f° 187. — Copie du temps1.
\ M. DE FOIRILLK.
Paris '1 janvier 1 (j ."> -j .
Nous avons receu icy deux advis on mesme t«*iitj>^ . auxquels j'aurais
1 1 ■•■s-{Trande peine d'adjouster foy. s'ils no nous avoient esté donne/ par des personnes de probité et qui sont très alleelionnées- 11 service «lu Roy. Le premier est que quelques-uns de vus compagnons, au lieu de considérer comme il faut i'cinploy qui leur a esté donné pour rétablir l'authorité de Sa M"5 dans une ville où Ton B*es1 n fort esloigné du respect et de l'obéissance qui luy sont deubs, B'en Boni plaints baultement, jusqu'à dire, en présence des habitant de la meàtne ville, qu'on les faisoit servir de recors de sefgetas ei qu'ïb ne prenoient pas grand plaisir à ce mestier.
Je vous advoùe que, plus je lais de reuection sur ce discours, plus il me donne d'estoniiemcnt et me paroil extravagant II es! extrêmement à craindre que le Roy qui ayme son régiment des gardes, venant à sçavoir qu'il s'y trouve des officiers qui oui âVfi «eut miens BJ contraires à leur debvoir et à la raison, ne prenne, contre COUS qui en se'ront coupables, des résolutions bien différentes de l'affection el «le la confiance qu'Elle a teumoignéc jusqu'à présent à tout le carpe.
L'autre advis est qu'un des capitaines qui sont avec \ou». ne tant pas trouvé assez commodément dans le quartier qui lux a\oit B8té donné, s'en seroit venu, sans ordre el de son aulliorité privée. a\e<toute sa compagnie, dans un autre endroit de la ville et mesme auroit voulu se lojjer dans la maison d'un des éohevins, et que vous. \ estant accouru pour empesclier l'ellect de celte entreprise, et ayant
1 Les mots : A 1/. de l'urillr. Parié, fa '/ jam-irr ;6'.>;. sont écrits de la main de Ma/aiin Le Cardinal écrivait Fuville , pour Fottril/r . d'après la prononciation italienne.
/i/iO LETTRES
Janvier i«.r)7. commande aux soldats de se retirer et s'en retourner en leur quartier, non seulement le capitaine auroit refusé d'obéir à vos ordres, mais auroit deflendu à ses soldats de le l'aire; vous m'advoûerez que ce procédé est si extraordinaire, qu'il donne encore plus de subjet de s'en oflenser que l'autre, et je suis obligé de vous dire que, quand ce seroit un de mes meilleurs amis qui s'en trouveroit coulpable, préférant, comme je doibs, le service du Roy à toute autre chose, je ne pourrois pas m'empescher d'eslre des premiers à condamner cette action. Je vous prie de m'escrire confidemment la vérité de l'une et de l'autre, afin que Sa Mtd y pourvoye comme Elle le jugera nécessaire pour conserver l'ordre et la discipline dans un corps qui est obligé de donner l'exemple à tous les autres.
\ff. élr. , Allemagne, Supplément, t. 17 (sans pagination; original signé et en partie chiffré). — Post-scriptum autographe.