À M. TALON DU QUESNOY
[Aniem, i" juin i SS
(HTIUlf. |
Vous aurez sceu par quelle fatalité M. le prince de Gondé, passant par Valenciennes pour s'en aller en diligence du COSté de la mer. eus! advis <pie Cambray estoit investy, et qu'ayant pris la résolution d\
1 On voit plus loin que te compétiteur da de Bavière qui lit toutes 1rs fonctions de
prince palatin pour le vicariat tlo l'Empire cette cnarjge. Le palatin se borna à adresser
était le due-électeur de Bavière. des lettres tus rifles el États de l'Empire,
■ Durani la diète qui s'ouvril alors. Pé- protestant qu'il n'entendait pas Manmoim
lecteur palatin fut définitivemenl obligé de faire préjudice à son droit, céder, sur le chapitre du vicariat, au duc 5 Ce volume est folioté.
inin i6.r)7. jeter deux à trois mille chevaux, il l'exécuta la nuit du mesme jour que M. de Turenne estoit arrivé devant la place; ce qui l'empescha1 d'en faire le siège. Nous songeons à faire quelque autre chose, et le Roy ayant une armée de quarante mille hommes ne la laissera pas inutile.
Dans la suite de celte dépêche, Mazarin parle de différends qui se sont élevés entre Talon et quelques gouverneurs des places frontières, comme MM. de Beauvau et de Roncherolles, à l'occasion des passeports et de contribuions levées par les garnisons. Il parle ensuite des dépenses faites pour les approvisionnements et les munitions de guerre, et promet d'envoyer de l'argent.
GCLXXXVI.
Bibl. nat. , ms. f. fr. , Mélanges de Colbert , t. 5i A , f" 11 v°. — Aff. étr. , France, I. 272, f0' t22 et suiv.; copie du temps. — Angleterre, t. 69, f°* 106 etsuiv.; minute. — Cette minute est incomplète.
À M. DE BORDEAUX
Amiens, 2 juin 1657.
On n'oublie rien icy pour tesmoigner amitié aux troupes angloises. J'ay pris soin mesme de les faire traiter aux lieux où elles passent. J'ay faict advancer de l'argent aux officiers pour se mettre en esquipage,et la confiance est si grande , qu'on les faict passer et loger en corps dans toutes les places, comme Boulogne, Monstreuil, Rue2 et Abbeville,où elles séjournent à présent jusqu'à nouvel ordre. Au reste, elles se comportent si bien que Sa Mt,; en est satisfaite de plus en plus.
Nous n'avons pas de si bonnes nouvelles que vous des affaires de Portugal; car on nous marque qu'Olivença3 estoit assiégé et qu'à Madrid, l'on se tenoit comme asseuré du succez de cette entreprise.
1 Empêcha M. de Turenne. 3 Place forte de Portugal dans la pro-
2 Petite ville du départ, de la Somme, rince d'Alenlejo, à zh kilomètres sud de sur la Maye, à 23 kil. nord-ouest d'Abbe- Badajoz. Cette ville fat, plus tard, cédée à ville. l'Espagne.
DU CARDINAL MAZAKIN. '.89
Vous avez sccu, d'ailleurs, comme M. de Turenne, après qu'on Juin ir,.i7. avoit reconnu le peu d'apparence qu'il \ avoit de rien entreprendre du costé de la mer, avoit tourné tout court vers Cambra\, à dessein de l'investir.
M.izjirin reproduit les détails qu'il a donnés ci-dessus, p. '481, 9ur les causes qui ont forcé Turenne de renoncer au siège de Cambray.
J'av des advis certains que le roy de Hongrie1, à l'instance des ministres d'Espagne, qui gouvernent son esprit encore pins qu'ils mfaisoient celuy de l'Empereur8, a ratifié tout ce que son peu- avoit promis an rov de Pologne, c'est-à-dire, de l'assister avec une armée contre la Suéde. moyennant (jue ledict ro\ de Pologne et la republique asseurassent la succession de ce royaume-là à l'archiduc4, frère dudicl ro\ de Hongrie, lequel, en exécution de cela, on m'asseure qu'il a
donné des ordres pour l'aire marcher de la Silène un corps composé de
quinze mille combattans.
En outre, je Bçaj qu'il ;i envoyé en diligence divers ministres, dont
la plusparl sont sujets du ro\ d'Espagne, au grand duc de Moscovie . a Ragotsky0, à Kmielniski, à l'électeur de Brandebourg et au io\ « T •
Danemark7, afin de tascher de séparer les uns de la liaison dans laquelle ils sont avec la Suéde, leur Taisant cognoistre qu'il (le roi de Suéde) ne pourra pas résister a tous les efforts que I on \a faire contre
luy, ei que, s'ils continuent à vouloir demeurer dans s,'s interests, ils
«•(turent grand risque de se perdre avec luv : et au grand duc de Mos-
' L'archiduc Léopold, roi «le Hongrie, raineté appartenait i> rassemblée des no-
l'ui élu empereur d'Allemagne le 18 juillet blés.
Hif>8. ' Charles-Joseph, né eu 1649, mort en
5 Ferdinand III, père de l'archiduc 166a.
Léopold, étail mort, comme on l'a dit. le Vtexis-Michaelowits, second grand-duc
1" avril 1(157. do la dynastie des Romanovv.
Quoique la Pologne eût un roi, elle " Georges II Ragotsky. (Voy. ci-dessus,
se gouvernail réellement comme un État p. 6&q.)
républicain. Le roi était élu, et la souve- : Ghristiern IV.
UAZAIIIIV. — VII ti-j
imimnini RATIOVUC,
Juin 1 6.r>7. covie1, pour l'animer à continuera faire puissamment la guerre contre luy (contre le roi de Suéde), après le grand secours composé de bonnes troupes qu'on envoyé au roy de Pologne , [après] l'apparence qu'il y a de diminuer le nombre des ennemis du roi de Pologne et la rupture que va faire le Danemark, de son costé [avec la Suéde], car le ministre, qu'ils2 ont despesché audict roy de Danemark, luy a porté tout ce qu'il souhaitoit pour en venir à l'exécution.
J'ay encore cognoissance qu'à Vienne, ils se tiennent asseurez, par les lettres de Constantinople , qu'ils ne doivent pas appréhender le passage du Grand Seigneur pour aller en Dalinatie, parce que les préparatifs pour cette entreprise estoient tout-à-fait ralentis et que le mesme Grand Seigneur donneroit ordre au Ragosky de se retirer; à faute de quoy, il feroit envahir ses Estats.
On voit donc qu'il se forme de grands orages contre le roy de Suéde, et quoyque l'on n'oublie rien icy pour luy donner les advis que l'on croit meilleurs pour son service, et mesme les assistances dont il est capable, dans la nécessité qu'on a à présent de fournir à tant de nécessaires dépenses qui vont jusqu'à l'excez, et bien que l'on fasse agir puissamment, de la part du Roy, auprès de celuy de Danemark, pour l'empescher de venir à la rupture 3, neantmoins l'affaire est si importante et peut tirer après soy de sy grandes conséquences, que j'^iy creu qu'il estoit absolument nécessaire de faire parvenir, par vostre moyen, tout ce que dessus à M. le Protecteur, afin que, par sa prudence, il prenne les resolutions qu'il jugera plus propres pour le soustien du roy de Suéde, ne luy envoyant pas seulement quelque assistance d'argent, mais agissant aussy fortement auprez du roy de Danemark, afin qu'il n'emploie pas ses armes contre la Suéde.
Vous prendrez donc, s'il vous plaist, occasion de luy en parler; mesme. vous devez ne perdre pas de temps d'en informer le secrétaire d'Estat, afin que, sans perte de temps, il en puisse faire rapport à mondict
1 Le sens est : le roi de Hongi-ie a envoyé au grand-duc de Moscovie. — 2 Tel est le texte du ms. Il faudrait : il a depesché, puisque c'est le roi de Hongrie qui est sujet du verbe. — 3 Ici s'arrêle la minute. Le reste de la lettre ne se trouve que dans lu copie.
sieur le Protecteur, qui excusera, je m'asseure, lu liberté que ]«• prends Jnin i6§7. de luy donner les advis quej'ay, et de luv proposer des choses < j u «* je n'estime pas moins du bien de son service que de celu\ de Sa M' .
ccLXXxyn.
Afl'. élr. , France, t. 276, f" 287. — Autographe.
À J.-B. COLBERT
\ 1 1 1 ■ • - 1 1 .» . I juin 1 ''.17.
Je vous lais ce mot pour voua dire qu'il importe que vous donniez demain advis an sr du Terron ' que Ruyter est à Cadix, avec dis \aisseaux de jjuerrr, s'\ estant relire pouusc raccommoder aprea nu grand orage. Il ne doit plus retourner en Hollande, mais dans La mer Méditerranée, après qu'il aura demeuré quelque temps dam le détroit. Il l'.mi que M. Martel soil advertj de «■•■la, car l'advis eel certain, et il doit prendre ses mesures là-dessus; et s'il croyoit de oourre risque, il pourra s'arrester <mi Portugal jnsques à temps qu'il puisse passer en seureté. Le mieux sera que vous envoyiez ce mesme hdlei à vostre cousin, afin qu'il le monstre-, de ma part, audict sr Martel, el je sera] bien ayse de Bçavoir le dessein de celuy-cy.
1 Colbert <lu Teron, «m du Terron., pa- \.r marqaia de MaiteJI, capitaine <!<•
renl de J.-B. Colbert, était alors intendant vaisseau an iti.^7, chef d'escadre en iiii-j. •le la marine à Rochefort lieutenant général en HiôG. mort sa r
Juin i6.r)'