‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministáereChapitre 15 sur 146 · A M. LE DUC DE BREZÉ · texte numérisé non relu

A M. LE DUC DE BREZÉ

[Paris,] a septembre iG'1'1 '.

Monsieur,

Je ne respondray par celle-cy qu'au dernier chef de la vostre du 20

' Je ne trouve pas de ville de ce nom. Il de Brézé, occupaient beaucoup Mazarin. On

faudrait peut-être lire Christ '• 'anfoltl , nom trouve, dans le manuscrit de la BibKothè-

d'une ville du Sleswick. que nationale , Fp. A169, f" ao3, -jo/i, une

' Armand, duc de Brezé-Fronsac , ami- lettre du roi à M. de Marca (9 septembre

rai de France. (Voyez t. I, p. 91 4, 2" col. i64'i), pour le eboix de la députation de

des Lettres de Mazarin.) Catalogne. rfJe vous escris cette lettre, dit

3 Les affaires de Catalogne, pour les- le roi à M. de Marca, pour que vous fassiez

quelles devait surtout servir la flotte du duc que lesdicts deppulez du principal et con-

du passé, touchant l'armement projeté de huit grands vaisseaux pour Septembre les tenir cet bvver à la mer. Je vous diray donc sur cela que non seule- l6,,/l' ment je persiste dans ce dessein, mais qu'il en faut encore armer jusques à dix; de quoyj'ay entretenu au long le sieur de Louynes auquel je me remets de vous le faire sçavoir.

Cependant je fais estai de vous depescher un courrier dans deux ou trois jours, qui vous portera les resolutions nécessaires de ce que vous aurez à faire. Je vous prie de l'attendre en Catalogne, si quelque considération fort importante ne vous obligeoit d'aller ailleurs, ce que je ne prévois pas. Attendant donc cela, je vous asseureray avec toute vérité que personne ne sera plus que moy, etc.

P. S. Vous ne pouviez mieux faire que d'aller appuyer le siège de Tarragone, dont on nous fait espérer un bon succez. Nous venons de recevoir nouvelles que M. le duc d'Anguyen a assiégé Philipsbourg, et

seillers de Barcelone s'assemblent en la manière accoustumée pour pareilles occasions; (pi ils nomment un député de chacun de leurs corps, qui ayt toutes les qualilez recpiises pour celle fin, et qu'il soit si bien informé de tout ce qui se passe en Catalogne et de ce qui se peut faire de mieux pour la province et pour mon service, qu'il ne puisse manquer de m Vu rendre un bon compte. r>

On trouve dans le même manuscrit, I'1 209 r -01 S v". une lettre de la reine régente aux députés du principat de Catalogne, en date du 7 septembre 16 46. pour leur témoigner sa satisfaction du zèle qu'ils montrent pour la France. Elle les remercie d'avoir, "à l'occasion du secours de Lerida et du siège de Tarragone, - joint leurs forces à celles de la France. Elle est décidée à ne rien négliger pour la conservation d'une province aussi importante. irLes mauvais succez arrivez par la perle de Monçon à la lin de l'année dernière et par celle <\u combal

devant Lerida , au commencement de cette campagne en Catalogne, reschauffant nostre inclination particulière au bien de cette province, font que nous vouions entreprendre plus puissamment que jamais de la délivrer de toutes les craintes qu'il semble que la prise de Lerida ayt jetées dans les esprits de ceux qui ne congnoissent pas suffisamment les forces de la France, sa fermeté et vigueur pour la deffense des peuples qui se mettent sous sa protection, etc.») Après des protestations de la résolution de défendre la Catalogne, elle termine ainsi : «Vivez donc dans cette créance et vous asseurez de plus en plus de nostre bonne volonté."

Celte lettre, transcrite de nouveau dans le registre Fr. h 170 (f's 343 v°-34G r° , est suivie d'un mémoire détaillé (f" 3o6 r°-35i v"), daté du 9 septembre i64/i, sur les hommes et l'argent qui ont été envoyés en Catalogne, depuis le commencement de la régence d'Anne d'Autriche.

Septembre pris le fort qui est prez le Rhin, sur lequel il y avoit quatre pièces de

l64ûl canon, fait la circonvallation et ouvert la tranchée. A vous dire vray,

on ne sçauroit aller plus viste. Vous jugerez quelle gloire luy apportera

la prise d'une si importante place, si elle arrive, comme nous avons

lieu de l'espérer.

Manu se. de la Biblioth. Mazarine, n" 1719, t. III, f° 3A4 recto. — Copie du temps.

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