CCLXXX1I
AIT. étr. , France, t. 276, f° 282. — Minute.
À L'ABBÉ FOUQUET
Amiens, 1" juin 1657.
(extrait.)
Je ne trouvay pas byer vostre courrier à Abbeville, quand mon pacquet fut fermé, et depuis nous avons receu des nouvelles qui rendent inutile ce que je vous mandois touchant le siège de Cambray 4 et la liberté de Girardin. Je ne laisse pas de vous envoyer ma lettre, où vous verrez que j'avois quelque raison de dire qu'il ne falloit pas trop
1 II s'agissait probablement d'une lettre raine, avait succédé au duc de Montbazon
annonçant quelque projet de livrer la place dans le gouvernement de Paris,
aux Français. 3 La copie porte //. mais le pronom doit
* Le maréchal de L'Hôpital , précédem- se rapporter à lettre.
ment gouverneur de Bresse, puis de Lor- * Voy. ci-dessus, p. 679.
DU CARDINAL MAZARIX. 181
se flatter par les belles apparences du commencement de cette entre- Jii'm ";:,tprise, |)arce qu'il pourrait se rencontrer dans la suite plusieurs dillicultez et arriver des accidents impreveus, qui en empeschent le succez. En effect, il s'est trouvé, par le plus grand hazard du monde, que I»' prince de Gondé passoit à Valenciennes, avec un grand corps de cavalerie, pour aller en diligence du costé de la ruer, le mesme jour que M. de Turenne estoit arrivé devant Cambray; et ayant sceu que <-«*! t « place estoit iiivestyc, il resolul de détacher deux ou dois mille chevaui et de les y faire entrer la nuict; ce qu d exécuta, comme il lu\ estoit fort aisé, la circonvallation n'estant pas encore commencée. Il perdit quelque inonde en passant, et M. de Tnienne nie mande ipi il
\ a bien trente officiers prisonniers, mais qu'aprez ce Becours, il avoil creu ne devoir pas former le Biege «■! s'estoil retiré avec l'armée .1 Grevecœur1.
Ça esté encore une eslian;;e fatalité en celle rencontre que. pai ini le
peu d'officiers que l'on a pris. Barbesieres9 Be trouve du nombre. J'a^ mandé à M. de Turenne de le faire Lien garder, el quoyque ce suit un homme qui méritas! désire roué, je v<»\ qnd sVn faudra servir pour délivrer Girardin3, doni la liberté apparemment esl assurée par ce moyen, sans qu'il ln\ en couste rien que quelque présent à celu} qui a pris ledict Barbesieres.
Je ne sçay pas si les ennemis auronl l'effronterie de due qu'ils nous ont l'aie! lever le siège, puisque M. de Turenne n'estoil arrivé que le malin avec sa cavalerie, et son infanterie seulement ' le soir du mesme
joui', qu'ils jetèrent la nuict le secours dans la place; mais ce qui est
vray, c'est qu'ils ont empesché de le faire. Nous Bongeons à quelque
1 aujourd'hui village du département du rardin, <■<> <|ni entraîna ta condamnation et
Nord, arrondissement de Cambray*. l'exécuti le Chemerault-Barbeni
' Ghemerault-Barbeiières. (Voy. ci-des- Le sens est que son infanterie n'arriva
sus, p. 679.) i|mi' le soir, tandis que la cavalerie était ar-
3 Gondé refusa de rendre la liberté a <'.i- rivée le matin.
' Bussy, dans tes Mémoiru, dit que le Maréchal vint camper le i" juin à Vauehellei et le i è Fonsommea
(département di* l'Aisne).
MvzamR. — Vil. 61
Uffl^lIlL >.i
Juin 1607. autre projet, et nostre armée estant en estât de tout entreprendre, quelque soin et quelque vigilance que les ennemis apportent pour se couvrir de tous costez, nous leur donnerons encore de la besogne.