‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáere (volume 5)Chapitre 88 sur 285 · HIC ■ AI · texte numérisé non relu

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Mai ii'..">7.

Aff. étr., France, t. 9.74, f° 228. — Copie du temps.

Compiègne, i3 mai 1 G ."1 7 .

J'ay receu les deux lettres que vous avez pris la peyue de m'escrire. Je ne m'estendray pas beaucoup pour y respondre, parce que j'espère, de moment à autre, avoir le bien de vous voir. Si vous estes encore à Paris, à l'arrivée de celle-cy, il faudra faire, s'il vous plaist, de nouvelles instances à l'ambassadeur d'Angleterre et luy dire que j'ay esté surpris de voir, dans une lettre de M. de Thou, que Borel ' eust escrit de là2 que l'ambassadeur d'Angleterre luy avoit dict que M. le Protecteur avoit grand sujet de se plaindre de nous, car asseurement cela ne peut faire qu'un mauvais effect dans la conjoncture présente.

Je vous envoyé un projet d'instruction pour M. de Cominges3, que j'ay dicté à la haste. C'est pourquoy je vous prie d'y adjouster ou retrancher tout ce que vous jugerez à propos. Je ne sçay si, dans l'autre instruction, il a esté dict quelque chose de la protection des affaires de Portugal en cour de Rome; mais il est bon de se souvenir de ce point, et le mieux seroit que les provisions nous en fussent envoyées, le nom4 en blanc, parce qu'on la rempliroit peut-estre d'un autre [nom] que [celuy de] M. le cardinal [Ursin]5, ou, si l'on jugeoit

1 Ambassadeur des Provinces-Unies en sionnaire d'Amsterdam * el trn'était pas pro- France. Ce personnage e'tait assez mal dis- pre pour cette Cours, posé à l'égard de la France. Dans l'affaire des 2 De France, vaisseaux capturés par Ruyter, il chercha 3 Voy. ci-dessus, p. 455. plutôt à envenimer la querelle qu'a l'apaiser. 4 On laisserait en blanc le nom du car- Au dire de deux de ses compatriotes qui dinal qui serait chargé de la protection du étaient alors à Paris {.Journal de voyage de Portugal en cour de Rome. deux Hollandais , en 1657, publié par M. Fan- 5 La copie porte Vesin; erreur évidente gère, p. 1 17), il se comportait cren vrai peu- puisqu'on ne trouve pas de cardinal de ce

DU CARDINAL .MAZARIY 459

à propos de le confirmer dans cet eroplqy, ce seroit en sorte que le Mai 1657. roy de Portugal pourroil estre asseuré d'en estre parlaictemenl bien servy.

Vous aurez sceu que Kuyter est de retour au Te\el, où il a emmené là deux vaisseaux du l'ioy. C'est pourquoy il sera bon que M. de, Connnjjes se hasl.e de partir, et que vous e>rri\iez au sr Martel de la Rochelle de oe perdre pas un moment à se mettre à la mer aussvtosl que M. de Cqminges sera arrivé.

Le projet d'instruction esl ronronne à ce que Sa Majesté résolu! an Louvre, aprez avoir esté bien examiné la chose1, en la présence de plusieurs personnes, qui ont l'honneur d estre du Conseil de SadJote Majesté. Au nom de Dieu . depeschez proroptement M. de Cominges, et dicles-luy (ju'il doil gaigaer des uiomens pour se rendre au plus losl à la Rochelle.

I - I.WII \(ï. étr., France, l. 976, I a38. - Copie «lu temps.

AL PROCUREUR GÉNÉRAL

« mpii ,,'.'•. 1 6 m. 11 16S

Le Ro\ a esté fort surpris des nouvelles difficultés! que rassemblée | du clergé] apporte à la signature du contracj touchant le don quelle

lu\ a laid ', el je VOUS advoiie qu'en mon particulier, je ne puis assez m'eslonner dune telle conduite. Il n\ a pas la moindre apparence de

nom. La maison des Draina .1 donne, au passe* entra le Roj al le clergé de France, contraire, plusieurs cardinaux. ( \ oy. t. VI, assemblé par permission de S. M. en la ville

p. 365, îles Lettres île ]ln:iiriii.) de Pari-, le |S janvier H'>.">y-. On ne peut

La copie porte bien opre* awûtr este B'fixpljquer les difficultés dont parle ici Ma-

hieit examiné l» chose, etc. On sérail lenle /ariu. ipi'au sujet du eliilIVe dn -don gra-

de retrancher le mot esté. tuit», distinct de la subvention annuelle, el

3 Ce contrat, imprimé, ligure aux Ai- qui fut porte à '.(.700,000 livres, sur l'inc 'îives nationales (AD+) («comme t'ait el sistance des commissaires royaux.

Mai i6r>7. raison à ce que ces Messieurs prétendent pour les cent mille escos, non plus qu'au refus qu'ils font pour les clauses qui étoient insérées aux precedens contracts.

Et pour ce qui est des officiers1, je vous prie de les faire souvenir, de ma part, qu'ils ont tousjours dict que c'estoit un argent que le Roy tireroit en six mois, et cependant je croy qu ils le veulent remettre, à cette heure, en deux ans.

Neantmoins, Sa Majesté remet à M. le (Chancelier)2, à vous et à M. Servien d'aviser ce qu'il y aura de mieux à faire en ce rencontre, pour le bien de son service , et désire qu'aprez avoir faict tous vos etforts pour ses advantages, vous terminiez cette affaire, afin que l'Assemblée puisse finir sans autre delay, Sa Majesté estant persuadée qu'à la fin ils se [relascheront]3 des clauses, qui sont évidemment injustes.

Si l'on voyoit que, tenant un peu ferme, l'on pust les réduire aux choses qui pourroient rendre le don plus advantageux, je suis bien d'advis qu'on le fist; mais estant sur les lieux et pouvant sçavoir, en présence de l'assemblée, [des]4 plus zelez pour le service du Rov, ce qu'on en doit espérer, vous pourrez [mieux]5 juger de ce qu'il faut faire et prendre les résolutions qui seront plus convenables; car si les instances et les contestations ne doivent, servir de rien, il [vaut mieux)6 les faire cesser de bonne heure pour faire finir l\4ssemblée.

On avoit proposé d'envoyer à [sa]7 résidence l'archevesque de Senss, sans attendre que le contract fust signé, pour ne pas souffrir plus longtemps l'extravagance de sa conduite, laquelle il a voulu commencer9 par une fausse générosité, qui tient beaucoup de l'inso-

1 Des titulaires d'offices. " Mesmc dans la copie.

2 La copie porte le Chevalier; mais, pour " Il faut mesme dans la copie, ces sortes d'affaires, c'était toujours le 1 La dans la copie.

Chancelier qui agissait au nom du Roi. 8 Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin.

D'ailleurs, le Chevalier seul n'aurait pas de ( Voy. sur cet archevêque, ci-dessus, p. i5o

sens. et 193.)

Dans la copie : ils se relascjient. 9 Sic dans la copie; ne faudrait-il pas

1 Les dans la copie. plutôt couronner?

lence, vu les propositions qu'il a voulu faire, en dernier lieu, en faveur Mai 1657. du cardinal de Retz, pour voir s'il luy pouvoit réussir d'esmouvoir les esprits. Neanlmoins, Sa Majesté n'a pas voulu prendre la dernière résolution là-dessus, sans avoir auparavant l'advis de M. le Chancelier1, de Vf. Servien et le vostre, considérant2 si cela 11c pourroit point donner prétexte de faire durer plus longtemps I assemblée.

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