‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 85 sur 285 · CCLV · texte numérisé non relu

CCLV

Air. étr., France, t. 272, f" 0/1. — Copie du 1<.mi]|>s.

\ M. LE COMTE WAGNÉE3.

Paris, <i janviei 1 0.'i-,

J'ay receu vostre lettre du 2 5 du passé, avec eefle de M. l'électeur de Cologne5, à laquelle je me dispensera) de faire response, ne croyant pas devoir ln\ faire de nouvelles protestations de service dans un temps qu'il se déclare ouvertement contre la France. Voue pouvez juger de la confusion que j;i\ quand le li<>\ me Faicl des reproches (jue S. A. El. tienl une conduite si opposée aux assurances que je lu\ avois données de son zèle pour I»' service de Sa M1', et que, bien loin de favoriser les interests de cette couronne, comme on l'esperoit, il tesmoijme tant de partialité pour ceux de la maison d'Austriche, qu'il refuse de nous rendre justice en une chose ou tous les Electeurs et princes de l'Empire sont plus intéressez que la France, puisqu'elle regarde principalement le repos de l'Allemagne4.

Vous aigrissez le mal an lien de radoucir, en me mandant que \miv

estes persuadé que M. le comte «le Fùrstemberg est bien intentionné pour nous5; car de là on doit présupposer que M. l'Electeur agit par le

' La (in de la ligne écrite sur In marge Maximilien de Bavière, oui régna de i65o

est illisible. a 1688.

* Sur le comte Wagnée, l'un dea mi- ' La France Be plaignait des aUèintea

rostres de l'électeur de Cologne, chargé du portées par l'Empereur Ferdinand III aux

gouvernement de Liège, voy. le tome VI, traites de Westphalie. p. 10a, des Lettres de Mazarin. i Sur François-Egon de Furstenberg,

J L'archevéque-éleclcur de Cologne était l'un des principaux ministres de l'électeur

4/i6 LETTRES

Janvier 1657. seul mouvement de son inclination et non par la suggestion d'autruy, comme on le croyoit, de sorte que, la source estant corrompue, il y a bien moins d'espérance de remède; et à l'esgard dudict sr Comte, si les advis que nous avons de tant d'endroits que c'est luy qui inspire à son maistre toutes les resolutions qu'il prend ne sont pas véritables, c'est un grand malheur qu'il ayt eu un crédit si absolu auprès de S. A. pendant qu'il ne l'employoit qu'en faveur de nos ennemis, et qu'il en ayt si peu à présent qu'il a tant de passion que vous dictes de servir le Roy. Car, si M. l'Electeur ne suit ses conseils qu'en ce qui peut nous estre préjudiciable, je ne voy pas que Sa Mlé ayt faict en sa personne une acquisition fort considérable et qu'elle doive prendre grand soin de la conserver. Enfin on n'a point de foy en semblables matières et les actions estant la plus certaine pierre de touche des sentiments d'un chacun, si ledict comte ne donne d'autres preuves de son affection envers la France, on n'en sera gueres persuadé, et il nous sera encore plus suspect que vous croyez qu'il l'est à l'Empereur et aux Espagnols.

Pour ce qui vous regarde, je vous ay desjà mandé qu'il n'y avoit point de charge de gentilhomme de la chambre vacante, et que ce n'estoit pas mesme une chose à laquelle vous deussiez songer; mais asseurez-vous que je songe à vous faire donner quelque establissement, et que vous esprouverez que je suis véritablement, etc.

de Cologne, voy. le tome VI, p. io4, des services à Louis XIV. Il était évêque de

Lettres de Mamrin. Il se montra effective- Strasbourg lorsque cette ville ouvrit ses

ment, durant toute sa vie, très favorable à portes aux Français, la France et rendit plus tard de nombreux

DU CARDINAL MAZARIN. hkl

GGLVI1.

Archives du Sénat de Savoie; copie du temps. — Communication de M. Mognier, conseiller a la Cour d'appel de Ghatnbéry.

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